Nan, c'pas vrai... Des
VRAIS Haïkus

Sandy

Le chant du moineau
du sol renaissent les fleurs
le printemps est là.
Le 2°vers est pas super, tant dans la diction que la formulation. Techniquement, on devrait pouvoir lire le haïku comme une seule phrase ; donc problème structurel ; à moins de corriger avec de la ponctuation. Je pense que retravailler ce vers pourrait rendre à ce haïku une meilleure unité/identité. En utilisant une localisation par exemple, genre "raisonne au-dessus des pousses" (bon c'pas génial mais, c'est une piste, à toi de voir).
Elle brille et chante
dans ce vaste décor noir
Sphère de la nuit.
Génial !

(juste petit pb de rythme à cause des e muets, mais c'pas grave

)
Les sens se réveillent
la mousse embrasse les lèvres
café du matin.
Excellent !! On sent vaiment l'instant, c'est exactement vers quoi le haïku doit tendre. Bravo !

Suite lecture +loin : 2 virgules à claquer en fin de vers

Tendresse d'été
le vent caresse les pages
d'un livre égaré.
Je rajouterais un virgule à la fin du premier vers afin d'atteindre la
perfection 
Lumière aveuglante
un grand bonheur m'envahit
maman est rentrée.
Moui, là on retombre un peu dans le travers de la poésie occidentale. Il y a vraiment 3 vers/proposition (qui nécessiterai 2 virgules), pas une unité comme dans les précédents. Ca donne un rythme haché qui dessert le message, car celui-ci est bien émouvant. Mériterait d'être retravailler pour être bien plus qu'un "simple" joli haïku

(PS : je viens de remarquer que le haïku du café avait la même maladie, mais l'effet n'était pas le même, comme quoi ça reste assez subjectif et dépendant du ressenti du lecteur

)
Larmes salées glissent
de la profondeur du cœur
qui pleure un amour.
Moui, pas super convaincu par "glissent de la profondeur". Disons que cette image ne me parle pas

Le peintre dessine
un semblant d'éternité
sur de la dentelle.
Parfait aussi. Celui-là serait mieux sous la forme monoversifiée, car il n'y a pas de e muet à escamoter par le changement de ligne (ce qu'on me pouvait pas faire avec celui du café).
Guêpe et papillon
trouvent faveur dans les bras
d'une jolie fleur.

(...je me demande si faveur ne devrait pas être au pluriel

)
Une mouche valse
avec ce rouge mortel
Grenouille a bondi.
Oouuhlaa ! Trop de e muets, on force la lecture et les "heuh".

Et j'ai pas compris le rouge mortel (à part une dionée peut-être

)
L'herbe essuie ses pleurs
Les fleurs sont vêtues de perles
Rosée du matin.
Là aussi, on a 3 vers empilés à retravailler. J'aime vraiment beaucoup beaucoup "L'herbe essuie ses pleurs"; mais les "fleurs" juste derrière, ne donna pas de jolies sonorité. Faudrait mettre un mot de liaison à la place ; de plus, j'irais presque à dire que "vêtues de perles" est pratiquement une redondance du premier vers ; et au final, affaibit un peu le propos ; même punition pour la mention explicite/explicative "Rosée du matin". Bref, ça radotte. Je pense qu'il y a moyen d'exploiter la puissance du premier vers, mais il faut trouver qqch de génial et le balancer dans les 2 vers suivants. Essaye de faire une phrase qui donne plutôt un sensation du petit matin frimas/soleil/aube/naissance/etc...je sais pas. En tout cas, je t'invite à mieux exploiter le premier vers, au vu de ce que j'ai lu, tu as le potentiel de t'améliorer.
Un immense merci à toi pour ces haïkus qui en sont vraiment

(dont 3-4 qui tutoie la perfection.)
PS : ceci est mon personnel avis à moi tout seul et ne vaut rien d'autre
