[On m'a récemment demandé d'écrire un poème un peu plus long que d'habitude, le voici !]
Assassalin
Dans un océan d'océans vivait un océan.
Hissez haut ! criait-on sur son flanc.
Ici-bas tous pensaient l'avoir dit le premier
Et se disputaient de misérables voiliers
Qui ne pouvaient voguer que sur l'eau ;
Et se disputaient de misérables voiliers
Qui ne pouvaient voguer là-haut.
Ils tendent les bras pour attraper
Ce qu'ils ne voient pas,
Et les poings pour maltraiter
Ce qui ne veut pas.
Mais la déesse des champs a pris la clef
Et s'est enfuie dans le temps.
Elle ne reviendra pas
Au printemps.
Dans un océan d'océans survivait un océan
Qui avalait à pleines gorgées la salive du néant.
Les enfants de la genèse s'enfuient de l'Enfer
Qui, fier, défie la force terrible de leur mère
Violée chez elle sans un son ;
Qui, fier, défie la force terrible de leur mère
Violée chez elle en robe goudron.
Ils tendent les bras pour attraper
Ce qu'ils ne voient pas,
Et les poings pour maltraiter
Ce qui ne veut pas.
Mais la déesse des champs a pris la clef
Et s'est enfuie dans le temps.
Elle ne reviendra pas
Au printemps.
Dans un océan d'océans agonisait un océan,
Voyant ses enfants macérer dans le vide géant.
Sous les yeux de Mer, un sang d'encre aux lèvres,
Défilait sa vie dans le filet de la fièvre,
Assassinée sans vague à l'âme ;
Défilait sa vie dans le filet de la fièvre,
Assassinée sur un brise-lames.
Ils tendent les bras pour attraper
Ce qu'ils ne voient pas,
Et les poings pour maltraiter
Ce qui ne veut pas.
Mais la déesse des champs a pris la clef
Et s'est enfuie dans le temps.
Elle ne reviendra pas
Au printemps.