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Auteur Sujet: Les hématomes  (Lu 6731 fois)

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Les hématomes
« le: 23 Décembre 2019 à 00:58:12 »
(Ce fil est un peu bizarre parce qu'il était, à l'origine, une participation à l'AT du Mammouth. Entre autres, c'est pour ça que parfois je me commente moi-même, puis que je réponds à mes commentaires...)

*

Les hématomes







Le premier, le tout premier corps, je le vois glisser de la gouttière d’en face, tout doucement, on dirait un petit bout de merde. Le temps n'est pas à l’orage. Le zinc resplendit. Un centimètre après l’autre, il se laisse appeler par le vide, qui dans ma rue, rue Arxeles de Maior aux immeubles bas et populaires, n’est pourtant pas bien redoutable. Comme si un jet d'eau, invisible et persévérant, finissait par le chasser de la gouttière en direction des profondeurs. Ça y est, il a glissé du deuxième étage, entre des plantes grasses et des cordes à linge. Il s’est écrasé sur le trottoir. Quel bruit a-t-il fait ?

Je suis dans les slips de Mauricio, à ce moment-là. Je fume. Ils gouttent sur le sol du balcon et leur triangle échancré dynamise un peu ma vue du quartier, ça colle des post-it sur les façades noircies. Tout se superpose. Un ficus s’échappe de l’entrejambe du slip bleu. Une minuscule tête de voisin jaillit du boxer gris, le boxer des grands soirs. Le corps de la gouttière est tombé dans le slip à rayures, il l’a traversé mollement de haut en bas, sans un bruit, sans une tache.

Chaque jeudi matin, avant de partir vendre ses montres sur le boulevard, Mauricio Algues de Lima commet cette lessive dont l’odeur oscille entre le fesse-de-bébé et le vidange-de-glacier, c’est, je ne sais pas, abject. La onzième plaie de Moïse. On croirait un petit flan à la vanille confectionné sous une déchetterie. Pourtant ça lave, c’est bien blanc, et ça respecte les couleurs aussi. Je n’ai pas le droit de fumer le jeudi sur le balcon, il a peur que ça entre dans les tissus. Dans les membranes, dans la chair de ses slips.

J’ai eu besoin de fumer quand même, et je me pisse dessus à l’idée qu’à 18 h Mauricio foncera sur le balcon et enfouira son nez dans ses slips, puis hurlera mon nom. Alicia, putain, tu es une salope, une vraie salope. Je l’entendrai de l’étage du dessous. Je donne des cours au petit des Vajas et les fenêtres restent ouvertes, parce que dans les rues populaires c’est trop exigu pour le vent, alors on vit les fenêtres ouvertes, dans les odeurs de tout le monde, à la merci des cris, des corps qui tombent et des frelons.

Je fume une deuxième cigarette parce que ce qui s'est passé sur la gouttière d’en face m’a distraite. Le marteau-piqueur fait légèrement trembler les slips. Le bleu surtout, au polyester sensible. Ma fumée s’égare dans leur labyrinthe. Je manipule des phrases, je veux que ce soit lisse et définitif quand je dirai : Mauricio, je te quitte. Je mettrai du rouge à lèvres, mes affaires seront déjà chez Leti, je n’attendrai pas qu’il hurle mon prénom, il ne sera pas encore sur le balcon que je dirai ça.

Je finis cette deuxième cigarette, satisfaite. Peu importent les mots, c’est dans le regard que tout passera. Je m’entrainerai dans la salle de bains de Leti. Tes montres, tes slips, tes hurlements. Mes cours, mes clopes et le silence. Pauvre Mauricio. C’est quand je me lève vers le cendrier que j’en remarque un deuxième. Ce corps-là végète sur la balustrade d’un balcon, plié en deux. Des choses en sortent, et pendent, ça fait une plante grimpante rouge. À quelle adresse ? Je compte les immeubles, n° 34, n° 36, n° 38. Je, te, quitte. Je dirai son prénom au début ou à la fin ? Le corps est au n° 40.

***

Je suis chez Leti, elle a allumé sa télé. Ils parlent du réchauffement climatique et des manifestations qui continuent à Barrios de Saguer. “Je suis passée là-bas avant-hier, dit Leti, j’avais besoin d’une bonne viande. Il y a des drapeaux jaune et vert partout aux fenêtres, en soutien aux manifestants.” Je suis devant le miroir, mon reflet me lance des regards compliqués, des séries entières de regards. Filtre j’ai-vraiment-essayé, filtre on-le-savait-non-?, filtre c’est-mieux-pour-nous-deux, il y a des tas d’options mais je donnerais tout pour être aussi lâche que ces gars-là, ceux qui habitent les appartements de Barrios. Sans se montrer ils foutent un drapeau à 5,95 et ça leur suffit pour avoir la paix.

Leti a une pile de journaux sur son bureau, elle découpe des coupons de réduction. “Ce matin à Arxeles, c’était pas des drapeaux, c’était des corps”, je dis à Leti. Elle marque une pause. Elle attend. “Deux filles qui arboraient des bleus. Une qui pendouillait à la gouttière d’en face. Et une autre coincée sur le balcon d’après.” Elle a toujours les doigts pris dans les poignées des ciseaux, et elle me dit en les agitant : “Qu’est-ce que tu continues d’habiter Arxeles, ma pauvre fille”, elle les ouvre et les ferme, les ciseaux claquent. “Je n’habite plus”, je réponds. “Je le quitte.”

Je prends le métro parce qu’il est déjà 17 h 15, mais il y a un accident et je dois faire un long détour. Tout le temps j’imagine le trajet de Mauricio, je ne veux pas arriver dans l’appartement après lui, je veux le cueillir à son retour, je prononce comme il faut, je l’embaume de mon regard (on-le-savait-non-?) et je tire la chasse, je m’évacue. Je disparais dans la cage d’escalier pour toujours, elle est traversée d’horribles tentacules de toutes les odeurs des pauvres de la terre, lessive bébé-poubelle, déjeuner abats-chou-fleur, mais mon corps est intouchable. À 17 h 50 je finis par sortir de la bouche de métro, à Colégio Real, c’est assez loin d’Arxeles, compter 20 minutes à pied. Pour me rassurer, je me dis que Mauricio aussi est bloqué dans les transports.

Le problème quand je sors de Colégio Real, c’est que les corps se sont mis à tomber pour de bon. Les restaurateurs rentrent les tables, les mères allongent le pas, suivies de garçonnets la gueule dans des chiffons. Le ciel n’est pas menaçant. Demain sera le plein été, mathématiquement. Il y aura autant de jours d’été avant qu’après. Entre le solstice et l’équinoxe c’est le partage des eaux. J’ai honte, ce n’est pas un temps à rompre. Une fille méritante choisirait l’arrière-saison. Elle s’étendrait dans les feuilles jaunes des pelouses du jardin botanique pour une dernière photo, ou resterait sur le balcon, un jour sans lessive, à laisser le soleil embellir son visage. Il est 17 h 55 et j’avance dans le quartier en dépit des corps qui tombent. Je n’ai rien, je suis cheveux au vent.

Feu rouge de la place où ils ont déplacé les statues d’anciens résistants. Il n’y a plus un chat. J’attends sous l’abribus pour me protéger des corps. Le goudron renvoie une chaleur féroce. Je sens des chenaux de sueur se mettre à sillonner mon dos. C’est tout un réseau, qui semble soudain mis en exploitation pour pallier la saturation des transports publics. Bientôt on canalisera nos sueurs et on pourra naviguer dessus, dans les quartiers populaires surtout ce sera très performant. Je regarde le plafond vitré de l’abribus. Si un corps passe au travers, je serai crucifiée d’éclats. Ça continue de tomber, il y en a déjà plein les résistants, ratatinés entre les bras tendus, les baïonettes et les drapeaux de fonte. Surtout des femmes, mais quelques hommes aussi, avec les mêmes parures maussades, dépressionnaires, en certains endroits du corps. Le feu passe au vert.

Je me dépêche d’arriver à la porte de l’immeuble. La rue est longue. J’ai sorti le miroir de poche de Leti pour vérifier que mon rouge tenait le coup. La chute des corps s’intensifie, ils s’écrasent mollement sur le toit des voitures stationnées. Ils portent des hématomes. C’est l’orage qui ne vient pas. Les hématomes sont les marques de frustration d’un ciel incapable d’orages. Putain de corps qui me rate de deux mètres ! Tu me touches pas, je te jure, tu me touches pas, sinon je te piétine, sinon je te renvoie dans les airs. Plus jamais tu me touches.

***

Mauricio passe la porte, il a les mains dans les poches, ses cheveux blonds rentrés sous son col. Je commence à parler mais il n’entend pas, parce qu’il y a dehors tous ces putains de corps qui tombent de plus belle, sur les toits, sur les voitures, sur les pare-brises, Mauricio, je, te, quitte, ma bouche peut bien s’ouvrir autant qu’elle peut, rien ne sort du rouge et Mauricio commence à fureter sur le balcon, ses oreilles me sont inaccessibles, derrière ses slips tombent les corps en rafales, il est là, un peu penché, est-ce que c’est sec ? est-ce qu’ils sentent le tabac ?

Mauricio est soudain à l’intérieur, il est tout près de moi et hurle quelque chose d’incompréhensible, c’est le moment où les corps sont censés commencer à crever le plafond, m’ensevelissant encore et encore. Prise de panique, j’attrape le poignet de Mauricio et je m’engouffre sur le palier. Des chocs sourds proviennent du dernier étage. Je crois qu’il est surpris, Mauricio, de ma soudaine assurance. Presque docile, si je devais parler d’un âne. Parce que si on reste calfeutrés dans nos appartements, les corps tomberont toujours, encore et toujours, bleus et mous. Nous descendons les escaliers au pas de course. Comme prévu, les tentacules de choux-fleurs et de ventres de porc se déploient autour de nos visages, si tu crois que j’ai encore de quoi vomir aujourd’hui ? Nous sortons de l’immeuble, sous le déluge.

Mauricio court à mes côtés, sonné, sa tête bouge dans tous les sens et il dit des trucs noyés dans le vacarme ambiant. “On va par là-bas”, je hurle, ma main toujours fermement arrimée à son poignet. C’est remarquable comme les corps n’explosent pas sous le choc. Ils devraient barbouiller la chaussée. Mais ils restent en un morceau, comme des grosses poupées de coton, ils auraient besoin de vingt chutes, de trente, d’un nombre illimité de chutes. C’est ce qu'on dit chez les Vajas et chez tous les autres voisins, c'est ce qu’ils pensent, d'ailleurs l'orage ils s'en préservent. Ils ferment la fenêtre, les plus gênés tirent le store aussi, et si jamais c’est trop bruyant, parce que tout l'immeuble sait et toute la ville, en plus de me voir tous les jours avec mes couleurs mal blushées d’ouragan force 4, ils entendent ; si jamais les étouffements (de corps, de cri) sont mal maitrisés, ils ferment la porte du balcon, ils montent un peu le son de leur télé où crient des manifestants bardés de petits drapeaux, et ils marmonnent “heureusement ça n’est pas tous les jours”.

Nous atteignons la place déserte. Le soleil est encore haut et les corps sur les statues de fonte commencent à dégager une odeur de grillades. Le plafond de l’abribus est réduit en miettes. Et j’en ai un autre à tracter, un poids de charogne, Mauricio est lent et lourd, il continue d’ahaner des phrases inexorablement couvertes par le bruit des corps qui tombent. Mais il les voit maintenant, il les voit tous à son tour, parce qu’il y a ma main autour de son poignet. Nous remontons le boulevard et je hurle à nouveau : “Tu les vois maintenant ? Tu comprends qu’il faut arrêter cet orage ?” J’en ai le ventre retourné, parce qu’il est très beau, Mauricio, quand il prend cet air, incompréhensif, rincé.

Nous courons sur les boulevards, nous traversons des carrefours déserts et contournons des monuments couverts de corps. D’autres continuent de tomber, et à mesure qu’on gagne les terrains vagues en bordure de la voie rapide, ils lèvent des gerbes de poussière. Et si c’était la fameuse tempête du siècle évoquée tous les ans par les présentateurs météo ? Je commence à m’habituer aux visages blancs des corps tombés, à leurs gueules ravagées d’orage. Je me dis que ça ne peut plus durer, qu’il faut une accalmie. On ne va pas me faire le coup de la grève et des drapeaux.

Sur la voie rapide il n’y a pas une voiture. Mauricio pèse de plus en plus lourd derrière moi, parfois il se prend les pieds dans un corps. Je crois bien qu’il a arrêté de parler. J’ai la peau luisante et je sens des rivières me couler jusqu’à la raie des fesses. C’est l’océan primordial. Mais le bleu, c’est au visage qu’il reste, le bleu azur, l’émouvant caraïbe, le phosphore des mers équatoriales. “Jamais plus tu me tabasses”, je finis par dire en m’arrêtant au milieu des voies. J’ai un souffle de cancéreuse. Je lâche le poignet de Mauricio, qui se vautre sur l’asphalte. Je jette un coup d’oeil autour de nous. La chute des corps s’est atténuée. Je m’assieds sur Mauricio et je reste longtemps à reprendre mon souffle, au loin le soleil commence à se coucher, j’entortille des mèches de ses cheveux blonds autour de mes doigts, c’est trop tard pour te quitter, je me dis. Pauvre fille, disait Leti, pauvre fille.


« Modifié: 13 Novembre 2020 à 14:50:16 par Lo »
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Hors ligne Henri_Vargroas

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #1 le: 23 Décembre 2019 à 17:13:59 »
Complétement à la ramasse du début à la fin.  :/ je ne comprends pas la moitié de ce que je lis  :???:,  l'autre moitié est faite de pseudo certitude que j'essaye vainement de faire coller à mon vécu   ::) ... mais finalement que dalle. Je n'accroche pas à l'histoire, je ne comprends rien et pourtant ... j'ai aimé le texte.  :)

Ca se lit bien ... mais je comprends rien. :mrgreen:

J'ai déjà lu ce genre de texte, ça me mets mal à l'aise, ça m'impacte, et je ne comprends pas trop pourquoi. Je ne vois qu'un début d'explication : ce texte touche quelque chose en moi qui ne s'exprime que très rarement, et du coup je suis content de voir que d'autre que moi y arrive.  :relou:

Donc merci pour la surprise de découvrir ça en moi, c'est ça qui fait que j'aime bien ce texte meme si je le relirais pas.  :-¬?

Hors ligne Gros Lo

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #2 le: 23 Décembre 2019 à 17:53:36 »
Bonjour Henri ! Ce n'est pas une bonne nouvelle, ce que tu me dis... Je pensais vraiment que le texte était clair. Est-ce que tu penses que je devrais clarifier le début, notamment quand il y a "le premier", puis "le deuxième" ? l'idée c'est que :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Je suis vraiment gêné parce que je ne pensais pas avoir été obscur. Volontairement fantastique oui, dans le sens où je joue sur deux "tableaux" de réalité, mais pas obscur.

J'espère que tu reviendras voir ma réponse en tout cas. À bientôt ?
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Hors ligne Henri_Vargroas

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #3 le: 23 Décembre 2019 à 19:09:57 »
Je comprends mieux, change le début n utilise pas de métaphores pour le premier corps.

J ai relu avec cette info, c est plus clair. Du coup je relirais si tu modifies ton texte.  :P


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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #4 le: 23 Décembre 2019 à 19:12:51 »
Oh, pour l'instant j'y tiens, à mon petit bout de merde dans la cuvette ;) Mais ok, j'hésite à mettre un spoiler explicatif au début du texte, ou à carrément ajouter "corps" comme je proposais. Je pense que je vais l'ajouter !
Merci pour ton retour et génial si jamais tu reviens (:
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Hors ligne Henri_Vargroas

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #5 le: 23 Décembre 2019 à 20:57:02 »
En fait c'est cette phrase qui m'a perdu :
Citer
Le premier, le tout premier corps, je l’ai vu glisser de la gouttière d’en face, tout doucement, on aurait dit un petit bout de merde

comme tu parles de slips après, je me suis perdu dans un délire scatologique.  :-¬?

pi ça aussi, j'ai pas compris ce que c'était
Citer
Le temps n’était pas à l’orage. Le zinc resplendissait.

du coup je me suis dis que c'était des chiottes en zinc, alors que pour moi un zinc c'est le bar sur lequel tu poses ta bière ...

Hors ligne Gros Lo

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #6 le: 24 Décembre 2019 à 11:48:16 »
Ah oui en effet, non il n'y avait pas de caca filé !

Pour le zinc, c'est celui des gouttières...!
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Hors ligne Nolia

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #7 le: 26 Décembre 2019 à 12:21:50 »
Oh my god. Tous ces corps qui tombent du ciel ... c'est une histoire terrible ! Gros malaise. Donc écriture efficace ! Et puis la différence entre cette pluie de cadavres et le personnage de Mauricio, pitoyablement comique, c'est vraiment bien vu.
En revanche,  j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire car cette analogie avec la merde qui glisse le long de la cuvette, si elle est bien trouvée, elle est très déroutante. D'autant que je ne comprend pas cette phrase : un bout de merde accroché de toutes ses selles. Soit c'est de la poésie, et je n'ai rien à y redire, soit ça ne veut rien dire, puisque les "selles" c'est un joli mot pour dire merde. Donc un bout de merde accroché de toute sa merde ? Je ne comprends pas l'objectif visé  :/
Et puis, j'avoue que j'ai fait une lecture à contresens du 2ème paragraphe (la première fois que je l'ai lu). J'en ris rétrospectivement. J'ai cru à une histoire de partouze ! La tête du voisin qui sort du boxer ... faut dire qu'il y a de quoi se poser des questions. MAIS, en relisant toute l'histoire, je vois que c'est peut-être le paragraphe où il y a les meilleures trouvailles (les post-it, etc.). On est sur le toit avec le linge qui sèche, et la perspective derrière. Rien à dire !
Bravo pour l'ambiance. C'est pas gai, mais très percutant...

Hors ligne Opercule

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #8 le: 27 Décembre 2019 à 13:51:55 »
Hallo,

c'est vrai que ton histoire de petite merde ça jette un peu le trouble sur cette histoire. Tu peux parler de cadavre en plus de corps, si ça va pour toi, pour éviter les répétitions et les malentendus.
Cette histoire est assez forte, oui, et juste assez fantastique comme tu voulais, mais à cause de la merde il y a une latence avant d'entrer dedans, on n'est pas très sûr de ce qu'on lit, comme on n'est pas au courant que le personnage principal est une femme, et que Mauricio est son petit ami.
Mais j'ai apprécié, j'ai fini par rentré dans le jeu

Hors ligne Gros Lo

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #9 le: 29 Décembre 2019 à 12:05:56 »
Merci Nolia et Opercule de votre lecture ! J'ai décidé de réduire un peu ce petit bout d'excrément, sur vos conseils avisés.
(Nolia, oui c'était voulu pour "selles", mais finalement j'ai supprimé, ça me semblait pas indispensable comme morceau de phrase !)

Avant :

Citer
Le premier, le tout premier corps, je l’ai vu glisser de la gouttière d’en face, tout doucement, on aurait dit un petit bout de merde. Le temps n’était pas à l’orage. Le zinc resplendissait. Comme un bout de merde, accroché de toutes ses selles au rebord de la cuvette, qu’un jet d’eau persévérant finit par faire glisser dans les profondeurs. Un centimètre après l’autre, il s’est laissé appeler par le vide, qui dans ma rue, rue Arxeles de Maior, n’est pourtant pas bien redoutable, du haut d’une gouttière du deuxième étage. C’est un quartier populaire, bas de plafond. Le corps s’est écrasé sur le trottoir, quel bruit a-t-il fait ?

Après :

Citer
Le premier, le tout premier corps, je l’ai vu glisser de la gouttière d’en face, tout doucement, on aurait dit un petit bout de merde. Le temps n’était pas à l’orage. Le zinc resplendissait. Un centimètre après l’autre, il s’est laissé appeler par le vide, qui dans ma rue, rue Arxeles de Maior aux immeubles bas et populaires, n’est pourtant pas bien redoutable. Comme si un jet d'eau, invisible et persévérant, avait fini par le chasser de la gouttière en direction des profondeurs. C’était au deuxième étage, entre les plantes grasses et les cordes à linge. Le corps s’est écrasé sur le trottoir, quel bruit a-t-il fait ?

Vous trouvez ça mieux ?
J'ai modifié le texte aussi. J'espère que ça mettra moins de confusion scatologique dans l'esprit des lecteurs suivants !
« Modifié: 29 Décembre 2019 à 12:09:10 par Mout »
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Hors ligne Nolia

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #10 le: 29 Décembre 2019 à 12:13:58 »
C'est beaucoup mieux, à mon humble avis. Bien plus percutant. L'image est tout aussi forte ainsi. Super ! :)

Léilwën

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #11 le: 31 Décembre 2019 à 01:10:52 »
Coucou coucou Mout,

Pour info, je pinaille beaucoup ;)

Citer
Le premier, le tout premier corps, je l’ai vu glisser de la gouttière d’en face, tout doucement, on aurait dit un petit bout de merde.
=> Je trouverais ça plus percutant si tu mettais un point à la place de la dernière virgule.
Citer
Le temps n’était pas à l’orage. Le zinc resplendissait
=> ici, vu que c'est la même idée sur les deux phrases, je les aurais au contraire regroupées en remplaçant le point par une virgule.
Citer
Un centimètre après l’autre, il s’est laissé appeler par le vide, qui dans ma rue
=> juste une remarque perso : je l'entends après le "qui" la virgule et pas avant
Citer
C’était au deuxième étage, entre les plantes grasses et les cordes à linge.
=> je suis perdue : qu'est-ce qui était au 2ème étage ? Le corps ? Le jet d'eau ? Autre chose ??
Citer
J’étais dans les slips de Mauricio
=> :viviane: :viviane: cette phrase a TELLEMENT d'interprétations possibles :D :D
Citer
des post-its
=> post-it (le mot est invariable)
Citer
Un ficus s’échappait de l’entrejambe du slip bleu.
=> mais... mais :D :D
Citer
Le corps de la gouttière était tombé dans le slip à rayures, il l’avait traversé mollement de haut en bas, sans un bruit, sans une tache.
=> idem :D :D
Citer
c’est, je ne sais pas
=> j'aurais remplacé la virgule par des points de suspension
Citer
Olfactivement on a rarement commis pire.
=> p'tite virgule après "olfactivement" ? et :viviane: (quand même une répétition assez visible "commet"/"commis" en peu de phrases)
Citer
confectionné sous une déchetterie
=> sous ou dans ??
Citer
Je n’ai pas le droit de fumer le jeudi sur le balcon, il a peur que ça entre dans les tissus. Dans les membranes, dans la chair de ses slips.
=>il est fétichiste de ses slips ? :D
Citer
J’avais besoin de fumer quand même, et je me pissais dessus
=> pas de virgule devant un "et" qui fait déjà office de virgule
Citer
à la merci des cris, des corps qui tombent et des frelons
=> :coeur:
Citer
je voulais que ce soit lisse et définitif, quand je dirais
=> pas de virgule
Citer
J’ai fini cette deuxième cigarette, satisfaite
=> je ne ressens pas la virgule
Citer
c’est dans le regard que tout passerait
=> pour la concordance des temps : "ce serait" ?
Citer
Des choses en sortaient, et pendaient
=> pas de virgule devant un "et" qui fait déjà office de virgule
Citer
J’ai compté les immeubles, n° 36, n° 38, n° 40. Je, te, quitte. Je dirais son prénom au début ou à la fin ? Le corps était au n° 40.
=> je ne comprends pas trop ce qu'il se passe là (pourquoi elle compte les immeubles ?)
Citer
mon reflet me lance des regards compliqués
=> "complexes" plutôt que "compliqués" ? (le mot me fait tiquer, il ne me semble pas tout à fait juste)
Citer
Filtre j’ai-vraiment-essayé, filtre on-le-savait-non-?, filtre c’est-mieux-pour-nous-deux
=> :D
Citer
pour être aussi lâche que ces gars-là, qui habitent
=> pas de virgule (ce "qui" introduit une relative déterminative (qui détermine son antécédent "ces gars-là"), du coup, pas de virgule)
Citer
un drapeau à 5,95
=> tu parles du prix ?? (il manque une unité derrière 5,95 pour que ce soit pleinement compréhensible)
Citer
et je tire la chasse, je m’évacue.
=> cette métaphore filée de la cuvette des toilettes tout de même :D :D
Citer
abats-choux-fleurs
=> pour que ce soit plus compréhensible, j'aurais bien mis au singulier ("abats-chou-fleur" (là, j'avais compris abats/choux/fleurs et pas abats/choux-fleurs))
Citer
Demain sera le plein été
=> "ce" sera ?
Citer
J’ai honte, parce que ce n’est pas un temps à rompre.
=> le "parce que" me semble de trop (la phrase serait plus percutante sans, à mon avis)
Citer
Je n’ai rien
=> sur moi ? (rien quoi ?)
Citer
dans les quartiers populaires surtout ce sera très performant
=> je tique sur ce bout de phrase... je crois qu'il manque des virgules... ou alors c'est l'ordre des mots ? bref, je tique...
Citer
que mon rouge tenait le coup
=> rouge à lèvres ?
Citer
Les hématomes sont les marques de frustration d’un ciel incapable d’orages.
=> :coeur:
Citer
Presque docile, si je devais parler d’un âne
=> roh, c'est moche :D
Citer
au contact avec le sol
=> "du" plutôt que "avec le" ?
Citer
mes couleurs mal blushées d’ouragan force 4
=> roooh :D
Citer
je reste longtemps à reprendre mon souffle, au loin le soleil commence à se coucher
=> j'aurais remplacé la virgule par un point

Et je me sens quiche parce que je n'ai pas compris ce que sont les corps :-X

Du coup, j'attends ta réponse pour te faire un retour global parce que là, je suis juste perplexe en mode : mais qu'est-ce que je viens de lire ? c'est quoi cette histoire de corps ? c'est quoi ce truc malaisant qui doit sans doute être clair pour tout le monde mais que je n'ai pas compris ?

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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #12 le: 31 Décembre 2019 à 10:23:43 »
Moi j'ai à peu près aimé !
J'ai la flemme de tout bien faire comme Léli-chou :coeur:
Mais cette histoire de merde, quand même... j'aime bien les trucs scatos hein franchement :mrgreen: Mais euh ?
Déso je suis hyper relax mais en même temps après le comm de Léli...

edit : Non j'abuse. Un peu plus en détail :
- la merde dans la deuxième version me semble convenablement remoulée
- la fin est ouverte, c'est bien ? c'est pas bien ? je sais pas quoi en penser...
- faut-il laisser à Leti le dernier mot ?

Euh du coup je sais pas si tu verras ces quelques annotations supplémentaires hm. Je peux même pas t'envoyer de mp, cher Mout...
En même temps c'est pas le commentaire du siècle.
Bon, merci pour ce texte !
« Modifié: 31 Décembre 2019 à 11:20:36 par Lo »
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Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #13 le: 31 Décembre 2019 à 10:27:14 »
Bonjour Léilwën !

je ne reprends pas tout tout, parce que je me dis que ça va te barber... Je suis d'accord avec plein de choses que tu relèves. Y a juste des choses, je pense qu'on peut appeler ça des dirps, des divergences idéologiques relatives à la ponctuation. Mais pas partout, y a des endroits où je te rejoins et vais faire des changements. Simplement, parfois, je crois que c'est bien de se servir de la ponctuation pour transmettre... le ton, les pauses, les silences que j'aurais eu si j'avais dit cette histoire au lieu de l'écrire. C'est un outil de grammaire mais aussi un outil de rythme, et par exemple "qui sortent, et pendent" j'entends vraiment la pause, la pliure dans cette phrase, même si comme tu le rappelles c'est grammaticalement un peu douteux.
Pour le reste :

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C’était au deuxième étage, entre les plantes grasses et les cordes à linge.
=> je suis perdue : qu'est-ce qui était au 2ème étage ? Le corps ? Le jet d'eau ? Autre chose ??
le corps oui. Décidément ce premier paragraphe, quelle plaie
J'ai vu que tu riais dans les slips :mrgreen: rassure-moi, c'était pas un rire de nervosité devant l'absurdité de ce que tu lisais ? je veux dire, ce passage est quand même compréhensible et rationnel ? (le fait qu'elle fume devant les slips qui sèchent, du coup quand elle regarde sa rue, il y a les slips au premier plan, et que si fatiguée elle regarde la scène en 2D ça fait des collages absurdes)

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Olfactivement on a rarement commis pire.
=> p'tite virgule après "olfactivement" ? et :viviane: (quand même une répétition assez visible "commet"/"commis" en peu de phrases)
Je vais en zigouiller un.

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confectionné sous une déchetterie
=> sous ou dans ??
j'imaginais l'atelier de pâtisserie sous la déchetterie, est-ce que ça fait trébucher la lecture ?

(je cite pas tout mais y a quand même des questions de ponctuation sur lesquelles je te rejoins hein)

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c’est dans le regard que tout passerait
=> pour la concordance des temps : "ce serait" ?
On ne peut pas considérer ça comme une oralité ? ça me semble plus fluide et plus oral de laisser "c'est"...

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J’ai compté les immeubles, n° 36, n° 38, n° 40. Je, te, quitte. Je dirais son prénom au début ou à la fin ? Le corps était au n° 40.
=> je ne comprends pas trop ce qu'il se passe là (pourquoi elle compte les immeubles ?)
Je me doutais que ce serait pas super clair... elle voit ce corps à un balcon, et du coup elle compte les immeubles pour identifier au balcon de quel numéro c'est. Càd : elle voit le n° 36 au loin, et ensuite elle compte les immeubles jusqu'à celui du corps. Tu vois ?

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mon reflet me lance des regards compliqués
=> "complexes" plutôt que "compliqués" ? (le mot me fait tiquer, il ne me semble pas tout à fait juste)
J'aime bien cet usage de "compliqués", même sonorement, en fait. Complexe me semble trop scientifiques, trop décomposable. Compliqué me semble plus un embrouillamini dont on n'a que l'intuition. Hm...(?)

Mais ça me touche déjà pas mal de voir tes petits smileys loquaces de temps en temps.

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un drapeau à 5,95
=> tu parles du prix ?? (il manque une unité derrière 5,95 pour que ce soit pleinement compréhensible)
Alors, déjà je ne voulais pas géolocaliser trop cette ville, ce que j'aurais contribué à faire en en donnant la monnaie. Et puis surtout, si j'avais dit cette histoire, ou si maintenant je la lis, je veux vraiment prononcer : "un drapeau à cinq quatre-vint-quinze", et pas "cinq euros quatre-vingt-quinze" ou peu importe la monnaie. Je trouvais que ça allait vraiment bien avec le ton un peu oralisé de la narratrice... Qu'est-ce qu'on s'imagine, avec cette absence de sigle monétaire ? qu'est-ce qu'on comprend ? (Léilwën : "Rien. :huhu:")

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Je n’ai rien
=> sur moi ? (rien quoi ?)
oui, sous-entendu "sur ma tête", un eu explicité ensuite par "cheveux au vent". Je crois que je voulais que ça puisse être entendu d'une façon beaucoup plus vaste, existentielle. C'est pour ça que j'y suis allé sur la pointe des pieds. (Enfin des doigts...) Ça te semble vraiment trop sous-entendu ?

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que mon rouge tenait le coup
=> rouge à lèvres ?
Oui. Trop sous-entendu ?... Parce que j'aime bien "rouge" seulement...

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mes couleurs mal blushées d’ouragan force 4
=> roooh :D
Donc là je sais pas si c'est très clair, au vu de ton avis général. L'idée c'est quand même qu'elle a des bleus sur la gueule. Je devrais trouver un moyen de rendre ça plus clair ici ? Je veux pas non plus trop "mâcher" le texte... :-\ Je veux rester dans sa tête à elle, où bien sûr elle n'a pas à tout expliciter pour elle-même.

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Et je me sens quiche parce que je n'ai pas compris ce que sont les corps :-X

Du coup, j'attends ta réponse pour te faire un retour global parce que là, je suis juste perplexe en mode : mais qu'est-ce que je viens de lire ? c'est quoi cette histoire de corps ? c'est quoi ce truc malaisant qui doit sans doute être clair pour tout le monde mais que je n'ai pas compris ?
Je ne veux pas donner une explication unilatérale, estampillée "la vérité de l'auteur", hm. Mais l'idée principale c'est quand même que :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Hm... est-ce que ce que je raconte fait un peu sens ?...
Et juste une question : ce malaise que tu évoques, j'ai pas compris si tu l'avais ressenti au fil du texte ou au fil des commentaires des lecteurs... ?

Merci beaucoup pour ta lecture et ton relevé détaillé Léilwën, c'est vraiment très, comment dire ? généreux de ta part, en fait. Merci ! Et désolé de t'apporter une réponse à laquelle tu devras à nouveau consacrer quelques minutes...
Je ferai les corrections dans l'heure !

Et merci Lo de ce passage même rapide !
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Léilwën

  • Invité
Re : T04 - Les hématomes
« Réponse #14 le: 31 Décembre 2019 à 12:51:31 »
Coucou Mout !

Tout d'abord, je ne sais pas si tu l'as vu, mais Lo a modifié son commentaire juste au-dessus (au cas où tu ne l'aurais pas vu).

je ne reprends pas tout tout, parce que je me dis que ça va te barber...
C'est mal me connaître >:D (comment ça on ne se connaît pas ? :mrgreen:)
Je suis d'accord avec plein de choses que tu relèves. Y a juste des choses, je pense qu'on peut appeler ça des dirps, des divergences idéologiques relatives à la ponctuation. Mais pas partout, y a des endroits où je te rejoins et vais faire des changements. Simplement, parfois, je crois que c'est bien de se servir de la ponctuation pour transmettre... le ton, les pauses, les silences que j'aurais eu si j'avais dit cette histoire au lieu de l'écrire. C'est un outil de grammaire mais aussi un outil de rythme, et par exemple "qui sortent, et pendent" j'entends vraiment la pause, la pliure dans cette phrase, même si comme tu le rappelles c'est grammaticalement un peu douteux.
Oui oui, je n'ai fait que relever (et comme je le signalais, je suis très grammar-nazi, à cheval sur les règles etc., j'en ai conscience... Ceci étant, dans ton texte, je "sens" que les choses ne sont pas faites au hasard (je vois bien que tu connais les règles de ponctuation parce que celle-ci est loin d'être anarchique dans ton texte !), du coup si tu me dis "là, je veux laisser cette virgule parce que ça exprime quelque chose pour moi, c'est volontaire de ma part", je suis ok avec ça ;)
J'ai vu que tu riais dans les slips :mrgreen: rassure-moi, c'était pas un rire de nervosité devant l'absurdité de ce que tu lisais ? je veux dire, ce passage est quand même compréhensible et rationnel ? (le fait qu'elle fume devant les slips qui sèchent, du coup quand elle regarde sa rue, il y a les slips au premier plan, et que si fatiguée elle regarde la scène en 2D ça fait des collages absurdes)
=> oui, oui, ça, j'avais bien compris, c'était un rire de "mais WAT ?! :D" parce que cette obsession pour les slips était délirante ::)
j'imaginais l'atelier de pâtisserie sous la déchetterie, est-ce que ça fait trébucher la lecture ?
=>parce que je ne m'étais pas DU TOUT imaginé un atelier à pâtisserie (techniquement, je voyais la narratrice dans sa cuisine en train de confectionner un flan) et que ça me paraît super-saugrenu d'imaginer qu'on puisse implanter un truc sous une décharge (j'ai p'têt oublié de prévenir que je suis très "1er degré" aussi... ><)
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c’est dans le regard que tout passerait
=> pour la concordance des temps : "ce serait" ?
On ne peut pas considérer ça comme une oralité ? ça me semble plus fluide et plus oral de laisser "c'est"...
=> oui... c'est juste que l'usage des temps m'écorchait un peu l'oreille, mais oralement ça doit pouvoir se dire^^
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J’ai compté les immeubles, n° 36, n° 38, n° 40. Je, te, quitte. Je dirais son prénom au début ou à la fin ? Le corps était au n° 40.
=> je ne comprends pas trop ce qu'il se passe là (pourquoi elle compte les immeubles ?)
Je me doutais que ce serait pas super clair... elle voit ce corps à un balcon, et du coup elle compte les immeubles pour identifier au balcon de quel numéro c'est. Càd : elle voit le n° 36 au loin, et ensuite elle compte les immeubles jusqu'à celui du corps. Tu vois ?
=> si tu ne me dis pas qu'elle compte à partir du numéro qu'elle aperçoit au loin, je ne vois pas, non... :mrgreen:

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mon reflet me lance des regards compliqués
=> "complexes" plutôt que "compliqués" ? (le mot me fait tiquer, il ne me semble pas tout à fait juste)
J'aime bien cet usage de "compliqués", même sonorement, en fait. Complexe me semble trop scientifiques, trop décomposable. Compliqué me semble plus un embrouillamini dont on n'a que l'intuition. Hm...(?)
=> c'est toi l'auteur.e, tu fais ce que tu veux ;)

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un drapeau à 5,95
=> tu parles du prix ?? (il manque une unité derrière 5,95 pour que ce soit pleinement compréhensible)
Alors, déjà je ne voulais pas géolocaliser trop cette ville, ce que j'aurais contribué à faire en en donnant la monnaie. Et puis surtout, si j'avais dit cette histoire, ou si maintenant je la lis, je veux vraiment prononcer : "un drapeau à cinq quatre-vint-quinze", et pas "cinq euros quatre-vingt-quinze" ou peu importe la monnaie. Je trouvais que ça allait vraiment bien avec le ton un peu oralisé de la narratrice... Qu'est-ce qu'on s'imagine, avec cette absence de sigle monétaire ? qu'est-ce qu'on comprend ? (Léilwën : "Rien. :huhu:")
=> en fait au départ je pensais que tu parlais d'une taille de drapeau, puis je me suis dit que ça ne collait pas et en réfléchissant, je me suis dit que ça devait être le prix (mais comme je te disais, je ne suis pas très douée pour comprendre les sous-entendus)

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Je n’ai rien
=> sur moi ? (rien quoi ?)
oui, sous-entendu "sur ma tête", un eu explicit ensuite par "cheveux au vent". Je crois que je voulais que ça puisse être entendu d'une façon beaucoup plus vaste, existentielle. C'est pour ça que j'y suis allé sur la pointe des pieds. (Enfin des doigts...) Ça te semble vraiment trop sous-entendu ?
=> je suis pas la meilleure personne pour juger de ça (because sous-entendus et moi toussa toussa :D (comment ça je me répète ? :mrgreen:))

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Citer
que mon rouge tenait le coup
=> rouge à lèvres ?
Oui. Trop sous-entendu ?... Parce que j'aime bien "rouge" seulement...
=> idem :P

Citer
Citer
mes couleurs mal blushées d’ouragan force 4
=> roooh :D
Donc là je sais pas si c'est très clair, au vu de ton avis général. L'idée c'est quand même qu'elle a des bleus sur la gueule. Je devrais trouver un moyen de rendre ça plus clair ici ? Je veux pas non plus trop "mâcher" le texte... :-\ Je veux rester dans sa tête à elle, où bien sûr elle n'a pas à tout expliciter pour elle-même.
=> ça suit ce que je disais plus haut, j'avais pas DU TOUT compris ça :( (j'avais compris qu'il criait et s'emportait vite, mais tous les gens violents verbalement ne le sont pas forcément physiquement (et heureusement), du coup j'avais pas compris jusque-là.

Hm... est-ce que ce que je raconte fait un peu sens ?...
Et juste une question : ce malaise que tu évoques, j'ai pas compris si tu l'avais ressenti au fil du texte ou au fil des commentaires des lecteurs... ?
=> again, je ne suis pas la meilleure personne pour donner un avis sur ça... globalement, vu qu'à aucun moment il n'est dit que les corps ne sont pas physiques, j'avais rien capté (à la fin, je me suis quand même demandé si elle n'avait pas des problèmes d'hallucination). J'arrivais pas à lier le titre au texte non plus (mais maintenant, ça fait plus sens^^).
J'ai effectivement lu les commentaires pour essayer de mieux comprendre, mais ce n'était pas très explicité non plus... Non, le malaise venait du fait que je sentais qu'il y avait des non-dits, mais j'étais incapable de mettre le doigt dessus '-'

Merci ! Et désolé de t'apporter une réponse à laquelle tu devras à nouveau consacrer quelques minutes...
=> :mafio: pas de problème, j'adore discuter de ce que j'ai lu avec l'auteur.e, tu me vois comblée^^

Du coup, pour mon avis général : c'est l'un des textes les mieux écrits que j'ai lus jusqu'à présent. Les phrases sont claires et fluides,  le "style" est personnalisé, il y a des trucs qui font mouche. J'ai beaucoup souri (voire ri) devant certaines absurdités du texte, tout en sentant que c'était un rire qui devait être jaune.
Globalement, pour une lectrice comme moi qui ne comprend que ce qui est écrit clairement (ou qui est très fortement suggéré), c'est trop implicite pour que je comprenne le problème de fond (il faudrait par exemple mentionner clairement dans le texte la douleur ou les bleus ou le fait que la colère a des répercussions physiques... bref, ce genre de choses, pour que je tilte).
En dehors de ça, j'ai du mal à relier au thème de l'AT : je vois bien la tempête, mais pas le thème marin.

Merci pour la lecture, la réponse à mon commentaire et les explications ! :)
« Modifié: 31 Décembre 2019 à 12:57:02 par Léilwën »

 


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