Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

31 Mai 2026 à 22:18:34
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » J'ai écrit à Guyotat à LC beat

Auteur Sujet: J'ai écrit à Guyotat à LC beat  (Lu 874 fois)

Hors ligne Marcel Dorcel

  • Prophète
  • Messages: 691
J'ai écrit à Guyotat à LC beat
« le: 06 Juillet 2019 à 17:58:25 »
Egli non pose fine Al verso*

J’ai toujours eu un tel dédain de l’opinion publique et j’ai si joyeusement et si allégrement [sic] porté le mépris bourgeois des villes o[ù] les hasards m’ont fait vivre, & où les pavés se levaient d’eux- mêmes pour me lapider, que, de ces vices, j’ai toujours eu la fierté & l’orgueil. Je les aimais mieux que les vertus sournoises des gens que je coudoyais avec répugnance. Ils étaient de mon art & dans mon Art, & si je n’avais pas aimé la Femme, comme je l’aimerai éternellement, […] je n’eusse pu rendre avec la même ardeur les amours de mon temps, & fait quelquefois passer un frisson jusque dans les gélatineuses moelles des Académiciens mort-nés. (Lettres, n° 284) Félicien Rops

...au Nord-Sein  versant ouest de la dune, à l’affût, frôlant l’astre de l’éphéméride, je creuse mes voyages d’épée au creux de la mousse sableuse.
J’ai écrit à Guyotat, à LC Beat.

Je continue de vivre alors que rien ne m’y force.

Car être d’un seul jour et le point stagne.
Car être d’un seul jour et la pièce demeure.
Car être d’un seul jour, ni fuite ni retour. 

J’ai peur de mourir tant de jours sans le souffle de ta voix chaude.

Viens près de moi, viens sentir mon lieu débordant de vase, ne le prends pas mal, c’est mon lexique intérieur, tu sais, quand  je m’adosse au radiateur comme un hindou, prêt à vomir tout le calcaire, les cristaux de désagrément qui l’aliènent.

Joncs.
Bambous.
Marais .
Cage.

J’ai écrit à Guyotat, à LC Beat.

Le monde est un poème qui nous quitte.
Je déteste cette saloperie qui me met à sac l'esprit, oui je suis sensible, alors le meilleur moyen que j'ai trouvé de me payer sur toi en retour c’est de continuer à lui courir après, clarté, substance, est-ce que je saurais réellement le décrire ?
De pluies en pluies, ça tombe. Domino géant. Amour de pluies lentes à gouttes.

Qui n’a jamais croisé le démon ne peut sourire à l’ange.

Il faut que j’accepte mon refuge masturbateur, le mourir d’enfance dans le chevauchement doux des yeux apeurés qui s’accrochent.
Tu entends ?
Est-ce que tu devines ?
La nuit, le stylo et les bruits furtifs des pas du chat-hirondelle.
Prose de nuit, dites encore…sous vos applaudissements !

Je branche mon haïku, 5+7+5, soit 17, acculant les syllabes jusque dans l’écrin.
Refrain : trois petits points assassins…

…tu m’as aimé ?

Les violons.
Lockwood me déchire les coudes et je n’avance pas. 
Too seul. Trop seul ?
Je suis l’insecte soumis aux lois de l’ecchymose.
L’Osservatore romano note dans son édition de décembre dernier : « Dieu est proche de nous ». Quant à moi, je m’en détache. Inexorablement. L’archi-soviétisme , cet homicide sempiternel, mouvant son torse ailé entre les grilles du château des Douves, là où tu es enfermée, les seins, la vulve ouverte telle un vieil indic, ton ventre transformé en matière fécale, donnent un triste spectacle de ma passion presque pavlovienne - ou dorcellienne..! ?- de ma passion pour les cruautés , le puzzle sanglant de ma fantasmagorie.
Cabine d’effeuillage qu’à force de mots j’ai transformé en Alcatraz de la poésie.
J’abats. Je continue d’abattre. Je continue de galvauder ce qu’il reste à galvauder. Détachement supérieur.
Tuer, assassiner l’empire du sens fondamental ! 

J’ai écrit à Guyotat, à LC Beat.

Antoine nous l’a dit, le soleil nous a quittés deux fois.
Dans mes conversations avec le venin, j’ai attaché ma jeune troubadour à un arbre.
Behind the door, Sisyphe. 
Sisyphe, tu dors ?

Détendez-vous Mesdemoiselles Mesdames et Messieurs, ma relation à la solitude virginale est mon emblème.
Dans l’air, souvent vide de toute ressemblance, la distance est ce qui rapproche l’inconnu du vraisemblable, et dans cette distance qui se rapproche, les ruptures figent les pas qui chancellent.
Vite ! Vite !
Baiser vite ! Vivre vite !

Éviter de mourir vite avant que d’avoir tout déconstruit, reconstruit le monde en spirales. 


*Ezra Pound
Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux,  alors ils en diraient bien davantage
Sacha Guitry

J'écris pour me taire
Philippe Léotard

Aime-moi, ou pas, mais je t'interdis de me juger.
Marcel Dorcel

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.016 secondes avec 22 requêtes.