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Auteur Sujet: Bob Dylan 01 - Hard Rain (U.S.A / F)..doc  (Lu 851 fois)

Hors ligne Georges Ioannitis

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Bob Dylan 01 - Hard Rain (U.S.A / F)..doc
« le: 06 mars 2020 à 21:20:45 »
A Hard Rain’s A-Gonna Fall (1962) Bob Dylan
 
« Chaque vers est en fait le début d'une chanson à part entière. Mais quand je l'ai coomposée, je pensais que je ne vivrais pas assez longtemps pour écrire toutes ces chansons, alors j'ai mis toutes mes tripes dans celle-ci. » Déclare Dylan dans une interview.
L’année 1962 est celle de la crise des missiles de Cuba, la menace d’une catastrophe nucléaire hante les esprits de tous les Américains.
Cette ballade pessimiste utilise comme technique narratif, l’alternance « question/réponse », empruntée au folklore anglo-écossais du XVIIe siècle.
La première interprétation de la chanson eut lieu au Carnegie Hall en septembre 1962. Elle fit une énorme impression. La chanson débute calmement par une question presque banale et alterne sur une réponse constituée d’une série de phrases brèves d’inspiration rimbaldienne. Comme le burin de Rodin sur le marbre d’un chef-d’œuvre en composition, chaque palpitation façonne lentement une œuvre éminemment lyrique et magistrale. La répétition progressive et entêtante du début du refrain nous prépare à sa conclusion cataclysmique : Hard Rain's a-Gonna Fall ! (l’averse va tomber!)
L’averse dont il est question a fait l’objet de diverses interprétations. Dans le contexte de l’époque, on y voyait une pluie de bombes.
L'Amérique du début des années 60 baignait dans une atmosphère apocalyptique, dans cette ambiance de fin du monde, le mysticisme du Dylan de l'époque, d’orientations diverses, mâtiné de christianisme évoque d’une manière plus générale, la vision eschatologique de la pluie de météorites décrite dans le texte de Saint Jean : "L’Apocalypse". Ce ne sera qu’en 1978 qu’il recevra la révélation finale : « J’ai vraiment vécu la nouvelle naissance (reborn), si on veut l’appeler comme ça. C’est arrivé en 78. J’étais conscient qu’il y avait un Dieu créateur de l’univers, mais je n’avais pas conscience de Jésus ni de ce qu’il avait à voir avec le créateur suprême. » Quoi qu'il en soit, cette chanson reste un des chefs-d’œuvre de Dylan

Par commodité de lecture, le texte original suit la traduction.
 
G.I
 
 
*****
 
Une terrible averse se prépare
 
 
Où es-tu allé, mon fils aux yeux d’azur ?
Où es-tu allé, mon fils bien-aimé ?
J’ai trébuché sur la face brumeuse de douze montagnes,
J’ai marché et rampé sur six routes tortueuses,
J’ai plongé au cœur de sept sinistres forêts,
Je me suis retrouvé sur les bords de douze mers mortes,
J’ai erré dix mille lieues au sein d’un cimetière
 
Et c’est une terrible, c’est une terrible... c’est une terrible...
C’est une terrible... c’est une terrible... c’est une terrible averse qui se prépare !

 
Oh, mais qu’as-tu vu mon fils aux yeux d’azur ?
Qu’as-tu vu mon fils bien-aimé ?
 
J’ai vu un nouveau-né entouré de loups sauvages,
J’ai vu une route déserte pavée de diamants,
J’ai vu du sang s’égoutter d’une branche noire,
J’ai vu une salle remplie d’hommes attendant un marteau sanguinolent à la main,
J’ai vu une échelle blanche noyée dans l’eau,
J’ai vu dix mille orateurs à la langue paralysée,
J’ai vu des pistolets et des lames tranchantes dans des mains d’enfants.
 
Et c’est une terrible... c’est une terrible... c’est une terrible...
C’est une terrible... c’est une terrible... c’est une terrible averse qui se prépare !

 
Oh, mais qu’as-tu entendu mon fils aux yeux d’azur ?
Qu’as-tu entendu mon fils bien-aimé ?
J’ai entendu le grondement du tonnerre s’abattre comme un terrible avertissement,
J’ai entendu le déferlement d’une vague qui pouvait noyer la terre entière,
J’ai entendu cent tambours frappant de leurs mains flamboyantes,
J’ai entendu dix mille chuchotements que personne n’entendait,
J’ai entendu les plaintes de l’affamé et les gens qui se moquaient de lui,
J’ai entendu le chant du poète qui crevait dans le ruisseau,
J’ai entendu les gémissements d’un clown qui pleurait dans une impasse.
 
Et c’est une terrible... c’est une terrible... c’est une terrible...
C’est une terrible... c’est une terrible... c’est une terrible averse qui se prépare !

 
Oh, mais qui as-tu rencontré mon fils aux yeux d’azur ?
Qui as-tu rencontré mon fils bien-aimé ?
 
J’ai rencontré un enfant, à côté d’un cheval mort
J’ai rencontré un homme blanc qui promenait un chien noir,
J’ai rencontré une jeune fille qui brûlait comme une torche,
J’en ai rencontré une autre qui m’a offert un arc-en-ciel,
J’ai rencontré un homme meurtri par l’amour,
J’en ai rencontré un autre blessé par la haine,
 
Et c’est une terrible... c’est une terrible... c’est une terrible...
C’est une terrible... c’est une terrible... c’est une terrible averse qui se prépare

 
Et que vas-tu faire maintenant, mon fils aux yeux d’azur ?
Que vas-tu faire maintenant, mon fils bien-aimé ?
 
Je vais retourner là-bas, avant que ça tombe,
Je vais marcher jusqu'au cœur de la plus profonde forêt sombre,
Là où les gens sont légions et où leurs mains sont vides,
Là où des grains de poison flottent sur les eaux,
Là où les maisons des vallées se mêlent aux prisons humides et crasseuses,
Là où la face du bourreau est toujours bien cachée,
Là où la faim est sordide et les âmes oubliées,
Là où Noir est la couleur et Nul, le nombre,
Et j'en parlerai, et je le clamerai, et je l’imprimerai dans mes pensées et je le respirerai
Et j’en ferai irradier la montagne, pour que chacun puisse le découvrir,
Et je resterai sur l’océan jusqu’à y disparaître.
Mais je connais ma chanson par cœur avant de l’entamer.
 
Et c’est une terrible... c’est une terrible... c’est une terrible...
C’est une terrible... c’est une terrible... c’est une terrible averse qui se prépare

 
Bob Dylan
Traduction Georges Ioannitis
 
****
 
 
Texte original
 
 
A Hard Rain's A-Gonna Fall
Bob Dylan
 
Oh, where have you been, my blue-eyed son?
And where have you been my darling young one?
I've stumbled on the side of twelve misty mountains
I've walked and I've crawled on six crooked highways
I've stepped in the middle of seven sad forests
I've been out in front of a dozen dead oceans
I've been ten thousand miles in the mouth of a graveyard
And it's a hard, it's a hard, it's a hard, and it's a hard
It's a hard rain's a-gonna fall

Oh, what did you see, my blue eyed son?
And what did you see, my darling young one?
I saw a newborn baby with wild wolves all around it
I saw a highway of diamonds with nobody on it
I saw a black branch with blood that kept drippin'
I saw a room full of men with their hammers a-bleedin'
I saw a white ladder all covered with water
I saw ten thousand talkers whose tongues were all broken
I saw guns and sharp swords in the hands of young children
And it's a hard, it's a hard, it's a hard, and it's a hard
It's a hard rain's a-gonna fall

And what did you hear, my blue-eyed son?
And what did you hear, my darling young one?
I heard the sound of a thunder that roared out a warnin'
I heard the roar of a wave that could drown the whole world
I heard one hundred drummers whose hands were a-blazin'
I heard ten thousand whisperin' and nobody listenin'
I heard one person starve, I heard many people laughin'
Heard the song of a poet who died in the gutter
Heard the sound of a clown who cried in the alley
And it's a hard, it's a hard, it's a hard, it's a hard
And it's a hard rain's a-gonna fall

Oh, what did you meet my blue-eyed son ?
Who did you meet, my darling young one?
I met a young child beside a dead pony
I met a white man who walked a black dog
I met a young woman whose body was burning
I met a young girl, she gave me a rainbow
I met one man who was wounded in love
I met another man who was wounded in hatred
And it's a hard, it's a hard, it's a hard, it's a hard
And it's a hard rain's a-gonna fall

And what'll you do now, my blue-eyed son?
And what'll you do now my darling young one?
I'm a-goin' back out 'fore the rain starts a-fallin'
I'll walk to the depths of the deepest black forest
Where the people are a many and their hands are all empty
Where the pellets of poison are flooding their waters
Where the home in the valley meets the damp dirty prison
And the executioner's face is always well hidden
Where hunger is ugly, where souls are forgotten
Where black is the color, where none is the number
And I'll tell and speak it and think it and breathe it
And reflect from the mountain so all souls can see it
And I'll stand on the ocean until I start sinkin'
But I'll know my song well before I start singing
And it's a hard, it's a hard, it's a hard, and it's a hard
It's a hard rain's a-gonna fall
 
 
https://youtu.be/T5al0HmR4to

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« Modifié: 21 mars 2020 à 12:27:38 par Georges Ioannitis »

Hors ligne Alan Tréard

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 6 265
  • Mer, je suis comme toi, plein de voix machinées
    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : Bob Dylan trad. 01 - Hard Rain.doc
« Réponse #1 le: 06 mars 2020 à 23:36:05 »
Bonjour Georges Ioannitis,


Moi qui aime beaucoup la musique de Dylan (mais aussi celle de Baez), je trouve toujours un grand plaisir à me plonger dans ses paroles qui portent un quelque chose d'intemporel. Je trouve qu'il y a un quelque chose de profondément poétique dans l'accroche de ses écrits, comme un message qui porte des valeurs entremêlées de vives émotions, une rencontre entre des idées qui se confondent.

Malheureusement, je ne vais pas pouvoir te donner mon avis sur la traduction, je trouve que c'est un exercice honorable, et j'espère que quelqu'un aura le temps de la vérifier pour apporter toute sa substance à cette publication.


Un grand merci à toi pour cette lecture. ^^
« Modifié: 07 mars 2020 à 00:43:37 par Alan Tréard »
Mon carnet de bord avec un projet de fantasy.

Hors ligne Georges Ioannitis

  • Calliopéen
  • Messages: 460
    • Prose& Poésie - Georges Ioannitis
Re : Bob Dylan trad. 01 - Hard Rain.doc
« Réponse #2 le: 07 mars 2020 à 15:55:23 »
Merci Alan Tréard pour ton message encourageant. Amitiés, Georges.

 


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