Une petite fable, pour passer le temps...
À l’aube mordorée des jours d’antan
Le ciel respirait.
Le bonheur coulait, le flot se marbrait
D’un souffle de brise.
La tortue grise nageait à sa guise
Là, entre deux eaux,
Lorsqu’un cachalot ouvrant le museau,
Insouciant, bâilla.
La tortue folâtre passant par là
Fut lors entraînée
Au fond du gosier du grand cétacé.
Se sentant perdue,
Elle n’aperçut qu’une seule issue
À un sort fatal :
Fouailler l’animal par une cavale
En jouant de ses côtes
Comme d’un xylophone aphone.
Le géant des mers
Ne comprenait guère d’où cette misère
Soudain lui venait,
Il eut le hoquet.
Pour se libérer et pour retrouver
Sa béatitude,
Il tourna, vira d’une danse rude,
Finit par tousser.
La tortue alors soudain expulsée,
Quelque peu sonnée,
Perdue dans ses songes, vogue et puis replonge
Pour trouver ses sœurs.
Qui, voyant passer l’heure, avaient eu peur
Et dirent en chœur :
« Tu as bu la tasse, Jonas ? »