Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Auteur Sujet: Etre soi dans l'écriture  (Lu 5163 fois)

Hors ligne Fermière illégitime

  • Tabellion
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Etre soi dans l'écriture
« le: 22 Janvier 2020 à 13:48:57 »
Bonjour à tous.

J'ouvre ce fil sur les conseils de Colin suite à mes présentations.

Je ne sais pas trop quel angle adopter, tant finalement mes questionnements sont à la fois flous et nombreux. De même le titre du fil m'a longuement fait hésiter!  :noange:

Ainsi, je pense entamer ce questionnement par une présentation plus approfondie de l'écrivaine en herbe que je suis.

Tout d'abord, je ne suis pas férue de littérature. J'ai beaucoup lu, mais je suis bien incapable de juger de la qualité artistique d'une oeuvre. Je n'ai rien d'une artiste, et ma créativité est très pauvre. (Pour rire, et mieux comprendre mon ambivalence à ce sujet... il y a bien longtemps au lycée, mon orientation s'est résumé à "Admise en scientifique, mais littéraire fortement conseillé" soulignée trois fois  :/ ). Ces dernières années j'ai lu uniquement des essais scientifiques, orientés vers la biologie, la paléontologie, l'anthropologie qui sont actuellement les seuls ouvrages qui me tiennent suffisamment éveillée. Ils ont étanché ma soif de réponses et nourris mes convictions sur l'humain et le monde dans lequel il évolue.
En parallèle, j'ai toujours aimé écrire ou plutôt m'exprimer par écrit. Et toutes ces lectures et ces réflexions ont cultivé une forme de besoin de mettre en oeuvre cette somme de connaissances inter-disciplinaires.  Plus simplement dit, j'ai éprouvé l'envie de romancer, de donner vie aux données brutes, de les replacer dans la vie d'êtres humains.

Avant cela, j'apaisais mon besoin d'écrire par des textes courts sans but précis, ou en soignant le moindre écrit de ma vie professionnelle ou personnelle. rechercher la meilleure formulation, le bon mot, la précision la plus aboutie possible . Exprimer le maximum de choses de la manière la plus concise et lisible pour mon lecteur, même s'il s'agissait d'un professionnel pressé qui n'avait que faire de la qualité de plume de celle qui s'adressait à lui. Un ami qui était tombé sur un texte où je racontais une scène vécue quelques jours auparavant m'avait fait promettre d'écrire un roman... Et pendant vingt ans cette idée ne m'a jamais réellement quitté. Mais écrire quoi? L'inspiration m'a longtemps manqué, ou quand elle était là, mon humeur ne me permettait pas de l'approfondir (écrire sur mon métier... la mort, la maladie, la détresse humaine... oui, je ne manquais pas de matière, mais cela m’enfonçait toujours plus dans un quotidien dont j'avais surtout besoin de m'échapper.)

Puis j'ai eu cette idée de placer mes textes dans un monde qui me fascine et m'interpelle. Je pouvais ainsi joindre mon besoin d'évasion, avec celui de conter, tout en palliant à mon manque de créativité pure. J'ai trouvé que c'était un terreau formidable pour aborder des problématiques contemporaines, en les plaçant suffisamment à distance pour permettre la réflexion.  Donc je me suis lancée dans l'écriture d'un roman l'année dernière, et j'ai tenu à aller jusqu'au bout du projet.

Plaisir et difficulté s'y sont mêlés. Autant j'ai ce plaisir à mettre en mots, autant j'ai découvert l'étendue de mes carences. Etrange jouissance de faire naitre des personnages et se laisser surprendre par eux. Déception à la relecture quand le rythme n'est pas bon, quand la subtilité voulue n'y est pas. J'ai compris que j'avais beaucoup de choses à apprendre, et soudain ma vie m'a parue trop courte, et trop encombrée pour mener à bien mes projets.

J'ai retravaillé mon texte pendant des mois dans l'idée de l'envoi à des éditeurs, entre défaitisme et espoir secret, ayant tout à fait conscience que les chances sont infimes d'y parvenir. En effet, à présent, je ne conçois ce laborieux processus que dans le but d'être publiée, d'être lue au-delà de mon cercle de connaissance. Mais, mes carences couplés au niveau d'exigence, ont longtemps parasité mon processus créatif. Pour autant, j'ai persévéré en  envoyant l'ouvrage à quelques béta-lecteurs. Quelques amis du net, n'osant pas le montrer à mes proches en lien avec une étrange pudeur. Seuls trois l'ont lu. Le premier a beaucoup aimé et m'a adressé des critiques très gentilles, tout en me reprochant quelques manque à ses yeux. J'ai travaillé le texte pour y adjoindre principalement quelques courtes descriptions. La seconde s'est excusée car elle n'a pas pu poursuivre, car certains passages heurtaient trop sa sensibilité (violence faite aux femmes et aux enfants), tout en me disant que le style était bon. Le troisième n'était pas francophone de naissance, il m'a surtout dit que les mots étaient parfois trop compliqué pour lui. Puis je l'ai envoyé à une conseillère littéraire, qui m'a fait revoir mon plan, enlever des personnages inutiles, mais qui m'a félicité car elle s'est laissé prendre dans l'histoire et s'est attaché aux personnages comme elle m'a dit. Elle m'a indiqué des éditeurs... j'ai envoyé à la moitié d'entre eux... et c'est le calme plat depuis... je repousse toujours le 2eme envoi.


Puis j'ai entamé une suite, certainement telle une dépendance pour les personnages... mais j'ai arrêté, à quoi bon une suite, si le premier n'est jamais lu... j'ai voulu écrire autre chose... j'ai entamé des trucs, mais rien qui m’emballait. Là, j'ai quasi finit le 1er jet d'un projet qui me plait et est dans un thème approchant du premier.
Voilà  où j'en suis. Depuis, un peu plus d'un an, je passe tout mon temps libre à penser à mes personnages et à écrire.

 Et je suis venue ici... et soudain je ne me suis pas sentie à ma place. Illégitime. A la lecture que quelques sujets du forum, je me suis sentis en décalage.... si peu "littéraire"... si peu artiste. Ma recherche quant à la qualité de mes écrits me semble plus être de l'ordre: la forme au service du fond, à l'inverse il me semble humblement, de ce que recherchent de nombreux écrivains, qui souvent sont plus en quête de Littérature que de "bonnes histoires". C'est un peu à l'emporte-pièce, j'en conviens, mais c'est peut-être ce qui a façonné mon choix de pseudo.  ;) Mais à la fois, mon sentiment de carence, ne vient-il pas de ce manque de "littérature" et de sens artistique? :-[

Bref je suis en pleine remise en question.  ;D

Je ne me relis et espère ne pas avoir commis trop d'erreurs.

Hors ligne Erwan

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Re : Etre soi dans l'écriture
« Réponse #1 le: 22 Janvier 2020 à 14:55:03 »
Oaf, le pavé !  :D

Citer
Ma recherche quant à la qualité de mes écrits me semble plus être de l'ordre: la forme au service du fond,

Alors pour ça, ne t'inquiète pas. Les livres qui se vendent sont faits comme ça. Il existe aussi des écrits incompréhensibles, ou expérimentaux, qui se vendent à trois cents exemplaires dans une petite élite bourgeoise. Bref, tu choisis ton camp comme tu veux, et tu fais ce que tu veux. La question de la légitimité est rigolote, elle est aussi symptomatique. Pourquoi devrait-on être légitime pour parler ou écrire ?

Citer
En effet, à présent, je ne conçois ce laborieux processus que dans le but d'être publiée, d'être lue au-delà de mon cercle de connaissance.

Merde, c'est pas de bol ! Parce qu'il faut bosser longtemps son talent pour pouvoir prétendre devenir professionnelle. Et sache aussi que beaucoup d'auteurs débutants font 300 ventes, dont 150 des membres de leur famille et leurs amis, les amis des amis... Bref, t'as foutrement intérêt à trouver le goût d'écrire en tant que tel, sinon tu as choisi une voie où tu vas te faire chier sacrément, et finir aigrie et frustrée gravement  :D. Je dis ça gentiment, mais je pense que c'est vrai  ;).

Citer
Mais à la fois, mon sentiment de carence, ne vient-il pas de ce manque de "littérature" et de sens artistique?

Il vient sûrement de plein de choses, parce qu'il faut en apprendre des choses dans la vie, et qu'on est toujours en carence malgré ça... Enfin bon, le truc super positif quand je te lis, c'est que tu n'est pas boursoufflée du ciboulot comme beaucoup d'auteurs qui ne connaissent pas leurs limites, ou qui conçoivent difficilement, pèle-mêle :
  • Que leur œuvre est peut-être banale, pas forcément à même d'intéresser le lecteur ;
  • Qu'on est tous éblouis par notre propre intelligence, la beauté de notre écriture, et que même tata Raoulette elle a dit que c'était super, mais qu'en vrai on est aveugle envers nous même : une grosse merde sera toujours perçue comme du caviar par son auteur...

Si déjà tu n'as pas ce problème, tu n'es pas mal lotie, je dirais  ;). En tout cas, bon courage, les moments de crise, ça finit pas passer. Essaie d'écrire juste pour toi, et observe ce que ça te fait (c'était mon conseil du jour  :mrgreen:).

Hors ligne Henri_Vargroas

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Re : Etre soi dans l'écriture
« Réponse #2 le: 22 Janvier 2020 à 15:26:59 »
Ce que tu dis me parle beaucoup.

Voici mon histoire :
Enfant j'écrivais, des nouvelles, des poèmes, des scénario de jeux de role, j'aimais bien.

A l'age de jeune adulte, j'ai commencé un roman, j'ai écrit quelques pages, j'ai fait lire :
- les retours furent catastrophique, c'est nul, c'est quoi l'interet, tu perds ton temps, ...
- un seul retour m'a fait du bien : j'ai bien aimé ton personnage principal par contre je n'ai pas aimé les dialogues.

J'ai arrêté d'écrire pendant presque 15 ans (pas une ligne, pas un texte), j'ai considéré que je n'avais aucun talent, qu'en effet c'était une perte de temps.

Et puis un jour (une histoire très chargé émotionnellement), j'ai recommencé à écrire, je me suis senti obligé d'écrire ce que je ressentais.
J'ai écris, presque tous mes ressentis, tous mes souvenirs.

j'ai recommencé mon roman, en partant de ce que j'avais écris, mais là encore je n'allais pas plus loin que quelques pages.

Puis j'ai rencontré quelque chose qui m'a touché au plus profond de mon etre et la porte s'est ouverte.

J'ai écrit mon roman, cela n'a pas été facile, page après page, ligne après ligne, j'ai affronté ma médiocrité ... et je l'ai terminé.

L'étape du partage n'a pas été facile, mais j'ai réussi, j'ai eut quelques bons retours. J'ai tenté la publication auprès de quelques éditeurs ... et j'ai eu un contrat d'édition avec un petit mot manuscrit de l'éditeur "Un texte très bien construit, une empathie profonde" (je l'ai toujours sur moi). Malheureusement c'était un contrat à compte d'auteur qui me demandait à peu près 3000 euros, tous les autres éditeurs m'ont apposé un refus poli.

J'étais évidement très déçu, mais je n'ai pas arrêté d'écrire. J'ai écrit un autre roman (celui qui est dans ma signature) et là je viens de finir le brouillon de la suite.

Ce que je veux te dire, c'est que la publication est certes une très belle réalisation, avoir la possibilité d'etre lu par d'autres, de partager son univers, d'etre apprécié ... ou pas, c'est un beau reve. Mais après toute cette expérience, je trouve que le reve de devenir écrivain est bien plus grand, bien plus facile à réaliser.

Quoique de plus facile de dire j'écris donc je suis écrivain. Si quelques uns disent que tu ne l'es pas parce que tu n'es pas publié, rien de plus facile que de leur dire qu'ils n'ont aucun droit de te définir, seule toi l'a.

Donc je suis écrivain ... amateur(petite concession anodine mais imparable) :

Mon histoire, mes romans j'y pense chaque jour, je fais vivre mes personnages dans ma tete et quand j'ai le temps, je les écris.

Ecrit ton histoire, prends en compte les éventuels commentaires, peu importe que tu ne sois pas une littéraire (je suis moi-même issu d'une filière scientifique), si tu aimes écrire :

https://www.youtube.com/watch?v=H5VtqQWfO-I

L'essentiel, c'est ce que tu veux raconter en écrivant, écrit pour toi, pour que ça te plaise ... si ça plait à d'autre tant mieux, sinon tant pis.  :P

Ce qu'il y a de bien avec ce forum c'est qu'il y a un peu de tout, les assidus de l'orthographe et de la grammaire (que je ne suis pas  :-¬?), les tout fou, les aventuriers, les poetes, ... bref un ensemble très hétéroclite qui t'apporteront autant que tu leur apporteras.

https://www.youtube.com/watch?v=VLPRQUbhIT0
« Modifié: 22 Janvier 2020 à 15:29:05 par Henri_Vargroas »

Hors ligne Aléa

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Re : Etre soi dans l'écriture
« Réponse #3 le: 22 Janvier 2020 à 20:51:26 »
Curiosité : c'était quand ton envoi de roman ? (parce que les réponses prennent en général plus de 6 mois, ça peut dépasser l'année facile aussi)


J'ai pas encore testé les envois de romans, mais déjà de recueil et plein plein d'appels à texte, je me suis pris plein de fours, mais on s'en fiche, on se remet sur le prochain projet, on améliore, on continue, et parfois ça passe et tant mieux :) faut pas lâcher


oui c'est vrai qu'ici beaucoup sont dans la recherche du style, enfin je me range dans la catégorie où l'histoire peu être secondaire ^^ on peut avoir des choses à dire sans avoir besoin de ça, mais bref, c'pas ça que je voulais dire, ce qu'on essaye, modestement, c'est de pousser les gens à trouver ce qui leur correspond. Dans le passé, j'ai pu m'entêter dans des styles ou genres qui dans le fond ne me corespondaient pas, parce que j'aimais ces gens ou ces styles et je voulais faire ça. Je crois que ce qu'on réussit le mieux, c'est ce qui nous est le plus naturel, et quelque part, ce qui nous parait le moins incroyable, pour nous (ça n'empêche pas tout le travail derrière hein. Mais je pense toujours à cette fois où, je dessinais en cours, y'a longtemps, j'ai juste fait des gros patés en assemblant ce que je savais faire, bottant en touche de ce que je n'arrivais pas à dessiner. Quelqu'un m'a dit que c'était génial, que ça avait un style. Si on ne m'avait pas dit ça, pour moi ça n'aurait jamais été plus que le bas de gamme de ce que je savais faire et j'aurais jamais soupconné ça, parce que ça avait rien de grandiose à mes yeux à moi - trop proche du truc)

Bref, ce que je voulais dire, c'est que ce que tu nommes "carence" et si en fait c'était ta force ? Je veux dire, une certaine aisance à justement faire du synthétique, du droit au but, des livres qui mettent la forme entièrement au service du fond, il y en a plein, ça ne veut pas dire que c'est mal écrit, au contraire, et ça plait souvent beaucoup justement. SI t'as des bases dans quelque chose, fait en une force, une base, et ensuite avance vers ce que TOI tu veux faire, ça fait pas de toi une imposteure du tout ^^ t'auras travaillé pour faire ce qui te correspond, je pense que c'est ça avant tout (par dessus tout) être écrivain.e.
Et dans tous les cas, lire beaucoup, qu'on ait un jugement "littéraire" ou pas, les mots s'imprègnent, les styles des auteurs, les solidités des phrases, ensuite on étudie la construction de persos, d'histoire, enfin là où on a des vrais carences de construction d'un livre
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

Hors ligne Fermière illégitime

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Re : Re : Etre soi dans l'écriture
« Réponse #4 le: 22 Janvier 2020 à 22:41:29 »
Oaf, le pavé !  :D
Désolée.

C'est un de mes grands défauts... je m'étaaaaaale!

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Alors pour ça, ne t'inquiète pas. Les livres qui se vendent sont faits comme ça. Il existe aussi des écrits incompréhensibles, ou expérimentaux, qui se vendent à trois cents exemplaires dans une petite élite bourgeoise. Bref, tu choisis ton camp comme tu veux, et tu fais ce que tu veux. La question de la légitimité est rigolote, elle est aussi symptomatique. Pourquoi devrait-on être légitime pour parler ou écrire ?
Certes!
 mais à la fois, il y a beaucoup d'ego dans cette idée d'écrire pour être lu. Je dois avoir du mal à apprivoiser cela. Non pas que je manque d'ego bien au contraire. J'ai toujours détesté le montrer et le mettre en avant.
Dans ma vie, j'ai toujours fui cette situation. Chaque flatterie m'a conduite à d'autant plus me cacher. Genre, je le sais "que je le vaux bien" mais les autres n'ont pas besoin de le savoir  ;D
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Merde, c'est pas de bol ! Parce qu'il faut bosser longtemps son talent pour pouvoir prétendre devenir professionnelle. Et sache aussi que beaucoup d'auteurs débutants font 300 ventes, dont 150 des membres de leur famille et leurs amis, les amis des amis... Bref, t'as foutrement intérêt à trouver le goût d'écrire en tant que tel, sinon tu as choisi une voie où tu vas te faire chier sacrément, et finir aigrie et frustrée gravement  :D. Je dis ça gentiment, mais je pense que c'est vrai  ;).
Je le pense aussi! Je me le dis bien moins gentiment!!

Le truc, c'est que je ne vis pas seule et écrire prend du temps. Je travaille déjà beaucoup (plus de 50h/semaine d'un travail fatiguant physiquement et psychologiquement... donc beaucoup de temps de récupération aussi... quoique j'ai diminué dernièrement, ca reste intense). Bref, faut bien justifier de trainer en robe de chambre toute la journée à tapoter sur un ordi dans une maison crade. Donc écrire pour écrire... moi ca me va! Mais ca serait bien que je puisse le justifier comme étant un "travail", même si peu ou pas rémunérateur! (bien qu'un peu de rémunération, me permettrait de diminuer encore mon temps de travail, mais je sais que ce n'est qu'un doux rêve)

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Mais à la fois, mon sentiment de carence, ne vient-il pas de ce manque de "littérature" et de sens artistique?

Il vient sûrement de plein de choses, parce qu'il faut en apprendre des choses dans la vie, et qu'on est toujours en carence malgré ça... Enfin bon, le truc super positif quand je te lis, c'est que tu n'est pas boursoufflée du ciboulot comme beaucoup d'auteurs qui ne connaissent pas leurs limites, ou qui conçoivent difficilement, pèle-mêle :
  • Que leur œuvre est peut-être banale, pas forcément à même d'intéresser le lecteur ;
Arghhhh voilà tout est là... Comment passer au dessus de l'idée qu'on est banal, et qu'il n'y a aucune raison que d'autres s'interessent à ce que j'ai à dire!
L'excès de lucidité est aussi délétère que son manque!
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  • Qu'on est tous éblouis par notre propre intelligence, la beauté de notre écriture, et que même tata Raoulette elle a dit que c'était super, mais qu'en vrai on est aveugle envers nous même : une grosse merde sera toujours perçue comme du caviar par son auteur...
Perso, je pense que je mets la barre trop haut. Paradoxalement, lié à un excès  d'ego... genre, je sais que je vaux mieux que ça. Donc éternelle insatisfaite.
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Si déjà tu n'as pas ce problème, tu n'es pas mal lotie, je dirais  ;). En tout cas, bon courage, les moments de crise, ça finit pas passer. Essaie d'écrire juste pour toi, et observe ce que ça te fait (c'était mon conseil du jour  :mrgreen:).
merci beaucoup
Ce que tu dis me parle beaucoup.

.........
Ecrit ton histoire, prends en compte les éventuels commentaires, peu importe que tu ne sois pas une littéraire (je suis moi-même issu d'une filière scientifique), si tu aimes écrire :

https://www.youtube.com/watch?v=H5VtqQWfO-I

L'essentiel, c'est ce que tu veux raconter en écrivant, écrit pour toi, pour que ça te plaise ... si ça plait à d'autre tant mieux, sinon tant pis.  :P

Ce qu'il y a de bien avec ce forum c'est qu'il y a un peu de tout, les assidus de l'orthographe et de la grammaire (que je ne suis pas  :-¬?), les tout fou, les aventuriers, les poetes, ... bref un ensemble très hétéroclite qui t'apporteront autant que tu leur apporteras.

https://www.youtube.com/watch?v=VLPRQUbhIT0
merci je vais prendre le temps de voir tout ça... mais effectivement, nous avons plus moins le même parcours

Curiosité : c'était quand ton envoi de roman ? (parce que les réponses prennent en général plus de 6 mois, ça peut dépasser l'année facile aussi)

fin septembre!

aucune réponse... ni positive ni négative.

je voulais refaire un envoi courant février.
« Modifié: 22 Janvier 2020 à 22:45:00 par Fermière illégitime »

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Re : Etre soi dans l'écriture
« Réponse #5 le: 22 Janvier 2020 à 23:25:00 »
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fin septembre!

aucune réponse... ni positive ni négative.

je voulais refaire un envoi courant février.
bon bah ça va ^^ ne t'inquiètes pas c'est normal, ne leur renvoi pas tu vas juste gâcher du papier. Les maisons d'édition reçoivent énormément de manuscrit (dans les grosses, une dizaine par jour, oui. Et dans les petites c'est pareil, il y a beaucoup plus de manuscrits que de temps et de personnes), ça pourrait même être mal vu si tu leur renvoi une deuxième fois ^^ (mais si tu veux faire une deuxième volée de manuscrits à d'autres, pourquoi pas ^^faut juste bien cibler les maisons tout ça
Donc... faut juste prendre son mal en patience et attendre les éventuelles réponses (ça arrive qu'il n'y en ait pas, mais en général tu reçois quand même une lettre de refus (pour de la poésie envoyée début septembre, j'ai du recevoir le gros des réponses courant mars disons, je sais pas si c'est plus long ou pas pour les romans, sans doute)
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

Hors ligne Fermière illégitime

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Re : Etre soi dans l'écriture
« Réponse #6 le: 22 Janvier 2020 à 23:38:05 »
C'est à d'autres maisons d'édition que je compte envoyer, pas aux mêmes! Ciblées, bien sur  ;)
J'ai envoyé à 6 éditeurs pour le moment.

Hors ligne Colin

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Re : Etre soi dans l'écriture
« Réponse #7 le: 23 Janvier 2020 à 10:58:31 »
Salut,

Il y a une forme de réflexion paradoxale curieuse, assez typique de quelques phénomènes sociaux ou psychologiques, qui émane de ton discours. Tu es assez lucide pour mettre le doigt dessus : tu es incapable de juger une œuvre et pourtant, tu juges la tienne.
On pourrait par exemple citer le principe de Peter ou, plus précisément, le syndrome de l'autodidacte pour estimer quelques pistes de réflexion.

De ce que tu rapportes de ton expérience, ton égo me paraît plutôt sain : il semble te servir de carburant, de moteur à cette envie de voyage. L'égo n'est, je crois, pas vraiment mauvais dans ce cas-là. Vois-le plutôt comme une cicatrice d'artiste, parce que oui, le diagnostic est clair, tu es atteinte d'art.
Là où le bât blesse, c'est quand tu fais preuve d'incohérence. Statistiquement, si tu penses avoir quelque chose d'intéressant à créer, les chances sont grandes qu'il y ait un nombre plus ou moins important de personnes qui trouveront cela intéressant également. Il n'y a pas de raison valable de croire que la totalité de ton expression sera forcément incompatible avec la totalité de la compréhension ou du ressentiment des lecteurs. Pour chacun, l'aiguille pointe différemment. C'est un peu la beauté de la littérature : du moment que l'écrit est partagé, il n'appartient plus à l'auteur. Les mots, le sens et les histoires des lecteurs ne t'appartiennent pas. Tu peux lâcher prise sur ce point et considérer ton travail comme acceptable plutôt que hiérarchique. Si on aimerait parfois trouver la plus belle des fleurs sur Terre, une jolie fleur nous convient très bien au quotidien.

D'autres points sont moins notables : l'envie d'être éditée, ton temps de travail, l'image que tu renvoies aux gens alors qu'un trou de ta robe de chambre est auréolé de café froid. Ces points-ci sont des aléas contemporains, mais qui n'interfèrent pas intrinsèquement avec l'écriture. Il s'agit surtout de convenances qui vont dans le sens contraire à ton envie d'être toi.

Concernant les pistes possibles pour rendre ton activité plus sérieuse, tu pourrais faire de la rédaction pour autrui, que ce soit pour du travail rémunéré comme le proposent des plate-formes de rédaction, ou pour du bénévolat.
Tu pourrais aussi éviter de mélanger les disciplines. Si j'admire ton intérêt pour de nombreux domaines, ils sont très difficilement miscibles. C'est un défaut qui est retrouvé chez de nombreux jeunes écrivains qui s'imaginent qu'agglomérer les références et les cultures suffit à proposer un bon pot-pourri, mais les lecteurs préfèrent généralement les histoires qui savent se cadrer et exploiter une idée. Le mélange des disciplines servira plus facilement la forme que le fond si tant est qu'ils soient vraiment si différents l'un de l'autre.

Je comprends ton cheminement et, peut-être plus que le désir de reconnaissance, je pense que tu attends un feu vert, le déclic qui te ferait dire que tu fais le bon choix et que ton talent mérite bien que tu lui accordes un peu de temps. La réponse est dans ton trouble. S'il est là, c'est que tu dois très probablement encore écrire tant que tu aimes le faire. Les conséquences d'écrire ne se lisent pas au futur, elles se lisent au présent.

Plus prosaïquement, tu as l'air douée, ardente et têtue. Il me semble que ce sont trois qualités indéniables qui siéent à des écrivains. La nature et la définition d'un écrivain n'existent pas vraiment, d'ailleurs, elles sont en constante évolution. Que tu le veuilles ou non, cette fois, tu fais partie de cette évolution.

« Modifié: 23 Janvier 2020 à 12:42:20 par Colin »

Hors ligne Fermière illégitime

  • Tabellion
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Re : Etre soi dans l'écriture
« Réponse #8 le: 23 Janvier 2020 à 14:16:12 »
Oui aussi appelé le syndrome de l'imposteur... :-[

Merci pour ton effort.

Pour ce qui est de l'intérêt à porter à mon oeuvre, en lien également avec l'idée, de la forme au service du fond... je peux un peu expliquer le thème de mon premier roman.

Je suis partie de mes centres d’intérêt et leur importance dans notre monde contemporain: l'écologie, le droit des femmes, l'injustice sociale. J'ai la conviction que tout ceci est entièrement lié et que leurs relations se sont nouées loin dans notre histoire. Il se trouve que cette époque où "tout s'est joué" est totalement méconnue, et bien souvent il est admis par le plus grand nombre que les écueils que nous rencontrons sont ancrés dans une "nature humaine" qui serait indélébile.

Or, ma lecture de l'histoire humaine me donne un tout autre angle de vue, où le chemin pris par l'humanité était un parmi d'autres et qu'il ne s'est pas imposé pour des raisons de supériorité, mais uniquement par contingence biologique. Les cultures qui dominent notre monde ont fait plus d'enfants que les autres, mais cela n'en fait pas des cultures supérieures ou meilleures que les autres.

L'adoption de l'agriculture par quelques peuples s'est appuyée sur une structure sociale particulière, où l'asservissement des femmes a augmenté leur fécondité, permettant la diffusion et la primauté de ce mode de fonctionnement de par le monde. Les autres n'ont pu que reculer face à cette vague et s'éteindre.

La recherche récente a montré que les peuples européens actuels sont issus de la colonisation progressive des peuples agriculteurs et pas du tout des peuples chasseur-cueilleur qui vivaient là avant cette prise de possession des terres. Il n'y a pas eu assimilation, ni adoption de ce mode de vie par les autochtones ou à la marge, mais c'est un recul progressif qui s''est produit  jusqu'à leur disparition.

Autre paradoxe, ce mode de vie agriculteur a fait baisser la qualité de vie, et la santé de ceux qui l'ont adopté. Ce n'était pas un mode de vie enviable, que les autres auraient copié. Ils étaient simplement de plus en plus nombreux et la mise en culture des terres détruisait les écosystèmes, privant de ressources ceux qui s'en nourrissaient et empêchant tout retour en arrière.

Ce qui se passe en Amazonie avec les peuples dits "premiers", est ce qui s'est passé en Europe il y a plusieurs milliers d'années et cela a pris des dizaines de siècles.

Le moteur de ce processus était la culture, les croyances, l'imaginaire, et pas du tout le pragmatisme.

Voilà en extrême résumé, le fond sur lequel je me suis appuyée.

J'ai donc placé mon roman, en Europe, près de chez moi, où les vestiges d'un peuple chasseurs-cueilleurs de cette époque de transition ont été mis au jour.

Deux personnages... en fait non, trois personnages principaux. Une femme autochtone, un homme colon. Le troisième personnage étant l'immense forêt de chêne qui recouvrait la région à l'époque.

Deux visions du monde, deux histoires qui s'entrechoquent et la nature au milieu.

Je tiens beaucoup à ce fond, et oui ici la forme ne doit qu'être un vecteur qui permet de transmettre cette histoire.

Or les fictions préhistoriques ne sont pas prisées des éditeurs... et même des lecteurs, même si finalement ce thème est extrêmement contemporain à mon sens.

C'est un roman assez court (un peu plus de 60 000 mots). Une fiction anthropologique en somme.

Là, mon projet actuel... se place un peu plus loin dans le temps... L'histoire d'une lignée de femmes dans le croissant fertile. Chaque chapitre est une nouvelle qui conte un épisode de la vie de l'une d'elle, avec comme fond, le basculement de leur société vers l'agriculture et le patriarcat.

Bref, mes écrits actuels prennent place dans une niche étroite, où les possibilités stylistiques sont limitées à mon sens.

Merci à tous pour le temps que vous avez pris sur mon cas.

Hors ligne vinzWallbreaker

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Re : Etre soi dans l'écriture
« Réponse #9 le: 23 Janvier 2020 à 14:36:08 »
Tu n'as rien d'illégitime. Si tu crois que je me prends la tête sur le style... :-¬? Le fond d'abord.
Concernant les éditeurs : tant qu'une année n'est pas passée... Pas d'inquiétude. Vu le sujet (j'ai lu en diagonale, parce que v'là les pavés, héhéhé) ça va être difficile de trouver un éditeur car effectivement, tu est hors des sentiers (re)battus. Mais ça peut être justement la force de ton histoire... J'ai vu que tu avais envie d'écrire une suite de ton premier, lance-toi. J'ai écris un premier roman (je cherche toujours à le publier) et j'ai écris une suite, j'ai encore deux ou trois autres idées dans le même univers et j'avance dessus, pourquoi ? Parce que la publication n'est pas la finalité... J'écris d'abord pour le plaisir...
Voilà.
Avec des Si on fait de la musique monotone...

Hors ligne Henri_Vargroas

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Re : Etre soi dans l'écriture
« Réponse #10 le: 23 Janvier 2020 à 14:58:14 »
Citer
Là, mon projet actuel... se place un peu plus loin dans le temps... L'histoire d'une lignée de femmes dans le croissant fertile. Chaque chapitre est une nouvelle qui conte un épisode de la vie de l'une d'elle, avec comme fond, le basculement de leur société vers l'agriculture et le patriarcat.
Et où peut on lire la première nouvelle ?

Je ne sais encore si je vais aimer, je sais déjà que ça me parle  :noange:


Hors ligne Elk

  • Palimpseste Astral
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Re : Etre soi dans l'écriture
« Réponse #11 le: 23 Janvier 2020 à 15:35:18 »
Salut !

Ton pseudo et le titre du fil m’ont intriguée. Je me retrouve pas mal dans certaines choses que tu décris : cette vague impression de manquer cruellement de créativité  - par comparaison à d’autres gens que je côtoie ou même dans l’absolu, par rapport à ce qu’il « faudrait » de dose de créativité pour produire des histoires pleines d’idées, de personnages, d’inventions, de rebondissements… du coup ce n’est pas vraiment le type d’histoires que j’écris mais j’en garder quand même de la frustration, je pense que ça rejoint ce que dit BenG sur le fait d’accepter d’écrire ce pour quoi on est à l’aise d’écrire. (et oui, moi aussi je suis partie vers les filières scientifiques, là aussi avec plein de regrets mais en ayant jamais eu de retours très positifs dans les matières littéraires)(et puis finalement j’ai feinté pour me rééloigner progressivement des sciences « dures », et aussi avoir des occasions d’écrire des trucs un peu soignés)
Cette impression aussi de manquer d’énergie pour écrire, ou en tout cas pour se lancer dans un projet qui ait un peu d’envergure, c’est quelque chose dont on a déjà parlé ici sur le forum.
Et puis le combo syndrome de l’imposteur / perfectionnisme / haute conscience de ses défauts, ne t’inquiète pas, tu n’es pas seule dans ce cas :mrgreen: et de mon point de vue, avoir déjà terminé un roman, l’avoir retravaillé, l’avoir envoyé à des éditeurs ? C’est énorme comme chemin parcouru ! (oui, il y a une pointe de jalousie derrière l’admiration :D) Et je rejoins les autres pour ce qui est de la patience vis-à-vis des réponses aux éditeurs : tant que tu n’as pas attendu quelques mois de plus, tu ne peux vraiment rien conclure… (ce qui ne t’empêche peut-être pas de lancer l’envoi au deuxième groupe que tu avais repéré ?)

Merci d’avoir détaillé un peu tes deux projets ! Tu as l’air de faire et d’avoir fait des quantités assez énormes de recherche, et ça m’intrigue beaucoup de voir le résultat parce que c’est aussi une période qui m’intéresse/me questionne.
Je ne sais pas si tu connais Histoire des agricultures du monde ? C’est très fouillé sur l’évolution de différentes sociétés vers l’agriculture (même si je ne suis pas sûre que ce soit très critique concernant les impacts de l’agriculture & sédentarisation sur les modes de vie et sur la place des femmes)

Bref, tes écrits « de niche » m’intéressent, n’hésite pas à me faire signe si tu cherches des retours/relectures !

Hors ligne Fermière illégitime

  • Tabellion
  • Messages: 27
Re : Re : Etre soi dans l'écriture
« Réponse #12 le: 23 Janvier 2020 à 15:53:04 »

Merci d’avoir détaillé un peu tes deux projets ! Tu as l’air de faire et d’avoir fait des quantités assez énormes de recherche, et ça m’intrigue beaucoup de voir le résultat parce que c’est aussi une période qui m’intéresse/me questionne.
Je ne sais pas si tu connais Histoire des agricultures du monde ? C’est très fouillé sur l’évolution de différentes sociétés vers l’agriculture (même si je ne suis pas sûre que ce soit très critique concernant les impacts de l’agriculture & sédentarisation sur les modes de vie et sur la place des femmes)

Bref, tes écrits « de niche » m’intéressent, n’hésite pas à me faire signe si tu cherches des retours/relectures !
Plus que des recherches c'est le fruit d'une multitude de lectures, pendant des années... je n'ai pas lu celui que tu m'indiques!
(un que je conseille à tous... qui bouscule beaucoup je trouve: "les instincts maternels" de Blaffer Hrdy... un pavé qui est un bon commencement pour un changement de regard, avec les travaux de Frans De Waal sur l'empathie... puis les travaux de Desmoule sur le néolithique, et ceux de Descola sur l'anthropologie...)

Dans mes écrits, j'essaie de ne pas montrer la recherche documentaire derrière... de mettre en avant une simple histoire d'humains, sans catalogue de données.

Je peux t'envoyer le 1er roman si tu es intéressé ... je préfère, plutôt que le mettre en ligne.


Et où peut on lire la première nouvelle ?

Je ne sais encore si je vais aimer, je sais déjà que ça me parle  :noange:
Euh..........j'en suis qu'au 1er jet...  je tente de la reprendre ces derniers jours car elle ne me plait pas...  :-[

Je suis timide pour ce qui est de montrer mes écrits.  :-¬?

Je suis en congé, donc j'ai du temps. Je la reprends un peu avant de la montrer (et cela ne sera pas qu'un 1er jet, un peu retravaillé... je suis très laborieuse), ok?

Je viens juste de reprendre le 1er paragraphe... allez je me lance, les 2 premiers paragraphes:
_________________________________________________________
Les flammes lançaient à la volée une myriade d'étincelles orangées qui s'élevaient et privaient d'éclat les étoiles de ce ciel d'été. Le grondement du brasier palpitait dans sa chair et accompagnait l'intense exaltation de la foule qui chantait sa dévotion à la pluie, amie capricieuse et volage. Le feu dévorait le bois de cèdre, se gorgeant de sa force et de sa majesté, exhalant cette odeur âcre et enveloppante qu'ils aimaient tant. La chaleur s'imprégnait sur son corps et ravivait la fierté incandescente qui l'animait. Ewe s’avança. Quand les dernières notes s'éteignirent, elle prit la parole avec sa voix profonde, qu'elle savait faire vibrer dans le cœur des siens. Ses mots se cognaient dans les méandres de leurs souvenirs, et son verbe redonnait vie à leur histoire, cet impétueux torrent dont elle remontait le courant avec la grâce et la légèreté de son éloquence. Les yeux pétillaient à chaque silence astucieusement marqué, les gorges éclataient dans les rires à chaque trait d’esprit et comparaison facétieuse. À cet instant, elle illuminait leur monde de sa pensée si savante, et en elle, se concentrait l’essence de leur univers étroit. Leur orgueil enflait dans les nuances graves de sa voix et se repaissait des récits émanant de cette femme, cette érudite qui portait le souvenir de ceux qui les avaient précédés. Ewe, la Grande Matriarche. Cette femme dont la riche existence et la longue expérience l’avaient conduite vers ce rôle indispensable de mémoire vivante, source de sagesse.
   Au centre de ce village de pierre et de boue, le brasier éclairait cette foule rassemblée, venue célébrer la récolte qui débutait dès le lendemain, ce moment de joie et de partage. Ewe menait les festivités, dressée, flamboyante, échevelée, et magnifique. L’esprit du feu dansait sur sa peau claire tannée par le soleil et accentuait les sillons profonds de son visage à la beauté vieillie. Ses récits ponctuaient les chants et les pantomimes qui contaient leur longue histoire. Ce peuple si singulier avait fondé ce village, au sein de cette steppe herbeuse envahie au printemps d’immenses troupeaux de gazelles sautillantes et dominée de montagnes nues, où se cachaient des hardes de chèvres et de mouflons. Les étendues de graminées sauvages avaient toujours suffi à éloigner la faim, et avaient conduit leurs ancêtres à s’établir dans cette vaste plaine si nourricière. Ewe distillait mille récits amusants ou tragiques qui les soudaient en une communauté unie et heureuse, un peuple né du Mana, cette force, ce souffle primordial qui traversait les vivants comme ces esprits qui s’animaient dans les contes de la vieille femme. Son cœur s’emballait au rythme de ses mots, exalté, et inondé d’orgueil. Elle redonnait vie à ses ancêtres, ceux à qui ils devaient leur existence. Ainsi, elle brandissait le flambeau et guidait les siens vers l’avenir.

Hors ligne Erwan

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Etre soi dans l'écriture
« Réponse #13 le: 23 Janvier 2020 à 16:47:33 »
Pour te prouver à quel point le lecteur peut-être vicelard  :mrgreen:, je viens de lire ton extrait, et... Et bien je trouve le style un peu alambiqué par moment, genre justement que la forme prime parfois sur la clareté du message (le fond). Du coup, je pense vraiment que ton sentiment l'illégitimité n'est pas objectivement justifié, c'est un vécu que tu as, mais ça ne correspond pas forcément à une réalité visible de l'extérieur. Sinon, tu devrais essayer de faire lire davantage ton écrit, ça pourrait t'aider à avoir plein de retours différents et intéressants. Ça aide à se trouver, ça aussi. Le premier chapitre ou les deux premiers sont suffisants pour avoir un retour de qualité, les éditeurs font souvent comme ça, et rares sont les manuscrits dont le premier chapitre est moyen qui sont lus par l'éditeur en entier. Tu peux mettre ton premier chapitre en ligne ici, juste le premier. C'est suffisant au départ.

Hors ligne Henri_Vargroas

  • Scribe
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Re : Etre soi dans l'écriture
« Réponse #14 le: 23 Janvier 2020 à 17:46:15 »
Citer
Je suis en congé, donc j'ai du temps. Je la reprends un peu avant de la montrer (et cela ne sera pas qu'un 1er jet, un peu retravaillé... je suis très laborieuse), ok?
Ok.


J'ai lu le premier paragraphe : les symboles que tu utilises me parlent, j'ai navigué agréablement ... dès que j'ai vu Ewe, là tu m'as capté. :)

Je te propose de les Partager dans la section texte court ou texte longs ( stipule bien le type de retour que tu veux).





 


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