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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » l'I-doll

Auteur Sujet: l'I-doll  (Lu 970 fois)

Hors ligne Nioko

  • Tabellion
  • Messages: 25
  • Lüa
l'I-doll
« le: 20 Novembre 2018 à 12:30:51 »
On oublierait bien trop souvent ce que cela peut faire, d'avoir
Le coeur si lourd et plein qu'il en coule par les fissures,
Si on ne devait ressentir si profondément que dire
Que ces émotions ébranlent nos fondations reléverait de
L'euphémisme. J'ai toujours trouvé que le meilleur
Moyen, vraiment, la seule façon de guérir en bon guérier
Sera toujours de se laisser fondre à en cautériser
Les cicatrices qui s'immortalisent en cendres eternelles,
Les sussurantes sempiternelles, la ribambelle de tous
Mes souvenirs, des rêves partis en fumée. Salue-moi,
Que je t'embrace, t'enlace de ma melancolie, si je ne
Parlais pas à mon mirroir on pourrait se poser...
Se poser des questions sur mon état, c'est ça, vas-t-en !
Je prends l'absence, je la cloue au mur de mon désir,
En plein délir je lui carresserai la peau des dents.
Défends moi de mes démons, mirroir, que je les
Regarde en face, regarde moi en face que je t'arrache "ce"
Regard, un dard à mon reflet, dont je ne saurais dire que je
L'aime, pourtant, je m'aime, non ? NON ! Exsang,
Désolé, j'ai peut être crié, le miroir s'est brisé, regarde moi
Te regarder, peut être pourais-je te poignarder
De tout mon étre, de ma tendresse, la violence
Même du geste dément toute sa nature, que d'imposture.
Je ne saurais dire que je t'aime, mais pour sur je t'apprécie.
Adieu mon eidolon, je t'idolatre, les eidola du noir
S'en prennent à toi, ton piedestal. Au pied, Vestale,
Je te l'ordonne, tu n'es qu'un moi à qui je parle
Les autres s'enfuient si je te vois, surement qu'ils ont peur
De moi. Surement... c'est vrai que moi aussi.

L'Autre, l'Autre, Elle ne s'en soucie guerre, surement
Qu'Elle peut te voir aussi. L'Autre n'est pas un moi,
C'est impossible, car Moi ne peut compendre le moi.
L'Autre c'est l'Absence, et je la cloue au mur pour ensuite
Lui carresser doucement les cheveux, tout heureux
De pouvoir lui arracher tous ses haillons à coups de griffe
Pour lui dessiner des arabesques sur la dignité.
Content de pouvoir enfin m'évader de la solitude,
Car l'Absence m'accompagne au quotidien.
Go and catch a falling star
     Get with child a mandrake root,
Tell me where all past years are,
     Or who cleft the Devil's foot

John Donne, Song

 


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