Bonsoir, je viens à vous ce soir suite à ma toute dernière idée... Participer à un AT!
Je dois pour celà écrire un texte de maximum 40 000 caractères avec comme impératif la présence importante du mot "Elyranthe" avec le sens que l'auteur désire lui donner. L'ensemble des règles se trouve
iciJe poste donc ici mon premier jet du "début" du texte, en espérant avoir des retours sur le peu que j'ai déjà écrit.
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Le valet entra dans une vaste pièce, dotée d’un mobilier sommaire, mais somptueux. Une silhouette élancée se dessinait à la fenêtre, immobile.
— Elyranthe est en route, Monseigneur.
L’homme laissa quelques secondes s’écouler avant de se retourner, un sourire naissant sur son visage marqué.
— Bien… Bien. Assurez-vous que les meilleures “geôles“ lui soient attribuées. Nous ne voulons pas manquer à notre réputation, n’est-il pas ?
— Bien entendu, je les fais préparer dès maintenant.
Sans attendre, le valet prit congé de son protecteur et maître, le comte Vellmi. Ce dernier soupira avant de s’asseoir à son bureau, regardant avec dépit les documents empilés devant lui. Le plus troublant n’était autre qu’une missive du marquis Forsac, annonçant la venue de sa servante Elyranthe, et mandant le comte de l’éduquer “comme il se doit d’une servante irrévérencieuse“.
Pour qui sait lire entre les lignes, et le Comte y excelle, le marquis venait de lui laisser la charge d’une servante qu’il ne parvenait à dresser, et dont une éducation ratée porterait disgrâce au nom du Comte.
D’un autre côté, il lui était tout de même laissé la possibilité de rabaisser cette servante au rang d’esclave, chose qu’il ne pouvait se permettre. Ses oreilles, présentes dans le domaine du marquis, lui avaient fait parvenir une rumeur selon laquelle la jeune serait la fille illégitime de Forsac.
— Quelle magnifique pomme me livrez-vous là, Monsieur le marquis, et que n’ai-je le choix d’y croquer devant vos yeux attentifs.
Le comte s’ébroua et se remit à travailler tandis que, par sa fenêtre, un nuage de poussière se profilait sur la route du comté de Forsac. Ce n’était autre qu’un véhicule aux tons sombres, conduit par un homme à la peau rudoyée par les années de transport.
Le cocher retint une grimace après un cahot plus marqué que les autres.
— Nous venons d’arriver dans le comté. Voulez-vous que je vous mène directement au château de monsieur le comte ou désirez-vous passer la nuit à l’auberge du bourg ?
— Laissez-moi une nuit au village, cocher.
Le ton de la cliente, une demoiselle qui se faisait nommer Elyranthe, fit grogner son interlocuteur, mais elle ne l’entendit pas.
— Avec plaisir.
La charrette continua son bonhomme de chemin et le crépuscule était tombé depuis peu lorsqu’ils atteignirent l’auberge. La cliente se pressa à l’intérieur tandis que le cocher s’occupait des chevaux, et lorsqu’il entra à son tour, il soupira en remarquant l’absence d’Elyranthe. C’est avec les épaules relâchées qu’il s’accouda au bar, un sourire aux lèvres. Ce sourire fut de courte durée.
— Votre fille nous a annoncé que c’est à vous que je dois voir pour sa chambre et son repas.
Cette phrase, pourtant prononcée sur un ton neutre, fit s’affaisser le pauvre hère. Son salaire était déjà celui d’un miséreux, et cette envoyée du marquis lui coutait bien plus que ce que la course ne lui rapportait. C’est donc désabusé qu’il rejoignit son cheval pour dormir à l’écurie, ayant décidé d’économiser au maximum sur le voyage. En se couchant, il se fit la réflexion que la petite femme devait être une noble déguisée pour être aussi imbuvable.
Le lendemain, elle lui fit perdre encore un long moment avant de remonter dans la voiture. Elle semblait ne pas vouloir arriver à destination, ce qui tira un sourire narquois au cocher. Ce dernier, en effet, était bien au fait de la réputation que le comte Vellmi possédait auprès de la noblesse, et il se réjouissait d’avance de laisser cette mégère aux bons soins du seigneur des lieux. Ils arrivèrent au château moins d’une demi-heure après, et les gardes les laissèrent passer après avoir méticuleusement fouillé le véhicule.
Ce n’est qu’une fois dans la cour que le pauvre homme put enfin être libéré de sa passagère. Celle-ci fut récupérée par des serviteurs du comte, et un valet s’approcha du cocher, une bourse en main dont il sortit de la monnaie.
— Pour vous, de la part du comte, une pièce d’argent et trois pièces de cuivres.
Le chanceux n’en revenait pas. Il avait toujours entendu dire que le comte Vellmi espionnait ses sujets, mais de là à recevoir le montant exact que la mégère lui avait fait dépenser la veille, ce ne pouvait être que la réalité ! D’un autre côté, ce même comte venait de faire preuve d’une grande générosité en le remboursant ainsi alors que rien ne l’y obligeait.
Un détail supplémentaire étonna le voyageur, en effet, la bourse dont les pièces sortaient ne semblait pas perdre de volume. L’homme se dit tout de suite que ce devait être une illusion due à la fatigue, surtout en sachant que peu de pièces furent utilisées à ce moment précis.
Pendant ce temps, Elyranthe, guidée par les domestiques du domaine, se rendait à ses appartements. Ceux-ci, sans être luxueux, semblaient bien plus confortables que ceux dont elle avait l’habitude.
Sans lui laisser le temps d’ouvrir la bouche, l’un de ses guides lui donna un papier, tandis que l’autre se mit à parler en désignant l’objet.
— Voici les consignes pour demain. Le comte désire vous recevoir dans son bureau ce soir, lorsque l’horloge sonnera huit heures. Ne soyez pas en retard.
Elle ne réagit pas immédiatement, ne s’attendant pas à une telle précipitation de la part des valets, et ceux-ci sortirent donc avant qu’elle n’ait pu dire quoi que ce soit. Quelques secondes plus tard, assise sur son lit, elle se lamenta, penaude.
— Mais je ne sais pas lire…
Après quelques heures que la nouvelle mit à profit pour apprendre à se repérer dans sa nouvelle demeure, elle se rendit au lieu de rendez-vous. Elyranthe entra au premier coup de huit heures, car elle ne voulait pas avoir l’air excessivement pressée ni faire attendre son hôte. Elle s’imaginait déjà devoir fuir en courant devant les demandes excessives du “Comte démoniaque”, et c’est donc préparé à tout qu’elle entra, pour se figer dès la porte refermée.
Le comte n’était pas seul ici, il y avait deux autres personnes dans la salle. La première n’était qu’un domestique du manoir, même si sa tenue laissait penser qu’il avait un rang supérieur, voire du Majordome. C’était la seconde personne qui avait surpris la jeune arrivée, il s’agissait d’une femme habillée maladroitement, comme si elle n’était pas habituée aux us et coutumes des nobles mais voulait faire bonne impression. Son visage buriné, aux traits marqués par une vie de travaux, finissait d’indiquer qu’il s’agissait d’une roturière. Elyranthe était certaine d’avoir déjà vu ce visage, mais n’arrivait pas à savoir où.
— Approchez, commença le comte. Nous n’allons pas vous manger.
— Nous désirons simplement vous parler d’un sujet… Fâcheux, poursuivit le Valet.
— En effet, repris le comte, nous avons le regret de vous annoncer que vous êtes actuellement endettée auprès de nous. D’un montant qui s’élève à ?
Il se tourne vers la dernière personne, qui ne semblait pas vouloir participer à ce discours.
— Une pièce d’argent… Et trois de cuivre… Monseigneur.
— Voyons Elena, reprit le noble avec un sourire. Je vous ai déjà expliqué que vous n’avez pas à être aussi tendue en ma présence, nous sommes en petit comité, et rien de tout cela ne sortira de cette pièce, n’est-ce pas ?
Le silence s’installa quelques secondes. Personne ne dit un mot, comprenant qu’il s’agissait d’une question rhétorique. Le regard soutenu du comte, resté souriant, posé sur sa nouvelle servante lui fit bien comprendre que cette phrase avait lieu d’ordre.
— Je dois préciser, annonça le majordome, que nous ne pouvons former une servante qui est endettée auprès de nous, sous peine que le comte Vellmir ne soit vu comme quelqu’un profitant de la faiblesse de ses serfs pour des motifs inavouables.
— Mais… osa la principale concernée. Comment c’est possible ? Je n’ai encore rien fait…
Le comte rit.
— Voyons voir. J’ai ouï dire que vous vous êtes arrêté la nuit dernière pour séjourner à l’auberge. Est-ce vrai ?
— Oui, mais…
— Mais votre séjour fut payé par l’homme qui voyageait avec vous, nous le savons bien. Votre dette fut donc transférée de notre amie ici présente à votre compagnon.
Durant cette phrase, le noble désigne la femme à sa gauche, qui donne l’impression d’être absorbée par l’ensemble de plumes et l’encrier du comte, qui continue.
— Cependant, il nous est bien impensable de laisser un invité de notre domaine répandre le bruit que nous sommes de mauvais hôtes. Comment mon fief pourrait-il survivre dans ce cas ?
— Je… commença Elyranthe.
— SILENCE !
Le majordome vient de crier, sa voix se brisant presque.
— Le comte m’a ordonné de payer le cocher, avec son propre argent, pour que cet homme ne fasse pas fuir les voyageurs qu’il croisera.
Alors que le valet recommence à perdre le contrôle de sa voix, Vellmir lève la main en un geste apaisant, puis reprend la parole comme si rien ne s’était passé.
— Nous avons donc décidé, et j’ose espérer que vous n’y trouverez rien à redire, que vous rembourserez cette dette en travaillant, non dans mon manoir, mais à l’auberge dans laquelle vous avez séjourné dernièrement.
L’annonce laisse la jeune sans voix. Elle n’arrive pas à comprendre pourquoi cette sanction est si sévère. Elle n’a fait que ce qu’elle fait depuis toujours.