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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Eléazar

Auteur Sujet: Eléazar  (Lu 2322 fois)

Hors ligne Agapanthe

  • Tabellion
  • Messages: 21
Eléazar
« le: 05 Août 2019 à 14:48:08 »
Voici un texte que je ne sais pas trop où situer. Merci d'avance pour vos retours

Début


Eléazar est un mort qui n’a pas été vivant. Certains diront l’avoir vu, au bout d’une allée, au milieu d’un jardin, sous un olivier ou à côté d’un pin, mais c’est à peine une ombre, presque un spectre de rien, Eléazar, dont le nom résonne contre les parois d’une grotte rose, quelque part au nord de la Bretagne, Côtes d’Armor.

Elle commence comme un poème, la mort d’Eléazar. Son corps gît sur le sable. Quelques coquillages se sont accrochés à sa peau que le sel a rongée. Des touffes de varech dans la gorge, limoneux projet de la vase qui obstrue la trachée, pour être bien certain qu’il ne respire plus jamais. Il était trop moderne, Eléazar, trop pour le progrès, pour la joie de tous, et pour l’amour. Il est urgent de raconter la mort d’Eléazar. Il ne faut pas manquer de folie pour écouter l’agonie, l’éternelle plainte de celui qui n’a pas vécu, qu’on n’a pas laissé vivre, tout de suite étranglé par le monde. C’est impudique de raconter la mort d’Eléazar, c’est dangereux, aussi, et nécessaire.

I

Il y a d’abord un acte de décès.

Le douze avril deux mille vingt à dix-huit heures quarante minutes est décédé à X, Eleazar V. né à R. (Bretagne), le… (Illisible) fils de… (Encore illisible). L’encre de l’imprimante a bavé, coulé sur le papier, laissant de longues traces noires, diagonales du rien que fut Eléazar.

II

Le dernier souffle d’Eléazar fut putride. C’était une journée caniculaire, ce qui contribua peut-être à accentuer l’odeur, qui était bien celle d’un cadavre putrescent, à l’état de décomposition délicieusement avancé. Eléazar avait l’intérieur pourri au moment de mourir. Les légistes ont constaté toutes sortes de moisissures autour des organes vitaux. Le cœur était le plus touché par de petits bubons turgescents qui recouvraient les deux ventricules, il leur a semblé par ailleurs que les artères étaient remplies non plus de sang mais d’un curieux pus jaunâtre. La description de cet intérieur ignoble révèle à quel point Eléazar était si peu vivant avant d’expirer. Les poumons étaient flétris, les bronchioles racornies laissaient penser qu’il avait dû suffoquer à peu près toute sa vie. Sans elles, l’air n’accède pas aux alvéoles, tubes minuscules qui, chez Eléazar, avaient l’aspect d’une anguille anémiée. Le foie ne fut pas épargné, boule de suif immonde aux âcres exhalaisons, dégoulinant d’un liquide étrange et poisseux. Son dedans était un cloaque d’impureté que rien n’aurait pu sauver. 

III

Une belle femme aux cheveux roux prononça un discours interminable aux obsèques d’Eléazar. Elle dit cependant deux ou trois choses un peu vraies.

« Qu’il était laid, mon ami, quand il était triste. La mélancolie avait élu domicile dans son cœur. Il avait le teint leste et semblait fait pour l’opprobre. Sa loyauté, sa gentillesse et son caractère funeste ne convenaient pas aux hommes de notre monde. Rien n’égalait sa naïveté, qui le rendait parfois touchant, souvent idiot. Je me souviens un jour de juin, aux alentours de Barcelone, il avait voulu manger du sable. Nous étions allés jusqu’à la plage pour qu’il puisse croquer les grains qu’une famille de sandales venait de piétiner. Il voulait sentir le cuir de la semelle et le sel de la mer. Il mâcha le sable, le respira, et suffoqua bientôt en gesticulant de la plus ridicule des façons, à la manière du poisson qui se noie dans l’air. Quand il reprit ses esprits, mes chers amis, il me regarda dans les yeux, et me dit le mot qui change la vie, qui la justifie et la sublime, le mot qui recèle le sens, qui dit tout. Eléazar était de ceux-là, de ceux qui parlent une fois, et qu’on ne peut plus oublier. »

La dépouille d’Eléazar reposait dans un cercueil en chêne. Une horde de d’histrions étaient agglutinés, frémissant d’impatience, autour du corps qui devait renaître.

IV

La veille, à l’aube, Eléazar marchait sur la plage. Le ciel était noir. Les vagues, silencieuses et caressantes, laissaient d’onctueuses traces d’écume sur le sable vert. La lumière perçait le jour, le dégradait, aussi, le rendant visible. De la pénombre surgit Eléazar, au centre de la plage, le regard droit sur les falaises granitiques, escarpées, frappées sans cesse par la houle. Ca bourdonnait dans la tête d’Eléazar. Il portait un foulard en soie, usé et bariolé. Les cheveux hirsutes, sans gravité, malmenés par les rafales qui allègent l’allure. On l’aurait trouvé très sérieux s’il avait été poète, Eléazar, mais il n’était rien, et sur la plage, ressemblait à un aliéné, ou un enfant. Avait-il senti l’imminence de sa fin ? Les yeux jaunes exprimaient l’insouciance, mais l’esprit drainé par le malheur donne parfois l’impression d’être absent. On les reconnaît à la couleur, ces tristes sujets, happés à l’intérieur d’eux-mêmes, incapables d’être au monde, d’être en vie, indignes de l’existence ordinaire. En contrebas, les goélands, célèbres charognards des mers, luttaient pour les restes d’un requin pèlerin. C’est rare, sur nos côtes, ces bestioles. Il y a des milliers de roussettes qui rêvent d’être requin pèlerin. Les roussettes sont toujours vivantes, on les voit s’amuser au large, ailerons brillants.

Soudain, on entendit Eléazar hurler.

V

La veille de sa mort, Eléazar nageait dans des draps humides, trempés de salive et de sueur.

De foutre, aussi.

Eléazar s’est adonné à l’onanisme avec ferveur. Les humeurs qui le traversaient se retrouvaient sur les draps. Les formes et la densité des tâches évoquaient autant de constellations du vide et d’aériennes inspirations de rien. Il aurait fallu un Champollion du fluide pour déchiffrer les mélodies du sperme et de la sueur d’Eléazar.

Le linge du cercueil, toutefois, était sec.

Gardons secret le récit de la jeunesse d’Eléazar, préservons la calomnie. Son enfance, en campagne de Morlaix, au bout de la tourbière du triste corbillard, dans une majestueuse chaumière, fut un havre bucolique encerclé d’étangs. Voilà tout.

VI

Les pleurs abondaient en ce jour funèbre. Un cri s’éleva au-dessus des sanglots :

« Eléazar ! Sors ! »

Un éclat de rire manqua de faire éclater les vitraux en mille morceaux.

« Et le mort sortit, les pieds et mains liés de bandes, et le visage enveloppé d’un linge ».

La foule, immobile, fixait le corps pâle et ressuscité. Les murmures gagnèrent la nef et un homme aux moustaches grasses et au ventre rond embrassa le sol. On se leva, et on pleura encore, sur le sort de ce pauvre mort, plus vivant que jamais, nourri du surnaturel, de l’extatique passion de ceux qui n’ont pas cessé d’adorer le Golgotha, interminable calvaire, modeste celui d’Eléazar, qui tombe à genoux, les rotules craquent, aux pieds de Celui qui, un peu plus tôt, détournait le regard et semblait mépriser l’insoutenable médiocrité d’un monde pour lequel il n’aurait plus voulu souffrir. Que faire de la profonde ignominie des hommes qui ont massacré Eléazar ?

Digne Eléazar, grimpe à la corde, accroche toi aussi fort que tu peux, monte encore, les paumes meurtries, les épines de chanvre trouent l’épiderme, les gouttes de sang roulent sur les poignets, regarde le monde, invisible, dissimulé dans une obscurité factice.

On s’emporte facilement quand on assiste à une résurrection. C’est le lyrisme miraculeux qu’on réserve aux grandes occasions, qui exaltent la sensibilité et plongent les cœurs dans la contrition. La mort d’Eléazar devait souffrir de ce style, de ce ton de cathédrale, qui me dégoûte un peu, mais au diable ce que j’en pense.

Fin

On l’admira, Eléazar, on désira le toucher du bout des doigts, le mouiller du coin des lèvres, la fièvre gagna les esprits. Passée la stupéfaction, les thuriféraires du divin se précipitèrent sur Eléazar. Il faut imaginer une horde de corps, un amas d’humains, de toutes les tailles et de toutes les formes, s’abattre d’un coup sur un mort à peine vivant. C’était inévitable, Eléazar, fraîchement ressuscité, fut écrasé, accablé à chaque endroit par les talons meurtriers de ces adorateurs du vide. Eléazar, comprimé, brisé par la foule, le visage pétri par mille mains, face contre terre, humilié par la violence aveugle d’une sainte folie, devait finir sa nouvelle existence aux outrages et au dépotoir.

On entendit une voix de petite fille à l’âme toute pliée pleurnicher et supplier à voix basse : « Déliez-le, et laissez-le aller ».
« Modifié: 10 Août 2019 à 13:57:32 par Agapanthe »

Hors ligne Feather

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Le mort Eléazar
« Réponse #1 le: 06 Août 2019 à 23:07:56 »
La tristesse émeut par ce qu'elle transparaît,  toujours douloureuse, elle éveille l'être vers une esthétique du moi intérieur. Sa souffrance laisse une ombre sur le parvis de la vie mais jamais innocente elle signe les incompréhensibles besoins de s'extraire d'un quotidien tumultueux et incertain. Le bonheur serait d'en saisir le sens et d'en parachever la signification pour analyser les symboles de l'aliénation mortifère. Le corps est le réceptacle  de l'insuffisance où un trop plein d'amour, pour lequel l'être s'adonne à la maltraitance afin de se soustraire à la relation véritable. Le lien verbal n'est plus, car le mot se disperse dans l'incompréhension et l'incorporéité du sujet. Le corps devient alors l'expression d'un non-dit et la maîtrise de la peur sur l'inconnu.
Les larmes sans pleurs sont une lanterne.

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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  • Championne de fautes de frappe
Re : Eléazar
« Réponse #2 le: 08 Août 2019 à 15:48:00 »
Coucou Agapanthe !

J'ai cliqué sur ton texte au hasard, et j'ai lu. J'ai beaucoup aimé le style, et l'ambiance bizarre du texte.
Par contre, la fin me laisse un peu circonspecte : c'est le début d'un texte plus long ? Parce que si ça n'est pas le cas, je suis un peu mitigée sur l'histoire : on a surtout une mise en place et on s'attend donc à ce qu'elle se termine sur une chute. Mais là ça s'arrête un petit peu en queue de poisson - ce que je trouve dommage, parce que le reste du texte est intrigant et ton style très évocateur !

Ce que j'ai relevé au fur et à mesure de ma lecture :

Citer
Eléazar est un mort qui n’a pas été vivant.
ça, c'est une phrase d'accroche qui en jette !

Citer
Certains diront l’avoir vu, au bout d’une allée, au milieu d’un jardin, sous un olivier ou à côté d’un pin, mais c’est à peine une ombre, presque un spectre de rien, Eléazar, dont le nom résonne contre les parois d’une grotte rose, quelque part au nord de la Bretagne, Côtes d’Armor.
J'aime vraiment bien la musicalité de cette phrase, qui a comme des rimes intérieures, qui donne à entendre l'écho qu'elle décrit :)

Citer
Elle commence comme un poème, la mort d’Eléazar. On ne la saisit pas, elle échappe, au réel, au sens.
:coeur:
(je vais peut-être arrêter de relever toutes les phrases, mais décidément, j'aime beaucoup ton style !)

Citer
V.né à R.
Un espace en fuit avant "né"

Citer
L’encre de l’imprimante a bavé, coulé sur le papier, laissant de longues traces noires, diagonales du rien que fut Eléazar.
Toujours fan du style  :coeur:

Citer
Sans elles, l’air n’accède pas aux alvéoles, sortes de tubes minuscules qui chez Eléazar avaient l’aspect d’une anguille anémiée.
Je bute sur le "sortes de" qui fait très "description encyclopédique" et s'intègre mal avec le ton poétique du reste du paragraphe

Citer
car on se moquait bien de ses états d’âme, dont il ignorait la profondeur.
Je ne suis pas sûre de saisir à qui renvoie ce "il". À Eleazar ? Dans ce cas, je ne comprends pas trop la remarque

Citer
Je me souviens un jour de juin
Comme on se souvent "de", je dirais que là il faudrait soit "je me souviens d'un jour de juin" soit "je me souviens, un jour de juin"

Citer
aux alentours de Barcelone, à quelques kilomètres de l’océan,
c'est la mer, qui est à Barcelone, pas l'océan ^^

Citer
Eléazar était de ceux- là
ceux-là (sans espace)

Citer
On l’aurait trouvé très sérieux s’il avait été poète, Eléazar,
:coeur:

Citer
La veille de sa mort, Eléazar, mort déjà,
Je trouve que la répétition de "mort" est pas très jolie

Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Agapanthe

  • Tabellion
  • Messages: 21
Re : Eléazar
« Réponse #3 le: 08 Août 2019 à 20:14:59 »
Salut Milora !

Merci d'avoir pris le temps de me lire et d'écrire ce commentaire. Je vais essayer de te répondre le mieux possible.

Tes compliments me vont droit au coeur et m'encouragent. Je sais l'effort que cela représente. Souvent, je commence des brouillons de commentaire, voulant dire ce que je pense d'un texte, à la fin mutique.

Je ne sais pas quoi penser de ce texte, il a été écrit un peu par hasard, et comme l'écriture est laborieuse pour moi, j'ai souhaité le partager, car il venait de quelque part, et peut-être y avait-il de jolies choses. Je l'avais initialement publié dans la section "Poésie". Je ne l'ai pas pensé comme fini, j'ai envie de le continuer, donc peut-être qu'Eléazar deviendra quelque chose de véritable, mais pour l'instant il reste insaisissable, et insatisfaisant à bien des égards.

Merci encore pour tes commentaires, je les prends en compte et corrige dès à présent certaines erreurs que tu relèves.

Sur la profondeur, c'est l'âme dont il est question. Qu'il y ait un peu de confusion ne me dérange pas tellement, au contraire.

J'ai conscience que ce n'est pas une réponse très éclairante, mais c'est le moyen le plus sûr de te témoigner ma gratitude, avec toute l'obséquiosité dont je suis capable.

A bientôt !
Tubéreuse

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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  • Championne de fautes de frappe
Re : Eléazar
« Réponse #4 le: 08 Août 2019 à 20:27:34 »
Oh, de rien ! Contente que le commentaire t'ait fait plaisir. Je me relis et je m'aperçois que j'ai plus insisté sur le négatif (mon impression sur la fin) que sur le positif - ce qui est un tort, parce que, vraiment, j'ai trouvé ton style très réussi, avec une véritable personnalité. Il est fluide, évocateur et plein de petites pépites discrètes dans les tournures de phrase qui lui donnent une sorte de poésie sobre. Le personnage d'Eléazar est aussi intriguant et la bizarrerie de sa mort, son côté un peu surréaliste, pique vraiment la curiosité. Je crois que c'est pour ça que la fin m'a frustrée, parce qu'une part de moi se disait que tu conduisais ton histoire d'une main de maître et s'attendait à un final contrôlé ^^

Juste, pour rebondir sur un point :

Citer
On le prit souvent pour un imbécile, qu’il fut parfois, car on se moquait bien de ses états d’âme, dont il ignorait la profondeur.
-->
Citer
Sur la profondeur, c'est l'âme dont il est question. Qu'il y ait un peu de confusion ne me dérange pas tellement, au contraire.
Aaaaah ! Je comprends mieux l'intention de la phrase, du coup. Par contre j'ai dû relire deux fois parce que je comprenais toujours que le "dont" avait pour antécédent "états d'âme" et pas "âme". Je trouve pour le coup que l'ambigüité dessert l'idée - qui est jolie. Peut-être répéter âme ? Du genre "on se moquait bien de ses états d'âme - âme dont il ignorait la profondeur", ou une pirouette du style ?

« Modifié: 08 Août 2019 à 22:31:43 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Agapanthe

  • Tabellion
  • Messages: 21
Re : Eléazar
« Réponse #5 le: 10 Août 2019 à 14:05:55 »
Milora,

Merci encore pour tes mots qui sont très précieux, tu l'as compris.

J'ai repris ce texte tout à l'heure, pour lui donner une fin, qu'il soit moins frustrant. En revanche je ne suis pas sûr que ça le rende meilleur ! Je n'aime pas revenir sur les choses, mais enfin, j'ai cédé pour cette fois, et le texte a subi pas mal de changements, suivant certaines de tes judicieuses recommandations. Beaucoup de suppressions, et peu d'ajouts, tendre à l'épure.

Si tu repasses par là, et que tu as envie de savoir la fin, elle est pour toi.

A bientôt,
Agapanthe

Hors ligne Manu

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 543
Re : Eléazar
« Réponse #6 le: 10 Août 2019 à 15:34:39 »

.
« Modifié: 12 Juillet 2022 à 12:41:13 par Manu »

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : Eléazar
« Réponse #7 le: 10 Août 2019 à 22:38:31 »
Coucou Agapanthe !

Je repasse par là et découvre avec joie une fin à cette nouvelle \o/
Je l'ai relue.
Eh bien voilà, là je la trouve entière, avec une fin, une idée-phare, quelque chose qui la clôt sur elle-même ! Et je trouve ça joli, poétique et enrobé de plusieurs couches d'interprétation, ce qui est toujours chouette.

J'ai par contre tiqué sur (oui, je suis pénible  :-¬? ) :
Citer
La foule, immobile, fixait le corps pâle et ressuscité. Les murmures gagnèrent la nef et un homme aux moustaches grasses et au ventre rond embrassa le sol. On se leva, et on pleura encore, sur le sort de ce pauvre mort, plus vivant que jamais, nourri du surnaturel, de l’extatique passion de ceux qui n’ont pas cessé d’adorer le Golgotha, interminable calvaire, modeste celui d’Eléazar, qui tombe à genoux, les rotules craquent, aux pieds de Celui qui, un peu plus tôt, détournait le regard et semblait mépriser l’insoutenable médiocrité d’un monde pour lequel il n’aurait plus voulu souffrir.
Je me doute que c'est volontairement une montée crescendo vers le trop plein, mais je trouve que c'est un petit peu laborieux, à la différence de tout le reste du texte qui est ciselé au détail près. Là j'ai trouvé ce passage un peu lourd.

Mais à part ça, j'ai beaucoup aimé ce texte - et sa nouvelle fin ! - J'aime bien les modifications que tu as apportées au début (je ne les ai pas toutes repérées, mais celles que j'ai vues le changent en bien, je trouve).


Merci pour cette lecture et à bientôt pour la prochaine, j'espère ! :mafio:
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

 


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