Je passe des pleures de mon père, aux rires de mon fils.
De la maladie de ma mère, à l'allégresse de la jeunesse,
D'un contrat d’obsèques, aux caprices de quatre heures,
Du choix d'un cercueil, au choix d'un jouet
De la mise en bière au décapsulage d'une bière...
D'une échographie du troisième mois, à l'enterrement de ma mère...
Je gagne sans doute en sagesse mais je ne m'apaise pas.
Le grand écart ne m'assouplie pas, il me tire au risque que je craque, au risque que je me noie dans les méandres des uns et des autres.
J'acquiesce c'est ainsi.
Comme-ci...Faire comme-ci... Certains partent et ceux qui restent font comme-ci...
Ma peine n'est pas contagieuse pourtant j'aimerai que le temps s'arrête, que le décalage entre la réalité et l'irréel cesse dans un sens ou dans l'autre.
Ma joie tente de faire face au desespoir qui tape, qui grogne...
Lutte acharnée entre les meilleurs ennemis, deux faces d'une même pièce qui ne cesse de vaciller dans une danse macabre des émotions.
De la mort à la vie je suis le témoin, le trait d'union.
L'un va commencer à respirer quand l'autre s’éteint dans un dernier souffle de vie.
Je vais être père pour la deuxième fois, je viens de perdre ma mère...
Jérémy