Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

29 Avril 2026 à 18:46:11
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Un souvenir (titre modifié)

Auteur Sujet: Un souvenir (titre modifié)  (Lu 1799 fois)

Hors ligne Persona

  • Calliopéen
  • Messages: 476
  • Poisson du Léthé
Un souvenir (titre modifié)
« le: 04 Avril 2020 à 13:47:38 »
Bonjour à tous,

Voici mon tout premier texte court sur le MDE.
Pour le contexte : il répond à un défi lancé par Xeraphia dans le CoCoWriMo "Un de vos personnages est sur le point de faire quelque chose qu'il n'a jamais fait de sa vie. Racontez."
Un mot après l'autre, j'en ai fait un texte court afin de faire avancer un personnage en cours de création. Pour la première fois de sa vie, il va découvrir la consommation addictive de poisson cru  :mrgreen:. Et oui, c'est encore l'heure de table !


***

Lorsque, encore couché, je reposais sur le canapé défoncé et que ma conscience trouvait la force de l’éveil, il n’en avait aucune pour filtrer le défilement ininterrompu de mes pensées. Je vivais comme dans un film intérieur. Il ne s’agissait que de souvenirs, la plupart du temps ; je les ressassais, les mâchais et remâchais jusqu’à ce qu’il ne me reste qu’une bouillie de mémoire en guise de nourriture spirituelle.

Il était souvent question d’Elise : mon esprit glissait comme une ombre derrière les traces qu’elle avait laissées et je m’en voulais de continuer à la suivre de si près, même dans la rupture. Je n’avais été, au fond, qu’un suivant. Au mieux, une pièce rapportée. Pas n’importe quelle pièce rapportée, mon gabarit, de taille moyenne supérieure, un mètre soixante-dix-huit, très mince, se glissant n’importe où. On m’insérait sans difficulté dans tous les intérieurs, les restaurants, les cafés, même les plus étroits, et je m’adaptais à toute compagnie. Si je n’avais aucune envie d’y aller, c’était égal : je souriais, toujours aimable, poli comme une roche.

Je ne souffrais pas tellement de ces déplacements contraints. Ils ouvraient mon horizon exigu : après tout, c’est Elise qui m’avait emmené écouter du slam, suivre un cours de yoga, découvrir le Machu Pichu. Avant Elise, je me réjouissais d’une belle pièce de bœuf, elle introduisit le buddah bowl vegan, healthy et bio. Sa conscience écologique n’avait qu’une limite :  sa consommation excessive de poisson cru.

Au début de notre relation, Elise trouva bien vite le moyen de me caser dans un minuscule restaurant japonais de la rue de Mogador, toujours bondé malgré les nombreuses tables trop serrées. Je n'avais jamais absorbé la moindre nourriture d'origine japonaise vraie ou supposée et nourrissais quelques craintes devant cette expérience, que je dus vaincre pour la survie de notre embryon de couple.

« Pour deux », annonça-t-elle au serveur qui désigna, d’un signe de tête, une table coincée entre la porte et un groupe de quatre touristes. Leur allure massive rendait la progression vers notre place difficile mais ne m’empêcha pas de me glisser complaisamment jusqu’au siège.

Dès que le serveur apporta les menus, je fus perdu dans la faune abyssale, divisée en plusieurs races. Il y avait les « makis », plus petits, entourés d’algues ou de graines de sésame, qui semblaient plus accessibles aux néophytes que les « sushis » eux-mêmes, massifs. Je ne me voyais les manger qu’avec les doigts. Enfin, il y avait les « sashimis ». Je les identifiai immédiatement comme « boss de fin de niveau », le goût iodé que j’appréhendais ne pouvant se camoufler dans la neutralité du riz blanc.

J’allais opter pour des « California », rassuré par la douceur de l’avocat annoncé dans la description du mets. Elise voulait quant à elle choisir un assortiment pour deux personnes, présenté dans un plat en forme de « bateau », pour me permettre de goûter à tout. Je n’étais pas vraiment emballé mais l’enthousiasme d’Elise me convainquit de quitter la terre ferme et de commander l’embarcation.

Le serveur revint avec une salade de choux vinaigrée et une soupe atroce, aqueuse, salée, dans laquelle flottaient des algues, de malheureux champignons émincés et de petits carrés d’une pâte blanche, inodore, incolore, insipide.

« C’est du tofu », expliqua Elise, comme si cela excusait la texture molasse de la pâte blanche.

Fort de cette expérience, je me mis à appréhender la suite.

Le « bateau » amarré à notre table était colossal, il devait y avoir vingt pièces par personne. Sur le côté de cette foule comestible était disposée une sorte de mousse verte que j’identifiai comme du wasabi, grâce à un chef d’œuvre du cinéma des années 2000. Il y avait également de petites épluchures détrempées d’un ton rose clair.

Elise m’apprit qu’il s’agissait de gingembre. Je m’en étonnai : jusqu’alors, je n’avais recensé dans mon expérience culinaire que du gingembre beige.

Je commençai par un California : je le saisis, tant bien que mal, entre les baguettes calées entre mon pouce et mon index. Suivant le modèle d’Elise, je le trempai dans la sauce soja marron et le portai à mes lèvres. Je m’étais attendu à devoir réprimer un haut-le-cœur. Le dégoût ne vint pas. Entre l’avocat et le riz vinaigré, collant, un peu sucré, la sauce salée, on sentait peu le poisson cru. La texture n’était pas molasse mais agréablement moelleuse. En fait, c’était plutôt bon.

Je continuai à prélever les California puis me dirigeai vers un maki au thon et finit même par m’orienter vers un sushi. En l’amenant maladroitement à ma bouche, le poisson couvert de sauce se désolidarisa de la boule de riz, tomba sur ma chemise blanche et y imprima un souvenir indélébile de sauce salée.

Ce jour là, je ne vainquis pas le « boss de fin de niveau ».

Enfoncé dans mon canapé, je continuais à regretter ce manque d’audace qui avait scellé, dès ce stade, mon sort et l’avenir de notre relation.
« Modifié: 03 Août 2020 à 09:26:08 par Persona »

Hors ligne Chouc

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 731
  • Chourlotte Brontë
Re : Ce jour-là, nous avions mangé japonais
« Réponse #1 le: 05 Avril 2020 à 14:44:14 »
Bonjour Persona  :)

Jour 5 du Reading Challenge d'Avril, c'est ton tour !
Comme d'habitude, je vais d'abord faire un relevé avant de commenter. C'est parti !

Citer
Pas n’importe quelle pièce rapportée : mon gabarit, de taille moyenne supérieure, un mètre soixante-dix-huit, très mince, se glissait n’importe où ; je m’insérais sans difficulté dans tous les intérieurs, les restaurants, les cafés, même les plus étroits, et m’adaptais à toute compagnie.
: , , , ,  ; , , , , . Tout ça pour une seule phrase ^^.

Citer
l’odeur de marée que j’appréhendais ne pouvant se camoufler dans la neutralité du riz blanc.
Alors là, de deux choses l'une : soit ton narrateur n'a jamais mis les pieds au bord de l'océan et méconnaît l'odeur de la marée, soit ce restau sert des sushis largement avariés  :P

Citer
Je ne vainquis pas le « boss de fin de niveau », ce jour-là.
Pourtant c'est ce qu'il y a de meilleur !  *se roule allègrement dans les sashimis*

Citer
Enfoncé dans mon canapé, je continuais à regretter ce manque d’audace qui avait scellé, dès ce stade, mon sort et l’avenir de notre relation
En voilà une fin abrupte !  :???:



Bon, que dire ? Je reste un peu sur ma faim (dans tous les sens du terme).
Tu commençais tout juste à m'embarquer que déjà c'était fini  ^^

En tout cas j'ai passé un bon moment  :) Peut-être quelques tournures de phrases qui peuvent s'alléger çà et là, en retirant quelques virgules au profit de plus de phrases ? A toi de voir.

Merci du partage en tout cas,

Au plaisir !
Tel esprit qui croyait se pendre.

Hors ligne Persona

  • Calliopéen
  • Messages: 476
  • Poisson du Léthé
Re : Ce jour-là, nous avions mangé japonais
« Réponse #2 le: 05 Avril 2020 à 15:27:44 »
Bonjour Chouc,

Merci beaucoup d'avoir pris le temps d'écrire ces remarques :).

J'ai divisé la première phrase que tu cites.

Pour l'odée de marée, tu as raison, ça tombe à côté  :D. Faute de mieux, j'ai remplacé par "le goût iodé" - le narrateur appréhende un goût très fort, mais ne sent rien, heureusement.

*moiaussijesuisteamsashimi*

La fin est effectivement abrupte. Je ne sais pas encore si je me servirai de cet extrait dans un cadre plus long donc je n'ai pas vraiment de fin adéquate… mais j'essaierai de trouver mieux, en tout cas ça ne restera pas sous cette forme. Et je développerai davantage le prochain texte :)

Bonne journée !

Hors ligne Opercule

  • Modo
  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 780
  • Nécroposteur aux mains froides
Re : Ce jour-là, nous avions mangé japonais
« Réponse #3 le: 07 Avril 2020 à 20:05:01 »
Merci Persona pour cette petite tranche de vie d'un gars qui étend ses horizons !
J'ai trouvé des belles choses dans ce textes sans prétention. Quelques belles formules, dont la métaphore filée du bateau, l'idée de faune abyssale pour dénoter le côté fascinant et méconnu de la nourriture japonaise. Certains passages sont moins élégants, comme la phrase "poli comme une roche" qui est ni-bon mot ni mauvaise blague est juste... là (c'était un gage de le mettre ?).
D'autres idées sont un peu plus désagréables, comme ce paragraphe qui raconte que comme il est mince il peut s'insérer partout. je comprends que tu utilises cette notion parce qu'en entrant dans le restaurant il doit se faufiler. C'est juste... assez mal amené, d'autant qu'on parle de "taille moyenne supérieure" ?
Alors, la description de la relation avec Élise est très bien, dans l'essentiel. Cependant, doit-on comprendre la dernière phrase autrement que divagation du narrateur, à laquelle on n'accorderait pas beaucoup de crédit parce qu'il passe un moment très déprimant ?

Hors ligne Persona

  • Calliopéen
  • Messages: 476
  • Poisson du Léthé
Re : Re : Ce jour-là, nous avions mangé japonais
« Réponse #4 le: 07 Avril 2020 à 22:42:41 »
@Opercule merci d'être venu lire ce texte effectivement sans prétention et d'avoir pris le temps de commenter :).

Certains passages sont moins élégants, comme la phrase "poli comme une roche" qui est ni-bon mot ni mauvaise blague est juste... là (c'était un gage de le mettre ?)
Tu as raison ce passage n'est pas élégant ! ce n'était pas le but, je voulais une expression un peu pataude pour être péjorative avec le narrateur et traduire l'idée qu'il est lisse, mais lisse… :/

je comprends que tu utilises cette notion parce qu'en entrant dans le restaurant il doit se faufiler. C'est juste... assez mal amené, d'autant qu'on parle de "taille moyenne supérieure" ?
Il faudra que je présente mieux les choses si je reprends ce passage - il ne se faufile pas partout qu'en raison de sa taille mais aussi en raison de son caractère conventionnel, il y  a adéquation entre son apparence et son caractère, à développer.

Cependant, doit-on comprendre la dernière phrase autrement que divagation du narrateur, à laquelle on n'accorderait pas beaucoup de crédit parce qu'il passe un moment très déprimant ?
Oui ! Si je poursuis le projet, le narrateur est noyé dans une profonde dépression en début de récit, il réalise qu'il n'a pas de personnalité propre et déteste tout ce qu'il représente.

Hors ligne Safrande

  • Troubadour
  • Messages: 398
Re : Ce jour-là, nous avions mangé japonais
« Réponse #5 le: 19 Avril 2020 à 22:27:50 »
Salut Persona, je vais te faire un petit retour, sans prétention pareil, de ma lecture somme toute sympathique (et même que tu m'as fait rire !)

Citer
Lorsque je reposais, encore couché, sur le canapé défoncé et que ma conscience trouvait...
L'assonance en "é" est-elle voulue ? Si oui, c'est parfait, si non peut-être alléger le tout. Après je rouspète parce-que je n'aime pas les assonances. Aussi, il y a ce "encore couché" qui me gêne, qui, je trouve, te coupe le rythme. En faite, le mettre entre "reposais sur le canapé" me donne l’effet d'une parenthèse, ou plutôt d'une chute en pleine course (peu importe), ce qui fait que tout le passage "sur le canapé défoncé et que ma conscience" broute un peu, comme pour s'en remettre. J'essayerais de varier l'agencement, le mettre après "Lorsque" : "Lorsque, encore couché, je reposais sur le canapé défoncé et que ma conscience trouvait..." Mais après peut-être que là ça donne un faux départ, je sais pas, et que la suite manque de respiration, et dans ce cas il faudrait enlever ou raccourcir l'adjectif "défoncé" ; ou sinon il ne faudrait pas mettre de virgule, mais c'est un rythme trop rapide pour ton texte etc... Je sais pas trop, je te donne mon impression, fais ce que tu peux avec xD

Citer
Il ne s’agissait que de souvenirs, la plupart du temps ; je les ressassais, les mâchais et remâchais jusqu’à ce qu’il ne me reste qu’une bouillie de mémoire en guise de nourriture spirituelle.
Donc sa nourriture spirituel est uniquement des souvenirs ? Si c'est le cas je trouve que ça serait intéressant d'insister là dessus, qu'il est tellement déprimé qu'il ne lui reste plus que ça, et dans ce cas enlever "la plupart du temps". Après, ce n'est sûrement pas ton idée, je propose seulement.

Citer
mon esprit glissait comme une ombre derrière les traces qu’elle avait laissées et je m’en voulais de continuer à la suivre de si près
Là pareil, assonance en "é" ; voulu ou pas voulu ? telle est la question.

Citer
Pas n’importe quelle pièce rapportée : mon gabarit, de taille moyenne supérieure, un mètre soixante-dix-huit, très mince, se glissait n’importe où.
Je trouve qu'ici on peut faire un effet intéressant, au bon vouloir : " Pas n’importe quelle pièce rapportée : mon gabarit, de taille moyenne supérieure, un mètre soixante-dix-huit, très mince, se glissant n’importe où."
Cela change tout le sens, on passe d'une phrase à une sorte d'énumération qui je trouve marque plus le côté "blasé" de ton personnage, en citant ses qualités comme on citerait les qualités d'une tondeuse... Encore une fois, c'est une proposition, et les propositions elles ont le mérite ou bien d'être de bonnes propositions quand l'interlocuteur a de l'esprit, ou de piètres propositions quand l'interlocuteur est piètre lui même (indice : je pense qu'une digression au sein d'un avis est la marque d'un piètre interlocuteur).

Citer
Je m’insérais sans difficulté dans tous les intérieurs, les restaurants, les cafés, même les plus étroits...
J'aime bien le fait que tu utilise le verbe "insérer", mais j'aurais trouvé ça plus drôle (et plus triste) que tu dise "On m'insérait"... En plus ça fait écho avec le fait qu'il dise qu'il n'est qu'une "pièce rapportée" donc une chose qu'on manipule etc... Après ça ne correspond pas forcément à ton personnage ou à ton idée je ne sais pas mais je propose blabla... (insérer digression).

Citer
Je ne souffrais pas tellement de ces déplacements contraints. Ils ouvraient mon horizon restreint
Ici je n'aime pas du tout la rime ! En plus il me semble que c'est la seule du texte, donc elle est encore moins légitime ! Après, c'est une affaire personnel, il ne faut pas trop prendre cette remarque au sérieux. Je ferais des manifs anti rimes.

Citer
Je ne souffrais pas tellement de ces déplacements contraints. Ils ouvraient mon horizon restreint : après tout, c’est Elise qui m’avait emmené écouter du slam, suivre un cours de yoga, découvrir le Machu Pichu. Avant Elise, je me réjouissais d’une belle pièce de bœuf, elle introduisit le buddah bowl vegan, healthy et bio.
Autre proposition, pareil, qui ne colle pas forcément à ton idée, je ne sais gère, mais qui pourrait bien caractériser ton personnage :
"Je ne souffrais pas tellement de ces déplacements contraints. Ils ouvraient mon horizon restreint : après tout, c’est Elise qui m’avait emmené écouter du slam, suivre un cours de yoga, découvrir le Machu Pichu. Avant Elise, je me réjouissais d’une belle pièce de bœuf." Voilà, t'en fais ce que tu veux, moi je trouve ça très drôle, et évocateur.

Citer
Sa conscience écologique n’avait qu’une limite :  sa consommation excessive de poisson cru.
Ça j'aime beaucoup, ça m'a fait rire.

Citer
Elise trouva bien vite le moyen de me caser dans un minuscule restaurant japonais...
Autre argument pour ma proposition de "On m’insérait", ici c'est Elise qui le case dans le restaurant !

Citer
Je n'avais jamais absorbé la moindre nourriture d'origine japonaise...
Absorbé ? Est ce un effet que tu voulais faire ?

Citer
...vraie ou supposée et avait exposé...
Encore rime pas beau rime. Voulu ou pas ?

Citer
...que je dus vaincre pour la survie de notre embryon de couple.
Ça aussi j'aime bien, on sent que le mec est blasé, et qu'il a une vision plutôt noire et empreinte d'ironie sur ce qu'il a pu vivre.

Citer
...mais ne m’empêcha pas de me glisser complaisamment jusqu’à mon siège...
Jusqu'au* siège, non ? Ça allégerait en adjectifs possessif, et ça allégerait tout court.

Citer
Je ne me voyais les manger qu’avec les doigts.

Là aussi j'ai ri. On dirait pas mais ça façonne bien le personnage.

Citer
...boss de fin de niveau...
Je suis pas trop fan de ça. Après peut-être que ça correspond au personnage. De toute manière tout ce qui est référence aux jeux vidéo dans la littérature je ne suis pas fan (ça ne veux pas dire que je ne suis pas joueur hein).

Citer
le goût iodé que j’appréhendais ne pouvant se camoufler dans la neutralité du riz blanc.
Là encore assonance en "é", voulu ou non, définitivement, je ne trouve pas ça très joli.

Citer
« C’est du tofu », expliqua Elise, comme si cela excusait la texture molasse de la pâte blanche.
:)

Citer
...on sentait assez peu le poisson cru
Je trouve que ça fait beaucoup de sss, peut-être enlever "assez" qui ne sert pas à grand chose ?

Citer
Je continuai à prélever les California...
Ici aussi c'est pour un effet "prélever" ? Parce que je ne trouve pas que ce soit très adapté.

Citer
Je continuai à prélever les California puis me dirigeai vers un maki au thon et finit même par m’orienter vers un sushi.
Ça fait encore une assonance en "é", mêlée à une autre en "i"... voulu ?

Citer
En l’amenant maladroitement à ma bouche entre mes baguettes
 
Je ne trouve pas nécessaire que tu précise "entre mes baguettes", j'aurais eu l'image sans.

Citer
un souvenir indélébile de sauce salée.
 
Beaucoup de ssss.

Citer
Je ne vainquis pas le « boss de fin de niveau », ce jour-là.
J'aurais vu "Ce jour là, je ne vainquit pas le bosse de fin de niveau".

Citer
Enfoncé dans mon canapé, je continuais à regretter ce manque d’audace qui avait scellé, dès ce stade, mon sort et l’avenir de notre relation.
Moi je la trouve bonne la fin, elle arrive comme pour nous rappeler que ben la réalité ce n'est pas ça, la réalité c'est qu'il n'est plus avec elle.

Je pense qu'il serait intéressant d’insérer cet extrait dans ton projet qui parle de dépression, c'est évocateur, il serait parfait !
Pour moi je pense qu'il faudrait, comme tu l'as lu, revoir un peu la musique (ou peut-être que, après tout, on s'en fiche un peu), sinon je trouve ça bien construit, peut-être y'a il un peu trop d'étapes, de descriptions qui soit auraient coulé d'elles-mêmes (typiquement "...entre les baguettes calées entre mon pouce et mon index."), et à l'inverse d'autres qui ne sont pas forcément exploitées ("...une table coincée entre la porte et un groupe de quatre touristes.", ou les interactions avec Elise).
Cependant la lecture fut bonne, et ce fut un plaisir de plonger dans les souvenirs d'un personnage qui manque de caractère (ce n'est pas un reproche attention, c'est qu'il est défini comme tel : il a du caractère, et son caractère c'est de manquer de caractère, et c'est bien fait !)
A bientôt !
Il regardait le verre non à sa portée d'une façon de reproche.

Hors ligne Persona

  • Calliopéen
  • Messages: 476
  • Poisson du Léthé
Re : Re : Ce jour-là, nous avions mangé japonais
« Réponse #6 le: 20 Avril 2020 à 00:27:38 »
Salut Safrande,

C'est très sympa d'être venu faire un retour aussi détaillé ! et très constructif, merci beaucoup ! c'est intéressant d'avoir ton avis sur les sonorités auxquelles je fais trop peu attention.
Contente que tu aies si bien compris l'état d'esprit du personnage.

Je te réponds ci-dessous ;)

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.



Bonne soirée et à bientôt

Hors ligne Safrande

  • Troubadour
  • Messages: 398
Re : Ce jour-là, nous avions mangé japonais
« Réponse #7 le: 20 Avril 2020 à 01:07:45 »
J'suis content si mon passage a pu t'aider :)

Pour ce qui est de cette phrase :
Citer
Ils ouvraient mon horizon exigu : après tout, c’est Elise qui m’avait emmené écouter du slam, suivre un cours de yoga, découvrir le Machu Pichu. Avant Elise, je me réjouissais d’une belle pièce de bœuf, elle introduisit le buddah bowl vegan, healthy et bio.
En faite ma proposition était d'enlever "elle introduisit le buddah bowl vegan, healthy et bio.", comme ça on comprend qu'avant ce mec était tellement désespérant qu'il pouvait se suffire "d’une belle pièce de bœuf" pour être heureux. Ça façonne beaucoup le personnage, mais je trouve ça drôle et triste à la fois ; et en même temps ce temps est révolu, car depuis il sait se délecter, grâce à Elise (au passage ce qui pourrait appuyer le fait qu'elle n'a pas "servie" qu'à faire du mal) d'autres choses : la musique (slam), la méditation (yoga), le voyage (Mashu Pichu) ; de plus, son "horizon exigu" est justifier car, comme je le disais, ses seuls plaisirs étaient la nourriture.
Il regardait le verre non à sa portée d'une façon de reproche.

Hors ligne Persona

  • Calliopéen
  • Messages: 476
  • Poisson du Léthé
Re : Re : Ce jour-là, nous avions mangé japonais
« Réponse #8 le: 20 Avril 2020 à 21:58:43 »
En faite ma proposition était d'enlever "elle introduisit le buddah bowl vegan, healthy et bio.", comme ça on comprend qu'avant ce mec était tellement désespérant qu'il pouvait se suffire "d’une belle pièce de bœuf" pour être heureux. Ça façonne beaucoup le personnage, mais je trouve ça drôle et triste à la fois ; et en même temps ce temps est révolu, car depuis il sait se délecter, grâce à Elise (au passage ce qui pourrait appuyer le fait qu'elle n'a pas "servie" qu'à faire du mal) d'autres choses : la musique (slam), la méditation (yoga), le voyage (Mashu Pichu) ; de plus, son "horizon exigu" est justifier car, comme je le disais, ses seuls plaisirs étaient la nourriture.
Ah d'accord, je comprends l'idée, que je trouve bonne. Je ne modifie pas pour l'instant pour garder le peu de description de la bobo-itude d'Elise mais modifierai si je reprends le passage. Merci d'être revenu préciser :)

Hors ligne Mathieu

  • Calligraphe
  • Messages: 103
    • Liste de mes textes sur MDE
Re : Ce jour-là, nous avions mangé japonais
« Réponse #9 le: 03 Août 2020 à 07:31:19 »
Un texte agréable à lire. J'ai aimé sa construction : le narrateur sur son canapé, qui repasse en boucle des épisodes de sa vie avec Elise, un de ces épisodes décrit et retour abrupt au canapé. C'est bien fait je trouve.
Il y a aussi un ton que je n'identifie pas très bien, mais qui est très efficace dans le sens où on rentre très vite dans l'histoire et qu'on s'identifie au narrateur.
Un petite tranche de vie finement décrite.
Je ne suis par contre pas très fan du titre, qui me semble tomber un peu à plat. Ce n'est que mon avis.
A te lire




Hors ligne Persona

  • Calliopéen
  • Messages: 476
  • Poisson du Léthé
Re : Un souvenir (titre modifié)
« Réponse #10 le: 03 Août 2020 à 09:32:27 »
Bonjour Mathieu
Merci de ta lecture !
Tu as entièrement raison pour le titre, je ne l'ai jamais trop aimé et viens de le modifier - pas original mais court au moins. Et correspond peut être mieux à ce qui est raconté.
A te (re)lire aussi

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.021 secondes avec 15 requêtes.