Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

20 septembre 2020 à 05:56:47
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Auteur Sujet: Chatouiller le misanthrope  (Lu 9463 fois)

Hors ligne Dot Quote

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Chatouiller le misanthrope
« le: 04 août 2019 à 18:31:56 »
Citation de: index
en présentoir de présentation : exégèse de chatouille
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en index :

- I -
Chatouiller le misanthrope * - EnosHam - Macabriolet - Surp
Monsieur chatouille - Laïka & Félicette - Monsieur Singe - Livraison des masses - Monsieur branche - Madame piaffe - Des ires & obsession - Papy Savane - Monsieur sourit - croque-(m(isanthrope)o(nsieu)r)((-cha)t(ouille)) * - Monsieur & Madame Cygne - Tête-de-lit note - Loue des bois - Fourmir - Nous pigeons - Des blattes errent *

- II -
Monsieur corne (wp) - Monsieur banane (wp) - Singer le misanthrope (wp) - Madame a régné (wp) - Lézards & niés * (dans ce message) - D'yeux (wp) - Henriu * (dans ce message) - Monsieur vive - ce corps pion (wp) - monsieur toc (wp) - monsieur Monsieur (WP) - Heplague - en corbeau coût - la volonté de poisson (fb) - les lits massent (fb)

- III -
Zoonivers - Un sou-venin - Sainte Jongle - Sole attitude - M. Haze - monsieur schtroumpf - Parce qu'espaces comptent - madame montre - Oronge - Thaûma

- IV -
monsieur Bougon - Masses de livraison - monsieur M'amuse - monsieur M'affame - monsieur M'étale - monsieur M'édite - monsieur M'est trop - messieurs les cas m'isolent - Carré d'os - Quinte de tous - Apex décimal - Vénération - Intermidial

- V -
La conscience du spirographe - Sa barbe qui l'empêchait de sourire - Parfois il cueille des trèfles en passant sur l'autoroute - Chatoumouiller le misanthrope - l'amisanthrope * - monsieur D'or - les arpenteurs de pierre

- VI -
la gazette du misanthrope - debout monsieur - m comme singe (dans ce message) - chatouilleur de buffle - monsieur mouche - papouiller le misanthrope - grassouillet le misanthrope

- VII -
affaire de singe & autres bafouilles - meme zanthrope (spécial) - mise en plan & pousses de taupes - la mini saga du singe - mad jigg zanthrop - monsieur sinche (wp)

- VIII -
derrière la trace du vent

^
the last
-
M
I
S
A
N
T
H
R
O
P
I
E
-
pour leurs contributions,
merci à :

________________
Manu
Quaedam
Feather
LaurenH
Yuugure
maruki
Le nuage goéland
Xeraphia





Chatouiller le misanthrope

C'est quatre pauvres singes qui se tournent le dos.
Dieue les a mis là et ils ont l'air bougons. Ils sont posés sur leurs derrières, les jambes en accoudoirs et les poings repose-menton. Leurs lèvres de primates expriment un renflement mécontent, et au dessus, un coup des sourcils froncés, un coup des narines pincées. Mais toujours, ce soupir qui semble émaner d'eux. L'un pète ; sans lui accorder un regard au quart retourné, l'autre se bouche le nez, lève les yeux aux ciel ou se couvre les tempes d'un air exaspéré. L'un s'enlève une puce ; il la jette dans le tas de trois derrière lui et l'autre se met à se gratter... S'intéresser à l'angle mort de derrière, c'est frauduleux pour les singes. Le faire, déjà, pose un effort moral autant que physique, bien trop déroutant pour leur permettre d'oser assez fréquemment. Le faire en même temps qu'un autre, et regretter la honte qui en découle, c'est juste ce qui mène à nouveau à l'état de bougonnerie ambiante lorsqu'ils scrutent chacun droit devant eux, sans se voir. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que Dieue les a disposés dans une pièce carrée, invisible de leurs yeux, et qu'ils en occupent chacun un des coins, face à l'angle. Les singes sont misanthropes ; ils n'aiment pas ce qui a la forme d'un humain. De près ou de loin, ils ne peuvent pas les saquer, comme ils ne peuvent plus se saquer eux-mêmes. C'est pour ça qu'ils ruminent dans leur angle, le dos vouté et la tête creusant d'un mouvement boudeur, ce qui fait foi dans leur immobilisme. Dieue les a mis là pour rigoler un peu. Voir ce qui adviendrait si on mettait toutes les forces opposantes dans un bocal. Eh bien, elles s'isoleraient aux quatre cardinaux. Ces directions données par leurs regards restent relativement méthodiques, pourrait-on se dire puisqu'elles couvrent la totalité régulière de l'environnement. Mais aucune ne se permet hélas de profaner une autre, et c'est le défaut des misanthropes. Placez-les dans un espace clos, vous pouvez être sûr que la sauce ne va pas monter... elle va macérer et pourrir. Les singes grognent, ils grommellent. Rien ne les motivera à se déplacer vers un autre ; après tout, à quoi cela sert-il ? Autant rester assis planté là, pour Dieue-ne-sait quelle raison éphémère ou seulement ponctuelle.


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m comme singe

"
Un truc de bambou appliqué à l'encre de fumée vaporeusement délitée par-delà un poumon grandiloquemment désarticuled, morfondud, baliverné vers d'autres universalées, les notes, les huîtres, les citrons vert et les pas murs, de brique non, il fallait juste un stylo pour foutre la merde dans la singerie.
Au poil la plume ? Léger le pinceau ? Calame à l'âme en vagues de calligraphies, il fallait à l'anthropotruc un chose qui est pas super facile à expliquer, quand on y réfléchit juste assez. Bin ouais. Il voulait quoi, quand il s'est dit, bin tiens, ce nuage ressemble à cette fumée, et son ombre aussi, et oh, le reflet dans l'eau... Qu'est-ce que l'image ? Et puis lui-même de rétorquer pour se morfondure encore plus : et si image, qu'est-ce qui n'en est pas ?
Alors il a pris un bambou, il l'a trempé dans un bain de sang de vierge parce qu'elle voulait lui piquer l'idée et qu'il avait besoin du sang pour son plan et que fortuitement elle était vierge. La jeunesse... Bref, à l'encre rouge il a tracé des mains, l'ocre de la terre, mélangée au sanguin de l'encre, rendait une pâte noirâtre qui a assombri son âme, pense-t-il parfois lorsqu'il n'est pas éclairé par son stylampe de poche...
Il a chaussé ses lunettes et lustré sa paire de chaussures. Il y voit pas plus loin que le bout de ses pieds, c'est normal quand on regarde le sol. Alors il a glissé une feuille, une peau, un truc quoi, qui fait une couche plate à la dimension particulière qu'on peut s'y plonger dedans et en trouver d'autres, cryptées dans un monde, et qui révèlent tout ce qu'il y a de pandoresque dans la découverte de l'expression, la mise en abîme de l'étant universel, qui se cherche, qui se trouve, s'approxime...
Bon bin ouais pis non, en fait parce que, voilà : au début c'était rigolo et pas bien méchant, mais le mal était tout de même fait : se cracher sur le dos de la main avec du piment d’Espelette, c'est cool dans une grotte au coin d'une flamme... Faire un gribouillis, pareil, c'est grisant au moment où tu signifie à l'autre que c'est un nuage hyperréaliste dessiné à main levée... Mais quand tu commences à dessiner une tête de taureau à l'envers et que ses cornes tracent les bases du alphabet, tu te doutes même pas que c'était à la fois pour compter, et pour nommer. L'Histoire commençait, l'écriture avait enfermé l'anthropotruc avec lui dans la boîte-aux-pandolettres...
Pis un jour faudrait ramasser le courrier j'crois, parce que Gaston il est cool avec son anthropopull vert, son flegmatisme nonchalant à l'extrême larvitude de la feignantise, il est super sympa face aux méchants capitalo-productivo-pressés du bulbe, et en fait bin quand-même : il a un statut de merde, parce qu'il sert à rien ou pas grand chose ! Donc le courrier, alphacteur dans la pandore sponsorisée par la poste, y'a une clé, et l'anthropotruc il en a rien à se cacheter d'un timbre irresponsable, non, il a pris le stylampe pour s'éclairer un chemin dans sa poche, vas juste comprendre pourquoi il avait un stylampe et une poche, c'est pas ça le problème.
Non.
Faudrait voir à pas trop chercher trop...
"
« Modifié: 15 septembre 2020 à 19:31:43 par Dot Quote »
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Re : Chatouiller le misanthrope
« Réponse #1 le: 05 août 2019 à 05:55:44 »
EnosHam

"- Oh tiens, encore un jet privé de pauvre.
Regarde-moi ça, il est tout pimpant ! C'est à se demander comment ils font pour passer inconitos, ces pauvres, hein ? Non, moi je dis qu'on leur explique pas assez que vivre c'est pas très bon pour eux, dans ce monde évolué. Faut qu'ils arrêtent.
Bin ouais, nan mais regarde moi ces finitions. Dès le début tu remarques que ça traîne dans les aéroports de dernière zone. De la crasse, du gras, de la poussière, et pourtant. Pourtant il est tout pimpant le jet, et ce qu'il y a de plus navrant dans tout ça c'est que le type qui le pilote va s'en plaindre toute sa vie, et plus il va rager pour lui ou pour les autres, et plus les fientes vont s'accumuler sur son pare-brise de coucou précoce.
En vrai, hein, heu... il va s'en plaindre, gémir à en mourir, et finalement, justement, en mourir. Sérieusement, les gens crèvent de tout un tas de situations, et la pauvreté est un phénomène de divergence sociale qui tourne à l'aigre, moi je dis. Quand tu vois qu'il faut payer pour être riche, payer pour être pauvre, payer toujours plus ou moins selon où tu nais, et il n'y a que des facteurs que tu ne maitrises pas qui font que tu te retrouves au volant d'un jet ou d'une planète... Mais quoi alors ? Le problème ne vient pas du fait que le type au jet va se plaindre toute sa vie de sa situation, comme le type à la planète ; non, le problème vient du fait qu'au moins l'un des deux a forcément raison de le faire à un moment donné. Lorsque le pauvre se plaint d'être pauvre, il a surement raison quand il entend les désagréments, plus que cela même, les freins à l'existence, qu'il rencontre par le fait même qu'il n'a pas accès à ce qui se transmet de plus capitaliste, c'est-à-dire les choses valorisées par chiffrage, autrement la plupart des trucs quantifiables, oui, tout le matériel, quoi !
Or donc, quand le monde physique ne supporte pas ses propres modalités individuelles, moi je dis que celles-ci évoluent ou disparaissent. Donc ce jet de pauvre incrusté de diamants, je veux bien qu'il atterrisse en antarctique pour combattre les effets perçus de sa pauvreté, mais ne venez pas me dire que tout se perd...
Et d'ailleurs, par contre, vous pourriez me dire que si la pauvreté se perd, alors... alors quoi ? Les riches vivront dans l'illusion ? Un peu plus, certes, quoique je n'en sais fichtrement rien. Mais au moins les pauvres seront moins nombreux à compter les diamants de leur jet privé. Et les riches pourront peut-être alors, et à ce moment là seulement, envisager de savoir quoi faire de leur planète. Bon, c'est la nôtre aussi, de planète, à nous qui venons en antarctique pour croiser les mêmes jets de pauvres que par chez nous, qui snobent d'un tourisme peu frileux les zones amorphes de l'humanité terrestre. En vrai, imagines... lorsque les pauvres seront encore plus forts et qu'ils occuperont toute la planète... Où se cacheront les timides riches qui n'ont pas le droit moralement consenti de s'occuper de leurs actionnaires ? Moi je sais pas, hein, mais à leur place je ferais un peu de nettoyage, voilà. Heu...
Un petit nettoyage de rien du tout hein, non, trois fois rien. Juste une histoire de nombres, mais comme personne n'aime les nombres, on voit pas le problème. Les taux par exemple, quand c'est pas entre un et cent, un pourcentage n'a généralement que peu d'impact. Alors imagine comparer les démographies, les spatialités, les déterminismes dans un référentiel terrestre tel que le nôtre... De quoi devenir fou ! D'ailleurs c'est pas sans raison que les types se plaignent d'avoir un jet privé de pauvre à diamants pour aller se les cailler en antarctique, on marche sur la tête sérieux, moi je te le dis... regarde ce réacteur complètement hallucinant.
Bref... ils sont où les pingouins ?"
lol

Hors ligne Manu

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Re : Chatouiller le misanthrope
« Réponse #2 le: 08 août 2019 à 19:24:00 »
Bonjour Dot quote,

Tes  textes ne sont pas toujours facile d'accès pour moi, et voilà... Celui avec les singes se lit super bien, ma lecture a été fluide (je ne sais pas si c'est un compliment pour toi) et je suis resté dans le texte.

J'ai trouvé sympa ton dieu féminin, tout aussi vicelarde que les autres.

Il y a un petit quelque chose du huis-clos de Sartre dans cette histoire de l'impossible.

Bravo et merci pour le partage

Hors ligne Dot Quote

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Re : Chatouiller le misanthrope
« Réponse #3 le: 09 août 2019 à 16:57:54 »
Manu, un honneur de susciter ta réaction
Au plaisir
lol

Hors ligne Quaedam

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Re : Chatouiller le misanthrope
« Réponse #4 le: 11 août 2019 à 22:42:24 »
Citer
les jambes en accoudoirs et les poings repose-menton. 

Ma réaction : « oh c'est trop cool ». J'adore cette description tellement visuelle, maline et efficace.

Citer
Mais toujours, ce soupir qui semble émaner d'eux. L'un pète ; sans lui accorder un regard au quart retourné, l'autre se bouche le nez, lève les yeux aux ciel ou se couvre les tempes d'un air exaspéré.
Je ne suis  pas sûre que la proximité du « soupir » et du « pet » mots soit très heureuse. L'un comme l'autre exprime un épisode venteux. Ainsi je comprends ce passage comme si un nuage de flatulences émanait toujours d'eux.

Citer
. S'intéresser à l'angle mort de derrière, c'est frauduleux pour les singes. Le faire, déjà, pose un effort moral autant que physique, bien trop déroutant pour leur permettre d'oser assez fréquemment.
« De l'oser » plutôt ?

Citer
la tête creusant d'un mouvement boudeur, ce qui fait foi dans leur immobilisme.
Creusant quoi ? J'ai l'impression qu'il manque une proposition. Ou alors, la virgule est mal placée et on devrait lire : "la tête creusant d'un mouvement boudeur ce qui fait foi dans leur immobilisme." Mais dans ce cas, qu'est-ce qu'il fait foi ?
A mon avis sens, cette phrase est un peu trop floue. Je sens que ton texte est volontairement trouble pour laisser au lecteur le plaisir de le décortiquer, mais pour le coup, je trouve cette phrase grammaticalement incompréhensible. 

Citer
Les singes sont misanthropes ; ils n'aiment pas ce qui a la forme d'un humain
Oh, mais serait-ce un indice laissé par l'auteur sur la vraie nature des singes ?

Citer
 De près ou de loin, ils ne peuvent pas les saquer
Très bel usage de la familiarité dans une fable. Sa violence et sa redondance montre qu'il s'agit du nœud du problème. (A mon avis:D)

Citer
Autant rester assis planté là, pour Dieue-ne-sait quelle raison éphémère ou seulement ponctuelle.
J'aime beaucoup le jeu du « éphémère » et « ponctuelle ».

Le texte sur les signes est une fable pleine d'humour cynique. J'aime énormément la parabole (je peux utiliser ce terme n'est-ce pas ? La présence de Dieue de me permet?). La description est claire et visuelle, tu utilises des constructions simples mais les images proposées sont particulièrement efficace pour illustrer ta scène. Les réflexions que tu en tires sont assénés avec calme et fermeté. Je trouve ce texte superbe. Merci beaucoup.
(J'avoue que j'ai essayé d'y voir une fable politique, puis je me suis dis que cela ne collait pas. Au moindre pet, les singes se serait entre-tué...:D)
Si cela ne t'importunes pas trop, j'aimerais aussi commenter le second texte bientôt !:)

Hors ligne Manu

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Chatouiller le misanthrope
« Réponse #5 le: 13 août 2019 à 06:40:55 »
Salut Dot Quote

L'honneur est pour moi, monseigneur. ;)

EnosHam

inconitos   incognitos

la pauvreté est un phénomène de divergence sociale qui tourne à l'aigre
le problème vient du fait qu'au moins l'un des deux a forcément raison de le faire à un moment donné
quand c'est pas entre un et cent, un pourcentage n'a généralement que peu d'impact.

Remarquables phrases.

Eh bien, j'ai bien fait de prendre une respiration entre le premier et le deuxième texte. Cela m'a permis de lire cette cascade logique sans m'arrêter de sourire. Bravo pour ce texte à tiroirs.

La question du « nettoyage » fait froid dans le dos, bravo pour en parler. Tu arrives ici à la placer sur un ton léger, c'est une des forces du texte.
Et puis, ton texte m’entraîne en pensées :
Doit-on tuer les pauvres heureux avant la révélation de leur condition irrémédiable ou espérer qu'ils meurent aigris en ayant attendu d'être riches toute leur vie ? Et surtout, la Terre a-t-elle le temps d'attendre que les pauvres meurent d’essoufflement ? L'ultralibéralisme a déjà commencé à y répondre, mais heureusement des textes comme le tien...

Une bien belle lecture pour moi.

Hors ligne Dot Quote

  • Palimpseste Astral
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    • mordelang
Re : Chatouiller le misanthrope
« Réponse #6 le: 18 août 2019 à 16:15:31 »
C'est fort aimable à vous d'avoir laissé votre ressenti !
Le mien s'apparente face à vous à de la gratitude...
...et face au texte, à un rire gras et plein, qui résonnnnnnnnn

au plaisir !
lol

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Macabriolet
« Réponse #7 le: 27 août 2019 à 08:21:51 »
Macabriolet
Tandis que je m'exhume
Du glas je me distingue
Un zeste malassuré
A l'amertume en reste
Me sont poussés des zèles
Pour fuir loin du bitume
Avis à tous les zingues
Je n'effleure que mes plumes
Car les autres me disent dingue
Et leur vol-à-l'enclume
En lourd labeur du geste
Ne saurait rendre pur
Tout retourné de veste
lol

Hors ligne Feather

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Re : Chatouiller le misanthrope
« Réponse #8 le: 27 août 2019 à 09:04:44 »
Bonjour Dote Quote
Marquer la passerelle entre un cynisme élégant et une sordide démonstration n'est pas toujours aisé à faire . "Et tu sais le faire. "
Thème et style bien menés, la lecture de ton second texte fut très agréable.
« Modifié: 27 août 2019 à 13:01:50 par Feather »
Les larmes sans pleurs sont une lanterne.

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Re : Chatouiller le misanthrope
« Réponse #9 le: 01 septembre 2019 à 05:05:11 »
Surp
Mais arrête un peu avec ta fixation sur la surpopulation...

Déjà, y'a encore de la place. Donc le mot 'promiscuité', je vois pas pourquoi l'humain l'a inventé ni à quelle réalité il pourrait correspondre, si ce n'est, peut-être, à celle d'animaux entassés dans des résidences où ils ont le loisir de manger tranquillement dans leur petit logement individuel en attendant qu'on les mange...

Ensuite et pour rester sur le thème du comestible, je sais que c'est pas un argument qui concerne le débat, mais on pourrait largement nourir toute la planète humaine, si on y mettait de la bonne volonté. Donc pareil, on est pas trop tant qu'on peut tous manger ! J'ai dit 'pouvoir', pas 'réaliser', hein ! Faudrait pas nous croire si intelligents qu'on saurait mettre en place des solutions à nos problèmes...

Par ailleurs, je vais pas glisser sur un hors-sujet, mais plus les pays sont développés, moins il y a de natalité. De fait s'il y avait risque de surpopulation, on s'en éloigne avec le temps, donc te prends pas la tête à essayer de calculer une solution, elle arrive toute seule parce qu'on est des humains intelligents et à l'instinct infaillible.

Bon, ok, la petite info chiffrée pourrait faire peur, mais c'est que des chiffres ça veut rien dire ! On a multiplié par sept notre démographie en cent ans après avoir passé le milliard, bin moi je dis c'est pas du tout la marque d'un défaut de gestion de l'effectif. Juste on se développe, on grandit, comme ça, parce que stagner c'est pas la vie...

Et t'es drôle, mais j'suis sûr t'aurais l'occasion d'avoir des mômes, toi aussi tu dirais bêtement oui en espérant qu'ils aient une meilleure vie que la tienne... Tu crois on va arrêter nos pulsions juste parce qu'un con pense que c'est un crime que de donner la vie ? Attends, laisse tomber, la joie d'avoir un gosse ne se compare pas à la petite tristesse adolescente qu'on passe assez vite quand on a les moyens de se voiler la face.

Encore, qu'on se plaigne de la file au supermarché, ok, mais surpopulation, tu déconnes sec ! Oui et le 15 aout on est un peu serrés, effectivement, mais qu'est-ce tu veux, c'est la faute au calendrier mouton ! Ok, six mois de ta vie au feu rouge quand t'habites en agglo, mais ça peut pas être lié aux nombres de gens voyons !

Et en vrai tout ça c'est du détail ! Je sais même plus comment te dire que tu as tort, après tout si l'humain était capable de croitre aussi dangereusement, bin il parlerait quand même un peu plus lucidement des tensions entre les peuples qui se marchent dessus pour des territoires. Y'a pas de problème je te dis !

La preuve que c'est du détail et un faux problème : oh pis non en fait, ce soir j'ai pas trop la tête à réfléchir, je vais me poser tranquille devant la télé, ils passent un documentaire écologique et moi j'aime pas empiéter un peu sur la planète, alors je me sens concerné et je parlerai de l'émission, demain, à mes collègues de bureau, avec la certitude que j'ai apporté ma pierre à l'édifice.

Je te laisse, à plus ! Pis vraiment, te prends pas la tête à te demander quel nombre serait idéal. Au fond on s'en fout, non ? Le jour où il faudra réguler la population, on inventera bien des illusions pour manipuler les futurs parents. Pour l'instant, le mariage forcément amoureux c'est tout ce qu'on a et ça n'influe absolument pas sur la démographie ! Enfin pas trop, je veux dire, mais c'est pas ça le problème, je te dis... allez !
lol

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re : Monsieur chatouille
« Réponse #10 le: 13 novembre 2019 à 06:17:06 »
Monsieur chatouille
C'est un singe un peu bougon, il entre dehors de la forêt dans cette clairière, et il foule l'herbe haute. Il est un peu déstabilisé par l'ambivalent changement de visibilité. Dans les arbres il y a des obstacles au regard, mais il est au dessus des choses et peut les observer à loisir entre les branchages et les feuilles. Mais là, au sol, l'herbe et la bassesse terrestre l'empêchent de voir autre chose qu'un ciel infini et intouchable, qui descend jusqu'à un horizon tout aussi infini et intouchable.
C'est alors que le singe un peu bougon se dresse devant un rocher posé là. Il l'escalade alors.
Dessus, la vue est étonnante. Un mélange des hauteurs de la forêt, et de la plénitude de la clairière. Il voit le ciel d'à peine en dessus d'en dessous, et il voit l'horizon. Il voit l'herbe sous lui, et ce qui s'y passe. Au loin la frêt a l'air si confinée. Il savoure, se délecte de cet espace infini. L'étendue de sa présence au monde est telle qu'il n'en a jamais aussi intensément ressenti.
Alors il en veut plus.
Il aperçoit au loin un rocher plus grand, et il se dit alors que tout sera mieux, une fois qu'il sera posé sur ce nouveau qui est beaucoup, beaucoup plus haut. Il descend et marche.
Le rocher est vraiment volumineux. Une fois arrivé en bas, il tourne autour pour envisager comment grimper. Et il lutte un peu dans la réalisation pratique. Finalement il envisage une voie et gravit la piste.
Mais arrivé en haut, une surprise. Un singe bougon observe la clairière, posé sur le haut du haut du rocher, et il est là, oui, bougon et là.
Pourquoi, Dieue ?
lol

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Laïka & Félicette
« Réponse #11 le: 15 novembre 2019 à 10:25:59 »
Laïka & Félicette
C'est une chatte affalée sur le rebord intérieur de la fenêtre. Dehors, il pleut, il fait nuit, le tonnerre gronde et les éclairs viennent hanter les ombres.

Les gouttes de pluies renvoient aux larmes et à la douleur froide d'une solitude qui se résout avec une papouille pudique. La chatte a les yeux dans le vide derrière ses lunettes. Elle est tristement pensive, et un peu trop sérieusement à la recherche de joie. Elle rêve. Elle rêve de ce cocon dans lequel elle voudrait la sécurité de sa propre liberté. Car d'ambivalence elle se sent seule dans son château de pierre qui pourtant l'abrite de la pluie. Alors affalée sur le rebord intérieur de la fenêtre, elle souffle pour dessiner la buée. D'un doigt magique, elle trace quelque symbole d'une paix amoureuse. Elle lisse sa queue en plissant les yeux, d'un réconfort affalé.

Sur son écran tactile, des informations pas trop. Surtout des rapports humains, incarnés par une dynamique de partage enthousiaste, comme elle voudrait pétiller. Des photos de chiens au sourire soleil, un peu béats mais concrètement plus chaleureux que les montants d'acier de la fenêtre sur pluie.
lol

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Monsieur Singe
« Réponse #12 le: 01 décembre 2019 à 13:14:27 »
Monsieur Singe
C'est un singe.
Il est peut-être un peu bougon parce que il y a d'autres singes qui s'enlèvent les puces. Lui il n'a pas de puces. Jamais ne se gratte-t-il, jamais cela ne le démange-t-il. Quand il était petit, il a essayé d'imiter les comportements sociaux de son environnement, mais puisque celui de ceux-ci ne correspondait à rien pour lui, il s'est détourné de l'épucettement. Et d'un effet miroir, il n'a pas été sensible au début, à cette marque d'affection. Il n'a pas construit les liens émotionnels qui lient les singes pour qu'ils ne soient pas bougons.
Aujourd'hui, le singe décide de s'inventer des puces.
Il va voir un autre singe et lui cherche un peu maladroitement les insectoïdes... Rapidement, il en déniche un, et bien après l'avoir désigné devant le singe, il tente de se le coller à la peau. Il écarte les poils de son torse et pose délicatement la bestiole sur un bourrelet. Un regard désapointé plus tard, et le singe tente d'aider le processus en appuyant avec le pouce, comme pour mieux intégrer la puce à l'épiderme.
A la place, une tache de cadavre tire une moue étrange aux deux singes.
Puis l'un, pas beaucoup plus ou moins bougon que l'autre, se détourne tout aussi mutuellement d'avec son compère, et ils repartent chacun chercher des puces aux autres ou rester bougon...
lol

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    • mordelang
Livraison des masses
« Réponse #13 le: 03 décembre 2019 à 19:09:33 »
Livraison des masses
C'est un singe un peu piéton.
Il est aussi un peu bougon, parce que les trottoirs sont exigus ; les routes sont austères et grises, et les voitures oppressent par des bruits de mort. Le singe ne se balance pas de liane en liane, il n'a plus que deux choix. Un sens du trottoir l'obligerait à foncer, irrémédiablement ver le bout de la rue, le croisement, la suivante, et la course, la course... L'autre sens du trottoir le ferait errer, balader, déambuler, au détour des méandres, des cartographies appliquées par des urbanistes architectes.
Et puis il est un peu plus bougon encore, parce qu'un camélion est garé là, sur son trottoir. Et plus loin, une petite citazelle qui elle aussi, prend toute la place et l'empêche de passer. Alors le singe déborde sur la route, les épaules haussées et le torse provoqué.
Un éléphant ne se trompe pas trop à la klaxonner.
Une file de processionnaires s'amasse derrière lui, alors que le singe déborde, pédeusement, sans retenue autre que la nécessité. Il voudrait leur dire que c'est de la faute des trottoirs, des routes, des villes et des jardins ; que oui, il fait un peu chier son monde, mais que là il n'y a pas le choix, car une voiture bouche tout les passages. Ils n'ont qu'à le klaxonner lui, ce camélion.
Où arrêter de se prendre pour des voitures.
lol

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Monsieur branche
« Réponse #14 le: 13 décembre 2019 à 14:59:56 »
Monsieur branche
C'est un singe un peu bougon, il est sur sa branche.
L'arbre est grand, vaste, tentaculairement incident de multiplication de son unicité... Les feuilles vertement nervurées se télégraphent à l'oraison du jour sans cesse renouvelé, spirographe dessinant le point fixe d'un jeu de cercles imbriqués astralement... Et le singe observe le jeu sans en saisir toute la complexité.
Et puis sa branche frémit.
Un autre singe un peu bizarre s'approche. Il a un truc dans la main du pied, et il s'avance vers lui. Il le tient par une forme qui peut facilement s'empoigner, et qui continue sur un grand triangle tout fin et brillant comme des larmes, avec des dents de crocodile. Et alors ? Il se met à mordre la branche.
Au début les morsure bruitent. Ca grince, ça grogne, ça grugrute et ça vibre. Le singe ouvre des yeux mollement intrigués. A quoi servent donc ces inutilités ? Et puis une fente se dessine, ouvertement à venir, car s'intensifiant dans son être nouvellement créé par l'assise pondérée du singe, qui scrute alors le bizarre, interrogateur et presque courroucé.
Crac.
Le singe dégringole, puis se ramasse. Il grimpe à nouveau, pas vraiment satisfait que le triangle lui ait joué un mal de dos. Après tant d'effort, il lui faut une branche confortable afin de se reposer.
Mais l'autre singe bizarre apparait encore, et il recommence. Grri, grii...
Avant de tomber cette fois, le singe bougon saute de la branche qui elle, n'y échappe pas. Il sourcille le bizarre d'un regard froncé. Un silence grognon s'échange, et après un instant de réflexion, le bizarre se meut pendant que le bougon l'observe, immobile. Lorsqu'il le rejoint, c'est pour recommencer sa frénésie vibratoire, sur leur branche partagée.
La fente les sépare du risque, et le singe un peu bougon commence à voir la suite jusqu'à ce que s'épuisent les branches de la forêt...
Alors il descend et marche.
« Modifié: 13 décembre 2019 à 15:20:03 par Dot Quote »
lol

 


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