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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » T10 - Les Vaches Noires

Auteur Sujet: T10 - Les Vaches Noires  (Lu 5559 fois)

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T10 - Les Vaches Noires
« le: 23 Décembre 2019 à 00:59:11 »
Les Vaches Noires





Les Vaches Noires, à Villers-sur-Mer, en Normandie.
C'est le nom que l'on a donné à un morceau de falaise crayeuse aux fondations d'argile grise qui s'écroule sur la plage, abandonnant çà et là des blocs de pierre dispersés sur le sable, colonisés par des moules et du varech ; leurs silhouettes sombres peuvent faire songer, de loin, à des vaches paissant sur le rivage.
Valentin avait longtemps cru qu'il s'agissait vraiment d'animaux paisibles, immobiles, qui se laissaient submerger à chaque marée. N'y discernant de loin ni mufles, ni queues, ni rien de vraiment reconnaissable, elles lui faisaient peur dans leur inertie. Même à distance, leurs formes anormales le mettaient mal à l'aise, il ne s'en approchait jamais. Mais il les surveillait de loin. Quand l'eau montante commençait à lécher leurs flancs, il ne pouvait que constater qu'elles changeaient de position. Sa main en visière, il attendait le moment où il pourrait enfin crier à ses parents : « Regardez ! Elles s'en vont, cette fois ! » Elles secoueraient leur gangue d'algues et de sable mouillé, pointeraient leur museau vers la falaise et se dirigeraient, nonchalantes, vers le sable sec. Il était persuadé qu'elles n'attendaient que son départ pour s'ébrouer, et qu'à chaque fois elles étaient, à son retour, disposées différemment sur la plage.

Mais les Vaches Noires, ce n'est pas que ce troupeau pétrifié. On trouve dans leur falaise lavée par les marées des centaines de fossiles de toutes sortes. C'est d'ailleurs dans son argile que l'on a trouvé les premiers restes d'un dinosaure en France. En son honneur, un diplodocus de verdure trône en été devant l'office de tourisme. La redécouverte de ce monstre vert mâchonnant du géranium signait chaque année pour le petit garçon le début des vacances, après un long trajet comateux sur des kilomètres d'autoroute.

La chasse aux fossiles sur la plage est un sport d'estivants à Villers. C'est à chaque fois à celui qui brandira le plus gros, le plus bizarre, le plus joli. La plupart sont très petits, tiennent à cinq ou six dans une main d'enfant, mais présentent parfois en cette même main un vrai trésor de sculptures aux décors végétaux raffinés, aux ornements délicatement gravés, aux fines nervures, dans une jolie pierre gris souris. L'imagination de l'enfant attribuait ce travail d'orfèvre à il ne savait quels lutins logeant dans les fourrés qui ourlent çà et là l'effondrement de la falaise. Voir tous ces touristes débraillés faire main basse sur leur trésor éparpillé devait les mettre en rage. Toutes ces merveilles délicates collectées dans des sacs plastiques puis oubliées sans doute dans un coin de garage ou d'abri de plage, il les aurait voulues toutes pour lui.
Sa chambre en était pleine, d'ailleurs, et si ses parents n'en avaient pas fait un tri discret à son insu, éliminant les moins jolis et les pierres sans intérêt, il eût vite été enseveli sous ses richesses.

Les fossiles côtoyaient à vrai dire bien d'autres accumulations sur ses étagères, dans ses tiroirs et jusque sous son lit, car chaque sortie sur la plage était pour Valentin l'objet d'une quête sans fin de ces joyaux rendus par la mer : bataillons de petits coquillages plutôt communs, nobles bois flottés, et surtout émeraudes brutes et jades de tous les verts qu'il se refusait à identifier comme débris de bouteilles patinés, dépolis par les flots et quasiment revenus à l'état naturel.

Contrairement à la plupart des autres enfants au bord de la mer, il attendait le mauvais temps plutôt impatiemment. Le soir, dans le lit de bois clair de la location, il écoutait dans la pièce voisine ses parents projeter les journées à venir. Le programme dépendait de la météorologie des plages.
" Demain, il fera moyen, on va à Honfleur ?
 — Demain, un peu moche, shopping à Caen ?
 — Demain super beau ! Pique-nique à Coupesarte !"
Alors que l'enfant rêvait d'entendre plutôt :
" Demain très orageux !
 — Demain averses nombreuses ! "
Parce que plus il pleuvait, plus la glaise rincée révélait ses trésors. Plus la mer était mauvaise, meilleure était la cueillette dans l'estran le lendemain, qu'il arpentait alors avec un solide cabas de grand-mère.

Il est donc facile d'imaginer son excitation quand un soir il entendit son père écœuré annoncer à sa mère :
 " Ils prévoient du gros temps dès cette nuit, qui devrait durer toute la journée de demain.
 — Du gros temps comment ?
 — Du très très très gros temps, d'après le poissonnier.
 — Bon, eh bien journée petite lessive, tour de France à la télé, jeux de société et gaufres...
 — Adjugé vendu ! "
Qui l'aurait surpris dans son lit à ce moment précis, aurait pu se méprendre sur son regard brillant, pensant que la perspective des gaufres le ravissait de gourmandise. Erreur, il jubilait de la véritable, fondamentale nouvelle. « Très très très gros temps ! ». Il en aurait sauté au plafond ! Tempêtes, orages, typhons tournaient encore dans sa tête une heure plus tard, lorsqu'il fut enfin happé par le sommeil.
Réveillé épisodiquement pendant la nuit, il entendait claquer les étroits volets de plastique, et un bruit de douche intermittent contre la lucarne de la salle de bain. Toute la journée du lendemain fut à la hauteur des prévisions du poissonnier. Les gifles de pluie étaient si violentes contre les vitres où l'on ne voyait plus rien, que cela rappela à Valentin le jour où, à sa demande, il était resté dans la voiture pendant qu'elle passait sous les rouleaux de lavage, le plongeant, recroquevillé sur son siège, dans un délicieux effroi.
Vers la fin d'après-midi, il sembla à l'enfant, repu de gaufres et de chocolat, que le temps se calmait un peu. Commença à naître en lui une angoisse qui n'allait plus cesser de croître : tout le monde allait bientôt se précipiter aux Vaches Noires afin d'y récolter une manne inépuisable de merveilles dont il ne resterait pour lui que des empreintes de pas dans la boue, des coquilles de moules, des mégots et des graviers. Son anxiété était désormais si forte, que lorsqu'il surgit devant le canapé, engoncé dans son ciré jaune, chapeau de marin enfoncé jusqu'aux yeux, chaussé de ses bottes en caoutchouc et s'exclamant : « On part à la plage ! » sur un ton d'urgence, l'extrême hilarité de ses parents le dévasta. Il éclata de colère mais sa fatigue noya vite ses imprécations dans des sanglots étranglés qui stupéfièrent son auditoire. Il s'enfuit dans sa chambre en claquant la porte, et ni les « Mais il pleut encore à seaux, lapin ! » ni les « Demain il refait beau, ils l'ont dit à la télé ! » ne le rassurèrent. Il serait bien trop tard...

Il devait être trois heures du matin quand son père ahuri constata l'absence du petit garçon. Avaient disparu avec lui sa tenue de pluie, sa lampe de poche Oui-Oui et son cabas. Il ne faisait pas un temps à mettre un gendarme dehors mais ils furent bientôt plus d'une quinzaine à affronter bourrasques et averses, longeant le Centre Nautique, cibles de grosses éponges d'écume que la mer sur leur droite, noire et chaotique leur jetait au visage.
" Il ne peut pas être là, m'sieur-dame ! Un gamin aurait trop peur, v'savez ! criait le chef d'escadron entre deux rafales. Même un p'tit Normand, alors vous pensez !
 — Mais il ne peut pas être ailleurs ! " répondirent à l'unisson les parents, dans le claquement des drisses des petits bateaux parqués comme des poneys pour la nuit.
Bon sang, ils avaient pourtant déjà perdu tellement de temps avec l'officier à lui expliquer que Valentin pouvait avoir un comportement obsessionnel, et qu'il était peut-être dans une sorte de transe quand il les avait précédés ici-même, Dieu sait combien de temps auparavant.
" Z'entendez ? Ça glisse de partout là-haut, ça s'effondre ! Vous pouvez pas nous suivre m'sieur-dame ! Z'allez rentrer à l'appartement, peut-être que le petit va rentrer de son escapade et sera content de vous trouver !
 — Mais !...
 — Rien à faire ! C'est trop dangereux ! C'est d'ma responsabilité ! " cria-t-il.
Puis il s'éloigna, guidé par sa lampe, et sauta sur le sable d'après ce qu'ils purent entendre, car le chemin bétonné s'achevait là. Raccompagnés par un jeune officier taiseux, ils entendirent, tourmenté par les coups de vent, retentir plusieurs fois le prénom de leur enfant, jeté dans la nuit et les éléments. Tout près, la mer véhémente brassait l'écume, la tartinant sur la digue rendue glissante, la projetant par paquets invisibles, parfois bien au-dessus de leurs têtes.





Il n'avait pas eu de mal à s'esquiver de l'appartement. Observateur, il savait que papa et maman s'endormaient toujours très vite après avoir joué à la bagarre dans leur lit. Les respirations conjointes et régulières lui parvenaient à travers la cloison. Très vite habillé, il avait attendu d'être sorti de l'appartement pour enfiler ses bottes à tête de crocodile, puis il avait descendu l'escalier, en prenant bien soin de ne pas heurter les barreaux avec son cabas, contrairement à son habitude. Il y avait tellement de vent qu'il crut qu'il n'arriverait même pas à ouvrir la porte de l'immeuble qui lui sembla comme ventousée. Puis une fois dehors, il dut courir après son chapeau qui alla s'encastrer dans une haie de troènes.



Les gendarmes parcoururent d'abord la lisière de la plage elle-même. La zone, toute en débris de rochers et trous d'eau, abondait en cachettes et en pièges. Puis des renforts arrivèrent, car l'espace à explorer s’accroissait, nourri de la marée descendante, et les projecteurs ne portaient pas bien loin avec un temps pareil. Les uniformes, bousculés par les bourrasques et la pluie, se dispersèrent dans l'obscurité, suivant trois directions. Un petit groupe ratissait la plage de sable mouillée libérée par la mer, peinant dans les rafales spumeuses, un autre la ligne de la marée haute, progressant difficilement parmi les blocs renversés et les débris divers.



Le plus impressionnant, quand il descendit la rue en direction de la mer, c'était le mugissement. Un bruit monstrueux au-dessus et autour de lui, en une immense coupole perméable à l'eau qui résonnait comme un hall de gare. Les lampadaires subissaient les assauts du vent, leur lumière indigente révélant des rafales de pluie à gros grains. Les gouttes lui rentraient dans les yeux quand il tournait la tête vers la mer, il progressa donc de profil. Personne. Nulle part. Aucune lumière dans les maisons qu'il longeait. Il y trouva un certain réconfort, certain d'être seul aux Vaches Noires et surtout, que nul ne l'empêcherait d'y aller. De part et d'autre, les caniveaux charriaient sur presque un mètre de largeur les déchets variés arrachés par le vent, dans le courant rapide de ruisseaux boueux.
Arrivé à la digue, le vent était par moment si fort que l'enfant dut agripper son cabas de toutes ses forces, et se plier en deux pour avancer. Il décida de ne pas regarder vers la mer, à aucun moment. Pas seulement à cause de la pluie dans ses yeux. Ce gouffre noir, sans limites visibles, semblait bien détenir le pouvoir de l'aspirer. De l'engloutir et ne plus jamais le rendre. Il imaginait des vagues hautes comme l'immeuble, se succédant dans l'obscurité totale, propres peut-être à avaler finalement la ville entière. Des paquets d'écume gros comme des barbes à papa glaciales voltigeaient tout autour de lui. Il passa le dernier lampadaire, alluma sa petite lampe jaune rouge et bleue tirée de sa poche, le bras plaqué contre son torse pour mieux en maîtriser les secousses. Descendit sur le sable par trois marches de béton.




Le troisième groupe, plus important, s'était mis à l'assaut de la falaise elle-même : c'était l'endroit le plus dangereux, mais le plus propice à susciter la convoitise du petit paléontologue. Son instinct ne l'avait pas trompé, d'ailleurs : par l'effet des cataractes, la colline était en train de muer. Elle quittait son ancienne peau de glaise desséchée et d'herbes étiques, et les limons s'amassaient à son aplomb pendant que des pierres nouvelles naissaient, engendrées par le passage de l'eau qui ruisselait. Certaines roulaient au bas de la pente, d'autres restaient incrustées, saillantes, rincées par la pluie qui ne cessait de tomber par douches discontinues. Les hommes patinaient dans les éboulis gluants de la falaise effondrée, scrutaient à la lampe les anfractuosités et les torrents d'eau sale. La pente n'étant pas trop accusée, l'enfant avait pu se hisser assez haut mais il pouvait tout aussi bien avoir été enseveli sous un éboulement plus conséquent. Le chef jurait constamment, et l'on ne savait pas si c'était contre les trombes d'eau incessantes, le vent, ou son sentiment d'impuissance. Tendu, il se souvenait qu'une portion de rue en corniche, dans le haut du bourg, s'était un jour tout bonnement effondrée à cause du mauvais temps, coupant un pâté de maison en deux.



Il savait très bien où il allait. Le meilleur endroit était forcément ces grandes parois de glaise où l'eau devait être en train de creuser des canyons, y roulant des fossiles par centaines, les amassant dans des nids où il n'aurait qu'à puiser, remplir son cabas et retourner rapidement dans son lit. Demain, ils seraient bien déçus, les gens, de ne rien trouver au pied des éboulis !



"Valentin ! Va-len-tinnnn !" Les appels multiples fouillaient la nuit noire, sondant l'obscurité, de la voix et du pinceau des projecteurs puissants arrivés du Havre avec un supplément d'hommes.



Encombré par son trop grand cabas, il commença son ascension, sa pauvre lampe tremblotant dans le vent. De nouveaux ruisseaux le gênaient constamment dans sa progression. Un faux pas glissa son pied gauche sous l'un d'entre eux et sa botte se remplit d'un bouillon glacial qui le saisit. C'est en tentant de la retirer pour la vider que son cabas lui échappa et dégringola plusieurs mètres plus bas.
Il se dit qu'il mettrait les fossiles dans ses poches, qu'il le récupérerait au retour. C'était dommage, la récolte serait moins grande, mais de toute façon la pente s'accentuait, il avait besoin de s'agripper de plus en plus solidement de la main qui ne tenait pas la lampe. Son chapeau s'envola dans le noir.
Douché d'eau glacée, il clignait des yeux, essayant de repérer un passage, et sa lampe s'éteignit.




La pluie commençait à se calmer et le jour allait se lever quand on l'a retrouvé.



C'est en les entendant l'appeler que Valentin comprit qu'en plus de la pluie et du vent, il faudrait composer avec les lutins. Avec la colère des lutins. Ils ne tardèrent pas à l'assaillir, dans le noir, dans le vent et la pluie, le malmenant, tirant les manches de son ciré, lui arrachant sa lampe désormais inutile, essayant de descendre son pantalon, et lui se défendait avec sa main libérée, l'autre cramponnée à une grande pierre plate qu'il avait agrippée par hasard. Pris de frissons convulsifs, les dents serrées, il avait très peur d'avaler de la boue, cette boue noire qui l'environnait, roulait autour de lui, luisante dans l'obscurité, mouvante, rouleaux de vagues sombres qui descendaient l'escarpement par à-coups, par spasmes minéraux. Une brutale révélation le transperça, le laissant haletant, les yeux exorbités : les vaches noires. Les vaches noires descendaient la falaise autour de lui, leurs dos d'argile grasse se succédant de plus en plus nombreux, de plus en plus serrés, serrés, serrés contre lui, de part et d'autre, se rapprochant encore, contre lui. Grelottant, il tendit la main  pour tenter de les contenir, de ménager un espace entre leurs dos de terre mouillée et sa petite personne vulnérable. Leur foule muette s'arrêta soudain, brutalement. La pluie s'arrêta. Le vent s'arrêta. La mer se tut derrière lui, le ciel sembla se décider à s'éclaircir, dans un silence impensable. Il sut qu'il allait lâcher prise. Sa main battit un moment dans l'air immobile, mais se posa sur quelque chose de chaud, de doux et de chaud. Une vache noire, sans doute prise de remords, guida de son mufle sa main vers la pierre, ses yeux expressif aux longs cils se fermèrent, puis ceux de l'enfant aussi.



Il était à une cinquantaine de mètres au-dessus du niveau du sable. Son petit ciré semblable à une tesselle jaune enchâssée à même l'argile. Son cabas vide quelques  mètres en contrebas, enlisé dans une coulée noirâtre. Le sergent qui aperçut l'enfant en premier ne saurait jamais dire si ce qui l'avait ému le plus, au point de se mettre à sangloter, c'était cette petite tête d'oiseau mouillé couverte d'une traînée de glaise, ce fin ruisseau que l'on voyait pénétrer par le col du ciré et ressortir sous le pan de l'imperméable, ou les deux petites mains blanches agrippées à cette grande pierre ronde, comme à un volant.



         
_________



« ...Hypothermie ! … Non, z'inquiétez pas !... Oui ! Hélicoptère … CHU de Caen ... Non non !
Bien sûr ! … Beaucoup de chance... jamais vu ça ! … oui ! … Calmez-vous ! … Sauvé ! … Rien à craindre ! » Les dernières bourrasques ne colportaient qu'une partie des propos du chef d'escadron qui allait et venait sur le sable mouillé, de l'écume jusqu'aux chevilles, éclairé de rose par le soleil levant.
Ses hommes attendaient sur la bordure de béton, face à la mer violette prise encore de convulsions mousseuses.

Près d'eux, appuyé au muret, le cadeau qu'ils destinaient au petit garçon qu'ils avaient sauvé. Enfin, il s'agissait plutôt de lui restituer son bien : sans doute la plus grande ammonite jamais découverte dans toute la Normandie, à laquelle il était resté agrippé jusqu'au bout de sa nuit d'épreuve. Ses petits doigts étaient tellement tétanisés, même dans son inconscience, qu'il avait fallu des précautions folles pour l'en détacher.



Là-bas, sur le sable, les vaches noires somnolaient dans des fumerolles de brume.





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Hors ligne Opercule

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Re : T10 - Les Vaches noires
« Réponse #1 le: 24 Décembre 2019 à 19:17:29 »
Mout du soir, bonsoir

J'ai grandement apprécié, tout du long, le texte. Entre la vision du jeune garçon ou la battue pour le retrouver, il y a juste une petite hésitation quand on passe de l'un à l'autre, c'est que je ne sais pas si c'est en même temps, ou décalé et je ne pense pas que ça le soit (à moins que les lutins soient les policiers qui le traquent? ce serait un peu artificiel mais compréhensible).
J'ai un peu moins d'aise à comprendre pourquoi il décide d'aller de nuit traquer l’ammonite quand il devrait très bien savoir que c'est un assez mauvais moment puisque la visibilité est nulle et que la pluie ne s'est pas arrêtée -- alors que la journée durant, il aurait pu plus insister pour y aller.
J'ai toujours aussi peu d'aise à comprendre pourquoi ses parents semblent ne pas comprendre pourquoi il veut partir à la plage malgré la pluie "on ira demain quand il fera beau", soit mais ils auraient pu le rassurer d'une meilleure façon -- puisqu'ils comprennent très bien sa lubie.

Hors ligne gage

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Re : T10 - Les Vaches noires
« Réponse #2 le: 25 Décembre 2019 à 10:17:35 »
Bonjour Opercule !

Les phases finissent par se chevaucher un peu. Tout finit par se passer un peu en même temps, et le délire de l'enfant brouille un peu la notion du temps qui passe.

L'enfant est très jeune, et pris dans l'impression d'urgence, il ne peut pas attendre ; quant à insister dans la journée, il sait bien qu'il se heurte au bon sens de ses parents, à leur autorité, il sait aussi qu'ils ont raison et qu'il n'aura pas gain de cause.

Au vu de la météo catastrophique, il ne vient pas une seconde à l'idée des parents que l'enfant a une telle envie de sortir, malgré sa passion. Il y a un tel contraste entre sa requête et le temps qu'il fait dehors, que ça les fait rire. Ils ne le prennent pas au sérieux. Et de toute manière il clôt le débat en s'enfermant dans sa chambre.

Merci pour ton passage, je suis content que tu aies apprécié le texte dans son ensemble, merci encore.
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Hors ligne Gwynplaine__

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Re : T10 - Les Vaches noires
« Réponse #3 le: 25 Décembre 2019 à 13:28:09 »
Mais mais mais ! Il est pas mort !

Ah oui,  voilà, pardon...
Avant tout, le texte est bien écrit.
Quant à l'histoire, au début je m'ennuyais ferme, mais où va cette histoire ?
Et puis on se laisse happer par le récit à deux voix, la pression monte au fur et à mesure que l’inéluctable fin tragique approche, et sans s'en rendre compte, on est captivé par la lecture de ce texte. Mais du coup j'ai été un peu déçu par l'excipit, même si c'est assez horrible de vouloir une fin bien plus tragique.

J'ai donc apprécié ce moment de lecture, merci Mout :)
« Modifié: 25 Décembre 2019 à 17:11:46 par Gwynplaine__ »
- On a les histoires policières, la science-fiction, les westerns…
- Est-ce que dans votre monde, les gens veulent toujours un seul parfum à la fois, pour leurs histoires ? Un seul goût en bouche ?

***

Hors ligne gage

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Re : T10 - Les Vaches noires
« Réponse #4 le: 25 Décembre 2019 à 16:49:46 »
En effet, c'est pas joli du tout de vouloir que les choses tournent mal !!  :D

(En vérité, il existe à ce texte un dénouement bien plus tragique, mais d'abord, Valentin ne méritait pas ça, et honnêtement, à la lecture, une fin tragique fait beaucoup plus tire-larme et était me semble-t'il une facilité à laquelle je n'ai pas pu me résoudre).

En tout cas, si j'ai pu te happer pendant quelques minutes, alors le but est atteint. Juste désolé si tu t'es barbé au début.

Merci beaucoup pour ton commentaire positif et encourageant !

 :moutunjour:
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Hors ligne Henri_Vargroas

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Re : T10 - Les Vaches noires
« Réponse #5 le: 26 Décembre 2019 à 17:26:23 »
Le petit garçon est vivant du début à la fin, il est réel.

J'ai vu les vaches noires bouger.  :)

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Même à distance, leurs formes anormales le mettaient mal à l'aise, il ne s'en approchait jamais
Juste ça, je ne trouve pas cohérent que Valentin décide d'y aller, alors qu'en plein jour avec ces parents, il en a peur. c'est vraiment minime, car dans la suite je comprends tout à fait qu'il y aille.

Un très joli texte.  ;D

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Re : T10 - Les Vaches noires
« Réponse #6 le: 26 Décembre 2019 à 20:27:55 »
Merci beaucoup, Henri !

En fait, ce qui lui fait peur, c'est les rochers disséminés sur le sable et qu'il associe au nom "vaches noires", bien qu'ils ne ressemblent à rien, pas la falaise qui leur doit son nom, et où l'on trouve les fossiles.

Merci d'être passé, en tout cas, et très content que tu aies apprécié.

 :moutunjour:
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Hors ligne Gros Lo

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Re : T10 - Les Vaches noires
« Réponse #7 le: 29 Décembre 2019 à 12:15:57 »
Salut ! Titre intrigant.

Citer
abandonnant ça et là des blocs de pierre dispersés
çà

Citer
Colonisés par des moules et du varech, leurs silhouettes sombres
Colonisées (même si je ne suis pas sûr que ça fasse sens, de dire que des “sihouettes” portent des moules et du varech)

J’aime bien toutes les premières réflexions de Valentin. Je les trouve poétiques. Elles pianotent leurs propres paramètres sur la vision objective de la plage.

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La redécouverte de ce monstre vert mâchonnant du géranium validait chaque année pour le petit garçon le début des vacances, après un long trajet comateux sur des kilomètres d'autoroute.
(: c’est bien rendu, et ce “mâchonnant du géranium” me fait un de ces effets...

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innombrables coquillages, nobles bois flottés, et surtout émeraudes brutes et jades de tous les verts qu'il se refusait à identifier comme débris de bouteilles patinés
pourquoi pas se creuser un peu pour trouver qqch de plus signififiant que “innombrables” ?

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«  — Demain, il fera moyen, on va à Honfleur ?
waw l’enfant en moi surgit et hurle dans ma tête “naaan Honfleur c’est nul il fait moche on s’ennuie les fleurs sont moches cette ville est moche et j’aime pas la Normandie :( “ hahaha putain de vacances normandes

Je crois que j’aime bien le décor que tu choisis parce qu’il me rappelle L’Été 80 de Duras

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— Bon, eh bien journée petite lessive, tour de France à la télé, jeux de société et gaufres...
oui *_* j’ai l’impression que tu mets en fiction les étés de mon enfance hahaha - mais c’est surement l’univers des vacances atlantiques de n’importe qui.

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noya vite ses imprécations dans des sanglots hoquetant
hoquetants (quoique... un peu redondant non ?)

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Il devait être trois heures du matin quand son père ahuri constata l'absence de l'enfant.
OUAIS. Voilà un personnage qui se prend en main. Voilà un héros !

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comme des barbes à papa glaciales
j’aime. Mais : en l’occurrence ce n’est pas une scène que Valentin est susceptible de raconter, il n’est pas présent donc je trouve ça moins pertinent.

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v'savez ! Criait le chef d'escadron
sans majuscule (c’est la règle, pareil dans la suite du texte)

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sauta sur le sable d'après ce qu'ils purent entendre, car la bordure bétonnée s'achevait là.
je comprends pas

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la tartinant sur la digue rendue glissante
c’est vrai c’est vraiment le verbe qui convient, dans mes souvenirs visuels (:

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La zone, toute en débris de rochers et trous d'eau abondait en cachettes et en pièges.
virgule après “d’eau” ?

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La pluie commençait à se calmer et le jour allait se lever quand on l'a retrouvé, il...
Bah dis-donc, c’est un peu grossier comme manière de tenir son suspense !

Citer
C'est en les entendant l'appeler que Valentin comprit qu'en plus de la pluie et du vent, il faudrait composer avec les lutins.
hihi

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Une vache noire, sans doute prise de remord,
remords (je veux dire, au singulier aussi ça s’écrit comme ça)

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zinquiétez pas !!...
un seul “!” fera l’affaire ?

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Calmez vous ! …
Calmez-vous

Citer
par le soleil levant .
pas d’espace

Ooooh la chute (je sais pas si ça s’appelle une chute mais un peu) est trop bien <3

J’ai trouvé ça hyper attendrissant, très très acéré en termes de choix lexical, descriptions visuelles, en même temps les mots restent simples mais très bien choisis. Y a aucune volonté expérimentale ou métalittéraire ou quoi que ce soit, ça fait le taf avec efficacité, très pointilleux. Et puis tu arrives à rendre le personnage très attachant, je sais pas trop à quoi c’est dû, peut-être au fait qu’on voit vraiment par ses yeux, il nous fait partager sa vision du monde, parfois on voudrait dire sa “naïveté” mais je veux pas metre du péjoratif-adulte sur ce mot. J’ai vraiment aimé ma lecture, c’était super attendrissant et plein d’aventures. Et c’est intelligent et original, de prendre le thème à contrepied, avec un personnage qui justement s’en fait une fête.
Je suis d’accord, maintenant que je lis le comm d’Opercule : le seul truc que je trouverais bon de peut-être retravailler, c’est la manière dont tu jongles entre Valentin et battue. En fait cette phrase conclue par les points de suspension, je la supprimerais bien...
Merci pour ce texte !
En plus c’est mon dernier texte, j’ai fini de lire cette douzième cuvée de textes courts, j’ai l’impression que le hasard a voulu me faire un petit cadeau en me faisant finir par un texte si bien (:
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne gage

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Re : T10 - Les Vaches noires
« Réponse #8 le: 29 Décembre 2019 à 16:36:39 »
Bonjour LO.

Alors d'abord, merci beaucoup pour cette correction pointilleuse.
Merci pour les coquilles, tes avis plus "raisonnés" sur des tournures, tes points de vue. Tout cela nous brosse le portrait du commentaire idéal. J'ai quasiment tenu compte de toutes tes remarques, sauf :

Pour
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Colonisés par des moules et du varech
Eh bien, je ne sais pas si on a le droit de faire ça dans une nouvelle phrase, mais "colonisés" se rapporte à "blocs de pierre" qui précède, et non à "silhouettes" qui suit...

Pour
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barbes à papa glaciales
Tu penses vraiment que cette image ne peut pas naître dans un cerveau d'adulte ? Pour l'avoir vécu, c'est vraiment une image qui me vient, avec celle de meringues ocres encore crues.

Merci beaucoup, vraiment, pour ton ressenti. J'ai essayé de donner une forte envie d'accompagner l'enfant dans son équipée nocturne.
S'il t'a touché, j'en suis ravi.

J'ai enlevé les trois petits points dramatisants, mais revoir l'agencement battue/Valentin me paraît un vrai chantier de démolition-reconstruction... à voir.
Merci encore pour ton passage ici, c'est un vrai plaisir. Et entre nous, c'est dommage que tes souvenirs de vacances en Normandie soient si négatifs, ça reste pour moi un monde à part, bourré d'images et de sensations contemplatives. Étant adulte, j'y avais peut-être apporté moi-même mes références, va savoir.
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Re : Re : T10 - Les Vaches noires
« Réponse #9 le: 29 Décembre 2019 à 20:08:32 »
Pour
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Colonisés par des moules et du varech
Eh bien, je ne sais pas si on a le droit de faire ça dans une nouvelle phrase, mais "colonisés" se rapporte à "blocs de pierre" qui précède, et non à "silhouettes" qui suit...
aaah ok je comprends. Si je remplace, "Brutus et Chopin allaient main dans la main. Électrisés par la douceur du printemps, les deux hommes avaient décidé d'aller au poney-club", j'ai quand même l'impression qu'il faut une unité entre les 2 sujets. Brutus et Chopin ne sauraient être mis sur le même plan que "Leurs silhouettes" par exemple, tu vois ? y a une différence de nature non ? "Leurs silhouettes" ne sont pas un équivalent, pas un synonyme, elles introduisent un glissement de sens. Non ? Et si je disais "Le bateau croisait sur l'horizon. Poussé par un vent d'ouest, la voile..." ça irait, avec la métonymie bateau/voile, mais il faudrait accorder avec "voile".

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Tu penses vraiment que cette image ne peut pas naître dans un cerveau d'adulte ?
je pense qu'elle peut, mais qu'ici elle entre vraiment en cohérence/système avec l'imagerie de Valentin qui parcourt déjà le texte, du coup ça donne l'impression que c'est lui qui raconte ça alors que non. Mais bon c'est pinailler surement !

La Normandie n'a qu'à bien se tenir, je lui donnerai des tas de secondes chances !
(et puis Balbec rachèterait n'importe quoi.)
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Re : T10 - Les Vaches noires
« Réponse #10 le: 30 Décembre 2019 à 15:36:54 »
LO : Je crois que tu t'entêtes à vouloir comprendre ma phrase autrement. Je crois.

"...des blocs de pierre dispersés sur le sable. Colonisés par des moules et du varech, leurs silhouettes sombres..."

doit se comprendre

"...des blocs de pierre dispersés sur le sable. Comme ils sont colonisés par des moules et du varech, leurs silhouettes sombres..."

Qui est parfaitement trop indigeste.



Faut donc que j'envisage de faire sauter les barbes à papa... ça m'attriste.  :)


La Normandie est belle rien que dans ses noms de villages, ses perspectives de falaises, ses chemins creux à la Bernanos, le chant de son ressac... etc etc...

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Verasoie

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Re : T10 - Les Vaches noires
« Réponse #11 le: 01 Janvier 2020 à 14:44:15 »
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Eh bien, je ne sais pas si on a le droit de faire ça dans une nouvelle phrase, mais "colonisés" se rapporte à "blocs de pierre" qui précède, et non à "silhouettes" qui suit...


"...des blocs de pierre dispersés sur le sable. Colonisés par des moules et du varech, leurs silhouettes sombres..."


Je viens juste ramener ma fraise : ça s'appelle une anacoluthe:D

L'exemple qu'on prend souvent c'est Baudelaire à la fin de l'Albatros :
Exilé sur le sol au milieu des huées
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher
(il y a rupture syntaxique parce qu'on s'attendrait à ce que "exilé" se rapporte à "ses ailes de géant" mais en fait non)
Bref, Baudelaire le fait, beaucoup de gens le font, en réalité, mais perso ça me fait toujours tiquer et je n'arrive pas à le voir autrement que comme une maladresse. À toi de voir quel parti tu prends : )

(Perso j'aurais mis la virgule avant "colonisés" et le point avant "varech")

J'en profite pour lire tout le texte, du coup (voilà, c'est grâce à une anacoluthe que je viens faire mon premier commentaire hihi)

Lecture, donc :


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Ne discernant de loin ni mufles, ni queues, ni rien de vraiment reconnaissable, elles lui faisaient peur dans leur inertie

Ici aussi on a une anacoluthe : on s'attend à ce que "elles" se rapporte à "ne discernant", et ce n'est pas le cas. (Là encore, perso ça me corse la lecture, ça nuit à sa fluidité)

J'aime beaucoup ce début (à part ces deux relevés) et franchement ça me donne envie d'aller chercher des fossiles haha

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«  — Demain, il fera moyen, on va à Honfleur ?

Guillemets ou tiret (pour la première réplique) mais pas les deux

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qu'il arpentait alors avec un solide cabas de grand-mère.

c'est pas trop relou sur le sable, le cabas à roues ? :/

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Il est donc facile d'imaginer son excitation

j'aime pas trop cette formule... ça me donne un côté "voix off de journal régional". Je préférerais un truc plus narratif

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« — Ils prévoient du gros temps dès cette nuit,

pareil pour guillemets vs tiret
et je trouve pas cette phrase très naturelle. Pourquoi pas "Gros temps cette nuit. Ca devrait durer toute la journée demain" ?

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— Du gros temps comment ?
 — Du très très très gros temps, d'après le poissonnier.
 — Bon, eh bien journée petite lessive, tour de France à la télé, jeux de société et gaufres...
 — Adjugé vendu ! »

On insiste un peu sur le thème à mon goût  :mrgreen: mais à part ça j'adore ce dialogue tellement réaliste hahaha. Ok, lessive et tour de france, j'adore, je les imagine tellement mdr ça me rappelle beaucoup trop de souvenirs de vacances pluvieuses (en même temps, les vacances dans les vosges, les vacances en normandie, même combat)

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ne le rassurèrent. Il serait bien trop tard...

il manque un "pas"

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Valentin ! Va-len-tinnnn ! Les appels multiples fouillaient la nuit noire, sondant l'obscurité, de la voix et du pinceau des projecteurs puissants arrivés du Havre avec un supplément d'hommes.

pourquoi pas de guillemets autour des appels ?




Je m'attendais pas du tout à ça !

Merci de m'avoir surprise et merci de m'avoir donné envie d'aller voir cette fameuse plage !
La chute est trop chouette, je m'y attendais pas du tout ^ ^

Même remarque que Lo et Opercule sur l'alternance Valentin / battue, le choix de l'alternance m'a semblé un peu bizarre, pas forcément très judicieux.

Je pense qu'on gagnerait en suspense en le construisant ainsi :
- Scène parents/garde côte qui dit "non vous n'y allez pas c'est ma responsabilité"
- Tout le point de vue de Valentin (le moment où les vaches prennent vie... j'ai trop kiffé. trop cool)
- La fin en point de vue externe, à partir du moment où il est trouvé.

Les appels dans la nuit etc ne m'ont pas aidé à construire un suspense, je me sentais un peu interrompue au contraire.

Voilà ça reste qu'une suggestion, merci pour ce texte !

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Re : T10 - Les Vaches noires
« Réponse #12 le: 03 Janvier 2020 à 11:09:21 »
Bonjour Verasoie !

Merci pour ce commentaire investi et critique.
Cédant la place, dépitées, ployant sous le nombre et tête basse, les anacoluthes ont quitté le texte, remplacées par des tournures discutables mais sans doute correctes.

J'ai tenu compte de tes diverses remarques, sauf :


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c'est pas trop relou sur le sable, le cabas à roues ? :/

Trop drôle, et image baroque, en effet ! Mais un cabas, c'est avant tout un gros sac pour faire les course. Tape "cabas" dans "image google", y a pas photo !!  :viviane:

et

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ne le rassurèrent. Il serait bien trop tard...
Parce que ne pas mettre le "pas" est pour le coup très français.

Quant au découpage, j'y tiens pour le moment, craintif que si je suis tes conseils, on aura affaire à un pavé indigeste. J'aime bien le principe de découper en petits paragraphes, mais bon, à approfondir.

Merci en tout cas pour ton passage à l'ombre des falaises, et ravi de t'avoir intéressée , à bientôt !
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Verasoie

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Re : T10 - Les Vaches noires
« Réponse #13 le: 05 Janvier 2020 à 12:43:51 »
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Il s'enfuit dans sa chambre en claquant la porte, et les
« Mais il pleut encore à seaux, lapin ! » ni les «Demain il refait beau, ils l'ont dit à la télé ! »
ne le rassurèrent.

My bad, j'avais pas vu le "ni". Mais du coup je trouve qu'il manque un "ni" (ni les... ni les... ne le rassurèrent).

Et du coup oui, je sais qu'un cabas est un sac de courses... en revanche un "cabas de mamie", ça, c'est un truc à roues, dans mon monde  :mrgreen: donc je laisserais cabas seul sans le préciser, pour qu'on ait bien l'idée de juste le sac  : )

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Re : T10 - Les Vaches noires
« Réponse #14 le: 05 Janvier 2020 à 15:07:04 »
Coucou Miss Verasoie ! Sympa de repasser en Normandie !

J'ai mis un deuxième "ni", mais honnêtement, je ne suis pas sûr que ma tournure était complètement fautive. Pas orthodoxe, peut-être, mais pas absolument interdite.
Comme il n'y a aucun moyen de le savoir, je me plie à ton intransigeance,  _/-o_

Par contre, je laisse mon cabas de grand-mère. Il sert à préciser le portrait de l'enfant. Il a pris le vieux cabas qui servait autrefois à aller faire les courses au marché. Je le visualise bien mieux comme ça, penché sur le côté pour que le cabas ne traîne pas dans le sable. Celui que tu évoques serait plutôt qualifié dans mon monde de "cabas à roulettes". (Tu l'imagines sincèrement gravir la falaise avec un cabas à roulette, le pauvre ?)

À bientôt !
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