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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Amélia

Auteur Sujet: Amélia  (Lu 3690 fois)

Hors ligne Claudius

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Amélia
« le: 29 Septembre 2019 à 21:56:56 »
J'aimerais soumettre à votre avis ce conte, avis et surtout critiques constructives. Je ne le trouve pas encore abouti, et j'ai pas mal de répétition que j'ai du mal à modifier. Merci d'avance.

Le style est volontairement simple, il doit être entendu par des enfants de primaire.


Dans un coin reculé des Pyrénées catalanes, un petit village s'adossait à la montagne. C’était un groupe de petites maisons comme les autres, ou presque. Quelques habitations serrées les unes contre les autres, traversées par des rues étroites, dominées par un clocheton qui sonnait chaque quart d’heure, puis la demie, les trois-quarts et enfin l’heure. Un, deux, trois et quatre coups. Puis l’heure une première fois, et une deuxième fois au cas où. On ne sait jamais, si à la première tentative les villageois n’étaient pas attentifs.

Au centre de la bourgade il y avait une place, toute petite, tellement petite que le seul arbre planté en son milieu donnait de l’ombre à l’espace entier. Au coin de la petite rue qui longeait un de ses côtés, un bar « le bar de l’arbre » évidemment, comment aurait-on pu le nommer autrement qu’ainsi ?
Dans ce village montagnard, la vie était active, bruyante, les habitants se retrouvaient tous les soirs sur la place de l’arbre pour partager un moment de détente et d’amitié avant de rentrer pour dîner.
Après le travail, les hommes s’asseyaient pour jouer aux cartes ou aux dominos, les enfants libérés de leur journée d’école courraient à la rivière, au lac, ou dans les champs environnants. Les femmes s’affairaient dans leur demeure, préparant le goûter ou repassant le linge.
Tout était normal en somme, comme partout, si l’on exceptait Amélia.
Amélia était la grand-mère de ma meilleure amie, Livia. Nous avions sept ou huit ans à l’époque. Amélia était la curiosité du coin. Dans tous les hameaux il y a un personnage extravagant, étrange ou différent non ?
Tous les soirs, lorsque le clocheton sonnait les sept heures, elle sortait de sa maison, grimpait la côte qui menait à la place et s’asseyait sur un banc. Et là une chose étrange se produisait : les femmes quittaient leur ouvrage et se regroupaient autour d’Amélia. Les hommes quittaient leurs parties de cartes ou de dominos et venaient rejoindre les femmes. Les enfants rentraient en courant la rivière ou des champs et s’installaient, assis, en demi-cercle devant les rangs des adultes. Tous attendaient.
Alors Amélia commençait : elle contait des contes. Des contes d’avant, des contes d’ici, des contes d’histoire extraordinaires ou merveilleux, gais ou tristes et tout le monde écoutait presque religieusement.
Livia un jour, alors qu’elle gravissait la côte à sept heures sonnantes, lui demanda :
« Mamie pourquoi contes-tu des contes ? »  Amélia répondit : « je conte des contes pour changer le monde ».
Les années passèrent et chaque soir à la même heure, lorsque le clocheton sonnait ses sept coups, Amélia contait ses contes. Toutes les âmes alentour étaient là.
L’année de nos douze ans, les parents de Livia l’emmenèrent à Barcelone. La tristesse était grande, mon amie me quittait. Le travail manquait, il fallait en chercher ailleurs et nous ne pouvions rien y faire. Le village ne survivait que par quelques âmes résistantes et ancrées dans leur terre, à leurs oliviers et leurs amandiers.
Happée par la vie citadine, Livia ne revint pas au village pendant plusieurs années. Elle avait pris goût à cette ambiance plus vivante et moderne, et malgré les conseils de sa mère, ne désirait pas revenir vers son pays. Elle préférait sortir avec ses nouveaux amis le samedi soir en discothèque plutôt que de salir ses beaux habits dans la fange campagnarde.
Et pourtant, pendant tout ce temps, Amélia à sept heures précises, grimpait la côte, s’asseyait sur le banc, et contait ses contes. Les anciens écoutaient, inlassablement, quelques enfants aussi, la vie s’écoulait normalement pour un coin perdu dans la montagne.
Un jour une petite fille, lui demanda : « Amélia, pourquoi contes-tu des contes ? » et elle répondit : « je conte des contes parce que le monde a changé ».
Un jour le papi partit pour un voyage sans retour. Lorsqu’elle apprit cette triste nouvelle Livia se décida à revenir vers les siens et rendre visite à sa grand-mère.
En arrivant sur le pont, elle ne reconnut rien de ce qu’elle avait laissé quelques années en arrière, tout avait changé. Le clocheton ne sonnait plus. L’arbre ne donnait plus d’ombre, et ça ne sentait plus le cochon ou la vache. De grands immeubles surplombaient la petite place, aux abords de la rivière se multipliaient les pontons. Si l’arbre était toujours là, il était triste et sec. Les touristes affluaient de toute part pour faire du rafting, du canyoning, du camping, du… enfin tout ce qui finit par ing.
Amélia avait vieilli, mais, courbée sur sa canne, ce soir-là, à sept heures précises, elle emprunta la côte qui menait à la place, chercha l’unique banc qui avait résisté à l’humiliation du béton, et conta ses contes. Les anciens n’étaient plus là, les touristes se moquaient, les gens riaient, Livia pleurait.
Assise près de son aïeule, triste et repentante, elle lui demanda une nouvelle fois:« pourquoi persistes-tu à conter des contes que plus personne n’écoute ?
Amélia répondit « Parce que mon monde à moi n’a pas changé. »



« Modifié: 01 Octobre 2019 à 08:50:07 par Claudius »
Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. Sylvain Tesson

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Hors ligne True Duc

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Re : Amélia
« Réponse #1 le: 30 Septembre 2019 à 11:33:13 »
Bonjour M'dame. Je suis un élève de 9 ans. Je suis en CE1. J'ai redoublé. Je suis curieux. J'ose couper la parole. Puis-je...?

Citer
Pyrénées catalanes,
c'est dans quel pays ça?
Citer
petites maisons comme les autres, ou presque.
comment ça "presque"?
Citer
clocheton
un petit clocher , c'est ça, m'dame? Il fait ding dong aussi?
Citer
bourgade
on avait pas dit que c'était un village, c'est différent, m'dame?
Citer
salir ses beaux habits dans la fange campagnarde.
elle se roulait dans la boue ou quoi?
Citer
la vie s’écoulait normalement pour un coin perdu dans la montagne.
quand c'est pas dans la montagne, la vie s'écoule moins bien, m'dame?
Citer
En arrivant sur le pont
Y'avait pas de pont tout à l'heure, m'dame! Il est au dessus de la rivière?
Citer
l’unique banc qui avait résisté à l’humiliation du béton
on peut humilier des objets m'dame? J'adorerais...
Citer
et repentante
on est repentant quand on remonte une pente, m'dame?

Je crois que je suis déjà allé en vacances là-bas, m'dame, avec mes parents. J'ai pas vu la vieille  qui raconte des histoires: elle est morte?

Je redeviens adulte (un peu):  j'ai beaucoup aimé ce conte sur le temps qui passe, les choses qui changent, sur le monde des autres, le monde à soi. Je me suis permis ici de me mettre dans la peau d'un gamin à qui l'on conterait ce conte. La critique n'est pas très constructive, ce sont de simples remarques sur le choix du vocabulaire. (mais je ne connais pas ce public des enfants, et il est bon d'enrichir leur vocabulaire)

Je ne sais pas si le but est de le conter dans une classe de primaire. J'imagine que le talent du conteur fait beaucoup, que celui-ci pourrait appuyer sur le sons des cloches,  prendre une posture assise, etc, pour imiter Amélia et donner du relief à tout ça.
 
Ah oui, en relisant, peut être qu'intégrer le Papi...avant qu'il meure!!!! C'est moins violent pour lui et pour les spectateurs de primaire;)

En tout cas, j'adore ces contes à double lecture (adulte/enfant). En tant que lecteur sur MdE, un texte plus aéré, avec plus de paragraphes pour marquer les situations (présentation village/ présentation Amélia/Le déménagement à Barcelone/...)

Merci pour la lecture. Cela donne envie de l'écouter. Bonne finalisation...
« Modifié: 30 Septembre 2019 à 11:46:19 par True Duc »
« Tu veux t'asseoir sur le trône ? Faudra t'asseoir sur mes genoux.»(Elie Yaffa)

Hors ligne txuku

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Re : Amélia
« Réponse #2 le: 30 Septembre 2019 à 18:36:55 »
Bonsoir Claudius !

Rien de constructif ( comme je hais ce mot ambigu ):

je constate juste - comme je le sais - que tu sais bien conter ! ;D
Je ne crains pas d etre paranoiaque

"Le traducteur kleptomane : bijoux, candelabres et objets de valeur disparaissaient du texte qu il traduisait. " Jean Baudrillard

J.

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Re : Amélia
« Réponse #3 le: 30 Septembre 2019 à 18:42:10 »
B'soir Claudius. Sympa ce conte, genre Le Grand Meaulnes ou Des Grives aux Loups : la nostalgie de l'enfance passée à la campagne. Pourtant, il manque quelque chose, je sais pas dire quoi exactement, peut-être un meilleur ressenti entre le passé et le présent. J'y pense et si je trouve, je reviens ici.

Léilwën

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Re : Amélia
« Réponse #4 le: 30 Septembre 2019 à 22:30:34 »
Coucou Mamie :coeur:

Citer
un petit village s'adossait à la montagne
=> j'aurais mis "était adossé" plutôt que "s'adossait" ("s'adossait" ça me donne l'impression de voir le village venir se mettre contre la montagne, alors qu'un village ne bouge (a priori) pas tout seul)
Citer
C’était un groupe de petites maisons comme les autres, ou presque
=> j'aurais dit "il était composé", plutôt que "c'était" ("c'était" arrive juste après "montagne", du coup, grammaticalement, ça fait "bizarre")
Citer
si à la première tentative les villageois n’étaient pas attentifs
=> pour la concordance des temps "n'avaient pas été attentifs"
Citer
Au coin de la petite rue qui longeait un de ses côtés, un bar « le bar de l’arbre » évidemment, comment aurait-on pu le nommer autrement qu’ainsi ?
=> je bugge sur la ponctuation ici. J'aurais mis "Au coin de la petite rue qui longeait un de ses côtés, un bar : « le bar de l’arbre ». Évidemment, comment aurait-on pu le nommer autrement qu’ainsi ?"
Citer
Tout était normal en somme, comme partout, si l’on exceptait Amélia.
=> j'aurais fait un 1er paragraphe avec toutes les phrases jusqu'à celle-là.
Citer
Dans tous les hameau
=> hameaux
Citer
il y a un personnage extravagant, étrange ou différent non ?
=> j'aurais rajouté 2 virgules après "étrange" et "différent"
Citer
Et là une chose étrange se produisait
=> virgule après "là" ?
Citer
des contes d’histoire extraordinaires
=> histoires
Citer
gais ou tristes et tout le monde écoutait presque religieusement
= virgule avant "et", puisqu'il y a changement de sujet dans la phrase
Citer
Livia un jour
=> virgule après "Livia"
Citer
« Mamie pourquoi contes-tu des contes ? »
=> pas de passage à la ligne
Citer
lorsque le clocheton sonnait ses sept coups, Amélia contait ses contes. Toutes les âmes alentour étaient là.
=> j'aurais dit plus simplement "lorsque le clocheton sonnait ses sept coups, Amélia contait ses contes à toutes les âmes alentour."
Citer
Le village ne survivait que par quelques âmes résistantes et ancrées dans leur terre, à leurs oliviers et leurs amandiers.
=> :coeur:
Citer
moderne, et malgré les conseils de sa mère,
=> j'aurais déplacé la virgule après le "et"
Citer
ne désirait pas revenir vers son pays
=> "au pays" ?
Citer
plutôt que de salir ses beaux habits dans la fange campagnarde
=> c'est un peu abusé et méprisant "fange campagnarde", non ?
Citer
pendant tout ce temps, Amélia à sept heures précises,
=> virgule après "Amélia"
Citer
la vie s’écoulait normalement pour un coin perdu dans la montagne
=> j'aurais mis "dans ce" plutôt que "pour un"
Citer
Un jour une petite fille, lui demanda
=> bug de virgule : il faut la déplacer après "jour" (on ne sépare pas le sujet de son verbe... sauf exceptions^^)
Citer
Un jour le papi partit pour un voyage sans retour.
=> le mari d'Amélia ?? On n'en a jamais entendu parler '-' (du coup on n'a pas eu le temps de s'y attacher) ; si tu ne veux pas que l'on s'interroge trop sur le personnage du papi, tu pourrais l'anonymiser en disant simplement "un jour le mari d'Amélia partit etc."
Citer
Lorsqu’elle apprit cette triste nouvelle Livia se décida
=> virgule après "nouvelle"
Citer
ce qu’elle avait laissé quelques années en arrière
=> quelques années auparavant ?
Citer
l’unique banc qui avait résisté à l’humiliation du béton
=> :coeur: c'est très joli cette image, mais je ne suis pas sûre que ce soit compréhensible pour des enfants
Citer
une nouvelle fois:« pourquoi
=> "une nouvelle fois : « Pourquoi"
Citer
personne n’écoute ?
=> + " »"
Citer
Amélia répondit
=> manque ":"
Citer
« Parce que mon monde à moi n’a pas changé. »
=> :coeur: :coeur:

Je ne saurais pas trop dire si c'est un conte pour adulte ou un conte pour enfant... Au niveau du ton, j'ai l'impression que tu n'as pas encore vraiment tranché ?
Le récit interroge. Quelque chose se passe émotionnellement parlant. J'ai eu envie de pleurer à la dernière phrase.

:calin: :coeur:

Hors ligne Max74

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Re : Amélia
« Réponse #5 le: 30 Septembre 2019 à 22:41:19 »
Bonjour,

Merci pour ton texte.

J’ai beaucoup apprécié la qualité d’écriture et la capacité à inscrire les objets dans le texte (la répétition de conte passe très bien, la phrase parce que le monde… n’est pas désagréable à entendre). L’écriture est maitrisée.

Toutefois, j’ai les remarques suivantes :
Je te conseille de passer le texte au correcteur car il y a quelques fautes qui ressortent.

Est-on est dans un conte ou dans une nouvelle ?
Le conte fait appelle au merveilleux (les fées, un pays fort fort fort lointain innommable…). A l’inverse dans la nouvelle est terre à terre et précise.
Dans ton texte, on est entre les deux, et plus de coté de la nouvelle que du conte. Par exemple, la localisation est précisée (Pyrénées), les noms des personnages connus, le lien entre le narrateur et le personnage est direct.
Il y a quand même certains marqueurs du conte, l’arbre qui fait de l’ombre à toute la place, l’âge de la grand-mère.
Je pense que tu dois être plus tranchant et aller dans le conte.

Au niveau du schéma narratif :
-   Situation initiale : il y a quelques imprécisions, par exemple des maisons comme les autres, ou presque. Et ensuite, tu n’expliques pas l’idée (en quoi ces maisons ne sont pas pareilles que les autres).
-   L’intrigue : la grand-mère qui raconte des histoires et qui est en décalage avec le reste du monde
-   Le dénouement : le monde évolue et la grand-mère reste comme elle est
-   La chute : pour moi il n’y en a pas – il n’y a pas de conclusion à ton histoire

Je reste sur ma faim en lisant l’histoire, il n’y a pas de réelle résolution du conflit entre la grand-mère et le reste du monde. Je pense que le dénouement est peut-être mal écrit et ne permet une conclusion à l’histoire.

N’hésite pas à échanger et à corriger mon point vue,

Hors ligne Claudius

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Re : Amélia
« Réponse #6 le: 01 Octobre 2019 à 09:09:42 »
True, j'ai bien aimé ton commentaire plein de bon sens, se mettre à la place d'un enfant !
Les contes, à mon humble avis, sont aussi faits pour que les enfants s'interrogent et apprennent, des petits mots nouveaux pour enrichir leur vocabulaire invitent à des questions par la suite. Leur apprendre à en parler, à expliquer ce qu'ils ont compris, et débattre avec eux après le récit.
Mais je prends en compte tes remarques et je vais voir si je peux modifier certains passages. Merci de ton commentaire amusant !

Txuku et Jonathan, merci à vous deux. Comme dit au dessus, je vais essayer de revoir ce qui cloche au clocheton !

Max,  :D les fautes d'inattention, c'est vrai j'ai fauté, je vais penser la prochaine fois à passer par le correcteur !
Il y a des contes qui sont loin d'être merveilleux, mais tu as peut-être raison, il me faudra (toujours comme dit au dessus) revoir l'histoire.
Je ne vois pas où il y aurait conflit entre la mamie et le reste du monde, je ne le vois pas comme ça, mais comme l'histoire d'une mamie ancrée dans ses habitudes et sa vie. Une femme qui n'a pas besoin de changer, une femme qui souhaite juste apporter quelque chose à tous, ses mots et ses histoires. Qui, au départ, souhaite que ses contes changent le monde... pour finir par conserver le sien, parce qu'il n'y a rien de mieux en somme.

Quant à la chute, pour moi elle y est, c'est la dernière phrase de la mamie.

Léli, merci de ta correction comme toujours détaillée, tu sais bien que je suis fâchée avec la ponctuation, et zut alors, j'ai laissé passer deux petites fautes d'orthographe, je suis incorrigible mais corrigée...  :D :D

Je vais revoir tout ça à tête reposée,

En tout cas merci beaucoup à toutes et tous de votre intérêt.   ;) ;)







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Hors ligne Dieter

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Re : Amélia
« Réponse #7 le: 01 Octobre 2019 à 19:29:25 »
Bonsoir Claudius,

Beaucoup de choses ont été dites, pour lesquelles j'avais la même opinion que les intervenants précédents. Il me reste un point qui m'a frappé dès le départ : j'ai l'impression qu'il y a un énorme décalage générationnel entre le conte et les enfants à qui il s'adresse.
Tu décris au départ un village comme il en existait il y a cinquante, voir même soixante ans. Des villages comme nous en avons connus. Mais, les enfants d'aujourd'hui ne le comprendront pas s'ils ne sont pas avertis dès le départ.

Je m'explique :
Citer
Dans ce village montagnard, la vie était active, bruyante, les habitants se retrouvaient tous les soirs sur la place de l’arbre pour partager un moment de détente et d’amitié avant de rentrer pour dîner.
Après le travail, les hommes s’asseyaient pour jouer aux cartes ou aux dominos, les enfants libérés de leur journée d’école courraient à la rivière, au lac, ou dans les champs environnants. Les femmes s’affairaient dans leur demeure, préparant le goûter ou repassant le linge.
L'enfant d'aujourd'hui, lorsqu'il va arriver à ce passage, va se demander : Mais pourquoi les adultes ils ne regardent pas la télé ? Pourquoi les enfants vont à la rivière au lieu de jouer à la console ?

Il manque donc le "Il était une fois" du début. Qui pourrait être introduit par exemple par l'existence d'une cabine téléphonique sur la place (parce que ça non plus, il ne doit pas y avoir beaucoup de gamins de 10 ans qui en ont connu : pour eux, c'est la préhistoire) qui leur permet de situer le départ de l'histoire dans le temps et de comprendre ensuite le déroulement chronologique.

Voilà pour moi. À bientôt  ;)
On n'a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.
Amélie Nothomb

Hors ligne Claudius

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Re : Amélia
« Réponse #8 le: 01 Octobre 2019 à 20:40:25 »


Merci Dieter de ton commentaire qui me fait énormément réfléchir.

L'explication est simple, j'ai placé cette histoire en Catalogne, dans le village où je vis. Il y a encore cette place et cet arbre, je crois qu'il va me falloir tout repenser en situant l'histoire autrement, je crois que j'ai une petite idée suite à tous vos retours constructifs.

Grand merci à toutes et tous.

 ;) ;) ;)
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Hors ligne Dieter

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Re : Re : Amélia
« Réponse #9 le: 01 Octobre 2019 à 22:24:37 »
j'ai placé cette histoire en Catalogne, dans le village où je vis.
Je le savais !  :banane: J'aurais du parier...
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Amélie Nothomb

Hors ligne BAGHOU

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Re : Amélia
« Réponse #10 le: 02 Octobre 2019 à 08:21:57 »
Bonjour Claudius, :)

Il me fallait attendre hier pour tester ce texte auprès d’un « cobaye » consentant, une gamine adorable en classe de CM2. Je savais que la campagne se heurterait à la ville avec pertes et fracas. Alors, j’ai apporté en amont quelques explications géographiques, mais aussi du vocabulaire et une photo d’un beau village  qui aurait pu être le vôtre.
J’ai choisi de la raconter et non pas de lui donner à lire. Les histoires s’abordent mieux à l’oral qu’à l’écrit, une intime conviction et puis j’adore en raconter, vestige d’une longue carrière dans l’animation.
Mon « public » étant ainsi mis en condition, je me suis lancée. ^^

Etonnamment les passages où j’avais peu accroché lui ont plus. Le pouvoir de l’oral certainement. Au nombre des questions posées, je me suis trouvée un peu déconfite, j’ai brodé. Mais, c’est aussi la preuve que le récit interroge les « petits rats » des villes face à leurs copains « les petits rats » des champs. :P

Alors si je devais apporter ma pierre à l’édifice, je vous proposerai de mettre du «peps » dans le récit, une dynamique dans le formatage du texte qui vous fait ouvrir les yeux et les oreilles. C’est plus facile pour tenir l’attention d’un jeune public. ::)

Concernant le vocabulaire d’un autre temps et pourtant fort utile, je dirais qu’une petite légende explicative serait la bienvenue (clocheton, fange,…) ou une superbe aquarelle de ce qu’est un village des Pyrénées.

Je donnerai du corps au personnage d’Amélia : descriptif physique, sa position sociétale,… on doit l’aimer pour elle et non au travers du regard des autres. Elle m’a fait de la peine et c’est dommage car on sait que son combat est perdu. J’aurais voulu justement qu’elle incite à ce qu’on prenne sa relève. Le lecteur doit se faire sa propre opinion sur elle. J’en dirai plus sur son rôle de conteuse. Je trouve peut-être à tort que dans sa sagesse et même dans sa passivité, elle en a oublié l’essentiel : se battre et transmettre.

Votre style est bien, mais je le rendrai plus accessible sans toutefois le dénaturer.

Je renforcerais le lien intergénérationnel pour donner plus de valeur à la morale de l’histoire et lancer indirectement une réflexion sur les valeurs perdues, la nécessaire transmission aux générations suivantes et pendant qu’on y est un laïus sur la modernisation à outrance des campagnes et la sauvegarde de nos terroirs (le tourisme n’est pas un monstre destructeur, il est aussi une chance lorsqu’on le maîtrise).

Je crois que j'ai dit l'essentiel. Bon courage... 8)

"La critique, art aisé, se doit d'être constructive." Boris Vian dans "Les chroniques du menteur".

Hors ligne Claudius

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Re : Amélia
« Réponse #11 le: 02 Octobre 2019 à 13:37:29 »
Bonjour Baghou et merci pour ce commentaire très judicieux.

Je comprends toutes tes remarques, et je les accepte aussi. Le problème est que je ne voulais pas trop entrer dans le détail, un conte pour enfant se doit d'être court, je pense que tu seras de mon avis. En effet un enfant de 9/10 ans perd vite patience et concentration sur une histoire trop longue. Comme je l'ai dit plus haut, mon idée était d'ouvrir la discussion.

Mais à la lecture de tes conseils, je vais modifier tout ça... je pense même le réécrire entièrement plutôt que d'essayer de corriger, en tenant compte de toutes les remarques qui me semblent positives.

Merci encore d'avoir pris le temps de tester en situation réelle et de m'avoir donné un avis aussi précis.

(au fait tu peux me tutoyer, ça me fait drôle ce vous  :D)

 ;) ;) ;)
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Hors ligne flulu

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Re : Amélia
« Réponse #12 le: 04 Octobre 2019 à 10:46:27 »
Est ce un conte pour enfants ?
pour avoir pendant des années inventé tous les soirs pendant les vacances des contes pour mes petites filles, je dirait que non.
Dans les contes il me semble indispensable qu'il apparaisse du merveilleux. Des éléments qui s'arrachent hors du réel, qui stimulent leur imagination, qui les transportent dans un monde fantasmagorique.
Ton conte est par contre bien adapté pour des adultes. Quel enfant ou adolescent pourrait avoir la nostalgie d'un monde qu'il n'a pas connu. D'un monde ou les heures étaient sonnées par une cloche, d'un monde sans écran, sans terminaux connectés.
Une chose me choque aussi : la transition finale est trop brutale, les villages évoluent sans cesse, progressivement, la modernité les ronge lentement, parfois insidieusement.
Par contre j'ai été touché par cette nostalgie d'un temps que j'ai connu.
Pour le style beaucoup de choses t'on été dites, ça serait prétentieux d'en rajouter.
carpe diem

Hors ligne Deadpool

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Re : Amélia
« Réponse #13 le: 17 Octobre 2022 à 19:13:15 »
Un doux parfum d'enfance Merci

Hors ligne Claudius

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Re : Amélia
« Réponse #14 le: 17 Octobre 2022 à 21:09:50 »


Oups ! bien occupée ces derniers jours je n'ai pas pris le temps de répondre, veuillez me pardonner :)

Merci Flulu, en effet ce n'est certainement pas un conte pour enfants. Et pourtant, il est tiré d'une histoire que j'ai entendu et retranscrite dans notre lange, et cette histoire était contée à des enfants, des ados et des adultes.
Il y a à revoir certainement, il me faut juste le temps pour ça et l'esprit aussi ouvert à l'écriture, ce qui n'est pas d'actualité.

Merci Erik tu es bien indulgent avec une petite écrivaillonne ! Mais il est vrai que j'écris toujours simple, et souvent sur des scènes familières ou familiales.

Deadpool, merci à toi aussi :)



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