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Auteur Sujet: Des cornichons au chocolat  (Lu 25083 fois)

Hors ligne Dieter

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Des cornichons au chocolat
« le: 09 Octobre 2018 à 21:01:18 »
Que pensez-vous du débat qui fait à nouveau rage, à l'occasion de la réédition, sur le fait que Philippe Labro ait gardé aussi longtemps secret le fait qu'il en était l'auteur ?
Seriez-vous prêt(e) à faire la même chose dans le seul but de favoriser la vente d'un de vos livres ?
On n'a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.
Amélie Nothomb

Verasoie

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Re : Des cornichons au chocolat
« Réponse #1 le: 09 Octobre 2018 à 21:44:16 »
J'ai absolument aucune idée de quoi tu parles... (et ma recherche très superificelle sur google ne m'aide pas)... tu peux éclairer nos lanternes en résumant la situation ?  :mrgreen:

Hors ligne Dieter

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Re : Des cornichons au chocolat
« Réponse #2 le: 09 Octobre 2018 à 22:21:59 »
Ce livre était soi-disant (il y a trente-cinq ans) le journal intime du pré-adolescente qui se posait des questions sur la vie comme toutes les jeunes filles de son âge.
Il avait été (toujours soi-disant) "corrigé" et préfacé par Philippe Labro.
Ce livre devient culte (on le trouve dans les CDI et dans les bibliothèques), parce que de nombreuses jeunes filles s'identifient à "l'auteure".
Vingt ans plus tard, Philippe Labro avoue qu'il en est l'auteur, et qu'il n'a pas eu le courage de l'avouer avant "pour ne pas décevoir les lectrices qui lui écrivaient pensant s'adresser à une jeune fille"...
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Amélie Nothomb

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Des cornichons au chocolat
« Réponse #3 le: 09 Octobre 2018 à 22:28:14 »
À mes yeux, cela arrive souvent qu'on favorise un peu l'image de l'auteur, qu'on la romance pour lui donner un aspect un peu atypique. En arriver à un point de simulation tel qu'on risque de décevoir tant de jeunes filles, peut-être même de les faire pleurer, je me demande s'il n'y a pas un peu de malice dans la démarche.

Verasoie

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Re : Des cornichons au chocolat
« Réponse #4 le: 09 Octobre 2018 à 22:39:48 »
Ça me fait penser à Fargo, en fait (j'ai cru pendant tout le film qu'il s'agissait d'une histoire vraie... à cause du disclaimer du début). J'sais pas, je trouve pas que ce soit hyper extrême en fait. S'effacer en tant qu'auteur ou jouer du nom de plume (George Sand qui choisit un nom masculin, Robin Hobb un nom mixte et J.K.Rowling de laisser ses initiales, toutes trois pour ne pas s'afficher directement en auteures), c'est classique non ? Enfin, ça dépend si on choisit de lire un texte pour lui-même, ou intrinsèquement lié à son auteur.

Là où je me pose plus la question c'est sur la loi qui entoure le fait de déclarer un document comme une fiction ou un document authentique, mais du coup, j'imagine que c'est à l'éditeur de se justifier, dans ce cas précis ?

(Je connaissais pas ce journal ni cette polémique et c'est intéressant comme question je trouve : ))

Hors ligne Dieter

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Re : Re : Des cornichons au chocolat
« Réponse #5 le: 09 Octobre 2018 à 22:54:21 »
(George Sand qui choisit un nom masculin, Robin Hobb un nom mixte et J.K.Rowling de laisser ses initiales, toutes trois pour ne pas s'afficher directement en auteures), c'est classique non ?
Oui, mais dans leur cas, si je ne m'abuse, elles l'ont fait dès le départ, avant même d'être connues, pour faire débuter leurs ventes.
Dans le cas de Philippe Labro, ça me taraude un peu plus, parce que je me dis qu'il a fait ça dans un but purement mercantile : s'il avait avoué dès le départ que c'était une fiction, la critique n'aurait pas autant encensé le livre, et il n'aurait donc pas fait autant de vente au point de devenir culte.
Après, je peux me tromper, mais dans ce cas pourquoi avouer la vérité au moment de la réédition, si ce n'est pour faire le buzz et à nouveau faire décoller les ventes, plutôt que de compter sur la qualité du texte ?
Ce genre de méthodes dans le domaine artistique me laisse un goût amer.
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Amélie Nothomb

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Des cornichons au chocolat
« Réponse #6 le: 09 Octobre 2018 à 22:59:00 »
Il faut croire que c'est l'intention qui compte.

En ce qui concerne « la vérité », ce genre d'authentification n'est généralement recherché qu'en cas de conflit (un exemple bien connu : la diffamation). Les éditrices & éditeurs ont quand même intérêt à travailler avec des auteur.e.s de confiance et à garder une certaine vigilance.
« Modifié: 09 Octobre 2018 à 23:00:53 par Alan Tréard »

Verasoie

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Re : Des cornichons au chocolat
« Réponse #7 le: 09 Octobre 2018 à 23:00:37 »
Mh, je pense qu'on peut parfois considérer que la démarche "marketing" fait partie de l'oeuvre, non ?

Yulia et Lena jouant le rôle d'un couple pour tATu (je suis tellement hilare d'avoir que cet exemple en tête en vrai  :mrgreen:) par exemple. C'était pour vendre et faire le buzz, et la supercherie a fini par être dévoilée, et pourtant les deux chanteuses continuent à jouer des rôles amoureux dans les clips, les concerts, ... parce que finalement ce rôle fait partie de l'identité du groupe (même s'il est ouvertement non conforme à la réalité).

Ou l'histoire de Banksy qui installe un mécanisme d'autodestruction dans une de ses toiles pour le déclencher si elle est un jour vendue...

Dans le cas des cornichons au chocolat, c'est surtout difficile selon moi de savoir ce qui est de la volonté de l'auteur et du recours de l'éditeur ! Je trouve que ça fait une différence de taille justement sur cette question ^ ^

(à part ça, j'ai jamais lu ce bouquin oO)

Hors ligne Gros Lo

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Re : Des cornichons au chocolat
« Réponse #8 le: 09 Octobre 2018 à 23:07:39 »
Que pensez-vous du débat qui fait à nouveau rage, à l'occasion de la réédition, sur le fait que Philippe Labro ait gardé aussi longtemps secret le fait qu'il en était l'auteur ?
Seriez-vous prêt(e) à faire la même chose dans le seul but de favoriser la vente d'un de vos livres ?

Pourquoi ce ne serait pas juste dans l'optique d'avoir des retours pas trop subjectifs ? comme Rowling quand elle publie sous le nom de Galbraith parce qu'elle ne veut ni qu'on lui serve du "oh c'est tellement génial tout ce qu'elle fait", ni que certains ne vitriolent le bouquin juste parce qu'ils ont décidé de "se payer Rowling".

Et puis pourquoi l'auteure de ce livre n'existerait pas ? Cette narration il ne l'a pas trafiquée. Il a cette personne en lui, qu'on l'appelle auteure ou juste narratrice. Ca ne me semble pas odieux d'imaginer que quelqu'un s'adresse à lui dans ce cadre.
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne Dieter

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Re : Re : Des cornichons au chocolat
« Réponse #9 le: 09 Octobre 2018 à 23:13:04 »
Mh, je pense qu'on peut parfois considérer que la démarche "marketing" fait partie de l'oeuvre, non ?
Oui, mais dans ce cas, quelle est la part de la qualité littéraire dans le fait de vendre ? Quelle fierté en tant qu'auteur, peut-on tirer du fait que son œuvre ne se vende que parce que la publicité en a été faite indépendamment du contenu ?

Citer
Ou l'histoire de Banksy qui installe un mécanisme d'autodestruction dans une de ses toiles pour le déclencher si elle est un jour vendue...
Sauf qu'il ne s'attendait pas à ce que ça se retourne contre lui, puisque ça n'a fait qu'augmenter sa valeur.

Citer
à part ça, j'ai jamais lu ce bouquin oO
Moi non plus  :D Mais je suis tombé dernièrement sur un article qui en parlait, et ça m'a interpellé.
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Amélie Nothomb

Verasoie

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Re : Des cornichons au chocolat
« Réponse #10 le: 09 Octobre 2018 à 23:15:08 »
Citer
Oui, mais dans ce cas, quelle est la part de la qualité littéraire dans le fait de vendre ? Quelle fierté en tant qu'auteur, peut-on tirer du fait que son œuvre ne se vende que parce que la publicité en a été faite indépendamment du contenu ?

On peut se poser la question en permanence ^ ^. On le sait ça, que la popularité d'une oeuvre est pas liée à sa qualité littéraire... : P

Hors ligne Dieter

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Re : Des cornichons au chocolat
« Réponse #11 le: 09 Octobre 2018 à 23:24:40 »
D'accord, mais j'en reviens à ma question du départ, qui concerne les membres de ce forum (juste pas curiosité) :
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Seriez-vous prêt(e) à faire la même chose dans le seul but de favoriser la vente d'un de vos livres ?
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Amélie Nothomb

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Des cornichons au chocolat
« Réponse #12 le: 09 Octobre 2018 à 23:31:36 »
Moi, je trouve que c'est trop de risques, je tiens suffisamment à mes écrits pour ne pas prendre le risque qu'ils soient entachés par des éléments hors-sujet (sauf dans un cas où cela fait vraiment partie de la démarche d'écriture et a un lien avec le propos du texte). Peut-être que je verrais les choses autrement si j'étais une femme dans un monde littéraire particulièrement sexiste, je n'en doute pas.

Hors ligne Chouc

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Re : Re : Des cornichons au chocolat
« Réponse #13 le: 10 Octobre 2018 à 08:35:04 »
D'accord, mais j'en reviens à ma question du départ, qui concerne les membres de ce forum (juste pas curiosité) :
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Seriez-vous prêt(e) à faire la même chose dans le seul but de favoriser la vente d'un de vos livres ?

La question est biaisée. Ta formulation induit que Labro a agit ainsi dans le seul but de favoriser ses ventes, or tu n'as aucune certitude sur ses motivations.

Serais-je prête à utiliser un nom de plume différent pour une seule de mes oeuvres ? Oui, si j'ai une raison valable de le faire. Par exemple la raison évoquée par Lo.
Tel esprit qui croyait se pendre.

Hors ligne shaane

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Re : Des cornichons au chocolat
« Réponse #14 le: 10 Octobre 2018 à 08:41:22 »
Permettez-moi d'apporter mon point de vue de jeune lectrice des années 2000.

Je me souviens de l'avoir emprunté au CDI de mon collège, en 2001 ou 2002. J'avais une douzaine d'années, l'âge parfait pour cette lecture.
Je me souviens aussi d'une partie de la cote : STE suivi d'un nombre que je n'ai pas retenu. Sur la couverture, il n'y a avait mentionné que ce prénom et la quatrième de couverture le présentait comme le vrai journal intime d'une ado de treize ans.

J'aurai du m'identifier facilement à Stéphanie mais ce ne fut pas du tout le cas. Je ne me souviens plus exactement de ses péripéties, mais elle me semblait une fille totalement obnubilée par ses règles, ou plutôt son absence de règles. Léger.

Je ne doute pas que des dizaines d'ado du même âge se sont identifiées à cette Stéphanie, comme beaucoup peuvent s'identifier à une héroïne romanesque. D'ailleurs, c'est souvent ce qui permet d'accrocher le lecteur/lectrice.
Certes, il s'agit d'une ado du milieu des années 90, mais le début des années 2000 n'y est pas bien différent (pas de téléphone portable, pas d'internet)...

Enfin, ce fut mon impression du moment. En le rendant au CDI, j'ai vu en première page la mention du second auteur, qui avait "aidé" Stéphanie. Je ne sais pas pourquoi ça a retenu mon attention.

C'est pourquoi, il y a deux ou trois ans, quand je suis tombée sur un article où il prétendait avoir inventé cette Stéphanie, j'ai tout de suite retrouvé le contexte.
Dans un premier temps, je me suis dit "il est gonflé". En fait, c'est assez facile de s'attribuer le travail d'un auteur quand on a été son presque nègre littéraire.
Ensuite, on sait tous que certaines personnalités n'ont jamais écrit leurs bouquins. Je pense à des "people" ou des politiciens. S'attribuer la paternité d'un ouvrage que l'on a écrit en tant que nègre est contraire aux règles des la "profession" mais en soi, est-ce répréhensible ?
Et puis vint l'idée : il dit peut être vrai. Je n'ai jamais cru en cette Stéphanie romanesque. Il a pu romancé ses aventures ou bien les créer de toute pièce.

Nous ne le saurons jamais ;) !


 


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