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Auteur Sujet: Pardonnez mes offenses  (Lu 12439 fois)

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Pardonnez mes offenses
« le: 03 Septembre 2019 à 14:26:21 »
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Pardonnez mes offenses



   3 août 2018

    Voilà, ma psy m’a conseillé de tenir un journal. Je lui ai dit J’aime pas ce mot ça fait gamine qui confie ses crush, elle a répondu C’est des conneries. Enfin, elle a pas dit conneries – on la paie pour être distinguée –, mais elle a patiemment argumenté que c’était important de se confier, que ça permettait de reléguer certaines émotions et pensées comme dans un reposoir et de pouvoir les considérer mais de loin, d'où elles feraient moins mal. Elle a même mentionné la pensine de Dumbledore, comme si je m’intéressais à ce genre de livres pour enfants.
    Ma mère, à qui pour taire d'autres choses j’ai raconté l’histoire du journal, s'est précipitée dans une papeterie. Elle en a rapporté un cahier noir à pages blanches, sans lignes. Elle m’a expliqué, le souffle court, que c’était pour pas que je me sente obligé d’écrire droit. Elle a ajouté que, peut-être, je m’exprimais même mieux en dessins. Je crois que je m’exprime mieux pas du tout. Mais me voilà et j’écris. J’imagine tous les bouts de honte empêtrés dans mon cerveau, collants à mes neurones, empêchants le bon flux de mes pensées ; ce n’est peut-être pas si con de peu à peu m’en délester. Seulement, je ne sais pas encore très bien comment ça fonctionne cette histoire de reposoir. Est-ce qu’il faut que je consigne toute ma vie entre ces pages pour qu’un expert puisse plus tard me révéler pourquoi j’ai fait ce que j’ai fait, et ainsi m’exorciser ? Est-ce que le simple fait de penser mon passé et de l’écrire me rendra plus léger ? J’en sais foutrement rien.


   10 août 2018

    Bon au final, l’autre jour, j’ai arrêté d'écrire parce que tout m’a d’un coup semblé prémâché. Comme si j'étais l'imposteur d'une publicité mensongère animée de mannequins aux sourires vaquants. Je me suis vu de haut penché sur ce foutu journal, j’ai imaginé ma mère et la psy hocher une tête approbative, et puis tout le monde sourire m’acclamer se réjouir car j’étais guéri. J’ai balancé le cahier par la fenêtre. Ma mère me l’a ramené après avoir trébucher dessus dans le jardin. Elle n’a rien dit, m’a juste considéré comme si j’étais une énigme qu’elle connaissait par cœur, sauf sa solution.
    Parfois, j’essaie de me voir à travers ses yeux et ça fait mal, alors j’arrête. D’autres fois, je me la représente enfant, quand elle avait dix ans, et j’arrive vers elle et lui dis Je serai ton fils et je te ferai tellement souffrir que t’auras souvent envie de crever. Elle protesterait, m'assurerait qu'elle m’aime et que j’ai été la meilleure décision de sa vie. Alors je pense à tous les autres choix qu’elle n’a pas pu faire, aux hommes qu’elle aurait pu aimer, aux autres enfants qu’elle aurait pu concevoir, avec en partie mes gènes mais les meilleurs. Et je pense au Kilimandjaro qu’elle rêve de gravir, à tous les livres qu’elle a espéré écrire, et je ne la crois pas.
    Fuck ça recommence. J’imagine un barbu en chemise blanche s’affairer sur ces quelques lignes et marmonner Ah oui l’absence d’une figure masculine qui puisse servir de modèle, la mauvaise conscience d’être un poids pour le parent restant, toute cette merde et j’ai envie de foutre le feu à ces pages.
    Car il faut savoir que j’ai commis un crime abject et si un quelconque dieu existait, il ne serait pas assez puissant pour sanctifier ma rédemption. J’ai commis un crime sans avoir aucune raison valable.


  13 août 2018

    J’étais chez Alex un soir. Enfin, dans le garage. Les mecs fumaient des joints et parlaient de meufs comme si elles étaient faites en pâte à modeler : que du sein, du cul et de la chatte, et à l’intérieur, rien qui perçoive et ressente. À un moment, Geoffroi a rugi que #metoo ça allait beaucoup trop loin, qu’il était sûr que certaines féministes en profitaient pour en retirer de la thune et attirer l’attention, et que si vraiment elles voulaient les mêmes salaires que les hommes, il fallait qu’elles arrêtent de perdre leur temps avec leurs selfies et leurs vernis à ongles. J’ai dit T’as raison, si elles veulent être prises au sérieux, faut pas qu’elles se dandinent devant nous en minijupes, les yeux frits. Il a ri, m’a donné une tape sur le dos. Ça m’a tellement dégoûté qu’il ne perçoive pas mon sarcasme que j'en ai eu le souffle coupé. Mais une part profonde de moi savait que j’avais choisi cette ambiguïté pour me laisser une chance d’être apprécié.
    Je me suis barré. En chemin, j’ai essayé de comprendre comment il me voyait. Sa tape sur le dos brûlait encore ma peau. J’ai pensé à ma mère, à ses ongles rongés. À Vanessa qui m’avait dit non, à qui j’avais répondu T’es frigide. À toutes les fois où je m’étais branlé devant un porno fait par des hommes pour des hommes. J’ai tapé dans un rétroviseur ; ça n’a servi à rien. 


   14 août 2018

    Parfois, je me sens comme un puzzle sur le point d’être achevé, mais dont l’image finale s'est soudain faite remplacer. Toute ma vie, j’ai assimilé des films d’hommes forts et de femmes vulnérables mais belles, j’ai écouté les deux sexes se mettre d’accord sur le fait qu’ils étaient différents, j’ai entendu des pseudo-experts s'en régaler et emballer cette différence dans des théories bancales mais populaires – genre les hommes trompent parce qu’ils maximisent leur succès reproducteur, les femmes ont besoin de sécurité pour la survie des enfants, Mars et Vénus tout ce bullshit. Et depuis peu, j’apprends que tout était faux. Que cette sculpture grecque de force et d’intelligence n’était qu’un fantasme. Qu’une femme a autre chose à foutre que de valoriser James Bond, de le rendre désirable et puissant. Qu'un homme s'il le veut, peut se maquiller et garder ses couilles. Que tous ont assez d'intelligence pour accomplir les mêmes tâches. Je comprends tout ça. Ça a même un goût d’évidence comme si je m’en étais toujours douté, mais mon puzzle était presque fini alors quoi ?
    Le monde était plus stable avant. Quand je dis stable, je ne dis pas équitable. C’est juste qu’il y avait moins d’incertitudes. Maintenant, j’ai l’impression qu’à chaque pas que je fais, je glisse sur un tapis quantique qui ne sait lui-même où il va. Avant, je pouvais rire aux blagues de mes potes sans devoir au préalable analyser si leur contenu était sexiste. Je pouvais faire l’amour à Sophie et exiger d'elle qu’elle soit parfaitement épilée de la chatte aux fesses. Je pouvais dire chatte. Le fait qu’il n’y ait que trois filles dans ma classe de physique et math au lycée était normal, et il était attendu d’elles qu’elles soient laides et mal habillées. Je n’ai jamais rien remis en question même si ma mère, tous les jours, me racontait une autre vérité. Je rejetais tous mes problèmes et mes malformations sur le dos de mon père déserteur et sur celui de ma mère désertée. Et puis du jour au lendemain, tout a changé. On est tous devenus criminels parce que l’image du puzzle s’était transformée.
    Maman, quand elle m’a vu émerger de ma tardive hallucination, m’a dit que j’avais simplement été aveugle, que des femmes se battaient depuis plus d’un siècle pour avoir les mêmes droits que les hommes, que la question du harcèlement sexuel au travail était plus vieille que grand-mère. J'ai répondu Mais alors comment ça se fait que moi, tout ça, je ne l’apprenne que maintenant ?


   18 août 2018

    C’est samedi et ce soir les mecs veulent sortir. Je ne leur ai toujours pas raconté ce que j’avais fait. Comme je suis d’ordinaire plutôt silencieux, ils ne remarquent pas ma dépression post-crime. Si je les rejoins, je risque de vomir. Je verrai toutes ces potentielles victimes qui ont encore tant de souffrance à endurer, et je me dirai que ça aurait pu être elles, et je me sentirai vide et froid et j’aurai peur d’être un psychopathe. Ce que j’ai fait, je l’ai juste fait parce que je le pouvais. Ce que je ne savais pas encore, c’est que chaque fois qu’un crime est commis, Pandore ouvre une boîte. On peut l’ignorer, continuer son chemin et rester un connard. Moi je l’ai regardée, et chaque élément qui en jaillissait était une conséquence qui me tailladait le corps. Pendant des jours et des jours, j’ai essayé de me projeter dans l’instant précis où ça s’était passé. De me souvenir de mes pensées et de mes sensations. Mais la vérité est que je n’ai pas pensé grand-chose. J’ai juste accompli. C’était si simple. Mais ça aurait été tout aussi facile de ne pas le faire et c’est ça qui m’accable.
    Je me demande à partir de quel moment c’était trop tard. Le moment où je suis parti dans la forêt ou seulement quand je l’ai vue ? Ou était-ce déjà bien avant, à l’instant de ma naissance, ou peu après, le jour où mon père est parti ?
    J’ai commis un crime et je ne suis pas allé en prison. Le peu de personnes qui en ont été informées m’ont conseillé de ne pas trop m’en faire, m’ont certifié que ce n’était pas si grave, se sont exclamées Prison, mais qu’est-ce que tu racontes, tu ne vas pas aller en prison pour ça ! À chaque nouveau déni, mon tourment s’épaissit.


   20 août 2018

    J’ai compris le but du journal. Et ma foi, c’est une bonne idée. Ma psy m’avait demandé de l’emmener à la prochaine session. Comme l’heure avait commencé et que comme d’habitude je me taisais, elle m’a suggéré d’en lire un extrait. Me voyant hésiter, elle a ajouté que ce n’était absolument pas une obligation mais que peut-être, il me serait plus aisé de réutiliser des mots que d’en produire de nouveaux. Elle avait raison. Puisque les mots avaient déjà été extirpés de mon esprit une fois, j'ai pu plus facilement me les réapproprier.
    Je comprends mieux ce qu’est ce reposoir à présent. Ces pensées extraites de mon corps ont perdu, sur la blancheur des pages, leur allure de menace. Tant que je ne les avais pas exprimées, il y avait toujours cette possibilité qu’elles soient tout autres, ou qu’elles continuent d’être alimentées par ma rancœur, mes angoisses et ma rage. Qu’elles se transforment en monstruosités. En les déposant hors de moi, ça me permet de les voir pour ce qu’elles sont, comme on reconnaît les meubles de sa chambre une fois les terreurs de la nuit passées.
    Je lui ai lu l’extrait du puzzle. Quand j’ai terminé, elle m’a demandé pourquoi il m'était si terrible de devoir reconstituer une nouvelle image. Je lui ai expliqué cette crainte de ne plus être assez flexible, cette impression d’être comme une cellule biologique déjà spécialisée qui ne peut plus régresser à l’état de cellule souche. Elle m’a dit que le cerveau était, heureusement, ultra plastique, que la première étape du changement, je l’avais déjà amorcée puisque j’étais là, et que petit à petit, je sentirais les pièces du nouveau puzzle s’embrancher en toute harmonie. Ça m’a apaisé.


   21 août 2018

    Bullshit ! Même si mon cerveau est un putain d’élastique, ce que j’ai fait reste gravé dans le passé, irrévocablement accompli. Je ne peux pas oublier. Oh ! Si seulement je pouvais ! Ou retourner en arrière, à ce moment, dans la forêt. Je me souviens encore : l’air était frais et dur comme une vitre en hiver. Il avait neigé, et la neige avait servi de sourdine à mes pas. Je l'ai vue, et cette scabreuse idée m'a traversé comme un ordre. J’aimerais me téléporter dans ma tête à cet instant précis et me supplier à force de décharge électrique de rebrousser chemin.
    Parfois, je me réveille le matin et les souvenirs ne m’ont pas encore rattrapé. Pendant ces quelques secondes, je me sens emmailloté dans une douce béatitude, comme un fœtus sur le point de naître. Et puis bam toute l’horreur de l’acte commis me gifle en pleine figure et la nausée se déverse dans mon estomac.


  23 août 2018

   Sophie, une année après m’avoir quitté, a demandé qu’on se revoie. Elle voulait qu'on parle. Empli d’espoir, j’ai pris une douche, – je ne me suis pas rasé parce qu’elle m’aimait barbu –, j’ai enfilé une chemise repassée et un jeans noir, mes Adidas, et je suis parti la rejoindre en sifflotant (et l'expert de s’esclaffer là-haut). Bref, elle ne voulait pas qu’on se remette ensemble, mais elle m’offrait une chance de comprendre pourquoi elle m’avait quitté. J’ai dit C’est parce que tu kiffais cet autre mec parce que deux mois plus tard elle était avec ce bouffon d’Économie. Elle a secoué la tête, a dit non. Elle était belle, Sophie. Ses longs cheveux ondulés caressaient ses épaules quand elle parlait, et je me demandais depuis quand ils étaient aussi soyeux. Ses yeux étaient à peine maquillés et son teint hâlé. Elle portait une robe longue qui laissait à mon imagination le soin de deviner les formes qui s’y cachaient, et je l'ai revue nue et longue et haletante... Mais devant son air sérieux, j'ai coupé court à mon fantasme. Alors pourquoi ? j’ai demandé. C’était à cause de comment tu m’as traitée elle a répondu. Je n’ai pas compris, alors elle m’a méticuleusement expliqué tous les travers de mon comportement passé : je n’étais pas affectueux, sauf pour la baiser ; je ne m’investissais jamais pour organiser quoi que ce soit, mais quand les choses n’étaient pas à mon goût, je me plaignais. Je la critiquais inlassablement, essayais de la re-former : ces habits lui donnaient l'air d'une pétasse, pourquoi portait-elle un rouge à lèvres aussi voyant ? Pourquoi s'était-elle resservie une troisième part de gâteau ? Etc.
    Je me suis senti agressé. Oui, je lui avais fait remarquer qu’elle avait grossi. Oui ! J’étais un peu déçu. Souhaitait-elle que je mente ? Oui, je me plaignais de sa timidité, mais c’était pour qu’elle se rebelle un peu, pour qu’elle sorte de cette coquille de silence qui me frustrait.
    J’ai passé la soirée rembruni dans ma chambre, à lui envoyer des ripostes télépathiques. Après, j’ai essayé de la virer de ma tête et de m’en foutre. Ce n’est qu’une année plus tard, juste avant mon crime, que j’y ai repensé. Et repensé. Et repensé. Avait-elle raison, m’étais-je mal comporté ? Quand j’en avais parlé à mes amis, ils l’avaient traitée de vache frigide et m’avaient assuré que j’étais mieux sans elle, m’avaient conté les seins de Vanessa et le cul de Mégane. Mais je n'étais pas parvenu à attiser ce qui soudain virait à l'obsession. Était-ce un crime de troquer sexe contre affection ? De lui notifier sa prise de poids et d’insister que le vernis à ongle bleu était de mauvais goût ? De me moquer d’elle si je l’entendais péter et de m’impatienter quand je la devinais mal à l’aise face aux blagues obscènes de mes potes ? Était-ce du sexisme ? Avais-je forcé sur son corps et son comportement un papier calque de femme parfaite conçu pour hommes, sans penser à ses envies, ses besoins et ses blessures ? Même la manière dont je la baisais, était-elle sexiste ?
    J’avais soudain l’impression d’être un putain de cliché masculin. Je ne savais plus comment me dépêtrer de toutes mes imperfections, de mes apprentissages bancals, et mes potes ne m’aidaient pas. Je ne savais plus distinguer mes préférences de celles que j’avais absorbées des autres comme une vulgaire éponge. Ce n’était pas seulement la peur de blesser les femmes qui m’inquiétait, mais aussi la crainte de n’être qu’un assemblage culturel désormais démodé. Et je me demandais Mais moi, qui je suis ? Sans mes potes, sans la télé les modes et l’avis des autres, je suis qui ? Et en fait je ne savais pas. Après j’ai commis ce crime et j’ai appris que j’étais un monstre.


   24 août 2018

   J’avais, comme mes potes, des moments de rebellion. Genre Faut pas exagérer, il y a des différences entre les hommes et les femmes, on ne se comporte pas de la même manière, on n’aime pas forcément les mêmes trucs et c’est bien comme ça. Ces discours sur l’intégration du « iel » dans la langue m’agaçaient. Pourquoi tout uniformiser, pourquoi enlever les reliefs les couleurs, remplacer la diversité par la monotonie ? J’entendais autour de moi des filles s’appeler Eh les mecs et je me disais qu’elles n’avaient rien compris, que tout partait en couille. Ça m’énervait.
    Ma gorge se nouait quand j'imaginais devoir me défaire de toutes les couches dont je m'affublais pour prétendre à la masculinité – mon indifférence, ma supériorité, tous mes ricanements. Les femmes s'indignaient des sacrifices que la société leur imposait, mais ignoraient-elles le prix qu'on payait pour notre virilité ? Ne voyaient-elles pas les balafres dégueulasses qui doraient nos esprits là où notre propre sarcasme nous avait frappés ? J'avais vendu ma compassion, ma sensibilité. J'avais enduré les pics sardoniques que mes amis m'enfonçaient dans la peau parce que c'était la seule forme d'éducation qu'on avait intégrée. Et parce qu'en retour, on s'octroyait des lambeaux de pouvoir. Maintenant, elles affirmaient qu'on n'était pas censés s'approprier ces lambeaux, qu'il ne nous appartenait pas de les distribuer.
    Avec les potes on évitait un peu le sujet parce qu’on se sentait pris entre deux eaux turbulentes. S’avouer qu’on avait tort et perdre la face ? Et à qui le premier pas, la première confession ? Et puis on pouvait quand même s’amuser, les filles aussi comparaient la taille de nos queues. J’en avais une fois discuté avec Alex, et j’avais été surpris de l’entendre exprimer des opinions similaires aux miennes. Je n’étais pas seul mais tout de même confus. Irrité, apeuré. Geoffroi ne semblait pas perturbé. Au contraire il restait fidèle à lui-même et insultait, objetisait, rabaissait. Nous, on ne lui opposait que très peu de résistance. Théo ricanait maladroitement, moi comme d’habitude je me taisais et les joints tournaient.
    Lorsque trop de frustration s'accumulait dans mes nerfs, je la libérais par mes poings. Je frappais mes oreillers, mes murs. Je déchirais mes livres et mes vieux jouets. Comme si de transformer mes sentiments en force brutale me permettrait de mieux saisir ce qui s'enfuyait entre mes doigts.
    Mon rapport aux filles pendant cette période trouble était ambivalent. Parfois, je ressentais, semblable à une urgence de pisser, le besoin de m'agenouiller devant elles. De m'aplatir et de les supplier de m'éclairer. D'autres fois, j'avais envie d'oublier leur humanité, de me concentrer uniquement sur leurs formes angoissantes, de les saisir et les faire miennes.
    Je me dégoûtais. Je pensais à ma mère. Je m’imaginais une petite sœur ; oh ! Comme je l’aurais aimée ! Comme j’aurais fracassé le crâne de quiconque espérait la posséder. Et puis Mira m’abordait au bar, flirtait avec moi, me ramenait chez elle et quémandait fessées et mots vulgaires. J’étais perdu.


   30 août 2018

   L’uni reprend bientôt. Ma psy considère comme une bonne idée que j’y retourne, mais elle me laisse le choix. Je déteste les choix. Visiblement tout ce que j’ai appris est faux, alors sur quelle autre fondation prétentieuse suis-je sensé baser mes décisions ? Et puis dans dix ans on nous dira que ci et ça et il faudra de nouveau tout tracer, tout rembobiner et repartir à zéro.
    Alex m’a dit que je m’en faisais trop, que rien de tout ça n’était difficile. Qu’il fallait simplement écouter les autres – femmes, hommes, intersexes –, simplement les écouter, discuter, et évaluer. Mais qui me dit que je les entendrai ? Que le signal électrique transféré de neurone en neurone ne sera pas au bout d’un moment détourné par mes propres envies, par mes apprentissages antérieurs, qu’il ne sera pas aliéné par mon égoïsme ?
    Je crois que ma mère commence à sérieusement s’inquiéter. Elle a l’air de me considérer comme quelqu’un de bien. Elle est tout d’un coup tendre, elle s’est remise à cuisiner le soir, et m’asperge de compliments. J’espère qu’elle ne pense pas que tout ça est de sa faute.
    En fait je ne sais plus comment vivre. Comment puis-je croire les personnes qui m’assurent que tout ira bien, qu’avec le temps je comprendrai que rien de tout ça n’est grave, quand elles-mêmes ne reconnaissent pas l’horreur de l’acte que j’ai commis ? Tout cela n’est-il pas une preuve que tout le monde est encore aveugle ? Que la culture a pondu ses œufs dans nos cerveaux et que ses larves nous manœuvrent imperceptiblement ?


  5 septembre 2018

    Je suis un putain de monstre.
    Il n'y a pas d'autre vérité.


   10 septembre 2018

   Je n’y arrive plus. Je ne sais même plus quoi écrire mais c’est le seul endroit où je me sens encore être vrai et merde


   13 septembre 2018

   Je ne reconnais même plus le crime que j’ai commis. Était-ce celui de la forêt, celui d’être un homme, celui d’avoir appris des lois d’hommes, ou celui d’être né ?


   Quelques heures plus tard

   Je dois bruler cette putain de forêt. 


  17 octobre 2018

   J’ai foiré. Je ne suis jamais retourné à l’uni. La veille de la rentrée, j’ai pété les plombs, j’ai arrosé un verre de whisky, j’ai pressé des cachets hors de leur emballage et j’ai tout enfilé dans ma bouche. J’ai avalé en espérant ne pas m'être trompé. Dans ma tête j’entendais déjà les gens s'indigner Il n’a même pas eu le courage de se pendre le couillon ou Mon voisin, une balle dans la tête, ça a eu le mérite d’être efficace. J’imaginais ma mère trouver mon corps débile, son désespoir. Je me le représentais très clairement – ses pleurs, sa conscience déchirée – mais mon égoïsme prenait le dessus à mesure que mon cœur s’emballait et puis mon esprit a lâché prise et je suis parti. Je me suis effacé.
    Quand j’ai repris conscience, j’étais à l’hôpital. Ma première réaction a été de me demander ce que je foutais là. Puis, peu à peu, ma mémoire s’est activée, mes neurones ont déchargé ; j’ai compris. J’ai eu honte, mais en même temps je me suis réjoui. D’avoir une autre chance. Tout de suite, j’ai pensé à la forêt, mais sous la charge des médocs, ça m’a fait moins mal. Je me suis dit Ça y est je suis guéri. J’ai compris l’erreur de ne pas mourir seulement plus tard. Parce que quand tu crèves pas, tu dois t’expliquer. Les morts n’ont pas ce devoir-là. Expliquer quoi ? Les gens refusaient toujours d’admettre la gravité de mon crime, même après ma presque-mort. Ils refusaient d’admettre que toute notre société était un ouragan où valsaient oppositions, malentendus, blessures, croyances, jeux de pouvoirs, peurs et j’en passe. Ils affirmaient au contraire qu’on se dirigeait vers des jours meilleurs. Ça me donnait envie d’hurler. Oublie la guerre des sexes, qu’en est-il des catastrophes climatiques promises et de l’apocalypse annoncée ?
    En revenant parmi les vivants, j’ai réalisé à quel point ils étaient hermétiques à toute idée de mort, quand pourtant c’était la seule certitude de nos vies. Un peu comme s’ils jouaient à un jeu de l’oie et qu’une fois morts ils pouvaient recommencer. Un peu comme ce que j’avais fait. J’avais commis une erreur, et au lieu d’en accepter les conséquences et de réagir, je m'étais volontairement jeté sur la case de la mort pour pouvoir repartir de zéro. Ma mère a été la seule à ne pas être impressionnée par mon acte. Elle était en colère et ça m’a fait du bien. De ne pas être traité comme un être délicat qu’il faut ménager, mais comme quelqu’un qui a fait une faute et qui doit la réparer.


   21 octobre 2018

   J’ai fait une sorte de rechute visiblement, alors ils m’ont enfermé en psychiatrie. Enfin, j’exagère, j’ai le droit de partir. Mais je suis dépourvu de toute volonté. Que quelqu’un d’autre s’occupe de mes conséquences, moi je ne sais plus les gérer. Peut-être qu’ils ont raison, peut-être que je ne mérite pas la prison après tout. Peut-être que je ne comprends rien et ils savent tout. Je veux juste me vider. Être une capsule qui vogue sans gravité dans l’air du temps. Au fond, si mon acte n’a pas d’importance, rien n’a d’importance. Sauf que je n’arrive pas à me sortir maman de la tête, ses cernes, ses mains sèches et l’autre fois quand elle est venue me voir, son pull était tâché.


  30 octobre 2018

   J’ai eu une surprise cet après-midi. Sophie m’a rendu visite. Ça faisait sûrement une année que je ne l’avais plus vue. Sa beauté était comme des fleurs après la guerre. Elle était fraîche, joviale, et n’avait pas du tout l’air désolé pour moi. Elle ne m’a pas non plus demandé pourquoi j’étais là, elle a simplement papoté comme au bon vieux temps, lors de ces jours révolus ou je ne connaissais pas mes malformations. Elle est de nouveau célibataire – mon coeur a frétillé en l'apprenant –, elle a commencé la troisième année d’uni, tout se passe bien, elle aime particulièrement les cours de bactériologie et de mycologie. Elle m’a parlé de la fête qu’organisaient les biologistes, et m’a dit que si je me dépêchais de sortir d’ici, on pourrait y aller ensemble et se déguiser comme autrefois. Avant que je ne la casse.
    Sophie, je suis un monstre. Elle m’a regardé, étonnée. Ah bon ? Alors j’ai commencé à vomir tous mes défauts masculins, mes idées abjectes, ma manière de traiter les femmes, de traiter le monde. Elle m’a écouté attentivement sans m’interrompre. Et puis à la fin, quand mon flux s'était tari, elle a répondu Moi aussi, tu sais. Elle n’a pas du tout contesté ma monstruosité. Moi aussi tu sais je suis sexiste, elle a continué. Je l’ai regardée, étourdi. Moi aussi, j’ai cru que tu avais plus de pouvoir alors je t’ai laissé tous ces choix. Celui de ma faiblesse, de mon poids, de ma beauté, de comment te plaire. Ce n'est que plus tard que j'ai réalisé que si j'apparentais approbation masculine et bonheur, c'est parce qu'on me l'avait appris, et non parce que c'était vrai. Et puis elle m’a expliqué que le sexisme était humain et non masculin. Que ce n’était pas un tort d’apprendre ce qu’on nous apprenait. Le tort était de ne pas s’en remettre, de se braquer, de refuser le changement. Mais elle a dit que ce n’était pas facile au milieu de ce chaos de catégories arbitraires qui définissaient nos croyances. Puis elle a ri en s’imaginant des toilettes publiques être divisées non en fonction du sexe mais en fonction de la taille des gens. Elle était sûre que bien vite les grands se méfieraient des petits et les petits des grands, que chacun attribuerait des défauts de taille à l’autre, etc. J’ai presque ri aussi. Elle m’a fait du bien Sophie.


  15 novembre 2018

   Ma vie ici est un labyrinthe ou une montagne russe. Il y a des jours où j’aperçois la sortie, où le wagon amorce la descente juste avant l’arrivée. Mais au dernier moment il bifurque, remonte, redescend et la sortie s'efface.
    Je suis toujours en psychiatrie. Je ne me sens pas la force d’affronter le monde. Ici je me sens protégé, j'ai le droit de dévier des conventions sans que ça ne choque. Mais dehors je devrai être normal de nouveau, et j’ai tellement peur de ce que cette normalité implique.
    Les visites de Sophie me font presque toujours du bien. Elles me font espérer, rire, me décharger. Sa manière de voir la vie est si apaisante. Elle trace simplement des réseaux de causes à effets d’où la marée des jugements s’est retirée. Elle me dit Voilà les conséquences, sans mettre de main devant sa bouche, sans écarquiller les yeux. Je sais que je ne devrais pas compter sur elle pour aller mieux mais à chaque fois qu’on m’annonce son arrivée, mon cœur tressaute de plaisir anticipé. Ma mère a aussi l’air d’aller mieux, ses chemises sont repassées et elle sourit de nouveau.
    J’ai parfois l’impression que je suis prêt, mais alors qu’est-ce que j’attends ? Quelque chose me retient encore. Cette forêt peut-être ? Je ne sais pas. J’ai essayé de la brûler mais elle repousse toujours plus sombre.


   1er décembre 2018

   Je crois que ça y est. Je crois. Hier Sophie est passée me voir, en début de soirée. Mes yeux ne se lassent plus de la regarder ni mes oreilles de l’entendre. Tous mes sens sont réceptifs quand elle est là, et mon envie me pousse, je revis pendant quelques instants. Hier c’était encore plus fort que d’habitude, cette urgence de vivre pour pouvoir partager avec elle. On a discuté sans vraie direction pendant plus d’une heure ; elle n’avait pas l’air de vouloir s’en aller, et moi je sentais que graduellement, je me rapprochais de mon tourment sylvestre, et qu’il fallait le lui montrer.
    Je me suis tu, parce que je cherchais les mots. Elle s’est tue aussi, m’a regardé. Dans ses yeux j’ai lu une détermination qui m’a encouragé. Alors j’ai dit Sophie, je dois te confier quelque chose. Elle a répondu Bien sûr. J’ai commencé. J’ai décrit l’état trouble dans lequel je m’étais trouvé l’année dernière. Mes remise en question continuelles, mon manque de réponses. Cette impression d’être allé trop loin et de me rendre compte trop tard que la ligne d’arrivée était ailleurs. Ma rage, mon écœurement. Mon impossibilité de communiquer ce ressenti, ni à ma mère, ni à mes amis. Mes explosions de violence qui tentaient vainement de ressusciter mon pouvoir déchu. Et puis cette soirée de novembre et l’appel de la forêt. J’ai raconté comment j’avais enfilé ma veste et mes chaussures, une écharpe, comment j’avais quitté l’appartement et m'étais dirigé vers la colline. Sur le chemin, j’avais ramassé une belle pierre, c’était une habitude que j’avais depuis mon enfance.
    La forêt était silencieuse, j’étais le seul perché sur son seuil ce soir-là. Je suis entré. La neige amortissait le son de mes pas. J’avais toujours la pierre en main, je la réchauffais contre ma paume, ça me réconfortait. Tout d’un coup, j’ai entendu un bruit. Je n’étais pas seul. Je me suis approché doucement de la source et je l’ai vue. Une magnifique corneille qui sautillait dans la neige grise. Son plumage reflétait les derniers rayons de lumière. Elle était tout affairée à dénicher je ne sais quelle nourriture et ne m’avait pas remarqué. Et là, comme un éclair, cet ordre dans ma tête. J’ai levé le bras et avec force, j’ai abattu la pierre sur son crâne. Elle est morte sur l’instant. Des gouttes de sang ont percé son corps écroulé, ont noirci la neige tout autour. Je suis resté là, comme hypnotisé. J'ai regardé le sang, la neige, les plumes noires. Et encore. La neige ensanglantée, le corps silencieux, l'oeil mort. Morte la belle corneille, ma frustration mutée en violence avait pénétré le caillou, avait filé dans l'air immobile, l'avait détruite. Ma décision irréfléchie, ma force irresponsable l'avait anéantie, quand certainement, elle était innocente. Mais moi, je n'y avais pas pensé. Dans ma tête, ça avait été presque comme un jeu. Dans la réalité : la mort. J'ai commencé à trembler. Sur le chemin du retour, l'image de ma victime a tourmenté mes rétines, m’a submergé. Elle s’est transformée en mille autres victimes innocentes, elle m’a fait sentir le poids de toutes les injustices commises, enfants violés, femmes humiliées, individualités piétinées. J’ai vomi. J’ai pleuré.
    J’ai dit à Sophie comment, depuis ce jour, mon monde est devenu aussi ténébreux que les plumes de ma victime et puis j’ai arrêté de parler. Je n’osais pas lever les yeux. C’est horrible furent ses premières paroles. Pauvre corneille. Pauvres femmes, pauvres enfants, pauvres hommes. Je lui ai demandé si elle pensait que je méritais la prison. Elle m’a dit que j’étais déjà en prison. Et j’ai compris. Qu’à force de me faire refuser les barreaux de fer, je les avais érigés moi-même. Tu es un monstre, elle a murmuré. Et ce murmure a agi comme une clé dans mon esprit. A ouvert la porte à ma monstruosité que j’ai enfin pu embrasser. J’ai commencé à pleurer et rire en même temps, Sophie m’a accompagné. Je lui ai dit Je crois que tu m’as guéri. Elle a pris ma main, je l’ai serrée. Combattons ensemble, elle a encore dit. Le sexisme ? j’ai demandé. L'abus de pouvoir, elle m'a corrigé. Je l'ai considérée, tour à tour étonné puis ébloui par cette nouvelle vérité. Et je me suis rendu compte que depuis plus d'un an, mon attention s'était immobilisée sur le sexisme, au point que j'en devienne obsédé, vexé comme par une offense personnelle, quand il n'était qu'une des facettes de cet ennemi que Sophie venait de nommer. Pas mon ennemi particulier, mais celui qu'on partageait avec tous les êtres vivants.
    T'as raison, j'ai dit. C'est parti.



 
« Modifié: 12 Mai 2020 à 15:16:27 par derrierelemiroir »
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
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  • Palimpseste Astral
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Re : Comment je suis devenu un monstre [Texte mi-long]
« Réponse #1 le: 03 Septembre 2019 à 15:56:45 »
Un texte que j'aurais voulu écrire, je crois. J'y retrouve un peu ce mélange de "c'est ça que je veux écrire" et "c'est trop cliché". Tu l'as dit toi-même dans le spoiler. Je pense que ce type de textes est parmi les plus durs à lire pour moi à cause de prétendus clichés qu'ils contiennent comme la bande de potes, les aventures avec les filles, les problèmes intérieurs, l'absence d'objectifs dans la vie, etc. sans même savoir si ces jugements sont fondés ou s'ils n'existent que dans ma tête. Mais d'un autre côté ce genre de texte est un idéal pour moi, j'aimerais vraiment arriver à coucher sur le papier une histoire de ce genre, pour en finir une fois pour toutes avec tous ces clichés.
Mais je trouve que le fil principal choisi, le thème de la culpabilité, est suffisamment bon et bien mené pour justifier tout ce qui généralement ne me plait pas. D'ailleurs plus j'avançais dans l'histoire et moins je me sentais ennuyé.
Je n'insisterai pas sur la chute, je la trouve belle et bien amenée (peut être que c'est ce qui t'as donné l'énergie pour écrire tout le reste).
J'aime beaucoup quand un récit est simple et honnête, même si je n'arrive pas toujours à apprécier ces qualités à cause de tout ce que je perçois comme cliché.

Ce texte était aussi une occasion pour moi de cogiter un minimum, et c'est chouette.

Ça en fait la première nouvelle du Mde :mrgreen:


Édit : ah oui euh, le titre, je le trouve pas top...
« Modifié: 03 Septembre 2019 à 15:59:02 par extasy »

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  • Calame Supersonique
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Re : Comment je suis devenu un monstre [Texte mi-long]
« Réponse #2 le: 04 Septembre 2019 à 12:57:45 »
Salut extasy!

Merci beaucoup pour ton passage!

Citer
Un texte que j'aurais voulu écrire, je crois.
:-[

Citer
et "c'est trop cliché". Tu l'as dit toi-même dans le spoiler. Je pense que ce type de textes est parmi les plus durs à lire pour moi à cause de prétendus clichés qu'ils contiennent comme la bande de potes, les aventures avec les filles, les problèmes intérieurs, l'absence d'objectifs dans la vie, etc. sans même savoir si ces jugements sont fondés ou s'ils n'existent que dans ma tête.
Oui, j´avais justement peur que ce soit trop cliché rédhibitoire, mais je crois que ce texte aurait aussi eut moins d´intérêt s´il ne s´agissait pas de ces clichés que beaucoup d´entre nous ont été. Je crois que ce qui est difficile, ce n´est pas toujours de ne pas écrire sur des clichés, mais de ne pas en être soi-même, parce que ca veut dire qu´on se laisse porter par des préférences qui ne sont très souvent pas les nôtres.

Citer
Mais d'un autre côté ce genre de texte est un idéal pour moi, j'aimerais vraiment arriver à coucher sur le papier une histoire de ce genre, pour en finir une fois pour toutes avec tous ces clichés.
Do it!  :)

Citer
Je n'insisterai pas sur la chute, je la trouve belle et bien amenée (peut être que c'est ce qui t'as donné l'énergie pour écrire tout le reste).
Bien vu, c'est exactement la chute qui m´a tirée en avant

Citer
Ça en fait la première nouvelle du Mde :mrgreen:
:magreren:

Citer
Édit : ah oui euh, le titre, je le trouve pas top...
ah oui heureusement que tu t´en es souvenu, je voulais d´ailleurs ajouter dans le spoiler que j´étais nulle en titre. Va falloir que j´y pense plus.

Une petite question: est-ce que tu ne trouves pas que le chute est tombée trop vite?

Merci beaucoup beaucoup pour ton commentaire en tout cas!!
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  Nicolas Bouvier

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Re : Comment je suis devenu un monstre [Texte mi-long]
« Réponse #3 le: 04 Septembre 2019 à 16:08:44 »
Yosh !

Citer
est-ce que tu ne trouves pas que le chute est tombée trop vite?

Je ne trouve pas, non, j'aime bien comme ça à vrai dire ^^

Euh voilà  :mrgreen:

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Re : Comment je suis devenu un monstre [Texte mi-long]
« Réponse #4 le: 05 Septembre 2019 à 08:35:42 »
Ah cool merci!
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Re : Comment je suis devenu un monstre [Texte mi-long]
« Réponse #5 le: 05 Septembre 2019 à 17:06:18 »
Wouah !!! Ce texte m'a ferré en deux phrases !!! Un ton, une langue savoureuse qui surprend, réjouit, réveille des émotions... Par exemple :
" Elle a ajouté que peut-être je m’exprimais mieux en dessins. Je crois que je m’exprime mieux pas du tout. Mais me voilà et j’écris. "
J'aime beaucoup.
Vite, je continue la lecture !
Amicalement
MOrti



Voilà, j'ai tout lu, et vraiment apprécié le ton ("Mais ça aurait été tout aussi facile de ne pas le faire, et c’est ça qui m’accable."), les images, la narration, sur un sujet crucial d'actualité (le sexisme). Parfois, un peu trop démonstratif (notamment les paroles de Sophie), parce que le texte est suffisamment fort pour ne pas avoir à rajouter beaucoup d'explications. On se doute un peu de la fin, mais il demeure un doute (donc une attente) et, en fait, on apprécie beaucoup de ne pas s'être trompé (il n'a pas dézingué sa copine  ;D ).
Bravo Derrièrelemiroir !!!  :D
MOrti

posts fusionnés. Merci d'éviter les doubles posts dans la mesure du possible.
« Modifié: 12 Septembre 2019 à 07:20:50 par Chapart »

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  • Calame Supersonique
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Re : Comment je suis devenu un monstre [Texte mi-long]
« Réponse #6 le: 06 Septembre 2019 à 11:06:55 »
Oh merci beaucoup MOrti pour ton commentaire, il m'a touchée !

Je crois que je vois ce que tu veux dire avec des passages trop démonstratifs, je vais voir ce que j'arrive à en faire la semaine prochaine :)

Merci encore beaucoup !
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  Nicolas Bouvier

Léilwën

  • Invité
Re : Comment je suis devenu un monstre [Texte mi-long]
« Réponse #7 le: 12 Septembre 2019 à 01:24:21 »
Coucou DLM  :calin:

Citer
elle n’a pas dit conneries
=> j'aurais mis "conneries" entre guillemets
Citer
mais elle a patiemment élaboré sur comment c’était important
=> je suis pas convaincue pas "élaboré"... "argumenté" ?
Citer
Elle a ajouté que peut-être je m’exprimais mieux en dessins
=> il manque un "que" avant "je m'exprimais"
Citer
Je crois que je m’exprime mieux pas du tout
=> hum... je la trouve bancale la phrase. "Je crois que je m’exprime mieux en rien du tout" ou "Je crois que je m’exprime jamais mieux" ?
Citer
J’imagine tous les bouts de honte accumulés dans mon cerveau, et je me dis
=> la virgule est de trop

Vu que le "voilà" à l'air d'être un tic de langage, j'en aurais parsemé un peu plus dans le texte.

Citer
Je me suis vu de haut penché sur ce foutu journal, j’ai imaginé ma mère et la psy hocher une tête approbative, et puis tout le monde sourire m’acclamer se réjouir car j’étais guéri, alors j’ai balancé le cahier par la fenêtre. C’est ma mère qui me l’a ramené quand elle l’a trouvé en jardinant. Elle n’a rien dit, elle m’a juste regardé comme si j’étais une énigme qu’elle connaissait par cœur, sauf sa solution.
=> :viviane:
Citer
Parfois j’essaie de me voir à travers ses yeux et ça fait mal, alors j’arrête.
=> y a un truc qui sonne fort dans cette phrase :coeur:
Citer
Alors je pense à tous les autres choix qu’elle n’a pas pu faire
=> j'aurais enlevé le "n'"
Citer
J’ai commis un crime et je n’avais aucune raison.
=> idem, et il manque un truc après "raison"... "valable" ?

Citer
et à l’intérieur rien qui perçoive et ressente
=> je suis pas convaincue... j'aurais plutôt dit plus simplement "et rien à l'intérieur" (je trouve ça plus percutant)
Citer
rugi  que
=> double espace
Citer
#metoo
=> ça veut dire quoi (à part "moi aussi", mais je crois qu'y a un truc que je comprends pas)
Citer
pour en retirer de la tune
=> thune (ah non, au temps pour moi, on peut écrire les 2 :-[)
Citer
En chemin, j’ai essayé de comprendre comment il me voyait. Sa tape sur le dos brûlait encore ma peau.
=> :coeur:
Citer
J’ai tapé dans un rétroviseur, ça n’a servi à rien.
=> :coeur: (j'aurais viré le "n'" quand même^^)

Citer
Parfois je me sens comme un puzzle presque fini dont l’image tout d’un coup a muté
=>ça coule mieux pour moi dans ce sens là : "dont l'image a muté tout d'un coup"
Citer
Toute ma vie, j’ai assimilé des films d’hommes forts et de femmes vulnérables mais belles, j’ai malheureusement écouté les deux sexes se mettre d’accord sur le fait qu’ils étaient différents, j’ai entendu des pseudo-experts se régaler de ces débats et emballer cette différence dans des théories bancales mais populaires genre les hommes trompent parce qu’ils maximisent leur fitness les femmes ont besoin de sécurité pour la survie des enfants, Mars et Vénus tout ce bullshit.
=> à mon avis, y a des choses que j'aurais enlevées dans ce paragraphe, mais c'est long à expliquer alors je vais te montrer comment ça sonne à mon oreille (si ça te choque, dis-le, j'enlèverai :-[)
"Toute ma vie j’ai assimilé des films d’hommes forts et de femmes vulnérables, mais belles, écouté les deux sexes se mettre malheureusement d’accord sur le fait qu’ils étaient différents, entendu des pseudo-experts s'en régaler et emballer cette différence dans des théories bancales (fumeuses ?) mais populaires - genre les hommes trompent parce qu’ils maximisent leur fitness les femmes ont besoin de sécurité pour la survie des enfants Mars et Vénus tout ce bullshit."
Citer
Et depuis peu, j’apprends que tout était faux, que cette sculpture grecque de force et d’intelligence n’était qu’un fantasme, qu’une femme a autre chose à foutre que de valoriser James Bond de le rendre désirable et puissant et qu’en fait, dire homme et femme c’est trop dichotomique, il vaudrait mieux dépeindre le genre comme une cloche de Gauss.
=> :D
Citer
alors quoi ? Le monde était plus stable avant.
=> :viviane:
Citer
Quand je dis stable, je ne dis pas équitable.
=> j'aurais viré le "ne"
Citer
Le fait qu’il n’y ait que trois filles dans ma classe de physique et math au lycée était normal, et il était attendu d’elles qu’elles soient laides et mal habillées.
=> :D
Citer
la question du harcèlement sexuel au travail était aussi vieille que grand-mère
=> "plus", plutôt que "aussi" ?

Citer
Comme je suis d’ordinaire plutôt silencieux et ténébreux, ils ne remarquent pas ma dépression post-crime.
=> :D
Citer
qui ont encore tant de souffrance à ressentir, et je me dirai que
=> j'aurais viré la virgule
Citer
Mais ça aurait été tout aussi facile de ne pas le faire, et c’est ça qui m’accable.
=> j'aurais mis un point à la place de la virgule
Citer
le jour où mon père partit
=> pour la concordance des temps "est parti" ?
Citer
À chaque nouveau déni, mon tourment s’alourdit
=> hum... le texte mélange tournures orales et tournures soutenues, mais là je trouve que ça fait trop affecté... ou alors j'aurais dit "À chaque nouveau déni, Pandore rouvre sa (saloperie ?) de boîte" ou un truc du genre ?

Citer
c’était moins difficile de m’en réapproprier
=> "me les" réapproprier
Citer
Je comprends mieux ce qu’est ce reposoir à présent. Ces pensées extraites avec difficulté de mon corps ont perdu, sur la blancheur des pages, leur allure de menace. Tant que je ne les avais pas exprimées, il y avait toujours cette possibilité qu’elles soient tout autres, ou qu’elles continuent d’être alimentées par ma rancœur, mes angoisses et ma rage. Qu’elles se transforment en monstruosités. En les déposant hors de moi, ça me permet de les voir pour ce qu’elles sont, comme on reconnaît les meubles de sa chambre une fois les terreurs de la nuit passées.
=> j'aime bien tout ce passage :) (+++ sur les meubles de la chambre :coeur:)
Citer
Ça m’a apaisé.
=> j'aurais mis cette phrase à la ligne

Citer
me supplier à coup de
=> coups
Citer
je me sens heureux comme un fœtus sur le point de naître
=> :D (tu crois qu'il est heureux de naître, le fœtus ?)

Je repasse, il est tard :oxo:

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  • Calame Supersonique
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Re : Comment je suis devenu un monstre [Texte mi-long]
« Réponse #8 le: 12 Septembre 2019 à 13:56:05 »
Coucou Léli,

Je te réponds déjà sur ça  :coeur:

Citer
=> j'aurais mis "conneries" entre guillemets
arf j'ai hésité, mais j'essaie avec, et si ça m'embête, je rechangerai.

Citer
=> je suis pas convaincue pas "élaboré"... "argumenté" ?
yep merci!

Citer
=> il manque un "que" avant "je m'exprimais"
t'as raison

Citer
=> hum... je la trouve bancale la phrase. "Je crois que je m’exprime mieux en rien du tout" ou "Je crois que je m’exprime jamais mieux" ?
ça par contre je vais garder je crois, j'aime bien

Citer
=> la virgule est de trop
ok :)

Citer
Vu que le "voilà" à l'air d'être un tic de langage, j'en aurais parsemé un peu plus dans le texte.
bonne idée

Citer
=> j'aurais enlevé le "n'"
tu suggères ça plusieurs fois, je vais y réfléchir, merci!

Citer
=> idem, et il manque un truc après "raison"... "valable" ?
oui t'as raison

Citer
=> je suis pas convaincue... j'aurais plutôt dit plus simplement "et rien à l'intérieur" (je trouve ça plus percutant)
mmh "et rien à l'intérieur" ça fait un peu tout nu...

Citer
=> ça veut dire quoi (à part "moi aussi", mais je crois qu'y a un truc que je comprends pas)
c'est ce mouvement qui a été s'est répandu fin 2017 contre le harcèlement sexuel

Citer
=>ça coule mieux pour moi dans ce sens là : "dont l'image a muté tout d'un coup"
yep merci!!

Citer
=> à mon avis, y a des choses que j'aurais enlevées dans ce paragraphe, mais c'est long à expliquer alors je vais te montrer comment ça sonne à mon oreille (si ça te choque, dis-le, j'enlèverai :-[)
"Toute ma vie j’ai assimilé des films d’hommes forts et de femmes vulnérables, mais belles, écouté les deux sexes se mettre malheureusement d’accord sur le fait qu’ils étaient différents, entendu des pseudo-experts s'en régaler et emballer cette différence dans des théories bancales (fumeuses ?) mais populaires - genre les hommes trompent parce qu’ils maximisent leur fitness les femmes ont besoin de sécurité pour la survie des enfants Mars et Vénus tout ce bullshit."
merci beaucoup j'ai modifié quelques trucs en fonction de ça :)

Citer
=> "plus", plutôt que "aussi" ?
ouais ça peu se faire t'as raison :)

Citer
=> j'aurais viré la virgule
quand tu dis qu'il faut virer des virgules, je vire  :D

Citer
=> j'aurais mis un point à la place de la virgule
par contre ici je crois que je garde la virgule, dans ma tête ça se dit un peu tout d'une traite...en fait je pourrais carrément l'enlever  >:D

Citer
=> pour la concordance des temps "est parti" ?
merci de me le dire...il y a des trucs dont je me rends compte, mais je tarde à les changer je ne sais pas pourquoi....

Citer
=> hum... le texte mélange tournures orales et tournures soutenues, mais là je trouve que ça fait trop affecté... ou alors j'aurais dit "À chaque nouveau déni, Pandore rouvre sa (saloperie ?) de boîte" ou un truc du genre ?
ah oui ici ça te choque? mmmh par contre ta proposition est trop longue, faut peut-être que je trouve une alternative courte pas plus orale..

Citer
=> "me les" réapproprier
merci!

Citer
=> j'aurais mis cette phrase à la ligne
je comprends l'idée, mais le truc c'est que tout est toujours écrit en un bloc, alors j'hésite

Citer
=> :D (tu crois qu'il est heureux de naître, le fœtus ?)
>< >< je me suis déjà fait la même remarque... je crois que j'ai un mot en anglais sur le bout de la langue qu'il faut que j'arrive à mieux traduire!

Merci déjà pour ce passage, ça m'aide beaucoup!
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  Nicolas Bouvier

Léilwën

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Re : Comment je suis devenu un monstre [Texte mi-long]
« Réponse #9 le: 13 Septembre 2019 à 02:56:58 »
Areuh (pour en revenir à nos fœtus :mrgreen:)

Citer
a demandé qu’on se revoit, elle voulait me parler
=> "revoie" et j'aurais remplacé la virgule par un point
Citer
Empli d’espoir, j’ai pris une douche, je ne me suis pas rasé parce qu’elle m’aimait barbu, j’ai enfilé une chemise repassée et un jeans noir, mes Adidas et je suis parti la rejoindre en sifflotant. Et les experts de s’esclaffer là-haut.
=> :viviane:
Citer
elle ne voulait pas qu’on se remette ensemble, mais elle m’offrait une chance de
=> je ne ressens pas la virgule
Citer
Ses longs cheveux ondulés caressaient ses épaules quand elle parlait et je me demandais depuis quand ils étaient aussi soyeux
=> j'aurais viré le "et" et mis un point ou une virgule à la place
Citer
Ses yeux étaient à peine maquillés et son teint était hâlé
=> j'aurais viré le 2e "était"
Citer
et je la revis nue et longue et haletante moi dessus et.
=> pourtant je connais bien ce type de phrase interrompue, mais à chaque fois ça fait son effet ! Je kiiiiffe :coeur:
Citer
je coupé court à mon fantasme
=> "j'ai"
Citer
c’était tout à elle de faire
=> "à elle de tout faire", plutôt ?
Citer
J’ai passé la soirée rembruni, dans ma chambre, à lui envoyer des ripostes télépathiques. Après j’ai essayé de la virer de ma tête et de m’en foutre.
=> môôôô pauv' biquet :coeur: :D
Citer
De me moquer d’elle si je l’entendais péter et de m’impatienter quand je la devinais mal à l’aise avec mes potes.
=> "?" à la place du point
Citer
conçu par hommes
=> des ?
Citer
Même la manière dont je la baisais, était-ce une manière sexiste ?
=> quelques paragraphes plus haut il lui faisait l'amour, maintenant il la baise... elle en a pris pour son grade... :mrgreen:
Citer
je ne savais plus comment me dépêtrer de toutes mes imperfections, de tout mon apprentissage malsain et mes potes ne m’aidaient pas
=> :coeur:
Citer
la crainte de n’être qu’un assemblage culturel désormais démodé
=> :D
Citer
Et en fait je ne savais pas. Après j’ai commis ce crime et j’ai appris que j’étais un monstre.
=> j'aime bien comme ça tombe ! :)

Citer
on ne se comporte pas la même chose
=> je ne comprends pas la phrase ><
Citer
je me disais qu’elles n’avaient rien compris
=> j'aurais viré le "n'" :P
Citer
que tout partait en couille
=> c'est sexiste :huhu: :mrgreen:
Citer
m’en approprier
=> me les approprier
Citer
Et puis Mira m’abordait au bar, flirtait avec moi, me ramenait chez elle et quémandait des fessées, des mots vulgaires et de la violence. J’étais perdu.
=> :D :D :D

Citer
et repartir à zéro
=> j'aurais dit "de" zéro
Citer
Je crois que ma mère commence à sérieusement s’inquiéter. Elle a l’air de me considérer comme quelqu’un de bien.
=> :D

Citer
e suis un putain de monstre je suis..
=> c'est normal les 2 points ?
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Citer
Je n’y arrive plus. Je ne sais même plus
=> j'aurais viré les "n'" :P


Citer
appel?
=> manque un espace avant le "?"

Citer
J’ai compris l’erreur de ne pas mourir que plus tard. Parce qu’en fait quand tu crèves pas, tu dois t’expliquer.
=> >< :D ><
Citer
l’apocalypse annoncé
=> annoncée
Citer
En revenant parmi les vivants, j’ai réalisé à quel point ils étaient hermétiques à toute idée de mort, quand pourtant c’était la seule certitude de nos vies.
=> :coeur:
Citer
mais comme quelqu’un qui a fait une faute et qui doit payer.
moneyyyyyyyy :-¬? (désolée :mrgreen:)


Citer
Sa beauté c’était comme des fleurs après la guerre.
=> :coeur:
Citer
Elle m’a parlé de la fête qu’organisait les biologistes
=> organisaient (le sujet est inversé, mais ce sont bien les biologistes qui organisent la fête, et pas l'inverse...  ;))
Citer
mes idées abjects
=> mes idées abjectes
Citer
J’ai presque ri aussi. Elle m’a fait du bien Sophie.
=> :)

Citer
peur de que
=> manque un "ce"
Citer
Elle trace simplement des réseaux de causes à effets d’où la marée des jugements s’est retirée
=> je ne comprends pas bien l'image :-[

Citer
ma cage de fer
=> je n'ai pas compris :-[
Citer
Elle est morte dans l’instant
=> "sur l'instant", plutôt ?
Citer
J’ai levé le bras et avec force, j’ai abattu une pierre dans son crâne. Elle est morte dans l’instant. Des gouttes de sang ont percé son plumage et ont noirci la neige tout autour. Cette image s’est imprégnée sur mes rétines, et sur le chemin du retour, m’a submergé. Elle s’est transformée en mille victimes innocentes, elle m’a fait sentir le poids de toutes les injustices commises. J’ai vomi. J’ai pleuré. J’ai compris l’expression abus de pouvoir. J’ai dit à Sophie comment, depuis ce jour, mon monde est devenu aussi obscur que les plumes de ma victime et puis j’ai arrêté de parler.
=> je crois que j'aurais été traumatisée aussi si j'avais fait ça :(
Citer
Et l’apocalypse climatique ? Elle a ri. Ah ça non, c’est trop tard, mais ravie de t’avoir rencontré. On a ri.
=> :D

Au total, j'ai bien aimé, même si je ne suis pas d'accord avec le fait que son geste n'était pas grave (mais ça doit être mon côté très "on ne touche pas au vivant" :-\). Du coup le fait que tout le monde lui dise que c'est pas grave et qu'à la fin ils en rient, ça me met mal-à-l'aise :-[.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


:calin:

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Re : Comment je suis devenu un monstre [Texte mi-long]
« Réponse #10 le: 13 Septembre 2019 à 10:16:08 »
Coucou Léli  :oxo:

Citer
=> je ne ressens pas la virgule
ah c'est marrant, celle-ci je la ressens beaucoup  ><

Citer
=> j'aurais viré le 2e "était"
ouais j'y ai aussi pensé, merci

Citer
=> pourtant je connais bien ce type de phrase interrompue, mais à chaque fois ça fait son effet ! Je kiiiiffe :coeur:
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:coeur:

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=> "à elle de tout faire", plutôt ?
si :)

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=> "?" à la place du point
tout à fait

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=> des ?
il est vraiment nécessaire selon toi, ou c'est une suggestion de style?

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=> quelques paragraphes plus haut il lui faisait l'amour, maintenant il la baise... elle en a pris pour son grade... :mrgreen:
:huhu: ah le pauvre, il parle comme il a appris

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=> je ne comprends pas la phrase ><
euh, j'ai changé. Je ne sais pas si on dit ça par chez moi, ou si j'ai inventé..

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=> c'est sexiste :huhu: :mrgreen:
:D

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=> me les approprier
même si c'est "les formes"?

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=> j'aurais dit "de" zéro
ça par contre je suis sûre que par chez moi on dit à...comme "repartir à la case départ"..étrange

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=> c'est normal les 2 points ?
j'en ai rajouté un
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moneyyyyyyyy :-¬? (désolée :mrgreen:)
:D :D :D

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=> organisaient (le sujet est inversé, mais ce sont bien les biologistes qui organisent la fête, et pas l'inverse...  ;)
merciii

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=> je ne comprends pas bien l'image :-[
Euh, en gros, elle explique les choses simplement comme elles sont, causes et effets, et non à travers ses jugements

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=> je n'ai pas compris :-[
c'est pour dire qu'il se sent enfermé dans sa tête, dans son crime

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=> "sur l'instant", plutôt ?
ah ouais? Ok

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=> je crois que j'aurais été traumatisée aussi si j'avais fait ça :(
oh oui moi aussi

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Au total, j'ai bien aimé, même si je ne suis pas d'accord avec le fait que son geste n'était pas grave (mais ça doit être mon côté très "on ne touche pas au vivant" :-\). Du coup le fait que tout le monde lui dise que c'est pas grave et qu'à la fin ils en rient, ça me met mal-à-l'aise :-[.
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Merci de nouveau pour ton passage Léli  :calin:

"[...] alors le seul fait d'être au monde
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Léilwën

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Re : Comment je suis devenu un monstre [Texte mi-long]
« Réponse #11 le: 13 Septembre 2019 à 21:08:25 »
il est vraiment nécessaire selon toi, ou c'est une suggestion de style?
bah ça veut rien dire "conçu par hommes", si ? '-'

même si c'est "les formes"?
=> oui "les" désigne "les formes" (tu t'appropries quelque chose) ou alors tu voulais dire "m'en approprier les contours" ? :\?

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Re : Comment je suis devenu un monstre [Texte mi-long]
« Réponse #12 le: 15 Septembre 2019 à 12:28:04 »
Coucou Léli

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bah ça veut rien dire "conçu par hommes", si ? '-'
J'ai changé :)

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=> oui "les" désigne "les formes" (tu t'appropries quelque chose) ou alors tu voulais dire "m'en approprier les contours" ? :\?
J'ai changé aussi

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Re : Comment je suis devenu un monstre [Texte mi-long]
« Réponse #13 le: 18 Septembre 2019 à 01:18:42 »
Salut DLM!
Ça faisait un moment que j’avais lu ce texte et je voulais le commenter plus en détails, mais je cours un peu ce moment, désolée:/ Donc je fais dans le global (Me rends compte que c’est la seconde fois que je te fais le coup, pas sympa de ma part…)

(Je n’ai pas vu 13 reasons why, donc je ne sais pas s’il y a un contexte ou des références que je suis censée retrouver)

Côté forme : Pas grand-chose à redire. Le format journal + style oral passent très bien. C’est facile, c’est fluide, c’est souple, c’est agréable. L’entrée en matière est top, surtout « Voilà, ma psy m’a conseillé de tenir un journal. Je lui ai dit j’aime pas ce mot ça fait petite fille qui confie ses crush, elle a répondu c’est des conneries. Enfin, elle n’a pas dit "conneries", on la paie pour être distinguée » là ça y est, c’est bon, on ne peut plus que continuer.
Un minuscule bémol, en lisant, je m’étais fait la remarque que certains mots/tournures étaient plus écrits qu’oraux et détonnaient avec le registre. Comme ça, à chaud, je pense à un moment où tu as utilisé les mots « délester » et « quémander » - carrément pas de l’oral, pour moi. Il y en avait d’autres, mais je ne m’en souviens plus.

Côté fond.
On a de la sympathie pour le mec, qui ne s’y retrouve plus, qui ne comprend plus rien au sexisme, au féminisme, au machisme, au patriarchisme, à tout ce qui se termine en –isme, parce qu’on est tous un peu comme lui quelque part, y a des choses qu’on voit et d’autres qui nous semblent normales, y a des combats qui nous passent par-dessus la tête et d’autres qu’on trouve importants, y a des problèmes qui n’en sont pas puis y a des problèmes qui en sont, et nous on est comme lui, au milieu, à essayer de se dépatouiller comme il peut (et il a côté touchant, parce que tu sens qu’il veut comprendre et s’améliorer, mais il n’y pige rien même si c’est normal qu’il n’y pige rien) Bref, le personnage est attachant, même si, par moments, son auto-flagellation devient répétitive et on se dit qu’on aimerait bien voir autre chose.
Le personnage de la mère est crève-cœur. Dès le début, quand elle court lui acheter le journal, ça te met les larmes aux yeux. Et ça ne s’arrête plus. Tu as limite plus de sympathie pour elle que pour son fils. Tu veux qu’il guérisse pour elle.
En revanche, le personnage de Sophie est… je ne suis pas arrivée à en faire quoi que ce soit. Elle est très uniforme comparée aux autres (Le personnage principal, sa mère, même Geoffroi) ; elle est plus lisse, presque banale, comme si elle était là pour servir à quelque chose, juste pour son rôle d’être la personne qui lui accorde enfin qu’il est un monstre, et c’est tout. Bref, je n’ai pas su par où la prendre.

Pour la chute.
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Une super lecture tout de même, merci !

PS : Le titre. Accrocheur, mais pas top. J’aime l’idée de « Comment je suis devenu un monstre », mais pas la formulation. Mais je n’ai pas d’alternative (Oui c’est super utile, je sais ;D )

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Re : Comment je suis devenu un monstre [Texte mi-long]
« Réponse #14 le: 18 Septembre 2019 à 09:57:44 »
Coucou Xeraphia!

Vraiment contente que tu t'arrêtes par ici :)

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(Je n’ai pas vu 13 reasons why, donc je ne sais pas s’il y a un contexte ou des références que je suis censée retrouver)
non non y avait aucune référence, c'était juste mon inspiration

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Côté forme : Pas grand-chose à redire. Le format journal + style oral passent très bien. C’est facile, c’est fluide, c’est souple, c’est agréable. L’entrée en matière est top, surtout
Cool, merci!

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Un minuscule bémol, en lisant, je m’étais fait la remarque que certains mots/tournures étaient plus écrits qu’oraux et détonnaient avec le registre. Comme ça, à chaud, je pense à un moment où tu as utilisé les mots « délester » et « quémander » - carrément pas de l’oral, pour moi. Il y en avait d’autres, mais je ne m’en souviens plus.
En fait ça c'est fait exprès, j'aime bien mélanger, et puisque c'est un journal, je ne pense pas que ce soit un problème. Ça le serait plus si il parlait à mon avis

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Bref, le personnage est attachant, même si, par moments, son auto-flagellation devient répétitive et on se dit qu’on aimerait bien voir autre chose.
moi qui avait peur que c'était trop court  >< haha mais merci!!

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Le personnage de la mère est crève-cœur. Dès le début, quand elle court lui acheter le journal, ça te met les larmes aux yeux. Et ça ne s’arrête plus. Tu as limite plus de sympathie pour elle que pour son fils. Tu veux qu’il guérisse pour elle.
:coeur: (j'avais pas du tout pensé à l'effet des personnages secondaires, j'avoue)

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En revanche, le personnage de Sophie est… je ne suis pas arrivée à en faire quoi que ce soit. Elle est très uniforme comparée aux autres (Le personnage principal, sa mère, même Geoffroi) ; elle est plus lisse, presque banale, comme si elle était là pour servir à quelque chose, juste pour son rôle d’être la personne qui lui accorde enfin qu’il est un monstre, et c’est tout. Bref, je n’ai pas su par où la prendre.
Ah oui je vois. Comme je l'ai dit, j'avais pas du tout réfléchi aux autres personnages, je les ai juste utilisés quand j'en avais besoin, du coup ça ne m'étonne pas que Sophie te donne l'impression d'être juste fonctionnelle...vais voir si je peux lui ajouter quelques bosses  :D

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


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Une super lecture tout de même, merci !
Merci beaucoup Xeraphia!

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PS : Le titre. Accrocheur, mais pas top. J’aime l’idée de « Comment je suis devenu un monstre », mais pas la formulation. Mais je n’ai pas d’alternative (Oui c’est super utile, je sais ;D )
T'es pas la première à la dire haha. Je suis nulle en titre, mais j'y travaille  :D

EDIT: Voilà, j'ai modifié la fin si jamais quelque repasse, vous pouvez me lâcher un mot de si ça tombe moins à plat
« Modifié: 24 Octobre 2019 à 16:35:30 par derrierelemiroir »
"[...] alors le seul fait d'être au monde
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  Nicolas Bouvier

 


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