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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le mécanicien des songes

Auteur Sujet: Le mécanicien des songes  (Lu 7339 fois)

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Le mécanicien des songes
« le: 19 Août 2010 à 21:11:11 »
Bonjour tout le monde.

Dirigeant une petite troupe de comédiens de 8 à 10 ans, j'ai décidé cette année d'écrire la pièce de théâtre que nous mettrons en scène en Mai prochain. Le problème qui se pose est le suivant : je n'ai jamais écrit de pièce de théâtre de ma vie. Tout au plus pour une rédaction en 4ème. Donc ça remonte.
C'est pour cela que votre aide me serait de la plus grande utilité. Vous, qui êtes habitués à écrire, partager vos écrits, critiquer objectivement et de manière argumentée, pouvez m'être d'un grand secours, et ainsi rendre service à une dizaine d'enfants désireux de donner le meilleur d'eux-mêmes sur scène.
J'ai cru lire dans les règles que les textes devaient être terminés, mais je vais être obligé d'enfreindre cette règle. En effet, la pièce n'est pas terminée, je n'en suis qu'à la moitié. Je tente quand même le coup, en espérant que vous pourrez m'aider à peut être mieux structurer l'histoire, corriger des fautes, ou refaire des répliques perfectibles. Merci d'avance à ceux qui prendront la peine de lire.

L'acte II est disponible plus loin sur la page 1, et le troisième et dernier acte se situe en page 2!  :)




Le mécanicien des songes


--------------------------------------------ACTE I - Scène 1 --------------------------------------
Personnages :
   Léonie   
   Quentin
   Léa
   Chloé
Arthur

VOIX OFF
Autrefois, un être nommé Onii dérobait à la nuit tombée les rêves des gens endormis. Sans rêve, les habitants n’avaient plus le sourire et les journées devinrent mornes, insipides. Les grands chefs de l’époque décidèrent d’agir. Après avoir mis la main sur le voleur de songes, la justice décida de l’enfermer dans un endroit dont personne ne connaîtrait l’existence. C’est ainsi que chacun retrouva ses rêves, qui avaient repris leur place dans le profond sommeil des habitants.

(Le rideau s’ouvre. Léonie, ses amis et son frère sont tous immobiles sur la scène, le regard fixe.)

QUENTIN
─ Ecoutez, je crois que…

CHLOE (coupant la parole)
─  Chut !

(Tous observent les alentours. On entend un bruit provenant de l’armoire.)

LEONIE (s’approchant de l’armoire)
   ─ Je vais voir.

CHLOE
   ─ Fais attention, Léonie !

(Léonie avance jusqu’à l’armoire. Arthur en surgit alors, tous poussent un cri.)

ARTHUR
   ─ Haha ! J’ai gagné !

LEONIE (ironique)
   ─ Vraiment très drôle, Arthur. Si maman apprend que tu es entré là dedans…

ARTHUR
   ─ Comment pourrait-elle le savoir ?

LEONIE
   ─ Tu verras bien.


LEA (les interrompant)
   ─ On refait une partie ?

LEONIE, QUENTIN ET CHLOE
   ─ Oh non !

(Léonie s’installe sur son lit, en signe de lassitude.)

LEA
   ─ Bon, qu’est-ce que tu veux faire Léonie ?

LEONIE
   ─ Je ne sais pas. Rien.

CHLOE
   ─ Tu veux jouer à un jeu ? Regarder un film ? Aller dehors ?

LEA
   ─ Jouer à la Barbie, fabriquer des colliers de perles ?

QUENTIN
   ─ Jouer à un jeu vidéo, faire du catch !

LEONIE (un temps)
   ─ Non.

CHLOE
   ─ Tu ne veux jamais rien faire ! Même pour jouer à cache-cache tout à l’heure, j’ai dû te supplier.

ARTHUR
   ─ Ne vous fatiguez pas, ça fait des semaines que c’est comme ça, d’un jour à l’autre elle a perdu l’envie de s’amuser. Je crois que c’est depuis son dernier anniversaire. Tu te souviens Léonie ?

LEONIE (indifférente)
   ─ mmmmh.

QUENTIN
   ─ Qu’est-ce qu’il s’est passé à cet anniversaire, Arthur ?

ARTHUR
   ─ Oh, rien de particulier. Léonie a soufflé ses bougies, puis on a mangé le gâteau.


LEONIE
   ─ Et tu m’as enfermée dans l’armoire pour jouer tout seul avec mes cadeaux.

ARTHUR
─ Haha, c’est vrai ! (réfléchissant) C’est pour ça que tu fais cette tête ? Tu m’en veux toujours ? J’ai reçu la punition de ma vie, ça devrait te suffire.

LEONIE (d’un ton las)
   ─ Ne vous en faites pas, je vais bien.

ARTHUR
   ─ Tu rigoles ? On dirait que tu fais une dépression !

LEA
   ─ Mon père dit que les enfants déprimés deviennent chauves une fois adultes.

QUENTIN
   ─ Hey, Léa ! Mon père est chauve !

LEA
   ─ Désolée pour lui.

LEONIE (haussant le ton)
   ─ Arrêtez vos histoires, je ne suis ni déprimée, ni chauve ! On peut changer de sujet ? Quentin, tu pourrais nous raconter une de tes histoires d’épouvante…

LEA
   ─ Oh oui, celle du ragondin grignoteur d’orteils !

QUENTIN
   ─ Désolé Léa, mais il se fait tard, je vais devoir rentrer. Je vous raconterai ça demain. Tu seras là, Léonie ?

LEONIE (sèchement)
   ─ Ouais. A demain.

CHLOE, LEA ET ARTHUR
   ─ Ciao !

(Quentin sort. Silence de quelques secondes.)

LEONIE (à Chloé et Léa)
   ─ Et vous, vous ne devez pas partir ?

CHLOE
   ─ Euh… Ben… Si, on va y aller. Tu viens, Léa ?
LEA
   ─ Déjà ? Mais…

CHLOE (se préparant à partir)
   ─ Il faut laisser Léonie se reposer. Je pense qu’une bonne nuit de sommeil lui fera le plus grand bien. Peut-être qu’elle rencontrera quelqu’un dans son rêve qui lui enseignera l’amabilité. Bonne soirée Arthur, bonne soirée Léonie.

LEA
   ─ Salut !

(Elles sortent.)

ARTHUR
   ─ Je suis d’accord avec Chloé, tu devrais être plus souriante… tu deviens agressive par moments, tu sais…

(Léonie lance un regard haineux à Arthur et lui fait un grand sourire forcé. Puis son visage redevient impassible.)

ARTHUR (en sortant)
   ─ Très bien, fais de beaux rêves grande sœur !

(Arthur sort, et Léonie se retrouve seule sur scène. Elle se place en face du miroir et fait un grand sourire, puis soupire de lassitude. Elle finit par s’allonger dans son lit et s’endort.)


------------------------------------------ ACTE I - Scène 2------------------------------
Personnages :
   Léonie   
   Quentin
   Léa
   Chloé
Monsieur Bulbe
Monsieur Ristourne
Monsieur Trèfle
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

(Une lumière rosâtre illumine la scène, sur une musique légèrement inquiétante.
Quentin, Léa et Chloé sont cachés sur scène sous des draps blancs. Quand la musique démarre, ils se lèvent tels des fantômes, le regard tourné vers Léonie.
Léonie se redresse, et observe ses trois amis. Puis elle se lève et se dirige vers eux.)

LEONIE (contente de voir ses amis)
   ─ Eh, qu’est-ce que vous faites là? On joue à un jeu?

(Chloé, Quentin et Léa restent immobiles, Léonie passe devant chacun d’eux et tente de les faire réagir)



LEONIE
   ─ J’ai envie de jouer à cache-cache! Ou non, à chat perché! Qu’est-ce que vous voulez faire? Nous avons tout le temps, c’est vous qui choisissez!

(Chloé, Quentin et Léa commencent à marcher en rond, autour de Léonie)

QUENTIN
   ─ Je n’ai pas envie de jouer!

LEA
   ─ Moi non plus...

CHLOE
   ─ Léonie, comment fais-tu pour être si heureuse? Je trouve tout si triste...

LEONIE
   ─ Pourquoi? Venez, on peut aller dehors faire une cabane, ou regarder un film!

LEA
   ─ On ne peut pas faire tout ça.

QUENTIN
   ─ Léa a raison, nous ne pouvons pas.

LEONIE
   ─ Qu’est-ce que ça signifie? Vous ne voulez plus qu’on soit amis? Vous me laisseriez toute seule?

CHLOE
   ─ Seule, comme tu as laissé Arthur seul dans l’armoire.

LEONIE
   ─ Arthur? Mais on jouait à cache-cache!

QUENTIN
   ─ Il est dans l’armoire. Il faut aller le chercher, Léonie.

LEONIE
   ─ Vous dites n’importe quoi! (Elle essaye d’agripper le bras de Quentin) Qu’est-ce que vous cherchez à...

(Quentin tombe sur le sol, inerte. Léonie pousse un cri, surprise)

LEA
   ─ Viens lui en aide, Léonie. Celui qui est dans l’armoire a besoin de toi.

LEONIE
   ─ Hein? Mais...

(A son tour, Léa tombe au sol)

LEONIE
   ─ Restez avec moi!

QUENTIN
   ─ Ouvre l’armoire et aide-le!

LEONIE
   ─ Quentin, s’il te plait! Je ne comprends pas!

(Quentin s’évanouit comme les autres)

LEONIE (effrayée)
   ─ Quentin? Léa? Chloé?

(Un temps. On entend un bruit venant de l’armoire. Léonie s’approche de l’armoire.)

LEONIE
   ─ Arthur?

 (Monsieur Bulbe, Monsieur Ristourne et Monsieur Trèfle surgissent de l’armoire, Léonie recule.)

LEONIE
   ─ Qui êtes-vous? Qu’est-ce que vous faisiez dans mon armoire?

(Les trois individus se placent alors autour d’elle. Le groupe se déplace vers le lit, puis les trois bonshommes y déposent Léonie et s’enfuient par l’armoire.)





----------------------------------------- ACTE I - Scène 3-----------------------------------------
Personnages :
   Léonie   
   Arthur
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

(Léonie se réveille en sursaut, poussant un cri. Elle regarde longuement autour d’elle. L’armoire s’ouvre toute seule en faisant du bruit.)

LEONIE
   ─ Arthur! Arthur!!

ARTHUR (en voix off)
   ─ Qu’est-ce qu’il y a?

LEONIE
   ─ Viens vite Arthur! J’ai peur!

ARTHUR (en voix off)
   ─ Attends, il y a Une Famille en Or à la télé.

LEONIE
   ─ Arthur!!

ARTHUR (las, en voix off)
─ J’arrive, j’arrive, c’est bon.

LEONIE
   ─ Dépêche-toi!

(Arthur entre)

ARTHUR
   ─ Je suis là, je suis là.

LEONIE
   ─ Je crois qu’il y a un fantôme dans l’armoire.

(Silence. Arthur regarde Léonie en croisant les bras, n’en croyant pas un mot.)

ARTHUR
   ─ Je retourne regarder la télé, ça ne m’amuse pas.

LEONIE
   ─ S’il te plaît Arthur! Regarde dans l’armoire, j’ai peur!

(Arthur, soupirant, va ouvrir l’armoire.)

ARTHUR
   ─ Tu vois? Il n’y a rien à part tes vêtements, tes sacs et une vieille serviette.

LEONIE
   ─ C’est ma robe préférée!

ARTHUR
   ─ Pardon. En tout cas, pas de fantôme. Tu as dû faire un mauvais rêve.


LEONIE
   ─ Je fais tout le temps des cauchemars. Là, je sais que c’était réel. L’armoire a bougé toute seule, et j’ai entendu un bruit étrange venant de l’intérieur. Je suis certaine que c’est un fantôme.

ARTHUR
   ─ Fantôme ou pas, je n’ai rien vu. (Il referme l’armoire) Je peux retourner regarder mon émission?

LEONIE
   ─ Pffff... Vas-y! De toute façon, personne ne me croira.

ARTHUR (en sortant)
   ─ Ça, c’est sûr.

(Léonie reste assise un instant sur son lit, pensive, le regard tourné vers l’armoire. Elle finit par se coucher et s’endort. La porte de l’armoire bouge légèrement)


---------------------------------------------- ACTE I - Scène 4 ------------------------------------
Personnages :
   Léonie   
   Arthur
   Quentin
   Léa
   Chloé


(La lumière s’allume, personne n’est sur scène. Au bout d’un moment, Arthur, Quentin, Léa, Chloé et Léonie arrivent sur scène en courant.)

ARTHUR (arrivant en premier)
   ─ J’ai gagné !

(Tous reprennent leur souffle longuement, s’assoient sur le lit, la chaise ou par terre.)

LEA
   ─ On en refait une ?

LEONIE, QUENTIN ET CHLOE
   ─ Oh non !

ARTHUR
   ─ Je vais chercher à boire, tu viens Quentin ?

QUENTIN
   ─ Ouais !

(Ils sortent. Léa suit Quentin du regard.)

LEONIE (à Léa)
   ─ Pourquoi regardes-tu les garçons comme ça ?

CHLOE (un sourire en coin)
   ─ Je crois qu’elle ne regarde que l’un des deux… (À Léa) Depuis quelques temps, Quentin attire beaucoup ton regard, n’est-ce pas ?

LEA
   ─ Hein ? Qu’est-ce que… Mais pas du tout !

CHLOE
   ─ Je suis sûre que tu as tes chances, pourquoi tu ne lui demandes pas ?

LEA (gênée)
   ─ Arrête ! (Elle se lève et commence à regarder dans les tiroirs du bureau) Bon, on ne pourrait pas regarder un film ?

LEONIE (ironique)
   ─ Coup de foudre chez Léonie ?

LEA
   ─ Très drôle. (Elle sort un boitier dvd du tiroir) C’est quoi ça ? « L’attaque de la Moussaka géante » ? (Elle continue de fouiller)

CHLOE
   ─ Quentin parle souvent de toi, tu sais.

LEONIE
   ─ Timide comme il est, il n’osera pas faire le premier pas.

LEA (énumérant les films qu’elle trouve, en faisant semblant de ne pas entendre Chloé et Léonie)
   ─ « Le retour de la vengeance du fils adoptif de la momie », « Bienvenue chez les Corses »…

CHLOE
   ─ On devrait peut-être en parler à Quentin…

LEONIE
   ─ Tu as raison, il sera sûrement ravi d’apprendre que Léa lui porte autant d’attention.

LEA
   ─ Vous n’êtes pas drôles ! (revenant à ses dvd) Bon, il n’y a rien d’autres ? Ils ont l’air nuls, ces films là. Qu’est-ce qu’il y a dans l’armoire ?


LEONIE (se levant brutalement)
   ─ Non ! Ne l’ouvre pas !

LEA
   ─ Pourquoi ?

LEONIE
   ─ Euh… Elle est… Très mal rangée.

CHLOE
   ─ Elle est toujours très mal rangée, ce n’est pas la première fois qu’on la verra dans cet état.

LEA
   ─ Il y a quelque chose que tu ne veux pas nous montrer ?

LEONIE
   ─ Mais non c’est juste que… Vous n’allez pas me croire. Arthur ne m’a pas cru, alors pourquoi ce serait différent avec vous ?

CHLOE
   ─ Mais parce qu’on est tes amies, on te fait confiance ! Dis-nous tout, je te promets que ça restera entre nous.

LEA
   ─ Bien sûr que tu peux tout nous dire !

LEONIE
   ─ Bon, d’accord. Approchez-vous, je ne veux pas que les garçons entendent. (Chloé et Léa se rapprochent) Alors voilà… Je crois qu’il y a un fantôme dans l’armoire.

(Un temps. Chloé et Léa se regardent, puis explosent de rire. Léonie les regarde, surprise de leur réaction. Quentin et Arthur entrent sur scène à ce moment là.)

QUENTIN (voyant Léa et Chloé en train de rire)
   ─ Qu’est-ce qu’il se passe ?

CHLOE (se calmant)
   ─ Léonie pense que son armoire est hantée.

LEONIE
   ─ Vous aviez dit que ça resterait entre nous !

CHLOE
   ─ Désolée, mais c’est trop drôle.

ARTHUR
   ─ Elle m’en avait parlé hier, mais je croyais qu’elle n’y pensait plus. (Il se dirige vers l’armoire) Léonie, regarde. Il n’y a absolument rien de surnaturel dans ton armoire.

LEONIE
   ─ Ne l’ouvre pas !

ARTHUR (il ouvre l’armoire)
   ─ Voilà. Tu vois ? (il regarde à l’intérieur) Par contre, elle est très mal rangée.

LEONIE (s’énervant)
   ─ Merci, je sais. Vous ne comprenez pas, de toute façon. Il y a quelque chose qui fait du bruit dans l’armoire la nuit, quelque chose qui essaye de sortir. Je l’ai entendu. Et si vous ne me croyez pas, alors laissez-moi tranquille !

(Léonie sort, furieuse.)

LEA
   ─ On aurait peut être pas dû rire comme ça. Je crois qu’elle est vexée.

CHLOE
   ─ Je vais aller lui parler. Sinon, elle va être infernale pendant plusieurs semaines.

LEA
   ─ Je t’accompagne !

(Elles sortent. Quentin suit Léa du regard.)

ARTHUR
   ─ On va les laisser entre elles, c’est plus sûr. Eh oh, Quentin ! Qu’est-ce que tu regardes ? C’est Léa qui te captive autant ?

QUENTIN
   ─ De quoi ? Euh… Non, non. (Un temps) Dis, ça te dérange si je les rejoints ?

ARTHUR (il rigole)
   ─ Vas-y, vas-y. Je vous attends là, je ne voudrais pas déranger…

QUENTIN (cherchant une excuse)
   ─ Hum… J’y vais par curiosité. A tout à l’heure !

(Quentin sort en courant)




---------------------------------------------- ACTE I - Scène 5 ------------------------------------
Personnages :
   Arthur
   Onii


(Arthur reste seul sur scène. Il flâne, fouille le bureau, puis s’installe sur le lit. Un bruit retentit depuis l’intérieur de l’armoire. La porte s’entrouvre toute seule. Arthur, étonné, va voir. Il trouve à l’intérieur une boîte à musique. Intrigué, il la fait fonctionner. Onii apparaît alors sur la scène. Il tourne autour d’Arthur, l’observant. Il a une démarche très étrange.)

ONII
   ─ Comment t’appelles-tu ?

ARTHUR (apeuré)
   ─ Qui êtes-vous ?

ONII
   ─ Est-ce toi qui m’as libéré ?

ARTHUR
   ─ Qu’est-ce que vous faites dans la chambre de ma sœur ?

ONII
   ─ Es-tu un noble seigneur ou bien un vilain paysan ?

ARTHUR
   ─ Pourquoi parlez-vous bizarrement ?

(Onii continue d’observer Arthur et la boîte à musique encore dans sa main. Il essaye soudain de la lui arracher des mains. Arthur esquive l’assaut.)

ONII
   ─ Elle est à moi ! Rends-la-moi !

ARTHUR
   ─ Si elle était dans l’armoire, c’est qu’elle appartient à ma sœur. Pourquoi voulez-vous cette vieille boîte à musique ?

ONII
   ─ J’y ai vécu longtemps. Très longtemps, petit être. C’était comme… un long cauchemar. Oui c’est ça, un rêve si horrible qu’il est impossible d’en sortir. Mais tu as changé la donne, mon petit. Tu as mis fin à mes songes maudits. Je m’appelle Onii. Quel est ton nom, bon prince ?

ARTHUR
   ─ Je m’appelle Arthur. Mais je ne suis pas un prince, juste Arthur.

ONII
   ─ C’est pourtant un nom qui sied bien à un roi. Vous devez avoir du sang de Monarque pour paraître aussi humble. Laissez-moi voir… (Il se colle à Arthur, le flaire, l’observe) Une stature fière… Un regard déterminé… Une poigne ferme ! Si vous n’êtes pas roi, vous en avez malgré tout le profil. (Changeant soudainement d’attitude) Mais je n’aime pas les rois. Ils m’ont fait du mal. Tu ne vas pas me faire de mal, toi ?

ARTHUR
   ─ Bien sûr que non ! Mais vous allez devoir partir, Monsieur Onii. Vous êtes chez moi, dans la chambre de ma sœur et je ne vous connais pas !

ONII
   ─ Mais moi je connais ta sœur. Un caractère bien forgé pour un petit bout de jeune fille, n’est-ce pas ? Comment se nomme-t-elle… Léonie, oui. Léonie.

ARTHUR (interloqué)
   ─ Comment la connaissez-vous ?

ONII
   ─ Je l’ai croisée, plusieurs fois. Elle t’a parlé de moi, petit roi. Elle n’a fait que ça. Elle pense que je suis une ombre, un spectre de la nuit.

ARTHUR
   ─ Alors vous êtes le fantôme !

ONII
   ─ Ai-je l’air d’être un fantôme ? Est-ce que je vole, est-ce que j’ai l’air d’une âme en peine, retenu par un boulet et recouvert d’un drap blanc ? Non, petit monarque, je ne suis pas un fantôme. Je suis une personne à part entière, avec son caractère et sa demeure, ses habitudes et ses langages. Comme toi, et comme ta sœur.

ARTHUR
   ─ Alors vous avez dû voir que Léonie ne va pas bien en ce moment. Elle n’a pas besoin en plus de ça d’avoir un hurluberlu se faisant passer pour un fantôme dans ses pattes. Et moi non plus.

ONII
   ─ Sais-tu seulement pourquoi ta frangine ne va pas bien ? T’es tu demandé pourquoi elle se laisse écraser par cette désinvolture ? Trouves-tu normal, petit roi, qu’une demoiselle aussi sensible puisse paraître aussi aigrie ? Rarement une enfant aura été aussi lasse du monde qui l’entoure. Quelque chose ne tourne pas rond, mon bon Arthur. Ta sœur a perdu quelque chose de précieux. Quelque chose que je peux lui rendre.


ARTHUR
   ─ La seule chose qu’elle m’ait dite, c’est qu’elle faisait souvent des cauchemars ces derniers temps. Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.

ONII
   ─ C’est précisément ça ! Elle ne rêve plus, elle cauchemarde ! Quel enfant de ce monde pourrait supporter une vie sans rêves, sans ce moment privilégié où l’esprit échappe à nôtre contrôle… Elle est étouffée par ses cauchemars, tu l’as vu de tes propres yeux. Depuis son anniversaire, souviens-toi. Elle ne veut plus jouer à quoi que ce soit.

ARTHUR
   ─ Comment savez-vous ça ? (le mécanicien ne répond pas) Vous ne pouvez rien faire pour l’aider de toute manière. A moins que vous soyez un magicien.

ONII
   ─ Pas magicien. Je suis mécanicien.

ARTHUR
   ─ Vous réparez des voitures ? C’est comme ça que vous comptez vous rendre utile pour Léonie?

ONII
   ─ Je m’occupe de la mécanique, mais je ne répare pas des machines. La mécanique que je connais et que je pratique est celle de l’esprit et du songe. Ce que vous pensez, je peux le voir et le toucher. Ce que vous ressentez, je peux l’attraper et le modeler. Vos souvenirs et vos réflexions sont un grand engrenage que je monte, démonte et remonte.

ARTHUR
   ─ Qu’est-ce que ça veut dire ?

ONII
   ─ Ca veut dire que je peux démonter les cauchemars de ta sœur et les remonter en merveilleux rêves dignes des plus beaux contes de fées. Ainsi ta sœur retrouverait son sourire d’antan, et son entrain d’enfant. N’est-ce pas ce que tu pourrais souhaiter de mieux pour elle ?

ARTHUR
   ─ J’aimerais que ce soit possible. Si vous pouvez le faire, je vous en serai très reconnaissant. Comment allez-vous faire ?

ONII
   ─ Haha ! Un mécanicien ne révèle jamais ses engrenages ! L’affaire est conclue. En échange, je te demanderai simplement de ne plus toucher à cette boîte à musique, et de la laisser dans l’armoire, à l’abri des regards. Personne ne doit pouvoir l’utiliser. J’ai été retenu dedans trop longtemps pour y retourner.

ARTHUR
   ─ Entendu ! Tope-là !

ONII
   ─ Quoi ?

ARTHUR
   ─ Oh pardon, c’est une habitude de chez nous. A bientôt, alors ! Et ne faites pas de mal à Léonie !

ONII (sautillant jusqu’à l’armoire, il y entre et ne laisse dépasser que sa tête)
   ─ Même pas en rêve !

(Il ricane, sort par l’armoire, et referme les portes. Rideau.)


------------------------------------------ ACTE II - Scène 1--------------------------------------
Personnages :
   Léonie
   Monsieur Bulbe
   Monsieur Ristourne
   Monsieur Trèfle
        Onii


(Léonie, dans sa plus belle robe, se balade sur la scène, tranquillement. Elle a l’air serein, paisible. Monsieur Bulbe sort de nulle part, et la suit discrètement, sans qu’elle le voie. Elle finit par le remarquer.)

MONSIEUR BULBE
   ─ Chut, ne dites rien ! Vous gâcheriez votre belle voix. (Observant Léonie) Vous êtes vraiment magnifique aujourd’hui, vous enluminez les lieux par votre seule présence. Comment pourrais-je vous remercier d’éclairer ainsi ma journée ? Ah ! Je sais ! J’ai quelque chose qui vous ira à ravir ! (Il sort une fleur de sa poche, qu’il accroche à la robe de Léonie) Et voilà !

(Pendant que Monsieur Bulbe contemple Léonie, Monsieur Ristourne entre sur scène.)

MONSIEUR RISTOURNE
   ─ Que vois-je donc ? Ne serait-ce pas là Demoiselle Léonie ?

MONSIEUR BULBE
   ─ C’est bien elle. N’est-elle pas resplendissante ?

MONSIEUR RISTOURNE
   ─ Ce que vous dites tient de l’euphémisme. Elle pourrait définir à elle seule la beauté de ce bas monde. Il faut absolument que je la regarde de haut en bas ! (Il se place en face d’elle, et la regarde de haut en bas, d’un large mouvement de la tête). Et voilà !

(Monsieur Trèfle entre sur scène, chargé d’un énorme carton emballé comme un cadeau de Noël, vacillant à cause du poids de l’objet.)

MONSIEUR BULBE (allant l’aider)
   ─ Monsieur Trèfle, que transportez-vous là ?

MONSIEUR TREFLE
   ─ J’ai entendu dire que Dame Léonie était parmi nous, j’ai donc couru jusqu’au magasin chercher ce modeste présent !

MONSIEUR RISTOURNE (moqueur)
   ─ Votre modestie a des airs de pachyderme, mon cher.

(Monsieur Bulbe et Monsieur Trèfle déposent le paquet à l’autre bout de la scène.)

MONSIEUR TREFLE
   ─ Où est-elle donc, que je la vois de mes yeux ?

MONSIEUR BULBE (désignant fièrement Léonie)
   ─ Ici-même !

MONSIEUR TREFLE
   ─ Les rumeurs disaient donc vrai ! Mademoiselle Léonie, je ne connais pas assez de mots pour exprimer mon émotion. Vous êtes parfaite ! (Léonie prend un air faussement timide, flattée)

MONSIEUR RISTOURNE (observant le paquet cadeau)
   ─ Qu’avez-vous donc déniché de si grand, Monsieur Trèfle ?

MONSIEUR TREFLE
   ─ Eh bien, Monsieur Ristourne, voyez-vous, je pense que Mademoiselle Léonie devrait découvrir cela par elle-même.

MONSIEUR BULBE
   ─ C’est bien vrai. Ne nous faites pas languir, par pitié, Dame Léonie !

(Léonie commence à déballer son cadeau. Sous l’emballage se trouve une boîte, dans laquelle sont imbriquées d’autres boîtes, comme des poupées russes.)

MONSIEUR RISTOURNE
   ─ Moi je ne lui ai rien offert, je me sens idiot !

MONSIEUR TREFLE
   ─ Voyons, Monsieur Ristourne, à quoi pensiez-vous donc ?

MONSIEUR RISTOURNE
   ─ Je ne suis qu’un sot. Je ne sais ce qui me retient de crier que je suis un sot au monde entier.

MONSIEUR BULBE
   ─ Rien, Monsieur Ristourne, rien ne vous retient.

MONSIEUR RISTOURNE
   ─ Parfait. (Il hurle) Je suis le plus sot des sots !

MONSIEUR TREFLE
   ─ Ca, c’était un beau cri.

MONSIEUR BULBE (désignant Léonie)
   ─ Regardez, elle a déballé son cadeau !

(Dans la dernière boîte, Léonie trouve un canard en papier plié.)

MONSIEUR TREFLE
   ─ Et voilà !

MONSIEUR RISTOURNE
   ─ Fichtre ! Serait-ce un canard ?

MONSIEUR TREFLE
   ─ C’est un canard.

MONSIEUR BULBE (ravi)
   ─ Bravo Monsieur Trèfle, quel merveilleux cadeau !

MONSIEUR RISTOURNE
   ─ Alors il lui faut une mare ! Il n’y a pas de canard sans mare.

MONSIEUR TREFLE
   ─ Très bonne idée, Monsieur Ristourne. Dame Léonie, allons donc chercher une mare pour votre nouveau canard !

(Monsieur trèfle sort)

MONSIEUR BULBE
   ─ Cela lui fera un bon petit coin.

(Monsieur Bulbe sort)

MONSIEUR RISTOURNE (il prend Léonie par la main)
   ─ Si vous permettez… Je vais vous y conduire. Il ne faudrait pas que vous y laissiez des plumes.

(Ils sortent. Quelques secondes plus tard, Onii entre sur scène sur la pointe des pieds)

ONII (Il observe les alentours)
   ─ On dirait que j’ai bien fait mon travail, tout se passe pour le mieux dans le rêve de Léonie. Arthur devrait être content du résultat, il ne songera même plus à me renfermer dans cette maudite boîte à musique. Mais ne traînons pas, laissons ce rêve se terminer.

(Il sort.)
« Modifié: 05 Septembre 2010 à 18:51:10 par poulop »

Hors ligne Milora

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Re : Le mécanicien des songes
« Réponse #1 le: 20 Août 2010 à 13:38:38 »
Salut !

J'ai pas eu le temps de lire, mais deux petites remarques : quand tu postes un nouveau texte, il faudrais que tu l'indiques dans l'index (lien direct ici) pour qu'on puisse l'ajouter au sommaire. Mici ! :)
La deuxième, c'est juste que ton texte est assez long... Aucune règle ne l'empêche, hein ! Mais peut-être que ça découragerait moins le lecteur si tu le postais par extraits plus courts ? (J'avoue que c'est un peu décourageant de voir la page s'allonger comme ça... Mais c'est personnel, hein).
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne poulop

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Re : Le mécanicien des songes
« Réponse #2 le: 20 Août 2010 à 14:25:15 »
C'est vrai que je n'ai pas réfléchi à la longueur du texte posté. Si je n'ai aucun commentaire d'ici quelques jours, je le reposterai en plusieurs parties alors. Mais bon, libre à chacun de lire en entier ou en partie. On verra bien  :huhu:

Hors ligne Leia Tortoise

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Re : Le mécanicien des songes
« Réponse #3 le: 20 Août 2010 à 15:48:40 »
J'ai pas du tout l'habitude du théâtre, et encore moins d'une pièce pour 8-10 ans. Je trouve l'idée originale et plutôt bien foutue, mais d'autres te commenteront ça sûrement mieux que moi...

Par contre c'est vrai que c'est très long à lire, tu devrais séparer au moins les 2 derniers actes!
Of course it is happening inside your head, but why on earth should that mean that it is not real ?
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Hors ligne Plume d'argent

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Re : Le mécanicien des songes
« Réponse #4 le: 20 Août 2010 à 16:54:08 »
C'est plutôt sympa à la lecture, je ne trouve pas grand chose à dire d'autre enfin par moments j'ai l'impression que le discours, surtout entre Onii et Arthur n'est pas adapté à la tranche d'âge des comédiens. Je rarement du théâtre et je ne m'y connais pas vraiment mais ta pièce n'est pas mal du tout pour ta ptite troupe, l'idée est chouette, en tous cas.

Hors ligne BloodMoon

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Re : Le mécanicien des songes
« Réponse #5 le: 20 Août 2010 à 17:54:54 »
Citer
QUENTIN
   ─ Jouer à un jeu vidéo, faire du catch !
Hum... le catch est-il un bon sport à nommer ? ^^

Citer
CHLOE (un sourire en coin)
   ─ Je crois qu’elle ne regarde que l’un des deux… (À Léa) Depuis quelques temps, Quentin attire beaucoup ton regard, n’est-ce pas ?
Il y a certaines phrases qui sont peut-être trop... élaborées ! Simple remarque, à ces âges perdus, je ne parlais pas avec une telle finesse^^

Citer
ONII
   ─ Sais-tu seulement pourquoi ta frangine ne va pas bien ? [...]
Frangine est peut-être un nom trop familier pour ce Onii, non ? il nous parle de nobles avec des mots agréables à l'oreille, et frangine ne va pas tant avec ça... tu pourrais dire « ta cadette » ou « cette benjamine », je ne sais pas...

Citer
ONII
   ─ [...] Ainsi ta sœur retrouverait son sourire d’antan, et son entrain d’enfant. [...]
Très belle phrase !


Bref ! Comme prévu, j'ai absolument tout lu et j'ai adoré !  :D
C'était sympathique et plutôt bien fait, à vrai dire ! Je n'ai jamais écrit pour une pièce de théâtre auparavant, alors il va de soi que je n'ai pas une grande expérience des faits, mais il y a des cours d'art dramatique à l'école Curé-Mercure, ça peut aider pour savoir un peu plus comment ça fonctionne ! Bref, mon amie m'a déjà montrée à quoi ressembler les feuilles qu'elle devait étudier, et je crois même que ce que tu as fait est mieux, en y songeant quelques secondes.

Ce qu'il y a à savoir en fait, c'est que tu dois juste donné le manuscrit aux enfants, en leur donnant, bien sûr, les scènes où ils sont présents ! Ensuite, on devine : il faut étudier, pratiquer et re-pratiquer, jusqu'à que ces jeunets se souviennent par cœur de leurs textes, de leurs mouvements, et le tour est joué... Bien sûr, je suis vraiment brève et tout ce que je viens de dire, tu le sais déjà.^^ Si tu veux, je pourrais me renseigner un peu plus sur la façon qu'il faut adopter pour écrire, comme ma meilleure amie est dans l'option théâtre ! :mrgreen: Car... je dois avouer, mes souvenirs sont flous
« Modifié: 20 Août 2010 à 17:56:35 par BloodMoon »

Hors ligne poulop

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Re : Le mécanicien des songes
« Réponse #6 le: 20 Août 2010 à 19:50:51 »
Tout d'abord, merci pour vos commentaires.

Leia Tortoise : désolé pour la longueur, mais bon j'ai mis ici tout ce qu'il me paraissait important de lire d'une traite pour bien assimiler l'histoire. Mais merci d'avoir lu quand même!

Plume d'argent : concernant le langage, en fait j'ai monté l'année dernière une pièce avec des mots assez compliqués. Les enfants avaient eu beaucoup de mal à apprendre le texte, en particulier à cause de ça. J'ai donc écrit dans un langage plus simple que dans cette pièce. C'est vrai que certaines tournures de phrases sont compliquées pour des enfants de 9 ou 10 ans, mais cela fait partie de mes objectifs : apprendre du vocabulaire en s'amusant.
Mais bien entendu, il est fortement possible que je change certains mots ou certaines phrases si elles sont trop difficiles au final pour les petits comédiens. C'est pour ça que pour le moment, je laisse comme c'est, ça fait partie des "on verra plus tard".

BloodyMoon : alors alors...
Pour le catch, c'est marrant que tu relèves cette réplique. En fait, si j'ai cité ce sport, c'est parce que dans les écoles et centres de loisirs où je travaille, la plupart des garçons sont des fans absolus de catch (et de jeu vidéo). Cette réplique, c'est un peu la caricature de cette mode actuelle. Je suis certain que quelques parents s'y reconnaitront, et que beaucoup d'enfants s'y identifieront sans mal... Mais je me trompe peut être, c'est à voir.

Tu es la deuxième à relever le "Frangine" de Onii. Donc lui, je le change. Je pense mettre "sœurette" à la place... parce que pour moi, Léonie est la grande soeur, donc "cadette" ne colle pas. Tu me diras que "sœurette" aussi fait petite fille, mais j'y vois plus une consonance affective et moqueuse de la part de Onii.

Et merci pour les compliments!

Citer
Si tu veux, je pourrais me renseigner un peu plus sur la façon qu'il faut adopter pour écrire, comme ma meilleure amie est dans l'option théâtre !

Alors là, ce serait le top du top... Enfin j'veux pas non plus te faire perdre ton temps, mais ne connaissant personne qui étudie le théâtre ou en écrit, les conseils de ton amie pourraient être précieux!
Quant au côté pratique, celui-là, je l'ai dans la poche depuis longtemps. Les ateliers sont la partie la plus facile à mettre en place, même si tout conseil est bon à prendre!
« Modifié: 20 Août 2010 à 19:53:23 par poulop »

Hors ligne BloodMoon

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Re : Le mécanicien des songes
« Réponse #7 le: 21 Août 2010 à 04:41:38 »
Ah bon ! Le catch est donc populaire ? :o
Les jeux vidéos, je peux comprendre, moi-même j'ai toujours eu cette passion malgré mon statut de fille  :mrgreen:

Sœurette va beaucoup mieux en effet, j'avais presque oublier qu'elle était la plus âgée  :mrgreen:'

Ravie que mes compliments aient pu te plaire ! ^^

Et... sinon ! J'ai eu le temps de parler un peu avec ma meilleure amie ce soir ! Je lui ai fait lire rapidement ce beau texte, et elle m'a dit que c'était parfait, hormis qu'il manquait quelques précisions dans certaines phrases, dans le genre « Léonie avance jusqu’à l’armoire. » C'est pas assez claire, si on veut  :noange:

Enfin... tu comprends mon point de vue ? ^^


Hors ligne poulop

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Re : Le mécanicien des songes
« Réponse #8 le: 21 Août 2010 à 13:53:45 »
Ah mais le catch est devenu aussi populaire que le foot, dans les cours de récré. Les gamins viennent avec des albums de photos à collectionner, avec tous les catcheurs et catcheuses, en slip comme il se doit.  Et ils te citent même les noms des prises, commentent les derniers matchs qu'ils ont vu... Ca doit faire un an ou deux que c'est comme ça. Bon, c'est surtout chez les garçons par contre.

Sinon, côté didascalies, j'ai toujours un peu de mal. Je ne suis pas très précis la plupart du temps pour les déplacements parce que j'ai envie de voir ce que les enfants proposeront. Par exemple, je pourrais écrire "Léonie avance d'un pas inquiet jusqu'à l'armoire", mais est-ce que ça ne deviendrait pas trop dirigiste ? Mais je vais quoi qu'il en soit relire tout ça et essayer de préciser ça et là. En tout cas merci d'avoir pris le temps de montrer ça à ton amie! C'est encourageant pour la suite de savoir que c'est pas trop mal pour l'instant.

Hors ligne Kathya

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Re : Le mécanicien des songes
« Réponse #9 le: 27 Août 2010 à 22:29:36 »
J'ai pas d'expérience dans l'écriture de textes de théâtre, mais je ne me suis pas ennuyée.  :D

C'est assez rafraîchissant, c'est vif. A lire j'ai bien aimé, même si je serai bien incapable de dire ce que ça donnera sur scène.
Certains passages seront peut-être plus complexes que d'autres, mais tu sais sûrement mieux que nous de quoi est capable ta troupe. ^^

J'ai souri devant l'attaque de la moussaka géante, je sais pas à quel point c'est catastrophique car je ne l'ai pas lu, mais je me souviens avoir été contrainte de l'enregistrer un jour...  ::)
(Je m'attendais presque à voir le retour des tomates tueuses mais passons. ^^)

Bon courage pour la suite ! ^^
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

Hors ligne poulop

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Re : Le mécanicien des songes
« Réponse #10 le: 28 Août 2010 à 00:22:26 »
salut Kathya, merci pour ton commentaire!

Ravi que tu aies aimé la pièce, et merci des compliments! Pour les passages complexes, je testerai les scènes avec des enfants et je verrai à ce moment si je simplifie ou non. C'est un peu flou pour le moment, il n'y a pas de concret!

pour l'attaque de la moussaka géante, je ne l'ai pas vu non plus... mais la bande annonce laisse une idée de l'ampleur de ce "film"... la voilà, pour les curieux http://www.commeaucinema.com/bande-annonce/2408

Sinon, j'ai fini d'écrire la pièce,et je remercie tout ceux qui ont commenté ici d'avoir apporté leur aide pour son écriture. Si certains sont intéressés pour voir la suite, je la posterai peut être, mais je ne sais pas si je dois éditer mon premier message ou la mettre dans une prochaine réponse?

On verra bien  :)

Hors ligne Kailiana

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Re : Le mécanicien des songes
« Réponse #11 le: 28 Août 2010 à 10:51:54 »
Citer
Désolé Léa, mais il se fait tard, je vais devoir rentrer.
"il est tard" serait plus dans le ton
Citer
   ─ Eh, qu’est-ce que vous faites là? On joue à un jeu? [...]   ─ J’ai envie de jouer à cache-cache! Ou non, à chat perché! Qu’est-ce que vous voulez faire? Nous avons tout le temps, c’est vous qui choisissez!
espace avant ? et !
(idem dans la suite du texte)
Citer
(Quentin tombe sur le sol, inerte. Léonie pousse un cri, surprise)
(A son tour, Léa tombe au sol)
(Quentin s’évanouit comme les autres)
petit problème, un quentin doit être remplacé par chloé ;) (et du coup ce qu'il dit doit être dit par Chloé)
Citer
   ─ Hum… J’y vais par curiosité. A tout à l’heure !
"j'y vais par curiosité" pas très naturel
Citer
(Monsieur trèfle sort)
majuscule

A propos des commentaires des autres :
Citer
Citer
ONII
   ─ Sais-tu seulement pourquoi ta frangine ne va pas bien ? [...]
Frangine est peut-être un nom trop familier pour ce Onii, non ? il nous parle de nobles avec des mots agréables à l'oreille, et frangine ne va pas tant avec ça... tu pourrais dire « ta cadette » ou « cette benjamine », je ne sais pas...
au contraire j'aime bien frangine, ça diminue la distance entre les personnages je trouve et donne à Onii une manière un peu étrange de parler, bien adaptée au personnage. Mais soeurette convient aussi !

Citer
Sinon, côté didascalies, j'ai toujours un peu de mal. Je ne suis pas très précis la plupart du temps pour les déplacements parce que j'ai envie de voir ce que les enfants proposeront. Par exemple, je pourrais écrire "Léonie avance d'un pas inquiet jusqu'à l'armoire", mais est-ce que ça ne deviendrait pas trop dirigiste ? Mais je vais quoi qu'il en soit relire tout ça et essayer de préciser ça et là. En tout cas merci d'avoir pris le temps de montrer ça à ton amie! C'est encourageant pour la suite de savoir que c'est pas trop mal pour l'instant.
J'ai compris effectivement que tu tentais de donner le moins d'indications possibles. Si c'était une pièce de théâtre à lire et pas à jouer, je pense qu'il faudrait rajouter des didascalies, mais étant donné qu'elle est vraiment pour mettre en scène, je pense au contraire que ce n'est pas plus mal que tu laisses des libertés, quitte à recadrer les élèves toi même en leur disant comment faire ^^



Au final, c'est très sympathique ! Je n'ai pas une grande expérience pour ce qui est des pièces de théatre (et je n'en ai jamais joué) mais je trouve le déroulement sympa et bien écrit. Niveau longueur, j'ai du mal à me rendre compte si, quand on joue, certains passages risquent de faire longuet ou pas.


Citer
Si certains sont intéressés pour voir la suite, je la posterai peut être, mais je ne sais pas si je dois éditer mon premier message ou la mettre dans une prochaine réponse?
Tu peux poster dans une prochaine réponse ;) Et éditer la fin de ton premier message pour indiquer que la suite est plus loin.
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Einstein

Hors ligne poulop

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Re : Le mécanicien des songes
« Réponse #12 le: 28 Août 2010 à 12:02:11 »
Merci pour ton aide, j'ai fait les petites corrections que tu as relevées.
Donc voici la suite, de l'acte II scène 2 jusqu'à la fin de l'acte. Encore une fois, ça va paraître long mais pour se plonger dans l'histoire, faut bien ça :)

Petite précision pour une meilleure compréhension : depuis mon premier post ici, le personnage "Monsieur Trèfle" est devenu "Monsieur Moufle...


—————————Acte II scène 2—————————
Personnages :
Léonie
Arthur
Quentin
Léa
Chloé   
————————————————————————

 (Il n’y a personne sur scène. Une sonnerie de téléphone retentit. Au bout de quelques secondes, Léonie entre sur scène et décroche.)

LEONIE (très joyeuse et souriante)
   ─ Salut Léa ! Tu vas bien ? …Oui moi super ! J’ai une patate d’enfer ! Alors, quand est-ce que tu passes à la maison ?... On pourrait aller faire du vélo cet après-midi, qu’est-ce que t’en dis ? Non ?... tu veux faire quoi ? (Arthur entre) Ah oui ? Mais c’est GENIAL !

(Arthur regarde Léonie, surpris.)

ARTHUR
   ─ Tu n’aurais pas vu ma chemise bleue, Léonie ?

(Léonie fait « non » d’un signe de tête. Arthur cherche un peu partout.)

LEONIE (toujours au téléphone)
   ─ Ok, alors on se voit tout à l’heure. Ciao ! Bisou ! Ouais, toi aussi. A toute ! Bisou ! Oui oui, Bye bye ! Bise. (Elle raccroche.)

ARTHUR
   ─ Qui as-tu invité ?

LEONIE
   ─ Chloé. Elle va venir avec Léa.
ARTHUR
   ─ Chouette ! Je vais appeler Quentin alors.

LEONIE
   ─ Oui, comme ça on pourra regarder la série que j’ai eue à mon anniversaire !

ARTHUR
   ─ Tu n’as jamais voulu la voir, tu es sûre ?

LEONIE
   ─ Oui oui, j’ai envie de la regarder avec vous. Tu n’as pas envie toi ?

ARTHUR
   ─ Si, bien sûr. (Il retrouve sa chemise bleue) Ah, la voilà. Je vais appeler Quentin, préviens-moi quand Chloé arrive.

LEONIE
   ─ Ok !

(Arthur sort. Léonie reste seule dans sa chambre. Elle s’occupe un moment à lire des bandes dessinées, des magazines. Puis son téléphone sonne à nouveau, elle décroche.)

LEONIE
   ─ Oui ? Ah salut Léa ! Oui, tout à l’heure on va regarder un truc. Ouais, il y aura tout le monde. Quentin ? Il sera là oui, pourquoi ? Ah d’accord. Vous arrivez quand ? Dans 10 minutes ? Super, à toute !

(Elle raccroche et revient à ses occupations. Peu après, le téléphone sonne de nouveau, elle répond.)

LEONIE
   ─ Allô ? Chloé ? Oui… Oui… Oui… Oui… Ah non… Super, à toute !

(Elle raccroche et reprend ses occupations de nouveau. Après un moment, elle saisit son téléphone et compose un numéro.)

LEONIE
   ─ Arthur, tu es dans ta chambre, là ? Tu ne voudrais pas me ramener un paquet de gâteaux ? Tu serais super. (Un paquet de biscuit est envoyé depuis les coulisses et atterrit sur la scène.) Merci Arthur, t’es le meilleur !

(La sonnette retentit.)

ARTHUR (depuis les coulisses)
   ─ Je vais voir, c’est sûrement Quentin !

(Un temps. Arthur et Quentin entrent.)

QUENTIN (très calme)
   ─ Salut Léonie.

LEONIE
   ─ Salut ! (à Arthur) Léa et Chloé vont bientôt arriver, je vais chercher à manger et à boire.

(Elle sort.)

ARTHUR (plaisantant)
   ─ Tu voudras t’asseoir à côté de Léa ?

QUENTIN
   ─ Mouais. Je m’en fiche. De toute façon je n’ai aucune chance.

ARTHUR
   ─ Tu t’en fiches ? Depuis le temps que tu ne parles que d’elle, tu devrais saisir ta chance !

QUENTIN
   ─ C’est perdu d’avance.
ARTHUR
   ─ Mais non. Hier elle n’a pas arrêté de te regarder, je l’ai vue.

QUENTIN
   ─ Elle est plus intéressée par les histoires de fantôme de ta sœur qu’autre chose, oui.

ARTHUR
   ─ Je les entends qui arrivent. Essaye d’être un peu plus souriant, sinon c’est sûr qu’elle choisira plus facilement un croque-mort que toi.

(Chloé, Léa et Léonie entrent.)

ARTHUR (très enthousiaste, de manière exagérée pour motiver Quentin)
   ─ Salut les filles !

CHLOE ET LEA (Sur un ton très las.)
   ─ Salut.

LEONIE
   ─ Mets le dvd, Arthur !

(Arthur met le dvd. Puis tous s’installent sur le lit et les chaises, ou par terre.)

CHLOE
   ─ J’espère que ce n’est pas trop long.

LEA
   ─ Ce n’est pas une série policière débile au moins ?

LEONIE
   ─ Mais non, vous allez voir.

ARTHUR
   ─ Chut, ça commence.

(On entend la bande son de la vidéo. Toute la durée du visionnage, Léonie est seule à rigoler. Les autres ne font pas un bruit, et restent stoïques. Au bout d’un moment, le dvd ne fonctionne plus et l’image et le son disparaissent.)

LEONIE (elle va taper sur le téléviseur)
   ─ Oh non, qu’est-ce qu’il se passe ?

QUENTIN
   ─ On dirait que ça a planté.

ARTHUR
   ─ Léonie, ce n’est pas en tapant dessus que ça va marcher. (Il se lève et va observer le téléviseur pour voir ce qui ne fonctionne pas.)

CHLOE
   ─ Je sens qu’on va devoir attendre un moment avant de pouvoir regarder quoi que ce soit.

ARTHUR
   ─ Mais non, regarde ça va marcher. (Il voit que ça ne marche toujours pas et tape sur le téléviseur) Allez, remets-toi en marche !

LEONIE
   ─ Bon, viens Arthur, on va demander à Maman si on peut regarder ça dans le salon.

ARTHUR
   ─ D’accord.

(Ils sortent.)

CHLOE
   ─ On est bien parti pour ne rien regarder.

LEA
   ─ De toute façon je n’avais vraiment pas envie de voir ce truc. C’est débile.

(Un temps. Aucun ne parle, tous restent immobiles. Quentin finit par bailler bruyamment, la bouche grande ouverte.)

CHLOE
   ─ Tu pourrais au moins mettre la main devant la bouche, Quentin. C’est dégoûtant.

QUENTIN (d’un ton très sec)
   ─ De quoi j’me mêle ?

CHLOE (cynique)
   ─ Si c’était Léa qui te le disait, tu ne répondrais pas ça, pas vrai ?

LEA
   ─ De quoi ?

QUENTIN
   ─ Je ne vois pas pourquoi tu dis ça.

CHLOE
   ─ Sans rire, tu crois que tu es discret quand tu la regardes en souriant niaisement dès qu’elle te parle ? Tout le monde a compris, Quentin. Tu ne sais pas te cacher.

QUENTIN
   ─ Ce n’est pas vrai !

LEA
   ─ Chloé, qu’est-ce que tu racontes ?

CHLOE
   ─ Ne me dis pas que tu n’as rien vu, Léa. Ça sauterait aux yeux de n’importe qui.

QUENTIN (tentant de se contenir)    
─ Chloé, s’il te plaît, est-ce que tu pourrais arrêter ? C’est
vraiment très gênant.

LEA (à Chloé)
   ─ Mais explique-moi !

CHLOE (sarcastique)
   ─ Dis-lui toi-même, Quentin. C’est le moment ou jamais…

QUENTIN
   ─ Je ne dirai rien ! De toute façon je n’ai rien à dire ! Et laisse-moi te dire que si tu dis quelque chose que je ne veux pas que tu dises, je ne te dirai plus jamais rien !

LEA (elle hurle)
   ─ MAIS QU’EST-CE QU’IL SE PASSE, NOM D’UN POULPE ?

CHLOE
   ─ Il se passe que Quentin rêve de toi toutes les nuits, mais qu’il est trop peureux pour te l’avouer.

(Quentin regarde Léa puis Chloé, il est complètement déboussolé. Il quitte brusquement la scène, à la fois furieux et honteux.)

LEA
   ─ Pourquoi tu as fait ça ?

CHLOE
   ─ Quoi ?

LEA
   ─ Tu viens de le rabaisser plus bas que terre.

CHLOE
   ─ N’exagère pas. Et puis au fond, je suis sûr qu’il ne demandait que ça, que je le dise pour lui.

LEA
   ─ Tu aimerais, toi, que je dise à Arthur que tu es tellement folle de lui que tu manges les chewing-gums qu’il colle sous les tables de l’école ?

CHLOE
   ─ Hein ?

LEA
   ─ Ne fais pas semblant, je t’ai vue le faire. Haha ! On dirait que la grande Chloé ne fait pas la fière face à ses propres actes !

CHLOE
   ─ Parle moins fort, il pourrait entendre ! Je te jure que je ne l’ai fait qu’une fois.

LEA
   ─ Bien sûr. Et pourquoi je n’irais pas dire à Arthur ce que tu ressens pour lui ? Après tout, tu n’attends peut-être que ça, que je lui dise à ta place.

CHLOE
   ─ Ne te moque pas de moi !

LEA (ironique)
   ─ Je ne me moque pas, j’essaye de t’aider à surmonter ta peur, voyons ! Tiens attends, je vais l’appeler. (Elle élève la voix.) Arthur ?

CHLOE
   ─ Léa ! Arrête !

LEA
   ─ Pourquoi j’arrêterais ? Tu t’es arrêtée avec Quentin ?

CHLOE
   ─ Très bien.
(Elle sort. Léa se retrouve seule. Un air victorieux est visible sur son visage. Petit à petit, son sourire s’estompe et elle devient pensive un moment. Un instant plus tard, Arthur et Léonie entrent.)

LEONIE
   ─ Enfin, j’ai cru qu’on n’arriverait jamais à convaincre Maman. Mais… Léa ? Où sont Chloé et Quentin ?

LEA
   ─ Ils sont partis, Chloé a eu un problème de tension… Elle est rentrée. Quentin l’a raccompagnée.

ARTHUR
   ─ Ils auraient pu dire au revoir.

LEA
   ─ Je pense que je vais y aller aussi, d’ailleurs.

LEONIE (déçue)
   ─ Personne ne reste ?

LEA
   ─ Désolée Léonie. On verra un autre jour. Salut !

(Elle sort. Léonie reste un moment immobile, triste que tout le monde soit parti.)

ARTHUR (essayant de la consoler)
   ─ Allez, Léonie. Viens au salon, on va regarder le dvd tous les deux.

(Il sort. Léonie reste un moment dans la chambre, soupirant. Puis elle suit Arthur et sort.)


—————————Acte II scène 3—————————
Personnages :
Chloé
Léa
Quentin
Léonie
Arthur   
————————————————————————

 (La lumière n’éclaire que le centre de la scène. On entend une sonnerie de téléphone portable. Chloé entre en scène, et sort un téléphone portable de sa poche.)

CHLOE
   ─ Allô ? Salut Léonie. Ouais… Non… Non… Mouais… Peut-être… Non, je n’ai pas trop envie là. Non, je ne pense pas. On verra une autre fois Léonie, là je ne peux pas. Oui. Bye.

(Elle raccroche et sort. On entend une deuxième sonnerie de téléphone. Léa entre, et prend son téléphone à son tour.)

LEA
   ─ Oui ? Ah c’est toi, Léonie. Oui, je sais que c’est marqué quand tu appelles, mais je n’avais pas regardé. Aujourd’hui ? Rien… De quoi ? Ah… Je ne sais pas. Je préfère rester chez moi. Non, ça sera un autre jour pour moi. Non, vraiment je ne suis pas du tout motivée, là. Toi aussi, ciao.

(Elle sort. On entend une troisième sonnerie de téléphone. Quentin entre et prend son portable.)

QUENTIN
   ─ Ouais ? Salut Arthur. Oui, oui, ça va… Non, je ne fais rien de particulier, là. Chez toi ? Non, je n’ai pas envie. Jouer à un jeu ? Non, pas cet après-midi. Ouais. Non, je pense que je vais aller m’allonger, Je suis un peu fatigué. Non, je ne viendrai pas faire la sieste chez toi ! Allez Arthur, à plus tard. Salut.

(Il sort. La lumière éclaire de nouveau toute la scène. Léonie entre, portable à la main, tapant un sms en faisant les cent pas. La porte de l’armoire s’ouvre toute seule, Léonie la referme aussitôt sans y prêter plus grande attention. Elle soupire et s’assoit sur son lit. Arthur entre, tenant aussi son  téléphone portable.)

ARTHUR
   ─ J’ai appelé Quentin, il ne veut rien faire. Il n’a même pas envie de sortir de chez lui.

LEONIE
   ─ Les filles non plus. Tu crois qu’il s’est passé quelque chose hier ? C’était bizarre, ils sont tous partis d’un coup, sans raison.

ARTHUR
   ─ Léa avait l’air contrariée.

LEONIE
   ─ Tu crois que c’est à cause du dvd qu’ils étaient en colère ?

ARTHUR
   ─ Mais non, Léonie.

LEONIE
   ─ Ils sont énervants. Cela fait deux jours que je me sens en pleine forme, et que j’ai envie de faire plein de choses avec eux, et eux ils décident de ne plus rien faire. Je dois être maudite.

ARTHUR
   ─ Oui, c’est vrai. (Il réfléchit, puis soudainement) Mais oui, tu as raison ! Ca correspond exactement !

LEONIE
   ─ De quoi ?

ARTHUR (au public)
   ─ C’est sûrement lui qui a fait ça !

LEONIE
   ─ Qui ça ? De quoi parles-tu, Arthur ? Tu me fais peur.

ARTHUR
   ─ Euh, de rien. Je retourne dans ma chambre, j’ai des devoirs à terminer pour la rentrée. A tout à l’heure !

(Il sort. Léonie reprend son portable, et continue d’envoyer des messages.)

—————————Acte II scène 4—————————
Personnages :
Léonie
Arthur
Onii   
————————————————————————

 (Léonie dort. Arthur entre discrètement dans la chambre, et commence à se diriger vers l’armoire sur la pointe des pieds.)

LEONIE (Sans bouger, elle parle d’une voix très basse, étant à peine réveillée)
   ─ Arthur, c’est toi ?

ARTHUR (il hésite, puis chuchote)
   ─ Euh… Non, ce n’est pas moi.


LEONIE
   ─ Ah, d’accord.

(Elle se rendort aussitôt. Arthur vérifie qu’elle dort bien, puis va ouvrir l’armoire. Il attrape la boîte à musique, et s’apprête à la mettre en marche. Onii entre et le coupe dans son élan.)

ONII
   ─ Que fais-tu, petit roi ?

ARTHUR
   ─ Parlez moins fort, vous allez réveiller ma sœur. Où étiez-vous caché ?

ONII
   ─ Ici et là…

ARTHUR
   ─ A quoi vous sert cette boîte à musique ?

ONII
   ─ Ce n’est pas la mienne. C’est celle d’un ancien peuple qui a cru bon de m’y enfermer. D’ailleurs, tu devrais la reposer dans l’armoire… N’oublie pas notre petit marché.

ARTHUR
   ─ Pourquoi ont-ils fait ça ? Vous leur avez fait du mal ?

ONII
   ─ C’est ce qu’ils ont cru. Tu sais, les gens n’aiment pas les individus comme moi. Si tu leur proposes de l’inconnu, du mystère, quelque chose qui n’est pas encore rationnel dans leur cervelle d’homme, ils fuient. Et si tu as le malheur d’insister, ils deviennent agressifs. Toi-même l’autre jour, tu voulais me chasser de la chambre quand tu m’as libéré de la boîte à musique. On élimine ce qui sort de la norme, Arthur. Voilà pourquoi ils m’ont fait ça. Maintenant, tu peux la ranger.

ARTHUR
   ─ L’autre jour, j’ai cru que vous étiez un cambrioleur. Un autre vous aurait directement chassé. Vous trouvez normal de vous introduire chez les gens sans leur autorisation ?

ONII (il ricane)
   ─ Je ne trouve rien de normal, à vrai dire. (Il s’approche d’Arthur et tente d’attraper la boîte à musique.) Et si tu me donnais cette boîte, petit ?

ARTHUR (Il recule, empêchant Onii de toucher à la boîte)
   ─ Si je la mets en marche, que se passera-t-il ? On dirait que vous en avez peur.

ONII
   ─ Ne fais surtout pas cela. Si cela arrivait, je serais immédiatement enfermé dans cette boîte à musique maudite pour toujours. Ta sœur recommencerait à faire des cauchemars, plus rien ni personne ne pourrait l’aider. Tu ne voudrais pas ça, Arthur ?

ARTHUR
   ─ Bien sûr que non. Léonie a vraiment retrouvé le sourire, ces jours-ci. Je devrais peut-être vous remercier. (Il donne la boîte à musique à Onii)

ONII (il s’incline.)
   ─ C’est si peu de choses, votre honneur.

ARTHUR
   ─ Mais il y a quelque chose qui cloche. Depuis que Léonie ne fait plus de cauchemars, tous nos amis ont l’air démoralisés.

ONII
   ─ Tu sais ce qu’on dit. Le bonheur des uns…


ARTHUR
   ─ Fait le malheur des autres, je sais. Tu n’y es pour rien ?

ONII
   ─ Comment cela ?

ARTHUR
   ─ J’ai du mal à croire que le hasard y est pour quelque chose. Dès l’instant où Léonie a retrouvé le sourire, Chloé, Quentin et Léa l’ont perdu. Et la situation ne fait qu’empirer.

ONII
   ─ Tu réfléchis trop, petit roi. Tu voulais que ta sœur ne fasse plus de cauchemars, et elle n’en fait plus. C’est fou comme les humains n’en ont jamais assez. On vous donne ce dont vous rêvez, mais vous restez d’éternels insatisfaits.

ARTHUR
   ─ Onii, je vous jure que si vous êtes responsable de ça…

ONII
   ─ Tu feras quoi, mon petit Arthur ? Réfléchis encore un peu. Désormais, tes amis peuvent comprendre pourquoi ta sœur se comportait ainsi quand elle faisait des cauchemars. Peut-être cela leur servira-t-il de leçon.

ARTHUR
   ─ Mes amis ne méritent pas que vous leur donniez vos leçons ! Je ne vous ai jamais demandé de faire ça !

ONII
   ─ Si, tu l’as fait en me demandant d’offrir de fabuleux rêves à ta sœur. Un mécanicien a besoin d’outils. Je ne peux pas faire sortir les rêves du néant, il faut bien les cueillir quelque part. Regretterais-tu ton geste ? Léonie ne va pas être très contente quand elle apprendra ça, mon petit Arthur.

ARTHUR
   ─ Donnez-moi la boîte à musique.

ONII (Il commence à gesticuler comme un pantin autour d’Arthur)
   ─ Tatata ! Donné, repris, volé ! Oh, mais il commence à se faire tard. Il est temps pour moi de mettre les voiles. Ne soit pas trop contrarié, Arthur, ton visage est si beau quand tu souris…

(Onii se dirige vers l’armoire. Arthur fonce sur lui, Mais Onii le stoppe d’un geste de la main, sans même le toucher. Arthur est immobilisé par une force invisible.)

ONII
   ─ Mon petit Arthur, je ne pensais pas que tu étais si déterminé. Tu me rappelles ces gens qui m’ont enfermé jadis dans cette boîte de malheur. Il est l’heure de dormir, maintenant. Dors Arthur, (Il tend le bras vers Arthur, qui commence à s’endormir.) dors comme tu ne l’a jamais fait. Les humains passent le tiers de leur vie à dormir, mais je t’offre maintenant la chance de dormir toute ta vie. (Il continue de tendre les bras vers Arthur qui s’endort de plus en plus.) Bonne longue nuit, petit roi. Et surtout, fais de beaux rêves.

(Onii dépose la boîte à musique dans l’armoire et oublie de la refermer, et sort par la porte de la chambre en ricanant. Arthur reste au sol, endormi.)


Hors ligne BloodMoon

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Re : Le mécanicien des songes
« Réponse #13 le: 28 Août 2010 à 14:24:38 »
Ah bon ! Ils aiment le catch ? :o
Purée, faut que j'en réapprenne, des choses...

Sinon... la suite est alléchante, j'étais offusquée par le comportement hautain de ce fichu Onii à la fin  :mrgreen:
Le conflit qui s'est installé entre Léa, Quentin et Chloé était pas mal, j'ai vraiment aimé l'idée ! Pauvre Léonie... C'est... ennuyant ! de ne pas pouvoir partager son bonheur avec ses amis ! J'aurais pas tenu Onii pour responsable, sur le coup... mais il est évident maintenant que cet idiot va s'en payer une bientôt. J'ai vraiment bien aimé, même si, à mon humble avi, Léa aurait dût réagir un peu aux paroles de Chloé au lieu de rester neutre et aussi froide qu'un mur. Elle lui dit qu'il a un faible pour elle, à sa place j'aurais fait de grands yeux, ou... je ne sais pas !

Hormis ceci, moi je dis que j'ai adoré ! Je n'ai pas fait attention aux fautes... donc... Voilà ! :)

Hors ligne Kathya

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Re : Le mécanicien des songes
« Réponse #14 le: 28 Août 2010 à 20:47:34 »
Pareil que BloodMoon, je m'attendais à une réaction de Léa, genre surprise ou genre je-regarde-ailleurs-style-j'ai-pas-compris.

J'ai beaucoup aimé ce nouvel envoi. Ca reste simple et pourtant il y a une intrigue, des personnages attachants...

Bonne chance pour clôturer !  :D
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

 


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