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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Exode

Auteur Sujet: Exode  (Lu 1172 fois)

Hors ligne Hank

  • Plumelette
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Exode
« le: 03 Juillet 2018 à 02:17:33 »
Exode.

Elle était légère, fraiche et spontané comme le printemps. Elle n’était pas belle mais jolie. D’une simplicité qui vous trouble ; même, elle vous charmait avec son teint rieur.
Elles n’étaient pas de celles, vulgaires, qui réveillent de vile pulsion en plongeant dans le fond de vos yeux. Non, elle était de celles qu’on considère comme une amie, dont on se surprend à vouloir plus. Elle exerçait sur vous une emprise dont personne n’a le nom.
Elle n’était pas douce, elle était délicate. Elle n’était pas timide, elle était attentive. Elle n’était pas naïve, elle savait. Elle savait les choses mais elle était trop polie pour en savoir plus. Il ne voulait pas en savoir davantage non plus. Elle était elle, et c’était bien.
Elle ne semblait esclave de rien : elle était vivante. C’est ce qu’il lui plaisait le plus. Lui — libre le temps d’une pensée, enchainé le temps d’une vie — avait trop d’ambition pour ce genre de légèreté. Mais il aimerait. Il aimerait embrasser l’herbe, dompter ces arbres, caresser ces routes désertes. Oui, il aimerait toucher ces montagnes, pénétrer le fond de ces terres, enlacer ce ciel.
Elle avait une odeur particulière qui la distinguait : une senteur d’herbe séché dont on ne pouvait deviner la provenance. Comme si, une fois le dos tourné, une brune venait se cons. Il le revoyait tapotant un paquet bleue avachis de sa main droite, s’en glissant une dans le coin gauche de sa bouche.
Puis il dû la quitter. Il ne comptait pas s’expliquer, c’était grave : une raison suffisante pour ne dire mots. Son choix n’aurait pas d’incidence, rien ne changerait, il le pensait. Il la concevait indifférente, certes volatile mais figée. Se trompait-il ? Personne n’aurait su le dire.
C’est ainsi qu’ils se quittèrent, sans un mot, sans une parole. Ces choses là se devinaient. En restant silencieux, ils préservaient leur simplicité.

Elle était belle, froide et brillante comme l’hiver. Elle s’efforçait méticuleusement à ce qu’on ne la cerne pas. Elle se laissait désirer par tous, tellement que chacun se l’appropriait : tous la voulaient et tous l’avaient. Un flocon au milieu de l’herbe verdoyante. Une fois dans vos mains, elle glissait entre les creux laissaient par vos doigts entremêlés ; peu importait la force que vous y mettiez, elle partait pour ne jamais revenir.
Elle n’était pas délicate, elle était franche. Elle n’était pas attentive, elle était indifférente. Elle n’était pas passive, elle osait. On ne savait pas si elle savait, elle était mystérieuse. Lui, il ne savait rien. Elle était attirante, c’est tout.
Avec elle, on s’imaginait tout. Elle lui murmurait des rêves idylliques ; qui tantôt l’emportaient, tantôt lui laissaient un soupçon amer de mirage. En elle, il puisait des élans d’inspiration. Une inspiration cynique, mélancolique, peut-être nostalgique. Inconsciemment, elle l’aidait à comprendre ce qui l’entourait et ce qui le composait. Les pensées qu’elle lui soufflait l’empêchaient de se pencher sur les choses essentielles, simples.
Il s’enracina vite. Il ne vit plus le temps passer et ferma les yeux. Trop tôt pour comprendre, trop tard pour réfléchir.

Un soir d’automne où résonnait dans la ville une mélodie calme et apaisante, il songeait. Elle lui manquait, sa campagne.

Edit : modifications apportées suite aux conseils de Dieter
« Modifié: 08 Juillet 2018 à 21:50:53 par Hank »

Hors ligne Dieter

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Re : Exode
« Réponse #1 le: 03 Juillet 2018 à 13:02:45 »
Bonjour Hank,

Suite à un conseil, je suis venu jeter un œil à ta prose. J'avoue que ce n'est pas du tout ma tasse de thé, mais je vais me permettre d'apporter quand même un commentaire qui je l'espère sera constructif.
On sent ici que tu aimes écrire, que ça "coule" tout seul de ta plume. Tu poses les mots à la manière dont ils te viennent à l'esprit. Malheureusement, le lecteur n'est pas dans ton esprit. Il y a donc des choses qu'il comprend, et d'autres qui restent absconses, en raison notamment de certaines erreurs.

Exemples de ce qui reste pour moi mystérieux :

Citer
Il ne pouvait dire si cette odeur lui plaisait, bien que chaque respiration le ramenait dans le bureau mansardé de son père tapotant un paquet bleue avachis de sa main droite, s’en glissant une dans le coin gauche de sa bouche.
C'est joli, mais quel est le rapport avec le reste ?

Citer
Il l’a cerné indifférente, certes volatile mais figé
Cette phrase fait partie d'un groupe consacré à l'état d'esprit du personnage. Or, ici "figé" est accordé au masculin : est-ce bien de lui que tu parles en employant ce mot, ou de la campagne (auquel cas il faudrait accorder au féminin) ?
Ensuite, "Il l'a cerné". Déjà, le choix du temps ne me parait pas heureux (il aurait à mon avis mieux valu "il la cernait"), mais en plus, si tu comptes assumer cet temps, l'accord n'est encore une fois pas juste: "il l'a cernée".
Et enfin, que tu l'écrives "il la cernait indifférente" ou "il l'a cernée indifférente", la signification ne m'apparait pas très claire.

Il y a plusieurs autres fautes d'accord ("Les pensées complexes qu’elle lui soufflait l’empêchait"), des changements de temps dans une même phrase ("Il ne vit plus le temps passer, il avait fermé les yeux") qui n'empêchent pas la compréhension, mais empêchent d'apprécier le texte comme il devrait l'être. Je trouve ça dommage.
On n'a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.
Amélie Nothomb

Hors ligne Hank

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Re : Exode
« Réponse #2 le: 04 Juillet 2018 à 15:52:20 »
Bonjour Dieter,

Merci à toi pour ton commentaire. Il est vrai que je ne prends pas conscience du lecteur dans mes écrits, je recherche plus à poser des mots sur ce que je ressens que de me faire comprendre, je m'y prends mal.

Citer
Il ne pouvait dire si cette odeur lui plaisait, bien que chaque respiration le ramenait dans le bureau mansardé de son père tapotant un paquet bleue avachis de sa main droite, s’en glissant une dans le coin gauche de sa bouche.
J'aime bien cette phrase, elle rend vraie le personnage. Chacun a ses odeurs qui le projettent vers une pièce, un lieu, une personne, un moment. Cette mémoire olfactive témoigne d'un vécu, et donc d'un sentiment, d'un attachement qui est bien réel. Ici, le personnage associe la campagne à son père par l'odeur, ce lien cherchait donc à montrer le rôle que joue cette cambrousse pour le personnage.

"Il l’a cerné indifférente, certes volatile mais figé"
Citer
Cette phrase fait partie d'un groupe consacré à l'état d'esprit du personnage. Or, ici "figé" est accordé au masculin : est-ce bien de lui que tu parles en employant ce mot, ou de la campagne (auquel cas il faudrait accorder au féminin) ?
Effectivement... Étrange que je ne l'ai pas vu après mes relectures. Je parlais bien de la campagne, je corrige.

Citer
Ensuite, "Il l'a cerné". Déjà, le choix du temps ne me parait pas heureux (il aurait à mon avis mieux valu "il la cernait"), mais en plus, si tu comptes assumer cet temps, l'accord n'est encore une fois pas juste: "il l'a cernée".
Et enfin, que tu l'écrives "il la cernait indifférente" ou "il l'a cernée indifférente", la signification ne m'apparait pas très claire.
Très juste, "il la cernait indifférente" est bien ce que j'avais en tête. Par là, j'exprime le ressenti du personnage naïf qui croit en l'immuabilité des choses. Il pensait pouvoir la quitter en s'imaginant la retrouver plus tard, sans que rien n'est changé. Retrouver ses arbres et ses sentiers là où il les avait laissés.

Citer
des changements de temps dans une même phrase ("Il ne vit plus le temps passer, il avait fermé les yeux")
  Je t'avoue que j'ai du mal avec la concordance des temps et même au moment où je t'écris je ne vois toujours pas le problème de cette phrase. Je ne cracherai pas sur une petite leçon. ;)

Au plaisir Dieter,

Hank.

Hors ligne Dieter

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    • Dieter
Re : Re : Exode
« Réponse #3 le: 04 Juillet 2018 à 16:46:43 »
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Citer
Il ne pouvait dire si cette odeur lui plaisait, bien que chaque respiration le ramenait dans le bureau mansardé de son père tapotant un paquet bleue avachis de sa main droite, s’en glissant une dans le coin gauche de sa bouche.
J'aime bien cette phrase, elle rend vraie le personnage. Chacun a ses odeurs qui le projettent vers une pièce, un lieu, une personne, un moment. Cette mémoire olfactive témoigne d'un vécu, et donc d'un sentiment, d'un attachement qui est bien réel. Ici, le personnage associe la campagne à son père par l'odeur, ce lien cherchait donc à montrer le rôle que joue cette cambrousse pour le personnage.
D'accord, mais là, ça donne surtout l'impression que c'est l'odeur de la cigarette qui rappelle la campagne, ou vice-versa. M'est avis que pour qu'il n'y ait pas de confusion, il faudrait mettre un point après "père", et poursuivre par une nouvelle phrase du genre :" ll le revoyait, tapotant un paquet...".

Citer
"il la cernait indifférente" est bien ce que j'avais en tête. Par là, j'exprime le ressenti du personnage naïf qui croit en l'immuabilité des choses. Il pensait pouvoir la quitter en s'imaginant la retrouver plus tard, sans que rien n'est changé. Retrouver ses arbres et ses sentiers là où il les avait laissés.
Dans ce cas, je ne pense pas que "cerner" soit le mot à employer. "Il la concevait" me semble plus approprié.

Citer
je ne vois toujours pas le problème de cette phrase. Je ne cracherai pas sur une petite leçon. ;)
"Il ne vit plus le temps passer"-> C'est du passé simple
"il avait fermé les yeux"-> C'est de l'imparfait
=> Je suggère de tout mettre au passé simple car la phrase précédente est déjà conjuguée à ce temps. Et pour la phrase suivante, de supprimer le groupe sujet/verbe, ce qui a l'avantage de donner plus de poids à l'affirmation. Ça donnerait donc : "Il s’enracina vite. Il ne vit plus le temps passer et ferma les yeux. Trop tôt pour comprendre, trop tard pour réfléchir. "
Mais c'est toi qui voit.

@ +  ;)
On n'a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.
Amélie Nothomb

 


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