Ça m'aurait étonné !
Le jeu des acteurs est très théâtral
manque du naturel que l'on trouve dans les trois films de Kurosawa que j'ai cité en tête.
La réalisation elle-même est très empesée avec des plans très longs et répétitifs
une utilisation appuyée du brouillard, des chevauchées entre-aperçues à travers des branches d'arbre
de longs silences et des mines de sapajou des acteurs.
En fait tu es en train de lister péjorativement les caractéristiques du style de Kurosawa, n'importe qui les aura reconnues (malgré ta tentative de faire croire que les films que tu as cités y échappent, probablement pour montrer subtilement que tu as vu trois films de Kurosawa - revois-les). le style est volontairement théâtrale, inspiré explicitement du théâtre européen (scénarios) mais en filiation évidente avec la longue tradition du théâtre japonais, formellement. La fixité des plans, le jeu particulier des acteurs sur les
scènes (qu'on aime ou qu'on aime pas), tout cela est caractéristique du style de Kurosawa et pas du tout de ce film en particulier. Bref, Revois les films que tu cites, franchement.
Et c'est un comble que tu cites Rashomon comme un de tes films favoris alors qu'on fait difficilement plus théâtrale et répétitif (le scénario étant construit sur la répétition d'une même scène à travers des points de vue différents).
Enfin, ce serait étrange que, comme par hasard, le style de Kurosawa soit "raté" ou singulier dans un film comme Le Château de l'Araignée, qui est au cœur de sa filmographie, après des chefs d’œuvre comme Rashomon et les Sept samourais (dont le style est le même), mais avant d'autres chefs d’œuvre comme Ran (également inspiré de Shakespeare) ou Kagemusha (dont les styles sont également similaires - je parle des films de samourai pour comparer ce qui est comparable)
J'ai finalement trouvé le film assez pénible ennuyeux à regarder.
Cela risque de ce reproduire quand tu reverras les autres alors...
Et c'est une critique que j'ai souvent entendu pour les films de Kurosawa en général (théâtralité, ennui, lenteur) et pas du tout spécifiquement pour Le Chateau de l'Araignée)
Le contexte de visionnage influe souvent sur l'expérience, comme aussi l'horizon d'attente. Je ne peux m'empêcher de penser que si tu avais revu ce film par toi-même ou si quelqu'un de prestigieux à tes yeux te l'avait recommandé, tu n'aurais probablement pas perçu le film de la même manière. Ou alors tu n'aimes pas/plus Kurosawa, ce qui est ton droit.
Enfin, chacun ses goûts et tant pis pour toi.
Edit : et bien évidement, les "adaptations" libres de Kurosawa se voient très bien sans avoir aucune idée de l’œuvre mère. Elles s'adaptent parfaitement à la "culture japonaise" car Kurosawa sait ancrer l'adaptation dans un décors, une ambiance et des problématiques spécifiques, en même temps qu'il puise et révèle les dimensions universelles de l'expérience humaine.
Que dire de ta remarque sur la langue... Tu n'as vraiment rien d'autre ?