Troisième blind test, premier texte. Car oui, je suis le "fourbe-aux-quatres-textes"

Je les poste donc dans leur ordre de création (enfin, ça va être difficile, parce que j'ai commencé le quatrième après le premier, le troisième avant le deuxième mais je les ai finis dans un autre ordre). Le premier, c'est donc celui-ci. Texte pour lequel je me suis inspiré à mort de Rain, tout en tronquant le style, histoire de bien faire croire que c'est lui.
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Dans un pays lointain, un roi se mourait. Un mal étrange l’avait saisi peu de temps après qu’il ait chassé une sorcière de son royaume. Un jour, il fit venir ses trois fils. A l’aîné, qui avait soif de pouvoir, il donna son royaume et son château, au second, qui était cupide, il offrit son trésor et quand vint le tour du dernier, il sourit et il lui remit un luth. Il connaissait la bonté d’âme de son plus jeune fils et il mourut le soir même.
Le lendemain, la nouvelle de la mort du roi était annoncée et le peuple le pleura pendant un mois, car il était bon. L’aîné chassa ses frères du château, car il avait peur qu’ils ne soient jaloux de lui. Ils partirent donc, l’un emmenant sa fortune et l’autre, son luth. Mais sur le chemin, le second se sépara du cadet. Il ne voulait pas partager son or et il acheta une grande maison, dans laquelle il alla vivre seul. Il ne restait plus que le dernier fils, qui ressemblait beaucoup à son père. Il ne possédait que son luth mais il était si magnifique que ce seul cadeau lui convenait. Il pénétra dans la Forêt Enchantée et y demeura quelques temps.
L’aîné devint roi et, comme il était cruel et mauvais, il se faisait craindre et respecter par tous. Partout régnait la peur. La sorcière vit que le chaos s’installait et elle revint. Le royaume sombra dans la terreur. Le nouveau roi la contraria et elle lui jeta une malédiction. Le roi vieillit plus vite et après quelques jours, il était identique à un vieillard, parcourant le pays à pied, sans personne pour l’aider.
Le second organisait tous les jours des fêtes somptueuses où les mets les plus rares et les plus fins abondaient. Les invités riaient et chantaient mais au fond de lui, le prince se sentait bien seul. Et plus le temps passait, plus il dépensait d’argent pour impressionner les gens. Si bien qu’au bout d’un mois, il avait tout dépensé. Plus personne ne venait le voir et il sombra rapidement dans la folie, abandonné de tous dans son immense maison.
Le fils cadet avait passé tout le mois à jouer du luth et à chanter. Il était heureux et avait pour tout public les animaux bienveillants de la forêt. Nul château, nulle fortune n’aurait pu le contenter davantage. Il était le plus humble des trois fils du roi et ce dernier le lui avait bien rendu. Un jour, alors qu’il chantait près d’un lac, une fée apparut. D’abord émerveillé, puis curieux, le fils s’approcha.
« Qui êtes-vous ? demanda le jeune prince.
- Je suis la bonne fée du lac. Je viens vers toi car tes frères ont besoin d’aide.
- Mes frères ? Que leur arrive-t-il ?
- Ton frère aîné a reçu une malédiction de la mauvaise sorcière. Et le second est devenu fou après avoir dépensé tout son or. Tu dois les sauver.
- Mais comment puis-je faire ?
- Tu te serviras de ton luth. »
Sur ces paroles mystérieuses, la fée agita sa baguette magique et la dirigea vers l’instrument. Une grande étincelle en jaillit et illumina le luth.
« Voilà, ton luth contient maintenant un pouvoir magique. Partout où tu passeras et tant que tu joueras de ton instrument, les maux se dissiperont et les gens retrouveront leur joie de vivre. Prends garde cependant à ne pas en abuser, sans quoi tu te perdras. »
La fée disparut et le fils cadet s’en alla hors de la forêt.
Il retourna dans le royaume de son père et il vit ce que son frère aîné avait fait. Partout, les gens étaient malheureux. Mais quand ils voyaient le fils cadet du roi, ils souriaient, car ils l’aimaient. Il se mit alors à jouer de son luth et sur son passage, tous riaient et chantaient. Il parcourut tout le royaume en jouant de son instrument et partout où il passait, il rendait au pays ses couleurs perdues et les gens, désespérés, retrouvaient la joie de vivre.
Un jour, le jeune prince croisa un vieillard. Celui-ci, ayant entendu parler des exploits de son plus jeune frère, le supplia de le pardonner et l’implora de l’aider. Le cadet releva son frère et joua pour lui la plus belle sérénade qu’il put tirer de son luth. L’aîné se sentit revivre, ses forces qui l’avaient abandonnées ranimèrent son corps meurtri et son cœur devint bon. Il retrouva aussi son apparence normale et il bénit son jeune frère. Il accompagna ce dernier jusqu’à la maison du second frère. Là, le cadet fit une nouvelle fois chanter son instrument et la magie de la fée opéra de nouveau. La folie quitta les lieux et les trois frères étaient de nouveau réunis.
C’est alors que la bonne fée apparut encore.
« Prends garde, jeune prince. Tu as montré que ton cœur était grand et que tu pouvais pardonner à ceux qui te font du mal. La mauvaise sorcière continue de terroriser les habitants du royaume. Cependant, si tu te sers de ton luth pour l’arrêter, tu y laisseras ta vie.
- Si je dois me sacrifier pour sauver le royaume, alors je le ferai. »
Le lendemain, il se rendit au château. La sorcière l’attendait. Dès qu’elle le vit, elle ricana et lui lança un sort. Mais le prince n’en fut pas affecté, car la magie de la sorcière ne fonctionnait que sur les mauvaises gens. Le prince se mit à chanter et s’accompagna de son luth magique. Dès les premières notes, la sorcière se mit à trembler et se transforma en tabouret. Les gens du royaume furent aussitôt délivrés de tous leurs maux. La paix était revenue dans tous les cœurs. Mais le prince disparut, emporté par la magie de son luth. Il demeura pour l’éternité près de la fée, heureux à jamais.
Mais il n’était pas mort, non, car dans tous les cœurs du pays, une place était occupée par le souvenir du prince. Tous se souviendront à jamais de sa grande bonté, de sa tolérance envers ceux qui lui font du mal et du sacrifice qu’il a fait pour maintenir la paix parmi les hommes.