Un dialogue qui ressemble à un extrait de mythologie... encore une cosmogonie de mes psychodélires du
jour... des concepts appliqués et cae tera
- On prend racine ?
- Quoi, là, dans cette clairière tous les deux ?
- Oui, toi et moi, ensemble, là maintenant ! Prenons racine !
- Mais... tu es sûre que ce n'est pas dangereux ?
- Bien sûr que non voyons ! On n'a juste à prendre la pose, et à tenir jusqu'à l'immobilité totale et infinie ! Qu'est-ce que t'en dis ? Moi je commence, je bouge plus. A toi.
- Attends attends ! J'en dis que c'est dûr de pas bouger jusqu'à l'infini !
- Balivernes ! C'est la chose la plus exclamatoire qui soit ! Tu accumulerais de l'énergie à revendre rien qu'en la gardant sous l'absence de geste.
- Quoi ?
- Prenons racine ! Emmurons nos corps ! Viens, gèles avec moi ce nous qui n'en suffit plus à se dynamiser !
- Mais je... ne suis... pas sûr... du bien-f...
- Tu veux pas ? Moi j'ai commencé sans toi, je continue, débrouilles-toi fais ce qu'il te plait. J'attends que ma peau prenne le grain du granit et le teint du marbre ; ma statue te plait-elle ?
- Oui oui, mais attends je suis inquiet, regarde deux secondes le problème sous un autre angle : pourquoi contenir le mouvement si c'est pour l'entendre gémir qu'il veut s'exprimer ?
- Fais taire ces voix.
- Je ne sais si je veux.
- Je prends racine.
- Et c'est ce qui m'effraie.
- Pourquoi ?
- Si nous sommes seuls, à nous l'espace.
- Si nous sommes seuls, l'espace ne sert plus à rien pour nous séparer.
- Nous sommes alors futiles d'exister ?
- Je prends racine.
- Tu t'emmures.
- Pour me retrouver.
- Joyeux rendez-vous.
- ...
- Tu es là ?
- ...
- Je ne te vois plus dans l'action existentielle, reviens.
- ...
- Aurais-je du m'affoler plus explicitement, tu sembles disparaitre.
- ...
- Je ne te suivrai pas sur ce chemin.
- ...
- A l'infini je m'éloigne.
- ...
- A quelque part.