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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » L'horreur humaine

Auteur Sujet: L'horreur humaine  (Lu 1553 fois)

Hors ligne Barles Chaudelaire

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  • Messages: 64
L'horreur humaine
« le: 24 Octobre 2018 à 06:59:37 »
L'horreur humaine

S'il y a un meilleur moment pour écrire,
Un instant glorieux où l'on sait quoi dire
- En supposant qu'on l'ait un jour su ! -
C'est sans aucun doute maintenant ! que
Le symbole fond et le verbe fond que les
Amoureux font pour s'étreindre ;
Que l'inspiration pond et le suc fond sur
Leur langue avant de s'éteindre.

Et dans l'instant vulnérable où la fatigue
Trahit mon extase et me dicte mes phrases,
Je vois toute l'horreur ... toute l'horreur !
De mon être, qui, recevant l'ultime douceur,
Croit un instant au bonheur et le renie aussitôt :
Les chairs sont fades ! et la jouissance une blague !
Toute l'horreur ! de l'homme qui vit et en jouit !
Toute l'horreur ! de l'homme qui s'arrête ici

Je vous en prie : ressentez cette tristesse vitale !
Non que je veuille vous y pousser ; mais, je crois,
Chacun déambule selon sa fantaisie festivale,
Bondit et rebondit jusqu'aux limites du possible,
Gardées par la seule peine d'un coeur qui s'éplore,
Et redevient mortel par la souffrance dont l'absence
Brisât les belles chaînes de l'horreur humaine.

C'est un sentiment mêlé de beauté et d'haine !

Et quelque part, je ne veux pas de cette quête vaine
Qu'est la mort de la mort et le meurtre du meurtre.
Je serai transparenvers tous, livré au monde comme
À moi-même, ouvert aux épaules saignantes et au jugement.
Triste comme un jour sans pain
Et personnage de couleur dans un matin gris moche
Triste comme un jour sans matin
Enfermé dans une charogne bancroche

Et j'y reviens ...
Essoufflé d'avoir exposé trop de secrets
L'esprit faillit, fissuré à un degré
Que rien d'humain ne peut plus affecter
Cette phrase se lit avec un ton déconcerté
Machine à délaver en concerto désaccordé
L'inspiration et mon amoureuse m'ont quitté
Il y a environ deux heures et un car.
« Modifié: 11 Novembre 2018 à 13:31:06 par Barles Chaudelaire »

Hors ligne Ecalysta

  • Tabellion
  • Messages: 35
  • éternelle insatisfaite
Re : L'horreur humaine
« Réponse #1 le: 15 Janvier 2019 à 00:14:23 »
Très beau texte, ma première impression est celle d'un personnage qui est transcendé par l'inspiration. Cette même inspiration qui retombe à la dernière strophe. On sent bien le caractère éphémère de la chose. Le titre aussi, en lui-même, est percutant : "L'horreur humaine", comme l'horreur de la condition d'homme, qui nous permet de voir et de toucher du doigt le beau, le grand, le vrai; sans pour autant les comprendre et les posséder. Ils viennent et disparaissent. C'est mon interprétation, dis-moi si je me trompe.


L'horreur humaine

S'il y a un meilleur moment pour écrire,
Un instant glorieux où l'on sait quoi dire
- En supposant qu'on l'ait un jour su ! -
C'est sans aucun doute maintenant ! que
Le symbole fond et le verbe fond que les
Amoureux font pour s'étreindre ;
Que l'inspiration pond et le suc fond sur
Leur langue avant de s'éteindre.

Je n'ai pas tout compris à la phrase avec les fond, mais la sonorité est jolie, c'est déjà ça de pris pour moi :)

Et dans l'instant vulnérable où la fatigue
Trahit mon extase et me dicte mes phrases,
Je vois toute l'horreur ... toute l'horreur !
De mon être, qui, recevant l'ultime douceur,
Croit un instant au bonheur et le renie aussitôt :
Les chairs sont fades ! et la jouissance une blague !
Toute l'horreur ! de l'homme qui vit et en jouit !
Toute l'horreur ! de l'homme qui s'arrête ici

Très puissante cette strophe

Je vous en prie : ressentez cette tristesse vitale !
Non que je veuille vous y pousser ; mais, je crois,
Chacun déambule selon sa fantaisie festivale,
Bondit et rebondit jusqu'aux limites du possible,
Gardées par la seule peine d'un coeur qui s'éplore,
Et redevient mortel par la souffrance dont l'absence
Brisât les belles chaînes de l'horreur humaine.

Oh, je me sens visée par le narrateur. Il m'apostrophe. Il me "bondit" dessus. C'est l'effet voulu, non ?

C'est un sentiment mêlé de beauté et d'haine !

C'est horrible de toucher du doigt le sublime, puis de le voir s'éloigner.

Et quelque part, je ne veux pas de cette quête vaine
Qu'est la mort de la mort et le meurtre du meurtre.
Je serai transparenvers tous, livré au monde comme
À moi-même, ouvert aux épaules saignantes et au jugement.
Triste comme un jour sans pain
Et personnage de couleur dans un matin gris moche
Triste comme un jour sans matin
Enfermé dans une charogne bancroche

"Transparenvers", joli. Je ne comprends pas non plus l'histoire du meurtre. Il y a quelque chose de Jacques Brel dans cette strophe. Le "triste comme un jour sans pain" peut être

Et j'y reviens ...
Essoufflé d'avoir exposé trop de secrets
L'esprit faillit, fissuré à un degré
Que rien d'humain ne peut plus affecter
Cette phrase se lit avec un ton déconcerté
Machine à délaver en concerto désaccordé
L'inspiration et mon amoureuse m'ont quitté
Il y a environ deux heures et un car.

Boum ! La débandade ! Que c'est triste cette fin ! Et réaliste à la fois. On touche du doigt le sublime, puis on revient à la trivialité d'une machine à laver

Voilà mon interprétation ^^ Peut être suis je partie trop loin ou n'ai je rien compris, mais je l'ai lu comme ça.

Quelle était ton intention en écrivant ce poème ?

Esther
/Ecalysta/

 


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