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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Les hématomes

Auteur Sujet: Les hématomes  (Lu 6729 fois)

Hors ligne Gros Lo

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #15 le: 31 Décembre 2019 à 14:01:03 »
Merci Léilwën de me faire remarquer, j'avais pas vu le message de Lo !
Lo :
Cool de savoir que la merde est rognée selon tes critères ! C'est rare (et peut-être sujet à fantasmes ?), une merde épurée...

- la fin est ouverte, c'est bien ? c'est pas bien ? je sais pas quoi en penser...
- faut-il laisser à Leti le dernier mot ?
Permets-moi de cogiter un peu une éventuelle mouture finale (finale pour l'AT en tout cas)... Pour tout dire, j'ai tenté une autre fin aussi, un peu plus longue, mais j'avais l'impression que c'était pour moi soudain très laborieux à écrire, que ça me demandait de gros efforts, j'ai peiné et finalement j'ai laissé tomber, j'ai gardé cette fin... Quant au dernier mot issu de Leti, on pourrait peut-être s'en passer. Je cogiterai !

*****

Léilwën :
Je commence te relever quelques changements (je ne te relève pas les modifs de ponctuation, pluriel et autres ; seulement les trucs un peu plus visibles) :

Citer
fini par le chasser de la gouttière en direction des profondeurs. Le corps avait glissé du deuxième étage, entre des plantes grasses et des cordes à linge. Il s’est écrasé sur
Citer
et le vidange-de-glacier, c’est, je ne sais pas, abject. La onzième plaie de Moïse. On croirait un petit flan à
Citer
plante grimpante rouge. À quelle adresse ? J’ai compté les immeubles, n° 34, n° 36, n° 38. Je, te, quitte. Je dirais son prénom au début ou à la fin ? Le corps était au n° 40.
Citer
C’est remarquable comme les corps n’explosent pas sous le choc. Ils devraient barbouiller la chaussée. Mais ils restent en un morceau, comme

Ensuite :

Je crois que dans une version pré-AT j'avais une phrase un peu différente et elle parlait d'une boulangerie installée sous la déchetterie, d'où ce vestige...!

Ah oui je vois, "un drapeau à 5,95" tu avais d'abord compris ça comme "un drapeau de 5 x 95" (?) Je pense que je vais garder, à moins que quelqu'un d'autre tique...

Citer
globalement, vu qu'à aucun moment il n'est dit que les corps ne sont pas physiques
ah oui oui mais, selon moi, ils le sont. C'est en effet un genre d'hallucination, à moins qu'ils existent vraiment (après tout...). En tout cas, ce n'est pas une métaphore de la narratrice. Elle les voient, ils tombent. Et pendant la majeure partie du texte, elle ne fait pas le lien avec sa situation personnelle. Elle ne comprend pas que c'est une "métaphore réalisée" de sa situation à elle. C'est comme ça que je le vois. Elle préfère même faire un genre de "déni de fantastique", genre, elle trouve ça intrigant, mais elle fait un déni de l'irréalité de la chose. Je crois peut-être que c'est ce déni qui finit par céder, aussi ; qui fait qu'elle est obligée de s'avouer le caractère complètement anormal de ce qui est en train de se passer, et, cet aveu entrainant l'autre, le caractèrement complètement anormal (selon une autre norme) de ce qu'elle subit.
(Je sais pas si ça tient sur ses pattes ; j'écris vraiment à l'instinct, donc c'est seulement maintenant devant tes interrogations que j'essaie de réfléchir à ce que mon texte veut dire...)
En tout cas je vais essayer d'expliciter un petit peu cette histoire alors. C'est quand même le coeur du texte...

Citer
En dehors de ça, j'ai du mal à relier au thème de l'AT : je vois bien la tempête, mais pas le thème marin.
Parce que "gros temps" ça ne s'applique qu'à du marin ?!
(*Mout fait une sortie de piste*)

Merci beaucoup de ton retour à tiroirs ! et aussi des compliments par-ci par-là !!
« Modifié: 31 Décembre 2019 à 14:09:02 par Mout »
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Milla

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #16 le: 02 Janvier 2020 à 22:45:08 »
Salut !

au fil de la lecture...
Citer
Le premier, le tout premier corps, je l’ai vu glisser de la gouttière d’en face, tout doucement, on aurait dit un petit bout de merde. Le temps n’était pas à l’orage. Le zinc resplendissait. Un centimètre après l’autre, il s’est laissé appeler par le vide, qui dans ma rue, rue Arxeles de Maior aux immeubles bas et populaires, n’est pourtant pas bien redoutable. Comme si un jet d'eau, invisible et persévérant, avait fini par le chasser de la gouttière en direction des profondeurs. Le corps avait glissé du deuxième étage, entre des plantes grasses et des cordes à linge. Il s’est écrasé sur le trottoir, quel bruit a-t-il fait ?

J’étais dans les slips de Mauricio, à ce moment-là. Je fumais. Ils gouttaient sur le sol du balcon et leur triangle échancré dynamisait un peu ma vue du quartier, ça collait des post-it sur les façades noircies. Tout se superposait. Un ficus s’échappait de l’entrejambe du slip bleu. Une minuscule tête de voisin jaillissait du boxer gris, le boxer des grands soirs. Le corps de la gouttière était tombé dans le slip à rayures, il l’avait traversé mollement de haut en bas, sans un bruit, sans une tache.
yeaaah, j'adore ce début  :coeur:
j'ai juste un bémol, je comprends que le corps tombe de la gouttière mais c'est tout en haut le long du toit, une gouttière, du coup c'est bizarre qu'ensuite tu dises qu'il a glissé du deuxième étage :\? sauf si c'est la gouttière de côté, mais du coup il passerait pas entre des plantes grasses et des cordes à linge. Mais bon, je vais voir avec la suite...

Citer
Chaque jeudi matin, avant de partir vendre ses montres sur le boulevard, Mauricio Algues de Lima commet cette lessive dont l’odeur oscille entre le fesse-de-bébé et le vidange-de-glacier, c’est, je ne sais pas, abject. La onzième plaie de Moïse. On croirait un petit flan à la vanille confectionné sous une déchetterie. Pourtant ça lave, c’est bien blanc, et ça respecte les couleurs aussi. Je n’ai pas le droit de fumer le jeudi sur le balcon, il a peur que ça entre dans les tissus. Dans les membranes, dans la chair de ses slips.
je vois pourquoi tu as choisis le présent (anecdote générale) mais je trouve que ça fait bizarre et que ça passerait mieux si tu restait à l'imparfait (sauf pour "je ne sais pas"). Après c'est peut-être une question de goût.

Citer
Plus tard. Je suis chez Leti, elle a allumé sa télé. Ils parlent du réchauffement climatique et des manifestations qui continuent à Barrios de Saguer. “Je suis passée là-bas avant-hier, dit Leti, j’avais besoin d’une bonne viande.
Alors je ne sais plus du coup... Je crois qu'il faut que tu choisisses à quel temps tu racontes et que tu harmonises avec la concordance des temps qui va bien. Là tu narres au présent. Les deux clopes tu les narrais au passé composé.

Citer
Tout le temps j’imagine le trajet de Mauricio, je ne veux pas arriver dans l’appartement après lui, je veux le cueillir à son retour, je prononce comme il faut, je l’embaume de mon regard (on-le-savait-non-?) et je tire la chasse, je m’évacue.
virgule après temps / j'aurais plutôt vu "tout ce temps", mais c'est du chipotage !

Citer
Et puis ils ferment la fenêtre, les plus gênés tirent le store aussi, et si jamais c’est trop bruyant, parce que les voisins savent, les voisins Vajas, en plus de me voir tous les jours avec mes couleurs mal blushées d’ouragan force 4, ils entendent : si jamais, ils ferment la porte du balcon, ils montent un peu le son de leur télé où crient des manifestants bardés de petits drapeaux vert et jaune, et ils marmonnent “heureusement ça n’est pas tous les jours”.
je ne comprends pas les deux points, c'est pas plutôt un point virgule ? ça rend la phrase confuse, j'ai mis du temps à la capter.

hop, tout lu !
sur le global...
alors tout d'abord sur la forme, j'ai adoré l'écriture. C'est prenant, rythmé, percutant, ça marche vraiment très très bien. (et fichtre, ce que ça fait du bien  :coeur: :coeur:) Y a une vraie plume avec une façon d'amener les chose qui sort du mille fois vue, et autant de soin porté au décor qu'aux émotions et vécu des persos, c'est très chouette.
sur l'histoire, tout ce qui tourne directement autour du projet de rupture marche super bien, j'ai trouvé ça très fin et réaliste. Pas simple aussi d'aborder la violence conjugal sans en faire trop ou pas assez, là y a une histoire assez neutre de jugement de la part de l'auteur, juste un tableau de la complexité des ressentis, des décisions, etc. et ça m'a semblé assez juste.
Pour tout ce qui tourne autour des corps qui tombent, j'ai trouvé ça super prenant, du glauque qui tire + vers l'intrigant que le choquant (ce qui me va bien perso) et je me suis beaucoup questionnée tout le long. Je suis arrivée à la fin en gardant le doute : est-ce que c'était Alicia qui avait une dimension fantastique et faisait vraiment pleuvoir des corps quand ses émotions sont au stade tempête ? est-ce que c'était elle qui voyait ça par une sorte de trip psychologique sans conscience que ça existe pas ? avec conscience que ça existe pas ? est-ce que ça n'a rien à voir avec la rupture et les persos et que c'est juste un monde tellement bousillé (ou chelou) qu'il y a des pluies de corps humains ?  :o bref, j'ai pas réussi à être sûre de ce que je devais comprendre et ça m'a laissé un peu frustrée. J'étais contente de trouver la réponse dans les commentaires du texte, mais je suis toujours pas sûre de si les corps tombaient réellement ou pas  :-[ (vu que les autres gens voient pas, je suppose que c'est elle qui trippe et imagine y compris le toit de l'abribus éclaté ? mais elle a conscience qu'elle trippe ou pas ?) En tout cas, je crois que ça tient à rien du tout pour que ce soit clair avec certitude pour le lecteur. Le passage où Alicia dit à Mauricio "tu les vois maintenant les corps ?" est le moment clef à mon avis (celui où j'ai vraiment eu envie de comprendre tout à fait et où les questions ci-dessus m'assaillaient  :D) Je pense qu'en une phrase tu peux lever le doute et nous permettre de lier complétement cette pluie humaine à la souffrance d'Alicia.

Sinon, ayant survolé les comm j'ai vu qu'il y avait une histoire de truc scato  :D là en tout cas ça m'a pas choqué donc tu as sans doute mieux dosé  ^^

Merci pour ce chouette texte !  :coeur: et pour ta participation !

Milla

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #17 le: 03 Janvier 2020 à 10:57:01 »
j'ai juste un bémol, je comprends que le corps tombe de la gouttière mais c'est tout en haut le long du toit, une gouttière, du coup c'est bizarre qu'ensuite tu dises qu'il a glissé du deuxième étage :\? sauf si c'est la gouttière de côté, mais du coup il passerait pas entre des plantes grasses et des cordes à linge. Mais bon, je vais voir avec la suite...
C'est si rare, les gouttières d'étage raccordées au tronc de gouttière principal ? Je vais me renseigner (c'est un sujet de recherches un petit peu bizarre... Mais à coeur vaillant rien d'impossible.)

Au sujet du présent, je voulais pour camper l'ambiance au début cette légère distanciation que permet l'emploi du passé. Et à partir de l'après-midi chez Leti je ne vois plus ça qu'au présent, pour le motif inverse : nez de + en + dans le guidon... Mais c'est vrai que ce présent de vérité générale, dans le paragraphe des slips (y a plus qu'à l'appeler comme ça...), met peut-être un peu à mal mon... désordre organisé... Je vais essayer d'envoyer les slips au passé mais y arriverai-je ?...

Pour "tout le temps", je l'entends comme un "continuously", j'ai du mal à mettre une virgule après où à le préciser en "tout ce temps". Est-ce que je suis psychorigide ? :(

Ok pour les deux points.

Oh bon c'est vraiment génial ce que tu dis, ça m'enthousiasme que tu aies ressenti ça comme ça, que tu lui trouves ces qualités...

Citer
Je suis arrivée à la fin en gardant le doute : est-ce que c'était Alicia qui avait une dimension fantastique et faisait vraiment pleuvoir des corps quand ses émotions sont au stade tempête ? est-ce que c'était elle qui voyait ça par une sorte de trip psychologique sans conscience que ça existe pas ? avec conscience que ça existe pas ? est-ce que ça n'a rien à voir avec la rupture et les persos et que c'est juste un monde tellement bousillé (ou chelou) qu'il y a des pluies de corps humains ?  :o
Tu égrènes des hypothèses et pour chaque je me dis : "Ah mais oui, super interprétation !". C'est vraiment pas figé dans ma tête...

Citer
mais je suis toujours pas sûre de si les corps tombaient réellement ou pas  :-[
Clairement pour Alicia ils tombent et c'est elle qui nous raconte l'histoire. (C'est peut-être une manière bizarre de voir l'écriture, mais j'ai l'impression qu'elle me la raconte aussi, et que je n'en sais pas plus que toi, même si j'en ai des intuitions).
D'une certaine manière, j'ai envie de penser que c'est tout ce qui importe. (Pour elle ils tombent, et elle nous le raconte.) Qu'est-ce qui l'attend, Alicia, au sortir de ce récit ? ces questions : est-ce que son entourage va prendre sa parole en considération ? la minimiser ? la rogner, la remettre en cause sur certains aspects ? Du coup c'est peut-être bien que le lecteur aussi comprenne à quel point c'est facile de se comporter comme ça, remettre en question, minimiser (ici le fantastique).
Qu'est-ce que tu en penses ?
Ou est-ce que c'est du bullshit interprétatif et je devrais fixer un sens ?
Ou me dépatouiller pour au moins guider le lecteur vers cette mise en perspective-là, qu'il comprenne que s'il lui reste des doutes c'est pour lui faire comprendre à quel point c'est facile de mettre une parole en doute ? Ou c'est du bullshit ?

J'attends ta vision des choses en tout cas. Parce que ça me tente, d'éclaircir un tout petit peu au moment dont tu parles, et en même temps je voudrais pas esquinter cette mise en perspective (remise en question, minimisation, à la fois de l'entourage et du lecteur, dans la réalité comme dans la fiction). À moins qu'elle soit pas pertinente.

Merci beaucoup Milla !
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Milla

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #18 le: 03 Janvier 2020 à 11:17:50 »
Hey !

j'ai l'impression d'en dévoiler bcp alors je mets en spoiler :

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


voilà voilà, j'espère que ça t'aidera ! tout cela demeure un avis subjectif et tout ;)

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #19 le: 03 Janvier 2020 à 11:46:15 »
En fait ça me fend le coeur de devoir choisir une interprétation aux dépens des autres... Mais c'est peut-être une faiblesse de ma part. J'aime bien la mayonnaise mais j'adore le mille-feuilles :(

Mais je vais réfléchir à une petite explicitation au moment dont tu parles, et quand j'aurai une idée je regarderai si ça remet en cause les autres interprétations ou si ça explicite sans trop abimer les autres.



Je n'arrive pas à expliciter sans que ça aiguille définitivement vers une version plutôt qu'une autre.

En revanche, je peux te proposer cette version des premiers paragraphes. Milla, et aussi les autres, est-ce que l'abandon du passé abime un peu l'ambiance ? ou vous trouvez ça pareil/mieux ?

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Modération : messages regroupés - éviter les doublons user de la fonction modifier pour compléter le message précédent. Merci
« Modifié: 05 Janvier 2020 à 22:34:26 par Claudius »
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Milla

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #20 le: 05 Janvier 2020 à 16:19:03 »
ah oui, c'est vraiment super bien ce passage au présent, j'adore !
Par contre pas convaincue par restait, mais par le verbe "rester" tout court en fait...
Citer
Ce corps-là restait sur la balustrade d’un balcon, plié en deux.
Ce corps-là stagne sur la balustrade d’un balcon, plié en deux.
Ce corps-là croupit sur la balustrade d’un balcon, plié en deux.
Ce corps-là végète sur la balustrade d’un balcon, plié en deux.
Ce corps-là s'éternise sur la balustrade d’un balcon, plié en deux.
?
Le présent me paraît plus cohérent en tout cas !

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #21 le: 05 Janvier 2020 à 18:30:50 »
Si je peux me permettre :

Ce corps-là oscille sur la balustrade d’un balcon, plié en deux. ?

"osciller" pour l'alliance de mouvement et d'inertie. Mais en fait j'aime bien le "végète" de Milla parce que ça rebondit dans "plante grimpante"...

Le présent ça me semble pas mal oui !
« Modifié: 05 Janvier 2020 à 18:38:14 par Lo »
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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #22 le: 05 Janvier 2020 à 18:45:50 »
Merci à vous deux pour ce zèle à me répondre !

"oscille" bof (sans rancune Lo !), "végète" me plait aussi bien, même si c'est un terme un peu fort. En tout cas c'est super pour le présent, et tu n'en as pas parlé donc j'imagine que le futur simple passe bien aussi. J'attends d'autres avis éventuels avant de tout remplacer dans le premier post mais ça me tente bien !



Modération : messages regroupés - éviter les doublons user de la fonction modifier pour compléter le message précédent. Merci
Et ça n'aurait jamais signalé à Milla que je lui demandais son avis...

Doublon cette fois-ci, pour signaler que j'ai tout harmonisé au présent (et mis "végète !) et je pense que c'est la version bien définitive !

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Suite à ma remarque ci-dessus un peu déplacée : je crois que j'ai usé d'un excès de zèle en regroupant systématiquement, alors que dans ce cas il aurait été judicieux de ne pas intervenir. Mout, je te prie de bien vouloir excuser cet accès de spontanéité.
Claudius.


« Modifié: 15 Janvier 2020 à 09:49:05 par Claudius »
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Hors ligne Rémi

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #23 le: 14 Janvier 2020 à 20:51:47 »
Salut Mout !

Citer
ça fait une plante grimpante rouge.
pas grimpante, du coup, mais tombante...

Citer
il y en a déjà plein les résistants, ratatinés entre les bras tendus,
bon, depuis le début, j'attends l'indice qui me dira ce que sont ces "corps" ; là tu dis qu'il y en a "plein les résistants"... ça m'aide pas

Citer
ils s’écrasent mollement sur le toit des voitures stationnées. Ils portent des hématomes
ce sont donc de vrais corps humains ?
(le "petit bout de merde" au début m'a fait penser à un truc de quelques grammes...)


Très chouette écriture, j'adore ce style où on a une complicité entre l'auteur et le lecteur (par exemple, sur le balcon avec les slips, la façon de causer des odeurs... on comprend très nettement ces trucs qui sont présentés de façon originale), ça marche vraiment bien.
Je viens de lire les commentaires, mon avis est qu'il faut trancher. Perso je trouve ça trop frustrant de me demander "c'est quoi ces corps ?" Et peut-être faut-il les caractériser un peu plus en tant que corps humain, pour qu'au moins on n'ait pas trop le doute que l'on parle bien de corps avec bras jambes tête et hématomes (ils arrivent un peu tard, les hématomes) ; en plus, comme y a une ambiance révolutionnaire, je me demandais s'il y avait un rapport (genre le régime facho qui balance des corps). Bref, mon avis :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Merci pour la lecture, un texte maruant, assurément.

++
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #24 le: 20 Janvier 2020 à 18:14:17 »
Citer
ça fait une plante grimpante rouge.
pas grimpante, du coup, mais tombante...
Oui je m'étais fait la remarque, après coup. Mais j'avais décidé de garder, en mettant ça sur le compte de l'expression de la narratrice, "plante grimpante" venant plus spontanément aux lèvres que "plante tombante", ainsi qu'à l'esprit des lecteurs... Mais c'est changeable, j'attendais de voir et comme personne ne relevait... Tu penses (et les autres, si vous lisez cette question) que la lecture bute + sur "plante grimpante" alors qu'elle tombe, ou sur "plante tombante" qui est moins courant comme expression ?

Citer
Citer
il y en a déjà plein les résistants, ratatinés entre les bras tendus,
bon, depuis le début, j'attends l'indice qui me dira ce que sont ces "corps" ; là tu dis qu'il y en a "plein les résistants"... ça m'aide pas
Je sais pas si la formulation est compréhensible (la manière dont tu formules ton commentaire me fait douter), ici ça veut dire que certains corps sont tombés sur les statues des résistants, et restent dessus. (?)

Citer
Citer
ils s’écrasent mollement sur le toit des voitures stationnées. Ils portent des hématomes
ce sont donc de vrais corps humains ?
Ah j'avais pas du tout pensé qu'on pouvait, en effet, comprendre "corps" d'une façon plus neutre...

Citer
Et peut-être faut-il les caractériser un peu plus en tant que corps humain
oui ton avis me fait réfléchir. Je suis toujours très anxieux à l'idée d'enfoncer des portes ouvertes, c'est pour ça que je rechigne à préciser les choses, mais je vais essayer de glisser quelques mots supplémentaires qui permettent de clarifier ça. Faut que je réfléchisse juste à quels mots !

Citer
en plus, comme y a une ambiance révolutionnaire, je me demandais s'il y avait un rapport (genre le régime facho qui balance des corps).
Yippee une nouvelle interprétation ! :D

Citer
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Ça c'est vraiment compliqué pour moi à accepter. Parce que je suis pas sûr que ce soit des visions. Je suis très très réticent à dé-fantastiser ce récit. Ça m'importe, qu'il y ait aussi une lecture plus "réalisme magique", où ces éléments fantastiques sont admis, sont normalisés dans le discours de la narratrice. Tu vois ce que je veux dire ? Je sais qu'au moins Milla et toi, vous voudriez être fixés à ce niveau-là, mais là j'aurais vraiment l'impression de porter atteinte à ce que j'ai eu envie de faire dans ce texte... mais ça me désole, de pas avoir réussi à vous faire gouter à ce plaisir de lectures multiples et cette absence de certitude :(

Merci beaucoup Rémi pour tes compliments (!) et tes remarques !
et pardon...
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Hors ligne gage

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #25 le: 22 Janvier 2020 à 09:33:54 »
Cher Mout !!

J'arrive après bien des débats, des commentaires, de vraies discussions... Mon passage sera donc peut-être un peu du réchauffé...

- Ma première réaction, c'est un peu de colère par rapport au tout début du tout début des commentaires : je ne pense pas, personnellement, qu'il était indispensable que tu explicites dès le début que tu parlais de corps. Tout simplement parce qu'il peut être du rôle du lecteur d'être un minimum patient, de se dire "on ne sait pas de quoi on parle, c'est donc qu'on me le dira plus tard..."

- C'est super bien écrit, et tellement intrigant. Je voyais ces corps tomber un peu raides, comme certaines toiles de Magritte où le ciel est rempli de bonshommes à chapeau melon.

Je me permettrai juste deux remarques.

La première a encore trait à ce fameux
Citer
on dirait un petit bout de merde
pas à cause de "merde", mais à cause de "petit bout", qui pour moi ne fait pas image. Un corps, c'est loin d'être un "petit bout", tu comprends. J'aurais plutôt vu "comme une merde", ou "comme une pauvre merde" assez classique.

Ensuite, et ne me demande pas pourquoi ça me gêne, mais je n'aurais pas dit "la onzième plaie de Moïse", mais "la onzième plaie d'Égypte", parce que Moïse n'y était pas pour grand chose.


Voilà, Mout. C'est vraiment du beau texte, de la belle écriture, dynamique, pleine de trouvailles, d'images et d'introspection. Moi je n'avais pas compris ce que représentait cette chute de corps, mais tant pis, ça n'enlève vraiment rien à la qualité du récit, ça le rend plus surréaliste encore, sans doute.

Merci et bonne chance !
« Modifié: 22 Janvier 2020 à 12:50:16 par gage »
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #26 le: 22 Janvier 2020 à 15:58:12 »
Cher Gage !

Mon passage sera donc peut-être un peu du réchauffé...
Quoi de meilleur que les dernières parts de pizza froide au réveil ?

Citer
je ne pense pas, personnellement, qu'il était indispensable que tu explicites dès le début que tu parlais de corps. Tout simplement parce qu'il peut être du rôle du lecteur d'être un minimum patient, de se dire "on ne sait pas de quoi on parle, c'est donc qu'on me le dira plus tard..."
Je comprends... J'avais décidé de suivre les commentaires et de clarifier parce que je ne voulais pas que ça paraisse un texte symboliste, hermétique... Je voulais que les enjeux se dessinent clairement, pour chacun, qu'il y ait le moins possible de brumes. Mais je comprends ta position ! Difficile de dire si tu aurais compris sans clarification, cela dit. Peut-être que ça t'aurait lancé sur de fausses pistes et auraient rendu nébuleuse toute ta compréhension du texte ? On ne le saura jamais...!

Citer
- C'est super bien écrit, et tellement intrigant. Je voyais ces corps tomber un peu raides, comme certaines toiles de Magritte où le ciel est rempli de bonshommes à chapeau melon.
C'est très touchant de lire ça, merci beaucoup...

Ah, sacré petit bout de merde ! :D

Citer
à cause de "petit bout", qui pour moi ne fait pas image. Un corps, c'est loin d'être un "petit bout", tu comprends. J'aurais plutôt vu "comme une merde", ou "comme une pauvre merde" assez classique.
Je comprends ce que tu dis. Pour moi, l'image porte sur le mouvement et pas sur l'objet en mouvement. Tu vois ce que je veux dire ? C'est le lent (mais en accélération) glissement du corps qui doit être rapproché de celui d'un petit bout de merde. Est-ce qu'il faudrait mieux expliciter l'image, faire en sorte qu'on comprenne davantage à quoi elle se rapport précisément (le mouvement et non l'objet) ? Je vais relire...

Citer
Ensuite, et ne me demande pas pourquoi ça me gêne, mais je n'aurais pas dit "la onzième plaie de Moïse", mais "la onzième plaie d'Égypte", parce que Moïse n'y était pas pour grand chose.
Alors c'est peut-être un état d'esprit bizarre qui m'a poussé à choisir cette expression : je me suis dit "Alicia dirait ça". Je crois que je le voyais comme l'illusion d'un hispanisme ou d'un lusitanisme. Dans ma tête, Alicia est hispanophone ou lusophone. C'est vraiment un parti pris, une volonté esthétique de reconstituer un univers, comme le nom de sa rue, du quartier des manifestants, de la station de métro...
La réflexion venant, je me dis que ça peut aussi être vu comme une manifestation de l'inconscient d'Alicia, inconscient qui partout cherche à lier une catastrophe à une figure masculine.
Bon, que penses-tu de tout ça ? La première explication (hispanisme/lusitanisme) est ce qui m'a poussé intuitivement à choisir cette formule, et maintenant je me sens assez convaincu par la seconde explication aussi !

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Moi je n'avais pas compris ce que représentait cette chute de corps, mais tant pis, ça n'enlève vraiment rien à la qualité du récit, ça le rend plus surréaliste encore, sans doute.
Tu as eu besoin des commentaires et des réponses, alors ? ou tu as fini par comprendre à la fin du texte ? Ça me gêne, que ce soit si peu clair, mais c'est surement le revers de la médaille de l'application à ne pas y aller avec des gros sabots... Je ne sais pas.

Merci ! et tes compliments me touchent !
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #27 le: 23 Janvier 2020 à 11:31:26 »
Me revoici, et merci pour tes réponses précises...

Alors je pense que j'aurais simplement dit
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je le vois glisser de la gouttière d’en face, tout doucement, comme glisserait un bout de merde
(Répétition volontaire).

Alors, pour ton explication des sept plaies de Moïse, j'abonde. Et innocemment tu mets le doigt sur un très profond problème de l'écriture dans un forum comme le nôtre.
J'aurais lu ton expression dans un livre de ma médiathèque, et surtout sous la plume de l'un de mes écrivains fétiches, j'aurais compris que l'expression était celle de l'héroïne, et cela aurait complété son portrait. Hélas, et c'est bien une question de préjugé, sous la plume d'un Mout inconnu, je me suis simplement dit ce Mout se goure dans son expression. D'où l'avantage de ces petits débats entre nous. Du coup si c'est un choix d'écrivain, ça ne se discute pas trop.

Alors, et loin de moi l'envie de te perturber. Et je ne suis qu'un lecteur lambda, pas toujours plus réveillé qu'un autre : je n'avais pas précisément associé cette chute de corps à une maltraitance. Cela n'a pas de réelle importance, parce que tel que j'avais peu compris l'intention, le texte fonctionnait quand même. Du moment que certains comprennent, ça veut dire que tu a fait le taf, et qu'on entre dans la sensibilité particulière de chacun.
Je pense que je préfère ton texte peu explicite pour moi, à une nouvelle version où tu dirais tout.

Son charme réside aussi dans son surréalisme.

Bonne suite Mout !
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

Milla

  • Invité
Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #28 le: 23 Janvier 2020 à 12:03:06 »
yop !

ça reste subjectif mais perso j'aime bien le rendu de "petit bout", qui atténue le mot merde tout en créant un effet d'insignifiance qui va bien avec le stade du truc : une anecdote qu'elle remarque.
Pour le fait que ça n'évoque pas un corps, ça ne me gêne pas parce que je trouve que la comparaison n'est pas tant avec le corps lui même qu'avec sa position/façon de se tenir.

bonne journée !

Milla

Hors ligne Ari

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 566
Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #29 le: 28 Janvier 2020 à 19:46:57 »
Bonjour Mout,

J'ai beaucoup aimé ton texte, et surtout il m'a beaucoup interpellée.

Je reviendrai soit éditer ce commentaire, soit en poster un autre s'il y a d'autres réponses entre deux, pour vraiment tout commenter dans les détails ; pas pour le plaisir d'être embêtante mais vraiment parce que ce texte m'a fait de l'effet et m'a donné envie de m'y impliquer.

Avant les détails, j'avais surtout envie de te transmettre mon impression générale... En plus des qualités d'écriture déjà soulignées par les autres membres, l'intrigue me plaît vraiment. J'ai d'abord pensé à un texte purement onirique (hum ou cauchemardesque ? mais l'ambiance est bien plus étrange qu'effrayante, à mon sens) ou surréaliste et cet aspect me plaît, je trouverais vraiment dommage de réduire le texte à des hallucinations psy (par super réalistes d'un point de vue psychopathologique, qui plus est), ça me semblerait une façon de faire bien plus courante que la tienne, bien moins originale. Comme Gage, j'aimais ce côté "Magritte". J'ai assez rapidement lâché prise (de façon consentie et agréable ^^ pas "lâché prise" parce que déçue par le texte). Mais finalement j'ai retrouvé un fil conducteur, à travers l'histoire d'Alicia qui se dessine progressivement et ce thème des violences conjugales qui s'impose petit à petit. De l'onirico-surréaliste, je suis passée à une interprétation très métaphorique. Au-delà de sa souffrance à elle, je voyais tous ces corps qui tombent comme s'ils représentaient tous les meurtres résultant de violences conjugales (j'ai du mal avec le mot "féminicide" parce qu'il met de côté la - bien que plus faible - proportion d'hommes qui peuvent aussi en être les victimes). La pluie s'accélère, “Tu les vois maintenant ? Tu comprends qu’il faut arrêter cet orage ?”. "Et si c’était la fameuse tempête du siècle évoquée tous les ans par les présentateurs météo ?". Je crois que j'aurais ajouté quelque part qu'il s'agit principalement de corps de femmes, mais aussi quelques hommes ; ou peut-être ajouter à un moment une identification de type "celui de la voisine il y a trois mois" (ou "la femme de ..." ). En bref au cours de la toute fin de la lecture, j'aurais eu envie de pousser un tout mini mini mini mini chouïa plus loin l'interprétation que je m'étais faite... mais qui semble totalement mienne, d'après ce que j'ai lu ensuite dans les commentaires.  :-[

Au final, merci beaucoup pour ce texte (approché sous ce versant surréaliste / métaphorique ; j'avoue que l'interprétation psychiatrique me séduit moins, surtout si elle est explicite). Et j'espère avoir le temps de repasser pour un commentaire plus constructif et plus détaillé. Bonne soirée !
« Modifié: 28 Janvier 2020 à 19:49:14 par Ariane »
~ Ari ~

 


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