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11 juillet 2020 à 00:28:39
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateurs: Aube, Ben.G, Claudius) » Aux confins des nuées

Auteur Sujet: Aux confins des nuées  (Lu 778 fois)

Hors ligne Georges Ioannitis

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Aux confins des nuées
« le: 27 mars 2020 à 15:53:01 »
Aux confins des nuées


Sans crainte, je prendrai le chemin du tombeau,
Afin d’y déposer des monceaux de douleur,
Je me soulagerai du pénible fardeau
Qui oppresse ma vie de pesantes langueurs.

Aux confins des nuées, après que se confondent
Le ciel et l’infini, j’irai me reposer.
Mon âme sans contrainte en s’éloignant du monde
Brisera ses entraves, pour me libérer,

S’élevant peu à peu des vapeurs organiques
De mes restes mortels, bientôt décomposés.
Voguant calme et léger sur les limbes cosmiques,
Dans l’ombre des étoiles, j’irai me baigner.

J’avancerai serein vers l’espace lointain,
Où des concerts mutiques ébranlent des soleils
Je verrai s’épancher, retranché du commun,
Mes regrets étoilés de brume d’arc en ciel.

Je verrai les miracles des mondes naissants,
Issus des grands chaos du trouble originel.
Je trouverai parmi des silences grondants,
La première lueur d’une aurore éternelle,

Qui mêle au chant funèbre de l’ultime instant,
L’heure du dernier soir, et le premier moment,
…Dans les aubes nouvelles, attendant impatient
De me répandre enfin dans l’écho du néant.

Georges Ioannitis

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« Modifié: 30 mars 2020 à 20:56:54 par Georges Ioannitis »

Hors ligne Lucie Granville

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Re : Aux confins des nuées
« Réponse #1 le: 29 mars 2020 à 11:31:57 »
J'ai rarement été aussi émue par un poème, Georges. Ce texte est une composition d’une incroyable intensité, il comporte par moment des élans Baudelairiens qui conviennent parfaitement au thème que tu traites. La mort ici n’a rien de macabre et ne s’encombre pas de religiosité. La chute qui présente l’âme mêlée à l’écho du néant est juste sublime, les deux abstractions se confondant en une unité parfaite… Une poésie que je garderai longtemps en mémoire. Lucie  :)

Hors ligne Claudius

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Re : Aux confins des nuées
« Réponse #2 le: 29 mars 2020 à 19:00:03 »


Je ne dirai qu'une seule chose, la poésie est tienne. C'est un poème puissant qui prend aux tripes. Très difficile à commenter, parce qu'il faut simplement lire et apprécier.

Mais quand même, je me suis arrêtée sur un petit vers qui claudique  :-[

 Où des concerts mutiques ébranlent des soleils.

Je me sens toute petite rimailleuse....

 ;) ;) ;)
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Claudius ses textes et poésies

Hors ligne Barcarolle

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Re : Aux confins des nuées
« Réponse #3 le: 29 mars 2020 à 19:46:18 »
Bonjour Georges,

Bon, j'aime beaucoup... comme d'habitude.  ^^

J'allais te parler de tes césures épiques et enjambantes, mais j'ai retrouvé un message où tu t-expliques, en fait je ne savais pas que ces césures avaient été réhabilitées.
En versification classique il me semble qu'elles sont proscrites.


Pour ce qui est du reste, bravo encore.

« Modifié: 29 mars 2020 à 20:54:55 par Barcarolle »

Hors ligne nevizhed

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  • C'est tellement mystérieux, le pays des larmes.
Re : Aux confins des nuées
« Réponse #4 le: 29 mars 2020 à 22:34:33 »
Bonjour,

Je suis d'accord, y a quelque chose de Baudelairien (ça me rappelle son poème "Elévation"), comment faire de la poésie avec de la laideur (en l'occurrence la mort), c'est un pari très réussi.
Ce que j'ai aimé, c'est que tu captes ce lointain infini tout en en conservant le mystère ultime. Un poème qui se savoure, poème délicieux qui transporte, pour reprendre Baudelaire, "jusqu'aux confins des sphères étoilées".

Merci,
Nevizhed.
Au bout de ce tunnel noir,
Une lueur illusoire.
C'est peut-être ça ? l'espoir.
Mon espoir.

Hors ligne Georges Ioannitis

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Re : Aux confins des nuées
« Réponse #5 le: 30 mars 2020 à 00:52:25 »
_Bonsoir Lucie. Si l’âme d’un poète traîne un peu dans cette poésie, c’est bien celle de Baudelaire. Je te remercie de l’avoir décelé et exprimé avec autant d’élégance.
Baudelaire était obsédé par la mort. Ses ‘Fleurs du mal’ abordent le thème sous diverses formes et avec une telle grâce que la fin inévitable de chaque être  est libérée de cette charge d’angoisse qui l étreint. L’artiste tourmenté a longtemps été tenté par le suicide, et chez lui la mort apparaît comme l’espoir d’une paix éternelle. Il en parle avec détachement, d’une manière sereine et libre de toute considération religieuse. Elle traduit chez lui presque une attente infinie.
Dans l’esprit, ce texte est proche de ‘élévation’ mais dans ce sublime poème, 'l’esprit’ s'il est tenté par l’espace infini du cosmos:

Par delà le soleil, par delà les ésthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,

ne  semble pas dépasser la stratosphère. Ce qui n’était pas si mal compte tenu des moyens de l’époque (pardon pour les inconditionnels) il part du sol, mais reste sur Terre contemplant la nature:

- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !

 (c’est du moins comme cela que je le ressens)
Merci Lucie pour ta visite, G.I.


_Bonsoir Claudius, Merci pour cette bienveillante introduction à ton commentaire, cela me touche beaucoup.
Pour être sur la même longueur d’onde…
Je n’ai pas utilisé la césure épique dans ce poème, alors je pense que tu parles bien de métrique, et non de l’incongruité de cet oxymore n’est-ce pas ?
Tu  comptes donc 13 pieds au lieu de douze, je crois.

Où des concerts mutiques ébranlent des soleils.
Ainsi tu  lies l’adjectif au verbe et tu prononces

Où/des con/certs mu/ti/ques// z’é/bran/lent/ des/so/leils
1      2     3       4        5   6    7           8      9         10      11  12   13

Au lieu de
Où/des con/certs mu/ti/qu’ é/bran/lent/ des/so/leil s
1      2     3       4        5   6     7        8      9       10     11    12 
Comme tu dirais par exemple

Quand les idées publiques z’annoncent des horreurs.
Au lieu de
Quand les idées publiqu’ annoncent des horreurs.

Si c’est le cas, je crois qu’il pourrait s’agir d’un conflit d’accent régional. J’entends par là que peut-être un accent méridional (délicieux par ailleurs) te permettrait de faire le lien entre l’adjectif et le verbe. Pour ma part, j’ai l’oreille qui accroche un peu à
Les idées publiqueu z’ annonceu des horreurs.
S’il s’agit de l’oxymore, je trouve qu’il est à sa place et rayonne dans ce vers.
Il se peut que j’aie tort et que ta manière de prononcer soit la bonne, alors comme je ne veux pas de césure épique,  l’échappatoire serait de mettre le sujet au singulier. le vers perdrait de son charme je trouve. Merci Claudius du temps que tu as accordé à ce texte. Amicalement, Georges
 
_Oui tu as tout à fait raison Barcarolle la césure épique est une des nombreuses différences entre la poésie classique et ‘la moderne’. Elle a son charme et est à mon avis un bon exercice, car elle requiert beaucoup d’exigence. Il faut juste savoir et bien le retenir, on peut versifier (y compris en 12) sans être classique. Je dis cela pour tous ceux qui n’ont pas encore fait la distinction entre Racine et Apollinaire.
Merci Barcarolle d’être passé sur ce poème. Amicalement, Georges.

_Bonjour Nevized. Je crois que tu résumes à merveille une des grandes particularités de Baudelaire: faire jaillir la beauté des ténèbres. Je n’aime pas trop les palmarès, mais je crois que l’auteur occupe la place la plus importante dans la poésie française. Il se débarrasse des règles et  conventions qui bridaient l’inspiration des auteurs. Il fait sortir la sensualité des cages dorées de la mythologie des classiques et romantiques. La laideur devient beauté. D’autres suivrons, Rimbaud, et d’autres encore. Lautréamont qui élèvera le crime au rang d’objet esthétique et l’horreur au titre de vertu. Baudelaire à ouvert la porte à une poésie plus libre que l’on appellera moderne. Amicalement, Georges


« Modifié: 30 mars 2020 à 08:24:47 par Georges Ioannitis »

Hors ligne Claudius

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Re : Aux confins des nuées
« Réponse #6 le: 30 mars 2020 à 08:50:15 »
Georges bonjour,

Je n'ai pas dit que tu usais de césure épique dans ce poème, si ?

Je parle de métrique pure, puisque la règle du e muet ou appuyé est bien réelle en versification, même si ce n'est pas beau à entendre à l'oreille : 

- le E suivi d'une consonne est toujours appuyé (sauf en fin de vers).
- le E suivi d'une voyelle ou d'un h muet ne s'entend pas.

Certes, mon accent est du sud-ouest... mais là il s'agit d'une règle pure non seulement de poésie mais aussi de français correct, qui se nomme "liaison".

Mais, comme je m'obstine à le dire, tu es libre de tes mots, ils t'appartiennent et ton poème aussi. Donc voilà, je ne donne qu'un avis.

A une prochaine fois, tu as une belle plume... en prose aussi, je reviendrai quand j'aurai un peu plus de temps.

 ;) ;) ;)





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Claudius ses textes et poésies

Hors ligne O'Bofix

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Re : Aux confins des nuées
« Réponse #7 le: 30 mars 2020 à 12:08:01 »
C'est excellent
Que dire de plus
Tu maîtrises incontestablement l'outil qu'est la poésie classique revisitée par les plus grands poètes du 19ème siècle
Ton phrasé coule comme un ruisseau de montagne
Les deux combinés servent à merveille ce poème romantique en diable.
Bravissimo

Hors ligne Georges Ioannitis

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Re : Aux confins des nuées
« Réponse #8 le: 30 mars 2020 à 12:09:32 »
_ Chère Claudius, ah, les échanges épistolaires ne sont pas toujours très simples, ils ressemblent parfois à un dialogue de sourds ( je n’ai pas dit que tu parlais de césure épique, mais peu importe).
Pour revenir et clore le sujet qui nous occupe, dans ce cas précis, comme je l’ai expliqué, la liaison (dont je connais l’usage) ne me semblait ni euphonique ni correcte. Alors pour justifier cela, j’ai fait une rapide recherche sur divers sites traitant du bon usage du français et voici ce que j'ai trouvé :

La liaison c’est comme les antibiotiques, ce n’est pas automatique. Par exemple :

« Elle monte les vieilles affaires au grenier »
On liera l’adjectif avec le nom « affaires », mais pas « affaires » avec le C.C.L. « au grenier » on prononcera donc
Elle monte les vielle z’affaires au grenier

LIAISONS INTERDITES OU DÉCONSEILLÉES
(monsu.desiderio.free.fr › curiosites › liaison )

– Entre deux groupes de mots dont l'un complète l'autre et principalement lorsque celui-ci est en tête. Par exemple :

"Sur les pistes éclairées/ atterrissaient les avions."
La liaison dans ce cas précis porte sur pistes et éclairées, mais pas sur éclairées et atterrissaient.

Autre exemple :
"Les amis enthousiastes ont accepté la proposition."
On liera seulement amis et enthousiastes.

Donc  la même règle s'applique pour :
"Où des concerts mutiques ébranlent des soleils"
On ne liera pas mutiques avec ébranlent, la règle est toujours valable, ici, même si elle n'est pas  accentuée par une césure franche entre les deux hémistiches. Et l’euphonie du texte saute en l’air et crie youpi.
Amicalement, Georges ;



_Merci o'bofix. je suis ravi que ce texte te plaise. Amicalement, Georges.
« Modifié: 30 mars 2020 à 22:57:37 par Georges Ioannitis »

Hors ligne Lucie Granville

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Re : Aux confins des nuées
« Réponse #9 le: 30 mars 2020 à 19:50:31 »
Merci pour cette règle qui nous éclaire sur les liaisons. Lucie
« Modifié: 30 mars 2020 à 20:58:24 par Lucie Granville »

Hors ligne Barcarolle

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Re : Aux confins des nuées
« Réponse #10 le: 30 mars 2020 à 21:54:46 »
Je trouve cet échange avec Claudius très intéressant.
Étant en plein apprentissage des règles de versification et de la prosodie... j'avoue que tout cela m'embrouille un peu.

Je me suis fait 2-3 petites réflexions techniques, j'aimerais savoir ce que tu en penses.

"Aux confins des nuées, après que se confondent"
Ici je suis d'accord avec toi, on ne fait pas la liaison. Cependant, il y a un hiatus entre "nuées" et "après" non ?


La deuxième c'est que je ne suis pas convaincu par cette explication donnée à Claudius :
Citer
Où/des con/certs mu/ti/ques// z’é/bran/lent/ des/so/leils
1      2     3       4        5   6    7           8      9         10      11  12   13
Au lieu de
Où/des con/certs mu/ti/qu’ é/bran/lent/ des/so/leil s
1      2     3       4        5   6     7        8      9       10     11    12 

La première version est fautive, il ne faut pas faire la liaison ici, je suis d'accord.
Cependant, la deuxième version ne me semble pas correcte non plus. Même si l'on ne prononce pas fortement le "e" de mutique je ne pense pas que l'on puisse le supprimer totalement.
La différence est subtile, mais je ne prononce pas de la même façon les mots "tic" et "tique" par exemple.

Autant je pouvais comprendre l'émancipation des règles visuelles (rimes des singuliers ensemble par exemple), autant pour la prononciation j'ai le sentiment que les règles énoncées par Claudius sont plus cohérentes.

Dernier point, il n'y a pas de césure épique dans ton poème, mais il y a bien quelques césures enjambantes non ? Je veux bien comprendre que son usage soit autorisé... mais il en résulte un décalage du rythme tout de même. Son emploi a-t-il une justification ?

Voilà, je ne dis pas ça pour chercher la petite bête, mais plutôt pour mieux comprendre les différences entre les règles classiques et celles que tu appliques. J'aimerais me faire un avis objectif sur le choix de l'une ou de l'autre.

Bien sûr cela n'enlève rien au fait que j'apprécie grandement ton texte. :)
« Modifié: 30 mars 2020 à 21:58:02 par Barcarolle »

Hors ligne Georges Ioannitis

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Re : Aux confins des nuées
« Réponse #11 le: 30 mars 2020 à 23:24:51 »
Bonjour Barcarolle

Les règles de la liaison que j’énonce plus haut semblent confirmer que, dans le langage courant ou soigné, l’euphonie l’emporte avant tout.
Dans ton premier exemple, la question ne se pose pas, car les 2 hémistiches sont séparés par une virgule:
"Aux confins des nuées, après que se confondent"

En ce qui concerne le deuxième exemple
Où/des con/certs mu/ti/qu’ é/bran/lent/ des/so/leil s
1      2     3       4        5   6     7        8      9       10     11    12

On a vu que la césure ne porte pas forcément sur l’hémistiche (6 pieds) elle peut être ternaire, (4 X 3) alternée (4/8 etc,), enjambante. Ici elle est à peine suggérée pour permettre la liaison euphonique entre les deux hémistiches.

Je trouve ta volonté de connaître tous les arcanes de la poésie, courageuse et méritoire. Cela passe bien sûr par la connaissance, parfois fastidieuse, tant elles peuvent se montrer biscornues, des règles de la poésie classique.
Les règles sont importantes et en poésie il ne s'agit pas de faire n'importe, la sanction est immédiate, mais je préfère la relative liberté de la poésie dite moderne. Un poème est beau, pour moi, lorsqu’il sonne agréablement à l’oreille et qu’il touche le cœur. Je ne vois pas de supplément esthétique dans l’alternance du genre des rimes. L’équité du singulier et du pluriel, et autres lourdes contraintes qui transforment souvent la versification en supplice. Je ne dis pas que je n’aime pas, je prétends qu’il faut bien du talent pour jongler avec toutes ces enclumes.
On a vu ensemble que certains des plus grands auteurs se sont souvent affranchis de ces règles pour laisser plus librement exprimer leurs émotions (cf commentaires antérieurs)
 
La poésie classique, entre des mains malhabiles me fait penser à une vielle costumière qui passerait son temps à astiquer les boutons dorés d’une redingote, soigner le faux col empesé d’une chemise, tirer avec précision le pli d’un pantalon, pour parer d’un superbe costume un squelette branlant. Elle ne peut se confondre à la poésie française contemporaine ni être imposée comme règle unique. (cela va sans dire, mais c’est bien de le répéter).

Une petite anecdote pour illustrer ce que parfois je ressens après le passage d’un commentaire qui se veut exclusivement technique.
J’avais fait corriger mon tout premier poème par une personne dont l’orthographe était irréprochable. J’y avais mis toute la passion que m’inspirait un amour de jeunesse. J’y décrivais les charmes brûlants d’une certaine jeune fille et bien plus encore. Lorsque timidement j’ai demandé à ma correctrice ce qu’elle pensait de mon poème, elle me répondit, je ne me souviens pas de quoi ça parle, mais il y a 3 fautes. Un peu à la manière des réparties de Nina. J’essaie de dire que si la technique est essentielle, l’émotion (ou non) ressentie l’est plus encore et mériterait au moins une part égale dans le commentaire de chacun.

La plupart des auteurs du site se soumettent de bonne grâce aux corrections (diversement justifiées) d’autres membres. Je pense que le principe est profitable, il permet au débutant de progresser et le cas échéant de tempérer un jugement qu’il surestimait. Encore faut-il avoir affaire à un correcteur au jugement éclairé (au fil du temps, on fait vite la part des choses entre bienveillance et auto célébration). C’est la loi du genre après tout.
Je m’étonne parfois de constater le gouffre qui sépare le sens que l’auteur a voulu donner à son texte et l’interprétation qu’un lecteur peut en tirer. Mais c’est une autre histoire
Merci pour cet échange, j’espère ne pas avoir été trop ennuyeux et peut-être avoir répondu à ta question. Amicalement, Georges.
« Modifié: 31 mars 2020 à 08:46:53 par Georges Ioannitis »

Hors ligne Barcarolle

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Re : Aux confins des nuées
« Réponse #12 le: 31 mars 2020 à 00:17:22 »
Merci d'avoir pris le temps de me répondre.  :)

Pour ce qui est du hiatus supprimé par la virgule c'est une nouvelle différence entre règles classiques et modernes que je découvre.

Et concernant ma deuxième question, merci de ta réponse. Oui, après avoir posté j'ai vu dans tes précédentes publications que tu donnais des exemples chez de grands auteurs.
Je comprends bien ton point de vue et je respecte totalement ton choix.

Pour ma part, plus j'en sais et plus je pense que les règles classiques (pas seulement en poésie) sont les plus cohérentes et élégantes.
Je comprends le besoin des grands maîtres de toujours questionner leur art et de se démarquer. Ce n'est pas quelque chose de propre à la poésie.
La peinture a inventé l'abstrait, la musique le sérialisme... Cette volonté d'émancipation est partout.

Il est incontestable que la remise en question et l'expérimentation sont indispensables à l'évolution d'un art et à son enrichissement. Mon seul regret est que l'on rejette à mon goût bien trop rapidement les techniques anciennes sous prétexte de modernité et parfois (je ne dis pas que c'est ton cas) de facilité.

Je comprends ce que tu veux dire lorsque tu dis que mal employées les règles nuisent au poème... Il est clair que quitte à les employer autant bien le faire. Mon avis là dessus est que tu as du talent, et je ne vois pas pourquoi quelques contraintes d'écriture réduiraient la qualité de tes textes et leur capacité à nous émouvoir.
Mais encore une fois, si tu te sens plus libre avec la poésie moderne je n'ai rien à dire là dessus.

J'aime beaucoup ton anecdote que je trouve très juste. Elle me fait penser à cette citation de Beethoven :

"Jouer une fausse note est insignifiant, jouer sans passion est inexcusable".

L'émotion et le message du poème passent avant tout c'est certain.

Merci encore de m'avoir fait mieux comprendre les différences entre les poésies modernes ou plus classiques.

Au plaisir de lire tes prochains textes
« Modifié: 31 mars 2020 à 11:03:40 par Barcarolle »

Hors ligne Georges Ioannitis

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Re : Aux confins des nuées
« Réponse #13 le: 31 mars 2020 à 09:14:31 »
Ta réponse me ravit, Barcarolle, Merci d'avoir si bien compris ce que je voulais dire. Amicalement, Georges

Hors ligne Claudius

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Re : Aux confins des nuées
« Réponse #14 le: 31 mars 2020 à 18:32:44 »
Georges, ton extrait est fort intéressant et je suis tout à fait d'accord avec ce qui est écrit, mais... (oui avec moi il y a souvent un mais)

Les liaisons hasardeuses (comme ici des zzzzz à la pèle) qui enlaidissent à l'oral tout texte (à moins que ce ne soit fait pour) sont à proscrire. Mais ! La règle ne change pas, un E suivi d'une consonne se doit d'être appuyé, même si on ne lie pas.

On ne peut pas lier un e pluriel avec une voyelle qui suit (plus têtue que moi...  :mrgreen: :mrgreen:).

La poésie moderne (et c'est un bien) permet d'élider ces e pas très jolis à déclamer, je suis tout à fait d'accord avec ça, alors je dois être de ces incurables dinosaures qui aiment à fond versifier en poésie néo-classique. D'ailleurs j'essaie d'éviter ces e à la césure autant que je le peux !

Et enfin, tout poète a le droit, s'il se l'octroie de manier les mots à sa guise.

Merci pour cet échange très instructif.  ;) ;)
Amicalement, Claude

Edit : j'oubliais d'ajouter, qu'avant tout en ce qui me concerne c'est l'émotion que je ressens qui prime sur tout, la forme passe après. Il m'est arrivé bien souvent de commenter dans ce sens.
« Modifié: 31 mars 2020 à 18:35:57 par Claudius »
Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. Sylvain Tesson

Claudius ses textes et poésies

 


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