Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

28 novembre 2020 à 20:16:48
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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » Salle de débats et réflexions sur l'écriture » Sur la fierté d'écrire

Auteur Sujet: Sur la fierté d'écrire  (Lu 868 fois)

Hors ligne Cendres

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Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #15 le: 25 octobre 2020 à 19:05:58 »
J'écris égoïstement, pour moi en premier lieu. Je sais que mon orthographe et ma grammaire sont des vrai obstacles a mon écriture pour quelle ne soit pas trop bancale.

Du moins, en fonction de mes textes, j'écris soit des "expériences" ou des récits imaginaires. Pour ce deux genres de textes, mon "processus" d'écriture sont très diffèrent.

Je ne suis pas fier de ce que j'écris. La plus par des gens s'en foutent de ce que j'écris et ca ne les intéresse pas. De toute façon certain je ne les fait pas lire, ou seulement a ma sœur, si ca l'intéresse

Ici, on peut publier anonymement ses textes, ce qui donne une forme de liberté.

En voyant mes anciens écrits, je vois mon évolution, mais pas toujours positives en certain point.

Je ne me considère pas comme une écrivaine. Juste quelqu'un qui écrit des textes. Je sais très bien que jamais mes textes auront une importance et ni une utilité.

Hors ligne Loïc

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Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #16 le: 26 octobre 2020 à 09:49:54 »
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@ Loïc : Je veux bien parier que tu y mets beaucoup plus que tu ne le crois. Je crois qu’on ne se rend pas compte de combien il y a de nous dans nos créations, littéraires ou autres. Je veux bien parier que si quelqu'un qui te connaît très bien et qui a bon esprit d’analyse lisait tes textes, il ferait beaucoup plus de rapprochements que tu ne le penses ^^

Bah oui, mais deux cas de figure :
- soit effectivement la personne me connait assez pour le voir, du coup j'ai rien à lui cacher ;
- soit non, du coup pas de problème d'intimité hahaha.

(Pis je suis pas sûr que cette personne existe, et si elle existe, elle est sur le MdE anyway).
"Quand on veut être sur de son coup, on plante des navets"
Kaamelott

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Hors ligne derrierelemiroir

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Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #17 le: 26 octobre 2020 à 12:14:57 »
C'est rigolo, je pense que j'aurais répondu très différemment l'année dernière. Parce que depuis l'année dernière, j'ai commencé à dire à plus de gens que j'écrivais, et j'ai fait lire mes textes à des ami.es.

Mais sinon, je crois que dans ma famille, comme on écrit tous, ca n'a jamais été un secret. Enfants, on se lisait souvent nos productions entre frères et soeurs, et parfois, on produisait ensemble. Je fais encore souvent lire mes textes à une de mes soeurs, et vice versa, et aussi à un de mes frères et vice versa. Je crois que mes parents ont du lire un ou deux textes de moi, genre celui de mon Travail de Maturité, écrit au lycée (je me souviens de ma maman, disant un truc comme: "Oh, elle comprend plus de choses que je ne pensais" ><).

Pourquoi est-ce que depuis l'année dernière, j'en parle plus à mon entourage non-familial ? Ben, parce que j'ai passé cette dernière année sans emploi, et donc, mon activité principale est devenue l'écriture. Et d'une manière ou d'une autre, il m'était souvent plus facile de dire: "J'écris" quand on me demandait ce que je faisais, que de ne pas répondre. Comme quoi, un projet d'écriture, meme si non-lucratif, est toujours plus facile à assumer qu'aucun projet. Avant ca, ce n'est pas que je n'en parlais pas, mais uniquement si on me demandait précisément : "quels sont tes hobby ?". En fait, quand j'y pense, je crois que j'en parle aussi plus depuis que je suis sur MdE. Simplement parce que le forum, et certaines personnes qui y sont inscrites, sont devenues assez importants pour que je ressente le besoin d'en parler :)

Est-ce que je suis fière d'écrire ? Pas spécialement d'écrire. Mais si je produis quelque chose que j'estime de bonne qualité, alors oui, j'en serai fière. Comme pour tout.

Est-ce que je suis écrivain ? J'arrive facilement à répondre : "Non (ou pas encore  :mrgreen:)", par contre, il m'est plus difficile d'expliquer ce qu'est un.e écrivain.e. Parce qu'il n'y a pas de formation spécialisée, pas de diplomes. Xéra parle de "Professionel de l'écriture", mais comment on distingue un professionel d'un amateur dans ce cas ? Au final, un professionel, c'est quelqu'un qui a une certaine profession, non ? Mais on connait tous des écrivains dont l'écriture n'est pas la profession...

Franchement, à mon humble avis, est considéré comme écrivain qui se fait publier. C'est juste une question de preuve : "J'ai écrit et j'ai été lu". Ce n'est pas un gage de qualité, juste une marque de réalité.
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

Hors ligne Xeraphia

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Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #18 le: 26 octobre 2020 à 22:34:29 »
@ Loïc, quand je parle d’intimité, je ne parle pas nécessairement de secrets que je voudrais garder secrets. Je parle plus de quelque chose de tellement personnel que ça en devient intime. C’est vraiment de moi-même à moi-même, pas parce que j’ai des choses à cacher, mais vraiment parce que ce n’est pas quelque chose que j’ai envie de partager.
Comment ça, c’est pas clair ? :mrgreen:

@ DLM
Avant ca, ce n'est pas que je n'en parlais pas, mais uniquement si on me demandait précisément : "quels sont tes hobby ?"
Anecdote : l’année passée, j’ai passé un été à travailler avec une équipe où personne ne se connaissait. Alors on est assis autour d’un feu de camp et on fait connaissance et quelqu'un lance « OK, on parle de nos hobbies » et on fait un tour de table. Et là, ma coloc et la fille avec qui j’allais passer tout l’été sort « J’écris des fanfics ». Et je me souviens avoir été choquée de la façon tellement simple dont elle l’annonçait, sans aucune pudeur, sans aucune réserve, comme si elle disait qu’elle aimait aller à la gym, alors que pour moi c’est tellement intime, justement. Limite elle aurait dit « J’aime coucher avec tout ce qui bouge », j’aurais trouvé ça beaucoup plus normal, good for her, have fun in the sheets.

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Est-ce que je suis fière d'écrire ? Pas spécialement d'écrire. Mais si je produis quelque chose que j'estime de bonne qualité, alors oui, j'en serai fière. Comme pour tout.
:coeur:

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Est-ce que je suis écrivain ? J'arrive facilement à répondre : "Non (ou pas encore )"
:D

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Franchement, à mon humble avis, est considéré comme écrivain qui se fait publier. C'est juste une question de preuve : "J'ai écrit et j'ai été lu". Ce n'est pas un gage de qualité, juste une marque de réalité.
Là, je suis pas d’accord du tout. Quelqu'un de publié et de lu, c’est un auteur, tout simplement, ce n’est pas un écrivain.

Parce que, justement…
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par contre, il m'est plus difficile d'expliquer ce qu'est un.e écrivain.e. Parce qu'il n'y a pas de formation spécialisée, pas de diplomes. Xéra parle de "Professionel de l'écriture", mais comment on distingue un professionel d'un amateur dans ce cas ? Au final, un professionel, c'est quelqu'un qui a une certaine profession, non ? Mais on connait tous des écrivains dont l'écriture n'est pas la profession...
(Par pitié, les filles, cet accent, faut arrêter, quoi :mrgreen: )
J’aurais peut-être pas dû employer le mot « professionnel » parce qu'en effet, ça veut dire « quelqu'un dont c’est la profession » et ce n’est pas ce que je voulais dire. Je voulais parler d’un pro dans le sens de quelqu'un qui maîtrise.
Parce que quelqu'un qui publie un livre dont l’histoire est bancale, le scénario truffé de trous, les personnages incohérents ; un livre qui compte quatre erreurs de langue par paragraphe et qui ignore les règles de ponctuation et de syntaxe ; eh bien je suis désolée, mais ce quelqu'un n’est pas un écrivain, parce que ce quelqu'un n’a pas les connaissances techniques pour se prétendre écrivain. C’est quelqu'un qui ne sait pas construire une histoire ou bâtir des personnages, qui n’a pas la maîtrise suffisante des outils (linguistiques, scénaristiques et autres) pour se prétendre écrivain. Par contre ce quelqu'un est un auteur, oui.
Ça, c’est pour le qualificatif objectif d’un écrivain.
Après, j’admets qu’il y a une part de subjectivité qui entre en jeu par la suite. Objectivement, je suis bien obligée de dire que oui, Guillaume Musso et Jack London sont tous les deux écrivains ; subjectivement, par contre, ça me fait mal à un niveau intrinsèquement profond de moi-même de mettre Musso et London dans le même panier.

Et, du coup, est-ce qu’on appartient, nous, dans le même panier ? Moi, en tout cas, je ne m’y vois pas... que ce soit aux côtés de London ou de Musso :D
Show. Don't tell.


Hors ligne Paf

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Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #19 le: 27 octobre 2020 à 09:06:51 »
Team Scribouilleur ici ! J'aime bien les décoctions d'idées.  :mrgreen:

Par contre, Xeraphia (sans accent  :mrgreen:), London a aussi écrit des belles crasses. (Après la série du grand nord, il a eu une baisse de régime. Il a écrit notament sur "les mers du sud", et dedans, il y a des trucs où à la fois le contenu et le style sont vraiment pourris.)
Donc est-ce qu'on peut "régresser" du stade d'écrivain au stade de scribouillard ? ^^

Personnellement, je suis assez d'accord avec DLM qu'un écrivain est quelqu'un qui a été publié, sans aucune notion de qualité (surtout avec l'auto- et la cyber-édition). Annoncer "je suis un auteur publié" ou "je suis un écrivain", c'est la même chose pour moi : c'est la prétention d'avoir écrit quelque chose de publiable (au point de l'avoir publié vraiment) qui fait le titre, je pense.

Ceci dit, j'aime pas le mot "écris-vains". Pour moi, ça sonne Goncourt-qui-se-la-pète plus que l'envie de s'amuser avec les mots et de raconter des histoires. Mes excuses à tous les wanna-be écrivains du forum ! ^^


Êtes-vous fiers d'écrire, en parlez vous autour de vous ?
Ma môman a trouver ma première nouvelle quand j'avais à peu près 9-10 ans (fin de primaire), et elle avait des étoiles plein les yeux en lisant. (pas que c'était bon, hein, mais...) Du coup, déjà ma famille sait forcément que j'écris, et puis la fierté, je l'ai eu en héritage, je dirais. C'est THE truc à Paf, dans la famille, alors...  Je laisse la pudeur de coté, et puisque qu'on me dit qu'il y a de quoi en être fière, ben... ok ^^

Par contre, ça a ses limites : pas hors cercle familiale.
Déjà, les adeptes de l'accomplissement personnel, les choristes du "écrire c'est se chercher, se trouver", bref, tous les philosophes qui mettent des montagnes dans l'acte d'écrire, je ne dis rien. Je déteste penser l'écriture comme une fin en soi ; pour moi, c'est l'histoire qui compte, jouer avec les mots, et ça m'horripile quand les gens bavent d'admiration (j'éxagère un peu) parce que j'agite un stylo sur un carnet.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Dans le village ou je vis, les gens commencent à savoir que j'écris parce que j'ai vécu en colocation et que mes colocs ont parlés (ou alors que j'ai emprunter un livre sur l'écriture à la bibli, ou que j'ai laissé échapper, ou ...) , mais ils ont aucune chance de lire quoi que ce soit pour le moment. Je ne suis pas particulièrement fière d'écrire, ici de toute façon, si tu ne peints/écrit/filmes/joues/chantes/sculptes/danses pas, tu passes pour un alien. ^^  (Les mushers ou les sportifs extrèmes qui n'ont aucun talent artistique sont une race d'alien connue et acceptée, mais plutôt rare.)
Et ici, j'ai justement un effet assez marrant : quand je vois quelqu'un dans une periode "sans", j'ai un peu le syndrome de l'usurpateur qui ressort. Du coup je réponds "oui, bien sûr, j'écris toujours" mais ma petite voix interne hurle "menteuse ! t'a rien écrit depuis une semaine !" ^^
(mais aussi, si je dis que j'écris plus en ce moment, je me fait recruter d'office pour la prochaine soirée peinture/bricolage ou pour le burlesque, alors...  :putainlafaute:)

Vous faites vous lire par votre famille/amis ?
Les amis, non.
D'une part je suis un peu trop pudique pour ça, et puis ce n'est pas forcément ce qu'ils liraient de base -quand ils lisent. Du coup, je n'ai pas forcément envie de leur mettre dans les mains un texte qui, de toute façon, même super bien écrit, n'aurait que peu de chance de leur plaire...
J'ai fait lire à certains des textes d'AT, à l'époque ou j'en faisait beaucoup. Mais sans attendre de réaction du tout ; tu lis si tu veux, je ne veux rien savoir de ce que tu penses.

Par contre, ma famille...
Si on enregistrait mes coups de téléphone ou mes conversations avec mon père, on aurait des "carnet de bord" sacrément complet sur la plupart de mes projets. Il a lu tous mes textes d'AT, et il est un bêta-lecteur vachement exigeant. ^^
Ma mère accroche beaucoup moins au genre (j'écris de la SFFF à 80%) , mais elle saute quand même sur tout ce que je lui donne (pas tout. Si je suis pas contente de moi, j'envoie pas). Elle corrige les fautes d'orthographe ( :coeur:) et elle me dit invariablement que c'est super.  ^^ Et ça ne m'énnerve pas.
Ma soeur a généralement accès à ce que j'envoie à mon père (j'héberge sur internet et j'envoie les liens au deux), mais elle lit beaucoup moins par manque de temps, et parce qu'elle aime moyennement la SFFF. Mais c'est quand même elle qui m'a mis une bonne"baffe" il y a quelques années quand elle m'a fait une remarque et que j'ai répondu "oui mais ça c'est mon style" : Elle m'a dit que j'étais en train d'attrapper la grosse tête. Message reçu, j'ai perdu la mauvaise habitude qu'elle m'avait pointé !  :coeur:

Et est-ce que je me vois en faire mon métier ?
... J'vais déjà essayer sur un mois avec le nano de cette année, hein. Si j'arrive à finir mon projet, on en reparlera. Et le coté "relations publiques" en salon voudrait vite m'épuiser.
Mais sinon... conteuse ?  :-[ faudrait vraiment que je m'y remette, à ça. Et plus seulement pour les enfants.
« Modifié: 27 octobre 2020 à 09:15:48 par Paf »

Hors ligne Julien-Gracq

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Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #20 le: 29 octobre 2020 à 04:56:19 »
Êtes-vous fiers d'écrire, en parlez vous autour de vous ?

Mon rapport est ambivalent, je ne sais pas vraiment si ça tient à ma situation professionnelle et sociale, mais je dirais que c'est même une honte que d'écrire, que je me sentirais ridicule d'en parler en public, pour la simple et bonne raison qu'il y a quelque chose de risible à ce qu'un type qui a constamment échoué dans son projet d'avenir perde son temps à écrire des choses que personne ne lira.
Dans la tête des gens en face, je passerais au choix pour un marginal sympathique mais couillon, au choix pour François Pignon dans le "Dîner de cons". Je ne dis pas que leur manière de me considérer serait juste, j'y trouve cependant une certaine légitimité : l'écrivain en herbe, encore au statut d'embryon, qui brade son avenir et préfère écrire des navets, est quelque part un enfant qui mérite de petites claques pour le forcer à grandir ; petites claques vivifiantes comme le jugement des pairs.

Donc je n'en parle que dans un cercle très restreint d'amis, qui sont un peu dans mon cas.

D'un autre côté, je demeure persuadé que l'écriture, parmi tous les arts, est l'art supérieur, en ce qu'il est le mieux à même de faire jaillir Psyché : le conscient, l'inconscient, les différents états mentaux successifs et, en fait, l'âme en tant que telle, pour reprendre une conception plus ancienne.
Ce devrait donc être la plus glorieuse des choses à faire, que de faire " jaillir son âme "... mais je suis un être social et me conforme au jugement hypothétique de mes pairs : écrire demeurera une honte tant que je n'aurais pas obtenu des gages de reconnaissances (édition).

Vous faites vous lire par votre famille/amis ?

Seulement par un ami, et très rarement. En fait cet ami en question est un véritable personnage dont les déboires m'intéressent beaucoup, il le sait et c'est pourquoi quand j'écris en m'inspirant de son vécu, j'ai tendance à lui faire lire, parce que c'est furieusement drôle et qu'on se marre bien quand il relève les exagérations de ma part.

Avez-vous été comme moi ? Avez-vous évolué ?

Oui, mais pas tout à fait pour les même raisons.
Cela dit, si j'obtiens des " lettres de noblesse " un jour, je demeurerai un minimum dans le secret vis-à-vis de ma famille, sur laquelle j'ai déjà écrit certaines choses qui seraient très mal interprétées, notamment sur ma mère... Je ne veux pas qu'ils aillent se faire des idées.

Et enfin, pensez-vous être un écrivain?

Non, bien que j'ai des idées très nietzschéennes quant au sublime de la création artistique, bien que je trouve ça supérieur à absolument tout ce qu'il est possible de réaliser sur cette terre, je ne sais si c'est humilité ou rigidité d'esprit, mais je ne me considérerais écrivain que lorsque je serais effectivement reconnu comme tel, demeurant jusqu'au bout un animal social et institutionnel.

Hors ligne fulgiras

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Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #21 le: 02 novembre 2020 à 22:42:00 »
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Mon rapport est ambivalent, je ne sais pas vraiment si ça tient à ma situation professionnelle et sociale, mais je dirais que c'est même une honte que d'écrire, que je me sentirais ridicule d'en parler en public, pour la simple et bonne raison qu'il y a quelque chose de risible à ce qu'un type qui a constamment échoué dans son projet d'avenir perde son temps à écrire des choses que personne ne lira.
Dans la tête des gens en face, je passerais au choix pour un marginal sympathique mais couillon, au choix pour François Pignon dans le "Dîner de cons". Je ne dis pas que leur manière de me considérer serait juste, j'y trouve cependant une certaine légitimité : l'écrivain en herbe, encore au statut d'embryon, qui brade son avenir et préfère écrire des navets, est quelque part un enfant qui mérite de petites claques pour le forcer à grandir ; petites claques vivifiantes comme le jugement des pairs.

ouch quelle vision négative de ce que tu fais. Pour ajouter une question à ton avis concernant les pairs : ne te dis-tu jamais que tu pourrais - rêvons un peu- faire partie de ces artistes qui sont décriés toute leur vie durant  pour devenir célèbre, que le public passe parfois à cote de perles cachées ? Il y a des écrivains qui se sont vus rejeter par plusieurs maisons d'éditions et une fois publiés sont classés best-seller. Tu parles d'un écrivain immature qui doit grandir mais n'y a-t-il pas aussi une possible immaturité du public ?

Hors ligne LeChatMagique

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Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #22 le: 03 novembre 2020 à 21:58:37 »
J'ai jamais dis a qui que ce soit que j'écrivais de la poésie, et à une personne je lui avais fais lire un début de roman
C'est pour moi quelque chose de très personnel, notamment en raison du sujet de mes écris

Si j'ai commencé à écrire de la poésie, c'était pour exprimer des émotions que je ne pouvais pas exprimer sereinement justement, parce que soit je préfère garder mes émotions pour moi avec la plupart des gens (>99%), et pour les quelques personnes avec qui c'est ok, ce n'est pas non plus extensif ou alors elle est en lien avec le sujet et fallait mieux pas qu'elle lise
Partager en ligne c'est déjà une grande étape avant de peut-être un jour partager à certaines personnes; si le sujet arrive j'en parlerais peut-être (de là a laisser lire c'est encore un autre problème :) )
Et sinon, j'ai beaucoup évolué sur mes poème en eux-même, avec le temps j'ai osé écrire davantage de choses sur lesquelles je bloquais au début


Mon début de roman je l'ai partagé mais uniquement à 1 personne (2 en vrai, mais l'autre la pas lu je crois)pour qui j'avais beaucoup d'affection. Une autre personne en a entendue parler et çà ne me dérangeait pas plus que ça parce qu'elle aime bien écrire aussi et que je l'appréciais qd même

Après en soit, ça ne me dérange pas de dire que j'aime écrire (et j'apprécie moyennement quand on me dis que en tant que scientifique c'est normal que j' "écris mal", parce que mon truc ce serait les rapports factuels; et donc je peux faire remarquer sans gêne qu'on ma déjà fais des bonnes remarques sur mon écriture), ou que peut-être un jour j'écrirais un roman ou des nouvelles, mais de la à explicitement dire que j'écris je ne sais pas; parler de roman c'est plus facile que de poésie je trouve, a poésie étant très personnelle (je fais des efforts pour changer mes sujets mais actuellement 80% doit tourner autour du même sujet) et il y a aussi un certain regard perçu je pense qui peut freiner

Et je ne me considérerais écrivain que si je publie un roman je pense

EDIT: ah et par rapport à si on envisagerais d'en faire son métier si possible: non. Je peux toujours changer d'avis, mais je me vois mal faire ça à plein temps (bien trop peur de ne plus savoir quoi écrire et puis j'aime bien diversifier quand même, passer des journées à écrire c'est beaucoup pour moi)
« Modifié: 03 novembre 2020 à 22:08:26 par LeChatMagique »
Sort d'un feuillu buisson,
Un petit polisson.
Touffe de poils et
Boule de griffes:

Voici le Chat Magique!

Hors ligne Julien-Gracq

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Re : Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #23 le: 04 novembre 2020 à 20:08:43 »
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Mon rapport est ambivalent, je ne sais pas vraiment si ça tient à ma situation professionnelle et sociale, mais je dirais que c'est même une honte que d'écrire, que je me sentirais ridicule d'en parler en public, pour la simple et bonne raison qu'il y a quelque chose de risible à ce qu'un type qui a constamment échoué dans son projet d'avenir perde son temps à écrire des choses que personne ne lira.
Dans la tête des gens en face, je passerais au choix pour un marginal sympathique mais couillon, au choix pour François Pignon dans le "Dîner de cons". Je ne dis pas que leur manière de me considérer serait juste, j'y trouve cependant une certaine légitimité : l'écrivain en herbe, encore au statut d'embryon, qui brade son avenir et préfère écrire des navets, est quelque part un enfant qui mérite de petites claques pour le forcer à grandir ; petites claques vivifiantes comme le jugement des pairs.

ouch quelle vision négative de ce que tu fais. Pour ajouter une question à ton avis concernant les pairs : ne te dis-tu jamais que tu pourrais - rêvons un peu- faire partie de ces artistes qui sont décriés toute leur vie durant  pour devenir célèbre, que le public passe parfois à cote de perles cachées ? Il y a des écrivains qui se sont vus rejeter par plusieurs maisons d'éditions et une fois publiés sont classés best-seller. Tu parles d'un écrivain immature qui doit grandir mais n'y a-t-il pas aussi une possible immaturité du public ?

C'est un piège dans lequel j'évite de tomber, celui de me dire que je serai reconnu un jour, car j'ai remarqué que ça n'aide aucunement à soutenir l'activité d'écrire, bien au contraire ; ça donne trop de confiance, trop de complaisance, vaut mieux éviter.
D'autant que dans mon entourage très proche, en fait, je sais que si j'en parlais je recueillerais au contraire un certain intérêt et peut-être même des mots dithyrambiques ; mais ce n'est pas d'eux que j'attends des louanges, pas à eux que s'adresse ce que j'écris, mais bien à cette foule obscure qui me ressemble mais est exigeante en matière littéraire, et qui sera sans pitié.

Aussi, concernant l'immaturité possible du public, j'ai tendance à croire que du point de vue de l'écrivain, le public n'est jamais immature ; que s'il y a un souci de communication entre l'écrivain et son public, c'est unilatéralement de la faute de l'auteur.
La raison est simple : l'auteur choisit irrémédiablement son public, consciemment ou non, tout le long de l'écriture de son roman (par les thèmes abordés, la manière dont ils sont abordés, la qualité et la particularité de la plume...). S'il ne plait pas au public qu'il est censé séduire, le public qui aurait pu être sensible à son art, c'est qu'il a échoué dans son oeuvre elle-même, qu'il n'était pas assez maître, pas assez mature.

Puis au-delà de ça, dans mon cas, c'est immature d'avoir des rêves et de les poursuivre en sacrifiant potentiellement le substrat qui aurait au moins garantit un avenir confortable.

 


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