Le monde est une mer, mère amère et injuste
Un océan corrosif qui ronge l'âme jusqu'à la moelle,
Abrasif comme le verre poli. Le vers poli m'a salué,
Ludique lombric mal embriqué, mon verre de vie s'est envolé.
Envolé notre ver à soie, soit. Dans l'abandon du soi
Mélancolique, mélan-coho-lique, viens voir le noir, le boir,
Qu'il te transperce, renverse. Paresseuse et léthargique,
Son entropie philanthropique consume : un poison exotique.
Envolés mes vers à moi, la pile de bile biologique
S'affaisse, engloutissant l'engloutissante, engourdissante,
Euphorie qui s'emparait de mon sommeil, soleil de toutes mes nuits.
Que de palabres au vent : Auvent dément de ma maison,
Mon refuge, littoral pastoral du littéraire oral, du subterfuge.
Un calme frôlant de près le grand grabuge, j'y abandonne.
Qui, avant, donne sa forme en sacrifice ? Et ça crie fils
Pour se rappeler à l'autre sans en salir son propre artifice.
J'habite cet édifice, et j'édifie cet habit, chiche de le prendre?
Parce qu'on pourrait se pendre, s'en vendre à cet esprit.
Cit-git ma bonne conscience, en son absence, seul le cœur règne.
Qu'elle repose ici en pièces, car je l'ai comprise au scalpel.
Ma table d'opération, lassée d'apprendre ses multiplications
S'est asservie et m'a servi à l'autopsie de ce que je fus, fis.
Là, tachée de sang, atachée et sans remords aucun
Elle s'enorgueillit de toutes ses connaissance, je donne naissance,
À ce que j'ai conscience de n'être plus.