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Le Monde de L'Écriture » Sous le soleil des topics » Discussions » La salle de ciné » In girum imus nocte et consumimur igni [Guy Debord]

Auteur Sujet: In girum imus nocte et consumimur igni [Guy Debord]  (Lu 1155 fois)

Hors ligne Loup-Taciturne

  • Calliopéen
  • Messages: 597
  • serviteur de Saturne
In girum imus nocte et consumimur igni [Guy Debord]
« le: 30 novembre 2019 à 07:28:37 »


"Je ne ferai dans ce film aucune concession au public.

Plusieurs excellentes raisons justifient, à mes yeux, une telle conduite ; et je vais les dire.

Tout d’abord, il est assez notoire que je n’ai nulle part fait de concessions aux idées dominantes de mon époque, ni à aucun des pouvoirs existants.

Par ailleurs, quelle que soit l’époque, rien d’important ne s’est communiqué en ménageant un public, fût-il composé des contemporains de Périclès ; et, dans le miroir glacé de l’écran, les spectateurs ne voient présentement rien qui évoque les citoyens respectables d’une démocratie.

Voilà bien l’essentiel : ce public si parfaitement privé de liberté, et qui a tout supporté, mérite moins que tout autre d’être ménagé (...)

Le caractère illusoire des richesses que prétend distribuer la société actuelle, s’il n’avait pas été reconnu en toutes les autres matières, serait suffisamment démontré par cette seule observation que c’est la première fois qu’un système de tyrannie entretient aussi mal ses familiers, ses experts, ses bouffons. Serviteurs surmenés du vide, le vide les gratifie en monnaie à son effigie. Autrement dit, c’est la première fois que des pauvres croient faire partie d’une élite économique malgré l’évidence contraire.

Non seulement ils travaillent, ces malheureux spectateurs, mais personne ne travaille pour eux, et moins que personne les gens qu’ils paient, car leurs fournisseurs même se considèrent plutôt comme leurs contremaîtres, jugeant s’ils sont venus assez vaillamment au ramassage des ersatz qu’ils ont le devoir d’acheter. Rien ne saurait cacher l’usure véloce qui est intégrée dès la source, non seulement pour chaque objet matériel, mais jusque sur le plan juridique, dans leurs rares propriétés. De même qu’ils n’ont pas reçu d’héritage, ils n’en laisseront pas."

In girum imus nocte et consumimur igni, Guy Debord,1981


« Suis-je moi ?
Suis-je là-bas, suis-je là ?
Dans tout "toi", il y a moi
Je suis toi. Point d'exil
Si je suis toi. Point d'exil
Si tu es mon moi. Et point
Si la mer et le désert sont
La chanson du voyageur au voyageur
Je ne reviendrai pas comme je suis parti
Ne reviendrai pas, même furtivement »

Hors ligne Versus1

  • Prophète
  • Messages: 675
Re : In girum imus nocte et consumimur igni [Guy Debord]
« Réponse #1 le: 30 novembre 2019 à 07:48:37 »
Outre ce film, mon préféré de Guy Debord, il faut lire La Société du spectacle. C’est l’un des rares auteurs à avoir changé ma façon de voir et de sentir la vie. Je lui dois beaucoup. Je tiens son Panégyrique pour l’un des plus beaux livres du XXe siècle.

EDIT

In girum imus nocte et consumimur igni : c’est un palindrome. Cela signifie : « Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu. ».
_____
« Modifié: 30 novembre 2019 à 08:53:00 par Versus1 »

 


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