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Auteur Sujet: [Tic-tac 25 juillet 2019] La gourmandise du mage  (Lu 2335 fois)

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[Tic-tac 25 juillet 2019] La gourmandise du mage
« le: 26 juillet 2019 à 10:31:05 »
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


« J’agrémente la kyrielle de joie de temps en temps. C’est tout. Rien ne me sert de la surcharger. C’est un collier de perles de petits pois en porcelaine : on a sculpté la joie pour en faire un bijou sacré qui ne se porte pas… qui n’est pas fini, d’ailleurs ; aussi suis-je toujours en train d’apporter une pierre ronde à l’édifice. On ne dirait pas mais on toque au plafond. Or, le plafond n’est pas une porte. Donc je n’ouvre pas. Mais c’est le signe pour moi d’arrondir un petit pois pour l’accrocher à la suite »

Le mage sirote une limonade saumâtre assis sur un vaste nénufar oblong situé au Théâtre du Géant Droséro. Les confins de la pièce où les clapotis de l’eau moribonde ricochent en échos se perdent dans une variété de brume non encore répertoriée. De la mousseline kaki constitue le nénufar ; le popotin du mage s’y creuse à mesure que le temps passe, imprimant à la surface de l’eau un léger trou. Le mage remue à peine. Les perles de joie qu’il enfile ne lui rapportent guère de plaisir, non pas qu’il le cherche tant. Le Théâtre du Géant Droséro, noyé, lui apporte l’ambiance aqueuse un brin puante qu’il affectionne au plus haut point. Le mage est seul. Entre les gradins de fauteuils rouges sang et la scène qui ne sert à rien stagne un marais. Nulle fenêtre environnante ; le palace sent le renfermé. Un long fil serpente entre des plantes aquatiques telles que nuphar lutea, hydrocharis morsus-ranae, uronium natans, potamogeton, ranunculus, myriophyllum, azolla filiculoïdes, Phragmites australis,… il y passe une perle quand un quidam toque au plafond.

Il flotte dans l’atmosphère des bancs de petites vagues, les tildes, qui dispersent vaguement l’attention. Tlihuit Lipalxo pandicule dans les bas-fonds.

« Il faut que quelqu’un machouille un micro instant, qu’il en fasse une petite boule dans sa bouche, joue avec elle le long de sa langue, sans tâcher d’y adjoindre des mots, pour qu’ensuite entre mon pouce et mon indexe se forme le petit pois de joie en porcelaine… endéans ces deux actes, j’entends frapper au-dessus de ma tête… Le Bailleur ? »

Une toile de tente taupe vêt le corps oublié de Tlihuit Lipalxo. Il y a percé un trou pour y passer ses cheveux distraits ; le reste de la toile se perd en plis qui frôlent le sommet de vagues imaginaires. Les monologues se répercutent sur les murs du Théâtre du Géant Droséro. Parfois, il fait des ploufs avec les pieds ; s’érige acteur patibulaire des coulisses du monde, se prélassant sur tout le devant de la scène marécageuse. Tlihuit Lipalxo barbote gaiement. Mais les perles joyeuses ne se malaxent jamais de son propre chef – il ne les crée pas.

« Que quelqu’un planche sur une traduction originelle de la gestuelle inaudible du bon moment. Alors, rien n’y est dit. Mais les yeux se plissent, les épaules se relâchent, les doigts se promènent, le dos s’affaisse, les sourires s’étirent. Je les prononce faussement. Il y a matière à écrire un articulet à ce propos. Mon collier s’égrènerait d’autant plus »

Les fantômes des plantes aquatiques le chatouillent. Une tige, une feuille, un pétale lui vole un rire étouffé. Il arrive que ces plantes ne supportent pas leur existence et se noient, sous le halo imperceptible de projecteurs endormis, aux feux somnolant. Une fumerole d’un antique vert pomme les remplace et vient taquiner les centimètres de peau du mage que la tente n’abrite pas. Puis son nénufar s’éloigne.

« Néanmoins j’ai une faim de recevoir l’inconnu dans mon enceinte close »

Même au Théâtre du Géant Droséro ne se remarquent pas des racines tentaculaires dans les recoins au bois pourri ou dans la fange du velours agglutiné des sièges rouges. Pourtant, elles sont bien présentes. Tlihuit Lipalxo ne s’en sourcile guère. Il rit un peu ; un roseau a frôlé sa plante de pied jusque-là suspendu dans l’air moite.

« Ce sur quoi donne les fenêtres immergées n’est qu’oasis de boue. Jamais ouï-dire à leur sujet »

Il cueille des brochettes de prunes séchées, ses péchés mignonnes. Elles émergent entre deux roseau. Il les gobe goulument puis se sent de nouveau seul. Sa voisine, la brume sauvage et muette, ne dit rien à l’écho de la turpitude du mage. Tout juste, par humeur de mauvais temps, aperçoit-elle le puits de Chute. Le mage est trop distrait que pour s’y engouffrer noirement.

« Une tranche de prune séchée cristallise mes rides en vaguelettes tildes.

Le mage élucubre… son aêtre tient de la maison sur pilotis, de couleur pastel, sur une rivière-jungle penchée. Ses colombages distraitement parallèles évoquent des bras ballants ; et la buée des vitres, la rosée d’un profil paysager en mourrance de petit matin. C’est avec ce caractère de cheminée éplorée que le mage décroche des notes d’une joyeuseté pie aux moments qu’il ne vit pas lui-même par ailleurs.

Tlihuit Lipalxo n’arrivera pas au bout de ses envies de prunelles sur lesquelles l’indolence des micro instants heureux courbe le dos.Il rêve de se faire les dents sur un noyau de malhure.
« Modifié: 16 août 2019 à 14:42:02 par Miromensil »
Elle faisait allusion à une pluie dense et tiède qui a crépité toute la nuit sur les feuillages fauves et les fruits blets de l'automne (Tournier)

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Coucou :)


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« J’agrémente la kyrielle de joie de temps en temps. C’est tout. Rien ne me sert de la surcharger. C’est un collier de perles de petits pois en porcelaine : on a sculpté la joie pour en faire un bijou sacré qui ne se porte pas… qui n’est pas fini, d’ailleurs ; aussi suis-je toujours en train d’apporter une pierre ronde à l’édifice. On ne dirait pas mais on toque au plafond. Or, le plafond n’est pas une porte. Donc je n’ouvre pas. Mais c’est le signe pour moi d’arrondir un petit pois pour l’accrocher à la suite »
J'ai trouvé ce 1er paragraphe très bien ! j'ai l'impression que tu as essayé de simplifier les phrases en les rendant plus courtes "Or, Donc, Mais..."

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Le mage des ganges sirote une limonade saumâtre assis sur un vaste nénufar oblong situé au Théâtre du Géant Droséro. Les confins de la pièce où les clapotis de l’eau moribonde ricochent en échos se perdent dans une variété de brume non encore répertoriée. De la mousseline kaki constitue le nénufar ; le popotin du mage s’y creuse à mesure que le temps passe, imprimant à la surface de l’eau un léger trou. Le mage remue à peine. Les perles de joie qu’il enfile ne lui rapportent guère de plaisir, non pas qu’il le cherche tant. Le Théâtre du Géant Droséro, noyé, lui apporte l’ambiance aqueuse un brin puante qu’il affectionne au plus haut point. Le mage est seul. Entre les gradins de fauteuils rouges sang et la scène qui ne sert à rien stagne un marais.
Peut-être quelques virgules dans ce passage pour faciliter la lecture ? :)

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Nulle fenêtre environnante ; le palace sent le renfermé. Un long fil serpente entre des plantes aquatiques telles que nuphar lutea, hydrocharis morsus-ranae, uronium natans, potamogeton, ranunculus, myriophyllum, azolla filiculoïdes, Phragmites australis,… il y passe une perle quand un quidam toque au plafond.
J'ai trouvé l'image des plantes avec ce long fil trop stylée  8) et ici l'accumulation des noms, comme une liste, n'alourdit pas le texte, au contraire ça renforce l'impression d'une file de végétaux qui enfilent des perles

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Il flotte dans l’atmosphère des bancs de petites vagues,

j'ai du mal à voir ce que tu as voulu signifier ici par les bancs de vagues

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Tlihuit Lipalxo, mage des Ganges, pandicule dans les bas-fonds.
Ganges ou ganges ? je ne sais pas s'il était souhaitable de mettre le titre du mage ici ou plutôt en début de texte

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« Il faut que quelqu’un machouille un micro instant, qu’il en fasse une petite boule dans sa bouche, joue avec elle le long de sa langue, sans tâcher d’y adjoindre des mots, pour qu’ensuite entre mon pouce et mon indexe se forme le petit pois de joie en porcelaine… endéans ces deux actes, j’entends frapper au-dessus de ma tête… Le Bailleur ? »
le langage oral ici fonctionne bien !

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« Que quelqu’un planche sur une traduction originelle de la gestuelle inaudible du bon moment. Alors, rien n’y est dit. Mais les yeux se plissent, les épaules se relâchent, les doigts se promènent, le dos s’affaisse, les sourires s’étirent. Mais, je les prononce faussement. Il y a matière à écrire un articulet à ce propos. Mon collier s’égrènerait d’autant plus »
répétition de mais,

 
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Il arrive que ces plantes ne supportent pas leur existence se ne noient,

je crois qu'il manque un "que" et supprimer le "ne" ?

Je n'ai pas compris la suite, avec les prunes, le roseau, et le rapport avec le collier qu'il crée, ou c'est moi qui suis trop concrète ^^

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Tlihuit Lipalxo n’arrivera pas au bout de ses envies de prunelles sur lesquelles l’indolence des micro instants heureux courbe le dos.Il rêve de se faire les dents sur un noyau de malhure.
Je n'ai pas trop compris cette chute non plus

Après je trouve ça très réussi pour un Tic Tac d'une heure, désolée d'avoir pinaillé  ><
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Re : [Tic-tac 25 juillet 2019] La gourmandise du mage
« Réponse #2 le: 16 août 2019 à 14:42:31 »
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j'ai du mal à voir ce que tu as voulu signifier ici par les bancs de vagues
je parle de ça : ~
c’est un signe typographique, comme « & » s’appelle « esperluette » ^^
tu crois que ça nuit à la compréhension du texte que de ne pas savoir ça ?

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Ganges ou ganges ? je ne sais pas s'il était souhaitable de mettre le titre du mage ici ou plutôt en début de texte
En fait j’ai revu par rapport à l’intrigue, et c’est pas le mage des ganges. Du coup j’en ai supprimé toutes les occurrences

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Je n'ai pas compris la suite, avec les prunes, le roseau, et le rapport avec le collier qu'il crée, ou c'est moi qui suis trop concrète 
Je vais relire pour voir si je ne peux pas rendre ça plus clair ^^

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Je n'ai pas trop compris cette chute non plus
Malhur c’est le malheur. Je supprime des lettres parfois. Mais je relirai la fin aussi !

Merci pour ton commentaire, ça m’aide pas mal de voir ce qui marche et ce qui ne marche pas, c’est super pertinent pour ce texte
Elle faisait allusion à une pluie dense et tiède qui a crépité toute la nuit sur les feuillages fauves et les fruits blets de l'automne (Tournier)

 


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