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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » (plus qu'explicite) La liberté est une longue route

Auteur Sujet: (plus qu'explicite) La liberté est une longue route  (Lu 4163 fois)

Mys

  • Invité
(plus qu'explicite) La liberté est une longue route
« le: 27 Juin 2018 à 16:22:51 »
Avis aux âmes sensibles: Ce texte contient des propos violents et des descriptions de violences physiques et psychologiques pouvant heurter les plus jeunes et les personnes sensibles.

Il y a quelques mois, j'avais posté ce texte. Depuis, je l'ai retravaillé avec les conseils d'une amie et j'ai légèrement modifié l'histoire. J'espère que j'ai écrit de manière mature (je pense que c'est le cas). Bonne lecture.


Un couple et leurs deux enfants faisaient une promenade. Ils cherchaient des insectes, des animaux, des champignons etc. L'un d’eux s'écarta pour faire ses besoins, sans se douter qu'il était observé. Quand il retourna vers sa famille, une trappe s’ouvrit sous ses pieds. Un fantôme vert foncé vint chercher sa prise, fit d'abord fuir la famille du jeune garçon avant d'emmener ce dernier dans sa maison, qui se situait à l'orée de la forêt.
De leur côté, les parents engagèrent un inspecteur. Du haut de ses sept ans, l'enfant ne comprenait pas ce qu'il se passait réellement. De son côté, l'homme avait seulement à lui faire peur pour obtenir ce qu'il voulait de lui, que ce soit au niveau du travail ou du comportement (il lui faisait aussi l'école). Il commença à faire la vaisselle en attendant le retour de son chef, car il avait peur de ce dernier. Pour éviter les problèmes, il faisait ce qu’on lui disait. Les enfants de son ravisseur ne se doutaient de rien. À mesure que les années passaient, il avait de plus en plus de travail, comme s'occuper du jardin, nettoyer la maison, faire la cuisine, s'occuper de la tuyauterie, de la cheminée, repeindre le portail, réparer la barrière, etc. Ses conditions de travail commencèrent à se dégrader au bout de deux ans de captivité.
Mais vers ses dix ans, l'enfant, ayant compris qu'il avait été enlevé, les réelles intentions de l'homme ainsi que le fait qu'il subissait le même sort que de nombreux enfants à travers le monde, commença à se rebeller et se disait : «Un malentendu oui ! Il cherchait plutôt quelqu'un pour tout faire à sa place, ou presque. Quand il verra mon pouvoir secret, il va pas en mener large. Esclavagiste de mes deux ! Cette horreur est abolie depuis 1848. Heureusement que j'ai piqué les bouquins et les cahiers de ses gosses. Ils finiront bien par découvrir la face assombrie de cette maison.»
Cela poussa ceux qui le retenaient à être violents avec lui. Les enfants commencèrent à se douter de quelque chose et ils redoutaient le pire. Pour obtenir des aveux ou l'inciter à la docilité, parmi les méthodes radicales que le ravisseur utilisait, l'une d’elles consistait à attacher sa victime par les bras à un crochet au-dessus de sa tête qu'il soulevait ensuite afin qu'il soit à peine sur la pointe des pieds voire suspendu à ce crochet, puis le frapper avec ses mains, un bâton ou autre chose, et ce durant plusieurs heures. Il lui fit aussi construire sa remise et son garage en étant plus violent qu’il ne l’avait jamais été avec lui pour l’asservir un peu plus.                                                                     
Mais cela avait l'effet inverse : les coups, l'isolement et les insultes le rendaient plus résistant, et ce à tel point que les insultes de ses ravisseurs ne lui faisaient plus rien. Un jour, vers ses dix ans et demi, fatigué de la violence, du travail forcé, de la discipline de fer qui lui était imposée (on lui interdisait formellement de parler, entre autres), des mauvais traitements et du fait d'être enfermé voire atrocement torturé, il décida de s'enfuir en prenant le chemin le plus court après avoir utilisé ses pouvoirs. Mais l'homme connaissait la forêt comme sa poche donc le rattrapa très vite et l'emmena dans la salle de torture, là où se trouvait le fameux crochet. Les coups commencèrent à tomber. Le pré-adolescent essayait à tout prix d'éviter de pleurer. Au bout de dix coups, il commença à crier. Deux heures plus tard, après deux cents coups, son ravisseur l'avait tellement battu qu'il ne restait plus un centimètre carré de peau blanche sur son dos et il commençait à devenir fou. Pour lui faire dire la vérité à propos de sa tentative d’évasion, il opta pour une autre solution : il fit un nœud coulant puis lui passa la corde au cou. Ensuite, il lui posa des questions, resserrant le nœud autour de son cou à mesure que cet interrogatoire musclé s'éternisait. Voyant que même sous la douleur, il ne répondait pas, l'homme décala la chaise afin que sa victime ait les pieds presque dans le vide. Voyant qu'il allait se faire pendre s'il ne disait rien, il avoua tout. Son ravisseur fit le nécessaire (selon lui) pour empêcher toute tentative d’évasion : il lui mit un collier de fer, très lourd (une dizaine de kilos), affreusement inconfortable et verrouillé autour de son cou à l'aide d'une serrure afin qu'il ne puisse pas l'enlever, le laissa dans la remise pour dix jours et le priva de nourriture pendant deux semaines. Le but était surtout de faire naître en lui un sentiment d’impuissance et d’infériorité, mais aussi de l’empêcher de courir vite. Le lendemain du dixième jour, le garçon tenta de sortir de sa cellule au moyen de ses pouvoirs mais il se cogna contre le mur et son collier devint blanc avant de reprendre sa couleur normale car ce sordide accessoire avait une autre propriété qui s'avéra très intéressante pour les ravisseurs : il bloquait les pouvoirs du jeune garçon. L'homme l'avertit qu'à la prochaine tentative d’évasion, il allait le battre jusqu'à ce que mort s'ensuive après lui avoir fait creuser sa propre tombe. Sur le moment, cette menace le terrifia. Puis, vers ses douze ans, le jeune forçat tenta de voler la clé de son collier, ce qui lui valut d'être sévèrement puni et de n'avoir désormais n'avoir droit à un repas que s'il faisait le travail qu'on lui demandait sans broncher, même s'il gelait ou s'il y avait un soleil de plomb. A plusieurs reprises, il avait essayé de s’affamer pour mettre fin à son traumatisme quotidien, mais il ne tenait jamais très longtemps. Les enfants se demandaient si leurs parents ne leur cachaient pas quelque chose.

Sept ans avaient passé depuis son enlèvement. Le garçon avait maintenant quatorze ans (il allait avoir quinze ans dans un mois). Ses vêtements étaient en lambeaux tandis que son corps affaibli, maltraité, fatigué et affamé portait la marque des coups et de ce qu'il avait dû endurer pendant toutes ces années. Ses yeux si noirs qu'il était impossible de distinguer la pupille étaient gonflés et rougis par les larmes. Comme ces dernières contenaient tout ce qu'il lui restait, il les retenait aussi longtemps que possible.  Ses mains étaient marquées par les multiples fois où il avait tenté d'enlever son collier de fer. Il avait même tenté de le frapper contre la porte en fer de sa cellule. Mais ce qui bloquait sa magie était beaucoup trop résistant, donc l’adolescent finit par courber le dos face à son impitoyable tortionnaire et arrêta de gaspiller son énergie à tenter d'enlever son piège, qu'on ne lui enlevait que pour qu'il prenne une douche glacée (pour éviter la rouille). Les murs de la cabine étaient en partie en fer, donc les ravisseurs pouvaient dormir tranquilles. Il pensa : «C'est pas une vie ! Je n'en peux plus de dormir sur un lit de planches et de cailloux, de me faire frapper pour un oui ou pour un non et tout le reste pendant que ce couillon se la coule douce. Je me couche à vingt-deux heures et on me réveille à quatre heures du matin. Je lui fais la cuisine et il ne trouve rien de mieux que de me brûler la peau quand il ne trouve pas ça bon. Les travaux forcés vont finir par avoir raison de moi. Peu importe le risque, je dois m'échapper d'ici, et ce sans passer par la porte d’entrée. Il est hors de question que je fête mes quinze ans dans ce trou à rats.»
Une conversation qu’il avait surprise entre ses ravisseurs lui glaçait le sang, en particulier une partie : «Bon, après son quinzième anniversaire, on lui rase la tête et surtout, on le castre. Ce serait dommage qu’il mette Valentine enceinte.»
Cela lui donnait encore plus envie de s’enfuir.
Parmi les travaux forcés qu'il effectuait, il devait coudre les vêtements de son ravisseur, les recoudre (ce dernier les déchirait parfois volontairement pour lui donner plus de travail), les raccommoder, pour ensuite découdre le tout puis tout recommencer depuis le début.  L'enfant voudrait réussir à tenir tête à celui qui le faisait travailler ou que les enfants essaient de l'aider.

Dans la soirée, l'homme devant s'absenter pour rendre visite à sa femme enceinte, l'enfant saisit l'occasion. Après avoir forcé la porte de sa cellule, il se mit à coudre, à la main pour éviter de faire du bruit, une cape noire avec une capuche recouvrant ses cheveux noirs et légèrement ses yeux afin de se rendre plus difficilement reconnaissable puis, après avoir caché la cape entre les planches et les cailloux de son lit, vola de la nourriture dans la cuisine, profitant du fait qu'il ne soit pas dans certains pays. Mais, son ravisseur étant de retour, il fut pris en flagrant délit. Son ravisseur le saisit avant de le faire tomber. Alors qu’il le maintenait face contre terre, il lui cria : «Alors comme ça on vole de la nourriture ?
- Ça fait plusieurs jours que j'ai rien mangé ! répondit l'adolescent. Je tiens à peine debout.
- Tu as avoué ta bêtise et c'est la première fois que je te prends la main dans le sac, expliqua l'homme, donc tu échappes aux deux jours de privation de nourriture et aux trente jours dans la remise, mais pas aux cinquante coups de bâton et aux trois heures supplémentaires de travaux forcés. Tu sais ce qui arrive aux voleurs dans certains pays ?
- On leur coupe la main, dit le garçon au collier de fer, et c'était aussi le cas au Moyen Âge. Vous me privez de nourriture et vous avez la conscience tranquille !
- C'est ce qui va t'arriver si je te reprends à voler quoi que ce soit dans cette maison, menaça l'homme qui le retenait, mais ce sont tes deux mains qui vont y passer. Et encore, je me demande si ce châtiment ne serait pas trop doux pour un voleur de ton espèce.
- Faites-le, fit le forçat, allez-y, débarrassez-vous de moi, mais essayez de survivre aux conséquences et à quel point vous allez le regretter. Je me demande comment vous pouvez être un papa aimant avec votre femme et vos enfants alors que vous me traitez plus mal qu'un déchet.»
Ils retournèrent dans la cellule. Cette pièce était plongée dans le noir complet et l’air passait par de petits trous. Un bâton à la main, l'adulte sans scrupules ordonna à sa victime : «Approche ta main gauche. Tu mérites une bonne correction. Si tu protestes je te donne pas cinquante mais cent coups. On peut commencer. Ça t'apprendra à voler.
- Aïe ! hurla le garçon pendant qu'il prenait vingt-cinq coups. Vous pouvez pas me faire ça. A la base je suis pas censé être votre cendrier !
- Encore un mot et je double la punition ! le coupa son bourreau tout en éteignant sa cigarette sur l’épaule du garçon. Tu as seulement le droit de la fermer et de faire ce qu’on te dit. Tend ton autre main.
- Espèce d'enfoiré ! osa dire Clément.»

Les coups pleuvaient sur les paumes de ses mains. Il se mit à pleurer dès que son tortionnaire fut parti, tellement les coups étaient violents. En l'entendant crier, les trois adolescents comprirent tout et essayèrent de trouver d'où venaient ces cris. Au bout d'un certain temps, ils commençaient à se rapprocher du sbire de leurs parents. Le premier détail frappant fut l'odeur de mort émanant de la cellule. Une fois à l'intérieur, ils furent choqués par ce qu'il y avait: un garçon ayant à peu près leur âge était assis sur une planche couverte de cailloux. Surtout, il n'avait plus que la peau sur les os. L'un des enfants de son ravisseur, qui avait le même âge que lui et qui avait tout entendu, lui conseilla : «S'il te frappe sur les paumes, comme il vient de le faire, frotte-les l'une contre l’autre, tu auras déjà moins mal. Tu es ici depuis combien de temps ?
- Sept ans, répondit l’adolescent. Est-ce qu’il y avait quelqu’un d'autre qui était «hébergé» ici avant moi ?
- Il y a dix ans, expliqua le fils du ravisseur, mes parents avaient engagé une fille qui devait avoir seize ou dix-sept ans comme employée de maison. Elle était bien payée et très bien traitée : elle était logée, habillée, nourrie, soignée… et elle s'occupait de la maison en échange. Problème : elle ne savait pas qu'elle travaillait au noir.
- Mais c'est complètement illégal ! répondit le jeune garçon.
- Justement, continua Thomas, trois ans plus tard, un mois avant ton arrivée, elle a voulu porter plainte contre eux. Du coup, ils l'ont menacée mais elle ne les a pas écoutés. Du coup, ils ont essayé de la tuer avec un jus de belladone. Sauf qu'elle était en quelque sorte immunisée car elle en mangeait quelques baies tous les matins, de plus en plus à chaque fois. Sa plainte a été classée sans suite.»
Thomas appela son frère et sa sœur. Clément leur raconta son histoire. Ils furent effarés car ils n'imaginaient pas leurs parents capables de telles atrocités. Thomas, Jules et Valentine savaient à présent pourquoi on leur interdisait formellement d'inviter leurs amis à la maison, pourquoi il leur arrivait souvent d'entendre des cris provenant de ce soi-disant placard, pourquoi ils trouvaient du sang sur le plancher ainsi que l'explication de bien d'autres choses encore. Cela ne pouvait plus durer. Les enfants décidèrent de mener leur enquête.

Clément dut faire le ménage, puis la cuisine. Ses mains, sa joue droite, ses cuisses, son dos et son torse étaient brûlés par endroits. L'homme utilisait en effet une poêle très chaude pour le brûler quand il ne faisait pas bien la cuisine. Conscient qu'il travaillait illégalement et contre son gré depuis qu'il était tombé aux mains de cet individu sans aucun scrupule, il affinait son plan d'évasion, même s'il en redoutait les conséquences et que se sortir de ce cauchemar éveillé était plus facile à dire qu’à faire.

A vingt-deux heures, le garçon fut enfin autorisé à aller se coucher. Le couple essaya de le maintenir au sol, sur le dos afin de lui injecter certaines choses. Suite à cela, il s'endormit tout de suite. Mais ses larmes continuèrent de couler longtemps après qu'il ait fermé les yeux. Les planches et les cailloux qui lui servaient de lit lui donnaient des problèmes de sommeil. Le but était « qu’il se sente impuissant ». Sa toute petite cellule (quatre mètres carrés) n'était pas plus grande qu'un placard : il n'y avait pas de place pour y mettre plus de choses qu'un matelas et un lavabo. Pas de toilettes. Il devait donc faire ses besoins à même le sol, ce qui créait une odeur indescriptible car une couche d’excréments couvrait le sol. Une fois par semaine, on lui faisait nettoyer sa cellule à mains nues, juste avant la douche. On le forçait à faire de même pour les canalisations et les toilettes, toujours à mains nues, que ce soit en travail forcé ou pour l'humilier. Une fenêtre à peine plus grande qu'une feuille A4 laissait passer l'air, et d'épais et solides barreaux d'acier inoxydable laissaient à peine passer la lumière, si bien qu’il était dans le noir. La cellule était fermée par une haute, froide, lourde et étroite porte en fer percée d'une petite fenêtre qui permettait au ravisseur de surveiller le jeune garçon ainsi que d'une trappe à nourriture près du sol. Les murs de briques grises donnaient un aspect délabré, froid et déprimant à cette pièce sans chauffage. Le lendemain, après l’avoir réveillé d’un coup de taser, son ravisseur dut aller assister à l'accouchement de sa femme.

L'adolescent mit sa cape en rabattant la capuche sur sa tête. Il força la porte de sa cellule, prit son courage à deux mains, passa par le placard de la salle de torture, qui contenait un passage secret menant à la chambre de ses ravisseurs, cassa la fenêtre puis se mit à courir en direction de la route menant à la ville. La lumière l’aveugla pendant une grosse demi-heure. Il commença à marcher droit, se disant que chaque pas le rapprochait un peu de la liberté, en dépit du risque qu'il prenait. Son estomac vide le suppliait de manger quelque chose mais la cuisine était sous alarme et il ne voulait pas qu'on lui coupe les deux mains, étant donné que les enfants étaient avec leur père. Clément avait froid et les lambeaux de ses vêtements ne le réchauffaient pas et lui collaient à la peau. Le vent était presque aussi fort qu’une tempête et lui brûlait les yeux et les joues. Mais il mettait fin à sept ans d'ennui, de servitude, de souffrance et d'une éducation visant à fermer son esprit, alors il ne pouvait pas revenir en arrière. Il savait qu'il fuyait à ses risques et périls.
De leur côté, les enfants étaient à l’école. En voyant son état, un professeur dit à Thomas : « Tu viendras me voir à la fin du cours. »
A la fin dudit cours, faisant confiance à son professeur, Thomas lui expliqua tout. L’enseignant se vit obligé de faire un signalement.

 Pendant ce temps, marchant lentement pour économiser ses forces, le forçat entendait les gens qui lui demandaient ce qu'il faisait sur la route au lieu d'être à l'école tandis qu'il regardait s'il n'y avait pas des maisons à la ronde. Le jeune fugitif les ignorait et espérait par-dessus tout ne pas tomber sur une certaine personne car si cela arrivait, il aurait fait tout ce chemin pour rien. Pour garder un peu d’énergie, il buvait l'eau qui stagnait dans les fossés, avec une chance sur deux de finir avec une grosse diarrhée voire d'attraper la typhoïde, la dysenterie ou autre maladie causée par l'eau sale. En regardant derrière lui, il vit qu'il avait déjà fait la moitié du chemin jusqu'à la ville où il était né. L'adolescent vit une voiture de police quelques mètres plus loin, alors, pour ne pas être vu, il se cacha dans le fossé pour ne pas être pris pour un voleur. Quelqu'un essaya de l'emmener avec lui. Reconnaissant le visage de la personne, il utilisa les dernières forces qui lui restaient pour courir afin de ne pas retourner d'où il venait, se demandant si le fait de se faire prendre à chaque fois qu'il sortait du droit chemin n'était pas une malédiction. Les trois enfants de celui qui le poursuivait étaient aussi sur la route, ils aimeraient bien aider leur ami, mais cela était impossible. Ses épaules qui avaient servi de cendrier lui faisaient très mal. Après une longue demi-journée de marche l'estomac vide, il était enfin arrivé près de la ville, conscient que son ravisseur le suivait toujours. Il se demandait où il pourrait aller afin d'être en sécurité, manger et se reposer ou s'il allait passer la nuit dehors en plein hiver. Il se dit qu’il avait presque réussi à s’enfuir. Son chemin croisa celui d'une pickpocket. Elle se mit à suivre quelqu’un  et vola l'argent qu'il y avait dans sa poche. L’homme, qui était lui-même un pickpocket chevronné, lui dit : «Apprends ton métier.»
La jeune fille remarqua que le jeune garçon était affamé et fatigué. Elle rentra dans le magasin et vola. Par chance, elle ne se fit pas attraper. Elle voulut partager son butin avec lui mais quelqu'un cria : «Te voilà enfin sale fugitif ! Rattrapez-le !»
L’adolescent se mit à courir aussi vite qu'il le pouvait. Mais ses poursuivants le rattrapèrent très vite. L'un d'eux dit : «C’est bon, vous l'avez rattrapé ?
- Oui, répondit celui qui était derrière. Il correspond à ce qu’on nous a dit ?
- Emmenez-le ! ordonna le meneur.
- Lâchez-moi ! hurla le fugitif. Pas besoin d’avoir un master en droit pour se rendre compte que vous êtes des faux flics !»
Quelqu'un le gifla pour le faire taire. Ils montèrent dans une voiture qui se mit à tourner en rond dans la ville. Le jeune forçat était dans le coffre qui était entrouvert afin de le laisser respirer. Les heures passaient sans que la voiture ne s’arrête. Le périple se termina devant un grand bâtiment de pierre taillée. A l’intérieur, un puits rempli d'eau était creusé dans le sol. Il n'y avait que très peu de meubles. On referma la porte derrière lui avant de lui demander de s’asseoir, tout en faisant l'erreur de ne pas la verrouiller. Une femme se mit à lui poser des questions : «Tu sais pourquoi tu es ici ?
- Non ! répondit Clément en se retenant de hurler (à cause des vis qui dépassaient de l'assise du tabouret). Pourquoi m’avoir emmené ici ?
- Tu sais très bien de quoi je parle, expliqua la femme. Déjà, tu t’appelles comment ?
- Je n'ai plus de nom, mentit l'accusé. De quoi m'accusez-vous ?
- Quelques descentes dans le puits devraient te rafraîchir la mémoire, suggéra celle qui l'interrogeait. Allez-y !
- Vous allez faire quoi ? demanda l’adolescent.
- Nous allons te poser des questions, expliqua la chef. Si tu avoues, on te relâche. Nous sommes des gens civilisés ici.
- Civilisés ? s'étonna celui qui se faisait cuisiner. Vous avez une drôle de définition de ce terme.»
On le plongea de la tête aux pieds dans le puits. Ce puits était rempli d'eau glacée. Le fugitif essayait comme il pouvait de ne pas se noyer. Lorsqu'on le remonta à la surface, il respirait comme s'il était en train d’étouffer. La manœuvre fut reproduite plusieurs fois.
Un enquêteur en civil entra et vit tout. Quelqu'un emmena l'enfant avec lui avant que celui qui venait d’arriver ne puisse faire quoi que ce soit. Ce dernier demanda : «Ce gamin est frigorifié et trempé des pieds à la tête. Je suppose que vous n'avez pas hésité à utiliser la torture.».
    Quelqu'un essaya de lui tirer une balle dans la jambe. Après s'être caché, le détective demanda du renfort. Chaque seconde d'attente passait très lentement. Une voix de femme dit : «Où est ce foutu poulet ?».
Les renforts purent arrêter une partie de la bande.

    De son côté, le ravisseur avait retrouvé sa proie. En attendant de décider de son sort, il l'enferma dans une cellule encore plus petite contenant seulement un banc mural et ressemblant étrangement à une cage, le tout dans le noir complet. Ses complices qui n'avaient pas participé à la capture du forçat fugitif étaient invités pour une occasion bien particulière. L'un d’eux fut chargé de surveiller l’adolescent et avait l’autorisation de lui faire du mal physiquement. Les autres étaient réunis dans une grande salle dans laquelle une estrade était collée au mur sur lequel il y avait un tableau et faisait face à une table. Plusieurs lignes de chaises étaient disposées derrière la table, toujours face à l’estrade. Très rapidement, la cage s'ouvrit : on l'emmenait dans ce tribunal improvisé dont il savait qu’il y rentrait déjà jugé. Les membres du jury avaient tout prévu pour empêcher toute agression de sa part étant donné qu’ils étaient allés jusqu’à lui bander les yeux pour qu'il ne puisse pas fusiller du regard son ravisseur. L'accusé en mourait d'envie. Il était debout face à la table, avec l’interdiction formelle de bouger. L'homme lui dit : «Très bien espèce de petit merdeux ! Tu es accusé de tentative d’évasion…
- Je ne sais pas de quoi vous parlez, le coupa le forçat.
- Non seulement tu es un fugitif récidiviste mais en plus tu oses te moquer de moi, s'énerva l'adulte. Voilà qui alourdit ton casier judiciaire. Qu’as-tu à dire pour ta défense ? J'allais oublier, tu es entré dans cette pièce déjà jugé coupable.
- Je le savais ! Cette situation n'est pas normale, dit froidement le garçon. Je pense qu'à ma place vous auriez fait pareil. Vous allez faire quoi ? Me tuer puis cracher sur ma tombe ? Faire en sorte à ce que vos chers petits camarades me tabassent ? Vous êtes vraiment fou. Au fait, c’est quoi la peine maximale prévue pour ce dont vous m'accusez ?
- Bon, continua l’homme, nous allons délibérer. Will, ramène-le dans la cellule. Et toi, ajouta-t-il en se tournant vers l'accusé, ton insolence te vaudra cent coups de fouet demain. Et pour la peine maximale, tu le sais très bien !»
La personne qui le tenait le gifla violemment pour le faire taire et s’exécuta. L’adolescent tenta de le frapper mais manque de chance pour lui, le dénommé Will était accompagné de quelqu’un d’autre. La personne le maîtrisa et le traîna jusque dans la cellule dans laquelle il le poussa. Les deux hommes retournèrent dans la salle de jugement pour la délibération.

Le ravisseur demanda à ses complices : « Que mérite l’accusé ? Je note toutes vos propositions. Une accumulation de peines est possible.
- Qu’on lui coupe les deux mains sans anesthésie ! dit un homme qui devait avoir la cinquantaine. Il s’est allié avec une pickpocket. Ça plus soixante-quinze coups de bâton voire soixante jours dans la remise pour son insolence.
- Il mérite d’être frappé jusqu’à que mort s’ensuive après avoir creusé sa propre tombe, proposa une assez jeune femme. Ou une balle dans la tête.
- Mieux, ajouta une autre. Pendu après avoir creusé sa tombe et construit la potence ! Ou décapité. Une balle dans la tête, c’est trop rapide et pas assez douloureux.
- Autant l’abandonner et le laisser mourir, suggéra un jeune homme. C'est très dur à supporter, aussi bien physiquement que psychologiquement. Aussi, fais-lui cracher le morceau à propos de son mobile. Sinon on peut toujours le noyer. Paraît-il que c’est une mort dans d’atroces souffrances.
- Tu avais dit que s’il réessayait, dit le frère de celui qui dirigeait la séance, il serait frappé à mort après avoir creusé sa propre tombe. J’approuve, mais fais-le devant sa sœur et ses parents. Et pour la noyade il faudrait une rivière assez profonde, ce qui n’est pas le cas de celle de la forêt. Enfin quand je dis ça, c’est que la rivière assez profonde la plus profonde est assez loin donc c’est un coup à se faire prendre. Sinon, pourquoi ne pas le poignarder ?
- Enterre-le vivant, proposa l’un de ses amis. Après lui avoir fait creuser sa tombe bien évidemment. Ou brûlé vif, quoique dans une forêt, c’est trop risqué. Et pour le poignarder, c’est trop rapide.
- Bon, continua le maître de réunion, qui vote pour qu’on lui coupe les deux mains ? Un seul ? Rejeté. Pour qu'on lui fasse cracher le morceau ? Tous ? On le fait avant de lui annoncer le verdict. Les coups ? Tous dont moi ? On garde. Condamné à mort ? Tous dont moi ? Accepté. Décapité ? Un seul ? Rejeté. Pendu après avoir creusé sa propre tombe ? La moitié ? On garde. Battu à mort devant sa famille après avoir creusé sa tombe ? La moitié dont moi ? On garde. Abandon ? La moitié dont moi ? On garde. Enterré vivant ? Un quart ? Rejeté. Brûlé vif ? Personne ? Rejeté. Noyé ? Tous ? Je suis aussi pour mais c’est techniquement impossible, donc rejeté. Passons à la délibération finale. Pendaison ? Presque tous ? Accepté. Battu à mort ? Tous dont moi ? Accepté. Abandon ? Les trois quarts ? On garde si les autres méthodes ne fonctionnent pas. Voilà : on lui fait cracher le morceau, soixante-quinze coups de bâton ce soir puis le jour de l’exécution on le frappe à mort. Si ça ne marche pas, on le pend. Si ces deux méthodes ne marchent pas, on l’abandonne. Will, retourne le chercher. »
   De son côté, l’adolescent savait qu’il pouvait être condamné à mort. Will fit ce qu’on lui dit. Le jeune forçat redoutait le verdict même s'il le connaissait déjà. Mais au lieu de lui annoncer le verdict, son ravisseur le saisit par les bras. Une fois qu’il eut réussi à préparer l’interrogatoire, il souleva l’énorme crochet de la salle de torture. L’adolescent sentait que son corps ne pourrait pas supporter tout cela longtemps. Une part de lui voulait que ses tortionnaires le battent tellement qu’il n’y survivrait pas. Plus on lui donnait de coups, plus il sentait la vie quitter son corps. Alors il tenta de faire le mort, même si l’inconfort provoqué par son collier trahissait le fait qu’il était vivant. Il ressentit soudain une douleur cuisante juste entre ses deux épaules. Au bout d'une heure et demie, fatigué par la douleur lancinante causée par les coups à laquelle s'ajoutait celle, cuisante, de ses joues et juste entre ses deux épaules, il avoua ses motivations.
Une fois face à la table, on lui enleva le bandeau de ses yeux. Il en fut aveuglé pendant quelques minutes et le jugement fut annoncé : « Le verdict est le suivant : tu es condamné à mort. Tu seras battu à mort après avoir creusé ta propre tombe. Le tout devant ta famille, que tu pourras revoir une dernière fois avant ton exécution. Aussi, tu n’as pas le droit de faire appel du verdict. La séance est levée !»
L’homme se garda bien de lui dire pour les coups. L’adolescent commença à compter le nombre de jours qui lui restaient à vivre alors qu’il ne connaissait pas le jour où on allait se débarrasser de lui une fois pour toutes. Il dut faire la cuisine, alors il décida de faire ce dont il rêvait de faire depuis très longtemps, le tout en prévenant les enfants : il fit un repas des plus dégoûtants qui soient puis il réfléchit à comment il pouvait s'en sortir en dépit de sa condamnation à mort. Le ravisseur commença à manger. Il trouva le repas infect. De plus, il le vomit car le poisson était périmé depuis deux mois, ce que Clément ne savait pas. Après les soixante-quinze coups de bâton, il alla se coucher, les larmes aux yeux et le corps ne pouvant plus supporter cela tandis qu’il essayait de se préparer mentalement pour le jour de son exécution. Mais il n'en eut pas le temps.

    Le lendemain, après lui avoir donné quelques coups de taser (quinze-trente volts à chaque fois) en guise de réveil, il appela la famille du condamné. A ce moment précis, Adélie commença à se douter que la maison en bordure de forêt cachait les plus terribles secrets. Le ravisseur emmena ce dernier dans le jardin en le traînant par les poings. L’adolescent ne pouvait pas voir les membres de sa famille (sa tête était enveloppée dans un tissu noir) et dut leur dire adieu. Il avait le visage fermé et avançait à reculons tel un condamné à mort qui allait être exécuté publiquement à la guillotine. L'homme lui mit une pelle dans les mains et lui ordonna de creuser une fosse, ce qui s’annonçait compliqué pour lui à cause de ses poings. A ce moment, sa sœur comprit tout ! Elle essaya d’appeler la police, en vain. Le jeune garçon refusa, mais cela lui valut un coup de taser. Pour éviter de s'en prendre un autre, il obéit mais on brûla une cigarette sur son épaule sous prétexte qu’il n’allait pas assez vite. Une fois la fosse creusée, celui qui l'avait forcé à le faire l'attacha au crochet qu'il avait installé et commença à lui donner des coups de bâton, de toutes ses forces, provoquant des hurlements de plus en plus forts à chaque coup. Ses parents tentèrent de l'aider, en vain. Ne pouvant pas accepter de voir son frère aussi atrocement torturé, Adélie échappa à la surveillance de la femme du ravisseur pour aider ses parents, s'interposa entre eux et détacha Clément du crochet avant d'enterrer l’instrument de torture. Elle put à peine l'allonger que les tortionnaires le déterrèrent et s'en servirent pour forcer le condamné à mort à construire une potence. Ce fut chose faite un quart d’heure plus tard, dont dix minutes pendant lesquelles il avait été frappé (entre autres). L'adolescent dut ensuite monter à l’échafaud. S'il n'avait pas eu la tête enveloppée dans un épais tissu noir, on aurait pu voir la terreur dans ses yeux et surtout, il voudrait dénouer le nœud coulant qui allait le pendre, mais il était incapable de bouger les bras. Son bourreau lui enleva son collier de fer, lui passa la corde au cou et actionna un levier. Une trappe s'ouvrit sous ses pieds et il commença à se débattre, pris de convulsions. Il sentait la vie le quitter lentement et douloureusement. Ses parents se mirent à pleurer. Peu après, leur fils mit un coup de genou dans les parties de l'homme. Profitant de cette opportunité, Caroline souleva le pendu, Paul referma la trappe et Adélie coupa les cordes avant de desserrer le nœud coulant puis de l'allonger par terre. Son frère dit : «Je me sens mieux.» d'une voix à peine audible après qu'elle lui ait enlevé la corde de son cou.

Le couple, sachant que la jeune fille était porteuse saine de la syphilis, décida de faire chanter la famille afin que personne n'ose appeler la police. Ils durent s'enfuir pour survivre. La femme se chargea de surveiller le forçat après lui avoir remis son collier pendant que son mari préparait le déjeuner. Après que tout le monde (sauf le jeune garçon) ait mangé, le condamné fut emmené dans la forêt (traîné par les poings, comme quand il avait été emmené à la potence), assis par terre, attaché à un arbre et recouvert de sa cape noire, en plus d'avoir la tête enveloppée dans un épais tissu noir, pour que personne ne le reconnaisse avant de l’abandonner. On lui avait aussi mis une poire d’angoisse dans la bouche pour l’empêcher de parler.
 L'adolescent comprit en quoi allait désormais consister sa condamnation à mort. Son corps affaibli ne lui permettait que très difficilement de rester éveillé. Il repensa à sa famille et se demanda si, en le voyant, sa sœur verrait que c’était lui et inversement. Il se dit aussi que le métier de celui qui l’avait abandonné ici (garde-forestier) allait le conduire à sa perte. Il voulait que sa mort soit la plus rapide possible. Une partie de lui-même voudrait qu’on ne le retrouve jamais. Les ravisseurs et leurs complices parlaient de ce qu’ils allaient faire de son cadavre. La femme commença : « Qu’est-ce qu’on fait de ce petit merdeux une fois qu’il est mort ? On le laisse pourrir sur place ou on l'enterre ?
- Je propose qu’on le laisse pourrir sur place, proposa quelqu’un. Il l’a mérité après tout. A la base, c'est pour vous venger de ses parents que Sébastien et toi l'avez réduit en esclavage.
- Tu sais quoi Elise ? demanda Sébastien. Je pense qu'on devrait l'enterrer. La fosse est déjà prête (je ne l'ai pas rebouchée) et le laisser pourrir augmenterait nos chances de nous faire prendre. Et même si perso je le considère comme une sous-merde, je pense qu'on lui doit au moins ça.
- Tu as sans doute raison, répondit sa femme. D’autres propositions ?
- J’estime qu’il doit être enterré, dit une femme. D'abord ça évitera que l’odeur nous empêche de respirer, et ensuite ce sera plus douloureux pour la famille si le corps n’est jamais retrouvé.
- Je suis d’accord, ajouta une autre personne. Je considère qu’on doit l’enterrer.
- Bon, coupa la femme du ravisseur. Qui vote pour qu'on le laisse pourrir sur place ? Personne ? Dans ce cas on l'enterre.»
 Pendant ce temps, Jules et Adélie étaient au téléphone. Ils se donnèrent rendez-vous devant chez Jules. La jeune fille décida d'amener avec elle l’inspecteur David Leroy, un ami de la famille, à cause de ce que lui avait dit son petit ami. Une fois dans la forêt, Adélie expliqua : «C'est ici que mon frère a été enlevé. A cet endroit précis, il y avait un trou.
-   L'incivilité ça va bien ! s'énerva le détective. La forêt n'est pas un dépotoir à draps.»
Il enleva ce qu'il pensait n'être qu'un simple drap noir et fut effaré par sa découverte : un pré-adolescent ou un ado abandonné au pied de cet arbre tel un vulgaire déchet, comme si quelqu’un voulait le laisser mourir. D’ailleurs, il ne paraissait plus très vivant. Le détective le détacha, enleva le tissu qui recouvrait sa tête ainsi que la poire d’angoisse puis l'allongea sur une couverture de survie. A ce moment précis, la tête de l’adolescent fit un mouvement sur le côté, ce qui laissait présager sa mort probable. Sa sœur, l’inspecteur et Jules commencèrent à avoir les larmes aux yeux. David pensa à voix haute : «Comment annoncer ça à ses parents et au reste de sa famille ? Ils auront beaucoup de mal à faire leur deuil.»
En entendant cela, le mort se mit à pleurer, ce qui donna un petit sourire à Adélie car elle sut qu'il était toujours vivant. L’enquêteur lui tendit une main pour l’aider à se relever, mais rien que ce geste le fit ramper plus bas que terre, donc il lui tendit une épaisse et solide branche d'une cinquantaine de centimètres, mais la réaction fut pire. L’homme eut une idée de l’usage que son ravisseur faisait de ses mains et/ou d’un bâton. Il lui demanda donc de s’asseoir afin qu’il puisse lui enlever son collier de fer pour le mettre dans un sac de congélation en tant que preuve. Ayant compris que le détective n’avait pas de mauvaises intentions envers lui, l’adolescent le laissa faire. Ensuite, l’homme se pencha à sa hauteur pour lui dire qu’il était libre. Une fois fait, ce fut une libération pour l’adolescent, et un véritable soulagement pour ses cervicales, ses épaules et son dos. Le jeune garçon tenta de se relever, mais ses jambes le tenaient à peine, si bien qu'il tomba sous son propre poids. Il sentit quelqu'un le soulever du sol et se demandait s’il était en train de rêver : l’inspecteur le portait dans ses bras comme son propre enfant. Il eut du mal à reconnaître sa sœur, mais elle avait, comme lui, les yeux si noirs qu’on ne pouvait pas distinguer la pupille. Une fois assis dans la voiture du détective (le portable ne passait pas dans la forêt, il était donc impossible d’appeler les urgences), Clément et Adélie se sautèrent au cou tellement ils étaient contents de se revoir après toutes ces années de séparation forcée. La jeune fille savait que le fait d’avoir vu son frère creuser sa tombe, se faire torturer puis pendre allait la hanter longtemps. La voiture s’arrêta devant l’hôpital. L'enquêteur se dépêcha d'emmener son petit protégé aux urgences. Au vu du risque vital que la situation pourrait présenter s'il n’était pas examiné tout de suite, des médecins prirent le relais. Son teint grisé par les mauvais traitements (entre autres) annonçait les résultats. Ses signes vitaux se mirent à chuter brutalement. Un médecin cria : «Que quelqu’un apporte le nécessaire pour le maintenir en vie ! Sans quoi nous allons le perdre !».

Les docteurs purent rétablir ses signes vitaux et commencer les examens médicaux. Ils purent ainsi révéler qu'il était drogué tous les soirs pour s'assurer qu’il dorme. Ils virent aussi que les muscles de sa colonne vertébrale étaient abîmés par les coups et le collier qui pesait plus de dix kilos ! En examinant les multiples blessures sur son corps, les médecins surent que des coups d’une violence inouïe avaient fait beaucoup de dégâts dont des ecchymoses et des blessures qui ne pourraient jamais cicatriser avec risque d'infection pour certaines, en particulier une brûlure plus que suspecte juste entre ses deux épaules qui avaient servi de cendrier des années durant et qui avaient des brûlures allant jusqu’au deuxième degré. Le manque de sommeil et de nourriture l'avaient beaucoup affaibli, physiquement comme moralement. Un psychiatre établit un risque de problèmes liés à son traumatisme, qu'il allait garder toute sa vie. Mais, en dépit de l'eau sale, il n'était pas très malade. La nuit était proche. L'hôpital décida de le laisser rentrer chez lui après avoir fait l’ordonnance. Pendant les examens, le détective avait convenu avec les parents d’un rendez-vous pour avoir le témoignage de leur fils. Ce dernier était tellement fatigué qu'il s'endormit très rapidement, et le ventre plein. Pour la première fois depuis sept ans, il s'endormit libre et sans avoir été drogué avant, même s'il sentait encore ses tortionnaires le frapper, lui injecter des substances chimiques pour qu’il dorme ou lui brûler la peau dans son sommeil. Son corps avait l’impression de se noyer encore et encore. Ses nuits étaient très mouvementées, celles de sa sœur aussi, car elle le revoyait se faire taser et creuser sa tombe, frapper de façon à lui enlever la vie puis être suspendu par le cou au bout d’une corde, en train de se débattre avant de finir abandonné par ceux qui l’avaient enlevé. Ce fut aussi le cas de leurs parents. De leur côté, le ravisseur et sa femme furent surpris de ne pas trouver celui qu’ils avaient abandonné là où ils l’avaient laissé et furent arrêtés par la police (les preuves et témoignages contre eux étaient irréfutables), en l'absence des enfants qui étaient chez Adélie. Le procès était prévu dans deux semaines, ce qui voulait dire que l’adolescent allait devoir revoir ceux qui lui avaient volé la moitié de sa vie et l’avaient asservi par la souffrance et en l'affamant. Le lendemain, le détective frappa à la porte. Les parents lui ouvrirent et il put interroger leur enfant : «Où étais-tu pendant tout ce temps ?
- J'étais dans la maison près de la forêt, expliqua le jeune garçon. C'était pire que le bagne.
- Pourquoi ? lui demanda l'enquêteur.
- Au début, répondit l'enfant, mon ravisseur ne me traitait pas si mal. Il me faisait même l'école. Au fil des années, il me donnait de plus en plus de travail. C'est vers mes dix ans que c'est devenu un enfer, quand j'ai commencé à me rebeller car je trouvais cette situation anormale. Le travail est devenu de plus en plus éprouvant (cet idiot me battait si je faisais mal mon travail ou si je n'allais pas assez vite) et celui qui me retenait de plus en plus violent et sévère. Il n’hésitait pas à me tabasser alors que j’étais par terre ou à me castagner à coups de bâton ou tout ce qui lui tombait sous la main, en plus de m’avoir fait construire sa remise et son garage. Par exemple, je devais me coucher à vingt-deux heures pour me lever à quatre heures du matin et je travaillais plus de dix heures par jour vers mes onze ans, en plus des sept heures de cours quotidiennes. Il hésitait pas à me réveiller à coups de taser, quinze à trente volts en pleine face dès le matin ça fait horriblement mal. Un jour, pour échapper aux travaux forcés, à la discipline de fer qu'il m'imposait, à la violence et à l'enfermement, j'ai essayé de m'enfuir. Mais il m'a rattrapé et pour m'empêcher de fuir à nouveau, il m'a mis le collier que je portais jusqu'à ce que vous me trouviez, qu'il n'enlevait que pour que je prenne une douche, à cause de la rouille, en plus de mettre des barreaux à ma fenêtre et de remplacer mon matelas par des planches et des cailloux. Il m'a même menacé de me battre jusqu'à ce que mort s'ensuive après m'avoir fait creuser ma propre tombe si je recommençais. Et quand j'ai eu douze ans et ce jusqu'à maintenant, je n'avais droit à un repas que si je faisais mon travail sans broncher, que se soit sous le gel ou un soleil de plomb, tout ça pour avoir tenté de voler la clé du collier qui pesait quand même plus de dix kilos. Il y a quelques jours, comme je n'avais pas mangé depuis plusieurs jours et que du coup, j'étais affamé et pas sûr de manger quelque chose à midi, pendant que ce type sans scrupules rendait visite à sa femme enceinte, j'ai essayé de voler de la nourriture dans la cuisine. Il m'a pris la main dans le sac. Bilan : vingt-cinq coups de bâton sur chaque paume, cinquante sur le dos et trois heures supplémentaires de travaux forcés. Il m’a même dit que s'il m'attrapait à voler quoi que ce soit, il me coupait les deux mains, comme aux voleurs dans certains pays. Il a ajouté, je cite, «Je me demande si ce châtiment ne serait pas trop doux pour un voleur de ton espèce.». C'est à ce moment que les enfants ont su toute la vérité, et pour moi la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Pas la peine d'en dire davantage, continua-t-il en éclatant en sanglots, les blessures parlent d'elles-mêmes. Pour les deux au-dessus des pectoraux, c'est que mon ravisseur m’avait mis un collier à électrochoc avec des aiguilles sous la peau pour bien conduire l’électricité, mais les enfants m’ont enlevé cet engin de torture, ce qui m’a fait très mal sur le moment. En parlant d’aiguilles, chaque soir, les deux m'injectaient des somnifères pour être sûrs que je dorme, d’où les marques au niveau des bras. Aussi, mes épaules leur servaient de cendrier.
- Est-ce qu'il t'a infligé d'autres choses ? continua l'homme.
- Vers mes treize ans, pleurait Clément, quand je faisais mal mon travail, que ce soit au niveau de l'école ou du travail forcé, il me faisait parfois dormir sur le toit, torse nu, en plus de me frapper voire de me priver de nourriture. Et à partir du moment où j'ai commencé à me rebeller, il me faisait avouer des bêtises qui étaient souvent fictives par des coups. Mais comme je n'ai jamais complètement avoué, et ce quelque soit le supplice infligé, il continuait. Et quand je faisais une grosse bêtise, comme voler refuser de travailler ou de me faire frapper, il n’hésitait pas à m'enfermer dans sa remise. En gros c'est une version hardcore des oubliettes. Par exemple, j'avais même pas de place pour m'allonger et il me donnait au moins cinquante coups par jour. En plus, même pour de moins grosses bêtises, il n'était pas rare qu'il me jette littéralement la pierre, et pas qu'une seule. Ses enfants ont essayé de m’aider à m’échapper de cet enfer. Pire que ça : avec leurs complices, mes tortionnaires ont fait un tribunal improvisé où, par le moyen d'un procès inéquitable, ils m’ont condamné à mort. Hier, ils m’ont forcé à creuser ma propre tombe, et ce à coups de taser. Après, ils m'ont infligé le supplice du crochet jusqu’à ce que mort s'ensuive. Par chance Adélie était là mais on m'a ensuite fait construire une potence. Après avoir fini tous les préparatifs, ils m’ont pendu. Mais leurs enfants et ma sœur m'ont sauvé une deuxième fois. Du coup, ces deux esclavagistes m’ont abandonné là où vous m’avez trouvé. Si je vous ai fait aussi peur, c’est que j’étais très affaibli, si bien que si vous ne m’aviez pas trouvé, je n’aurais peut-être pas passé la nuit. Adélie n’a pas pu appeler les urgences car le portable ne passe pas dans la forêt.
- C’est le signalement d’une certaine Madame Vidali qui nous a mis sur la piste de la maison en bordure de forêt, expliqua le détective tout en essayant de le consoler. Tu as une idée de la raison pour laquelle tu as été enlevé et réduit en esclavage ?
- Non, répondit le jeune garçon.
- Est-ce que tu as entendu parler d’Ayame Koro ? demanda l’enquêteur.
- La fille qui travaillait au noir avant moi ? dit l’adolescent. Qu’est-ce qu’elle est devenue ?
- Exactement, expliqua l’homme. Un jour, tes parents lui ont expliqué que faire travailler quelqu’un sans le déclarer et sans fiche de paie est du travail dissimulé. Et dans ton cas c’est du travail forcé. Donc tes ravisseurs leur ont fait payer. Ils t’ont asservi par la souffrance et en t'affamant après t’avoir enlevé. Actuellement, je vais bientôt me marier avec Ayame et elle est enceinte. Elle vient d’avoir vingt-six ans.»
De leur côté, les parents firent un dossier d’inscription à l'école et prirent rendez-vous avec un psychologue. Sa sœur lui dit : « Bienvenue dans la vie. » et ils discutèrent pendant longtemps.
Le lundi suivant, il alla à l'école. Ce que lui avait raconté Adélie lui revint en mémoire : «L'école, c'est comme une cage aux lions dans laquelle on te met alors que t'y connais rien à la vie. Par exemple, on m'appelait «le sac de patates» parce que j'étais selon eux mal habillée.»
Les sept dernières années pendant lesquelles il était coupé du monde ne l'avaient pas habitué à supporter la foule. Tout le monde le regardait bizarrement. La cloche sonna enfin. Au début du cours, le professeur annonça : «Très bien les enfants. Tout le monde est là ? Physiquement au moins ? Aujourd'hui nous avons un nouvel élève. Viens te présenter au tableau.
- Bonjour, répondit l'adolescent, je m’appelle Clément et je vais avoir quinze ans dans un mois.
- Tes camarades ont sûrement des questions, lui dit son professeur. Anthony ?
- Tu es ici suite à un conseil de discipline ? demanda le concerné.
- Je préférerais largement ça à la vraie raison, répondit le nouveau venu au bord des larmes. Je suis ici à cause de quelque chose qui est encore pire qu'un conseil de discipline.
- Maëlle ? interrogea le professeur.
- Tu étais dans un centre pour mineurs ? Dans un asile psychiatrique ? demanda Maëlle.
- Pire que ça ! se mit à pleurer le garçon. Je ne réponds plus aux questions à ce sujet.
- Alors en plus d'être un criminel tu chiales ! se moqua Juliette. On t'a déjà dit qu'un garçon pleure pas ? Et pourquoi t'es méchant ?
- Parce que tu l'es aussi, lui dit sèchement le nouvel élève.
- Juliette ! la reprit l’enseignant. Va t'installer entre Apolline et Samuel. Apolline, lève la main.»
Le cours commença. Les élèves se disaient : «Il est bizarre le nouveau. Il est blanc comme un cul, presque gris. Il est super distant et tout.»
Le soir, le psychologue établit que son patient avait beaucoup de mal à communiquer, était stressé en permanence, ne supportait pas les lumières fortes...
Aussi, il avait toujours un sentiment de peur intense, il revivait les sévices qu'on lui avait fait subir et avait l'inpression de passer pour un fou aux yeux du monde. Pour l’aider, il lui proposa de répondre à ses tortionnaires dans ses rêves. Son patient était d’autant plus stressé que sa professeure d'arts plastiques avait donné un travail qui ressemblait aux «Draw my life» qu'on voit sur Youtube. Il savait qu'il allait devoir raconter sa terrible histoire. Le lendemain, Apolline lui demanda : «Tu as peur de raconter ta vie dans ton Draw my life ?
- J'ai pas d'autre choix que de raconter mon passé qui est plus que douteux, expliqua Clément.
- T'es pas le seul à avoir des choses difficiles à raconter, lui raconta sa camarade en ayant des quintes de toux de plus en plus fortes.
- Respire Apolline, dit l'adolescent. Respire.»
Mais une bande de jeunes connus pour être très hautains et surtout violents en avaient fait leur souffre-douleur préféré. Selon eux, il était plus fou que sa sœur, un échappé d'asile. Quelques personnes l’avaient rejoint. Parmi eux, Victoria, une fille ayant une réputation de pirate informatique et souvent un perroquet sur l’épaule (sauf à l’école), Anthony, un garçon ayant un bras en métal, Samuel, qui avait un pied en pédopsychiatrie, Thomas, Jules et Valentine, les enfants de son ravisseur (qui n’y étaient pour rien par rapport à son calvaire) et Apolline. D'étranges rumeurs commencèrent à circuler : certains dirent que Clément aurait tué quelqu'un, d'autres qu'il se serait fait torturer, ou encore qu'il sortait d'un asile psychiatrique. Les mauvaises langues dirent qu'il se serait enfui de chez lui et l'accusèrent même de meurtre. Il était toutefois vrai que les années pendant lesquelles il avait été privé de tout contact avec le monde extérieur et ce qu'il avait dû endurer n'avaient pas amélioré sa santé mentale, qui en avait pris un sacré coup.

Un mois plus tard…

C'était le jour de la fête des amoureux, et aussi l'anniversaire de Clément. En cours d'arts plastiques, il dut passer pour son Draw my life. Il raconta son histoire à ses camarades. L'adolescent commença par l'enfance heureuse qu'il avait eu jusqu'à la balade en forêt qui changea le cours de sa vie. Ensuite, il n'hésita pas à décrire en détail les sévices infligés par ses ravisseurs jusqu'à sa condamnation à mort en passant par la jeune pickpocket borgne et le cambrioleur qu'il avait rencontrés. Il raconta aussi son exécution et sa libération. Ce récit leur fit l’effet d’une douche froide. Il avait intitulé son histoire «La liberté est une longue route» et les talents artistiques qu'il avait développés l'aidèrent beaucoup. Raconter son histoire était très difficile pour lui (il craquait à chaque fois qu'il le faisait). Son passé était pour lui un lourd fardeau qu'il allait devoir porter toute sa vie, comme les cicatrices qu'il avait partout sur son corps et qui ne partiront pas, même s'il savait qu'il ne devrait plus le porter seul désormais. A défaut de pouvoir récupérer la moitié de sa vie qu'on lui avait volée, il commença à essayer de reconstruire sa vie. Celui qui l'avait asservi par la souffrance et en l'affamant ainsi que sa femme furent jugés pour «enlèvement, actes de violence et torture sur mineur de moins de quinze ans, travail forcé, travail dissimulé, tentative d’assassinat avec récidive, meurtre avec préméditation, non-dénonciation de crime, complicité de crime, et entrave à la justice» et condamnés à verser des dommages et intérêts à la famille ainsi qu’à la prison à perpétuité1 (les témoignages de Clément, Adélie, Jules, Thomas, Valentine, Madame Vidali et Ayame étaient accablants et irréfutables), sachant qu'ils avaient en plus tenté de se débarrasser d'un voisin encombrant, mais ils avaient mal placé le coup de couteau. De plus, ils avaient tué l’ancien chef de la police locale. L'adolescent ne regretta pas un instant d'avoir fui son ravisseur et d'avoir assisté au procès de ce dernier. Il était resté le gentil garçon qu'il avait toujours été mais il avait plus de mal à se faire des amis et à prendre son temps à cause du rythme de travail effréné qu'on lui avait imposé. Il recommençait à utiliser ses pouvoirs, notamment le fait de pouvoir voir dans le noir, à travers les murs et de les traverser. Le détective finit par prendre en charge les enfants du coupable (il les connaissait déjà avant). La liberté ne devrait pas être un privilège, mais un droit fondamental comme maintenant. Malheureusement, pour certains, la liberté était une longue route et le sera.

1Note de l’auteure : Dans un procès pour un délit ou un crime, si quelqu'un a demandé au coupable de commettre ladite infraction (dans le cas d'un tueur à gages par exemple), très souvent, le commanditaire prend autant, voire plus, que le coupable.
« Modifié: 09 Septembre 2018 à 00:09:49 par Mys »

Hors ligne txuku

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Re : (plus qu'explicite) La liberté est une longue route
« Réponse #1 le: 27 Juin 2018 à 21:48:24 »
Bonjour

C est d une lecture assez difficile !!!  :-[


Et j ai parfois ete seme en route.................. :(


Pourquoi ces redites de l histoire apres
Citer
Il raconta son histoire à ses camarades
? un resume aurait suffi.
Je ne crains pas d etre paranoiaque

"Le traducteur kleptomane : bijoux, candelabres et objets de valeur disparaissaient du texte qu il traduisait. " Jean Baudrillard

Hors ligne Erwan

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Re : (plus qu'explicite) La liberté est une longue route
« Réponse #2 le: 16 Juillet 2018 à 14:19:16 »
J'ai lu ton texte, j'aurais deux remarques. La première est qu'il me parle à sa façon mais reste assez nébuleux, et donc peut-être peu accessible pour certains. Il est question de maltraitance, de privation de liberté, mais j'ai du mal à percevoir si il s'agit pour moitié d'un vécu de persécution (imaginaire partiellement) de la part du personnage principal, ou si c'est la réalité. Le deuxième point est la longueur, notamment sur les mauvais traitements. Tu commets je penses une erreur, celle de faire trop long, en répétant beaucoup. Je pense de ce fait que le texte gagnerais beaucoup à être raccourcis sur la nature des sévices. En particulier évite de répéter les mêmes descriptions, je pense. Je t'ai fait une réponse sur le fil qui parle des troubles psychiques à côté de ça.

Un point intéressant à explorer plus profondément me semble être la part de subjectivité du regard du personnage principal de ton histoire. Certaines personnes se ressentent maltraitées (et en souffre sincèrement), car elle ne comprennent pas le monde qui les entourent. Est-ce le cas ici (j'ai pris le parti que oui à ma lecture) ? J'ai donc pris le texte comme une métaphore, à ne pas prendre au premier degré donc. Est-ce ce que tu voulais que le lecteur comprenne ?

Hors ligne Onca

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Re : (plus qu'explicite) La liberté est une longue route
« Réponse #3 le: 28 Août 2018 à 12:40:54 »
Salut Mys :)
J'avais vu dans un autre poste que tu demandais de l'aide afin de réécrire cette histoire avant de la poster. J'ai donc décidé d'aller voir ce que ça donner, et de t'aider un peu si je peux ^^

Alors déjà je dois dire que c'est une histoire assez forte que tu racontes, et l'histoire est vraiment bien.

Après j'ai eu quelques petits problèmes au niveau de la lecture, parfois tes passages sont décousus, il n'y a pas de liens entre les différentes phrases. Il y a aussi des fois où tes phrases sont trop longues et où a un peu du mal à suivre.

J'ai quelques remarques au niveau du texte :

Tout d'abord, durant tout le texte je me suis demandé combien il y avait de ravisseur(s).
Citer
les insultes de ses ravisseurs
alors qu'avant cela tu ne parles que d'un seul homme, donc je n'ai pas compris si c'était une erreur ou qui pouvait être l'autre ravisseur.
Puis un peu plus loin, à une phrase d'intervalle on a :
Citer
son ravisseur ne lui amenait quasiment jamais de vêtements propres [...] Les enfants se demandaient si leurs parents ne leur cachaient pas quelque chose
Et ensuite :
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Une conversation qu’il avait surprise entre ses ravisseurs et leurs complices
Pour que 2 phrases plus loin ça soit :
Citer
les vêtements de son ravisseur
Et quand Clément raconte son histoire aux enfants c'est de nouveau
Citer
leurs parents
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Le couple essaya de le maintenir au sol
Ici c'est la première fois qu'on voit la mère prendre part aussi aux violences, et même qu'on la voit au courant que Clément est séquestré.
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qui permettait au ravisseur de surveiller le jeune garçon
Et quelques phrases plus tard, il n'y a plus qu'un ravisseur.
Pour au final qu'on apprenne qu'ils sont tout un groupe.

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Le lendemain, le garçon tenta de sortir
Sauf que 10jours, voir 2 semaines s'est passé, donc on ne sait pas à quoi correspond "le lendemain", le lendemain de quand ?

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profitant du fait qu'il ne soit pas dans certains pays (où on coupe les mains des voleurs)
Ici il n'y as pas besoin de mettre des parenthèses vu que c'est la suite de la phrase et que sans cette information on ne comprendrait pas la phrase.
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-Tu sais ce qui arrive aux voleurs dans certains pays ?
- On leur coupe la main
Du coup là il y a répétition avec ce que tu avais dit un tout petit peu plus haut.

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et étant au courant que le vol était un délit
Par contre cette partie je pense que tu pourrais l'enlever, sachant qu'il a été enlevé, maltraité, séquestré et affamé par l'homme, lui voler de la nourriture pour survivre ne relève pas du délit je pense ^^

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A la base je suis pas censé être votre cendrier
Je n'ai pas compris le coup du cendrier alors qu'il est en train de se faire battre, parce que c'est à la phrase d'après que tu dis que l'homme lui écrase sa cigarette dessus.

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osa dire Clément
Pendant la lecture j'ai eu un petit moment de bug en voyant Clément, je me suis demandé si c'était l'enfant dont on ne connait pas le nom depuis le début, ou un des enfants du ravisseur qui découvrait la scène. Si tu veux utiliser le prénom de l'enfant il faudrait peut être l'amener dès le début. Après je trouve l'idée d'un enfant sans nom plus poignant parce que ça pourrait être vraiment n'importe qui, tu ne lui donnes pas d'identité.

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En l'entendant crier, les trois adolescents comprirent tout. L'un des enfants de son ravisseur, qui avait le même âge que lui et qui avait tout entendu, lui conseilla
Il faudrait peut être une transition avec le moment où les enfants de l'homme le découvrent et leurs réactions. Parce que là on ne comprend pas qu'il n'y en a qu'un qui descend en premier et en plus on a l'impression que Thomas n'a absolument aucune réaction et trouve la situation limite normale, surtout qu'il lui donne des conseils pour supporter les coups.

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Mais c'est complètement illégal !
Il s'offusque qu'ils aient eu une employée de maison qui travaillait au noir, alors qu'il est séquestré depuis 7ans ?!

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Les enfants décidèrent de mener leur enquête.
Parce qu'il y a une enquête à mener alors qu'ils viennent de découvrir un enfant séquestré chez eux ?

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Les planches et les cailloux qui lui servaient de lit lui donnaient des problèmes de sommeil
Sachant qu'il est séquestré et maltraité depuis 7ans, ça m'étonnerait que ce ne soit que les planches et les cailloux qui lui donnent des problèmes de sommeil.

Et pourquoi lors de sa fuite il ne veut pas être vu par la police ? Si il leur raconte son histoire et surtout en voyant son état les policiers l'aideraient.
Et pareil, les enfants de l'argresseur, pourquoi ils ne vont pas voir la police ? Et la maitresse qui l'apprend pourquoi elle ne fait pas de même ?

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Un enquêteur en civil entra et vit tout.
Comment un enquêteur en civil est arrivé là ?

Et ensuite il se fait battre pour qu'il dise pourquoi il s'est enfuit, c'est ça ? Je trouve ça bizarre, en soit quand tu es séquestré, maltraité, battu pendant 7ans tu n'as pas besoins de motivations particulières pour t'enfuir.

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A ce moment précis, Adélie commença à se douter que la maison en bordure de forêt cachait les plus terribles secrets. Le ravisseur emmena ce dernier dans le jardin en le traînant par les poings.
Là tu introduit Adélie, le ravisseur le traine par les poings dans le jardin mais on ne sait absolument pas qui ça peut être. Et on ne comprend que après que c'est la soeur de Clément.

Citer
La fosse est déjà prête (je ne l'ai pas rebouchée)
Ici vu que c'est quelqu'un qui le dit, il n'y a pas besoin de mettre des parenthèses. Et en terme général, lorsque c'est quelqu'un qui parle il n'y a pas besoin de mettre des parenthèses vu que c'est dit.

Ensuite au moment de l'exécution de Clément devant sa famille, j'ai limite trouvé ça trop facile l'intervention des enfants qui ensuite fuient et font abandonner leur plan aux ravisseurs.

Voilà voilà, j'ai pris des notes tout au long de ma lecture donc c'est vrai qu'il y a beaucoup de remarques du coup ^^
Après j'espère qu'elles pourront t'aider.
En retravaillant un peu ton texte je pense qu'il pourrait devenir vraiment très très bien.

En tout cas merci pour ce texte :)
"Limites sans cesse repoussées,
Plaisir infini,
Écriture."
- Pierre Bottero

Hors ligne Lone Wolf

  • Plumelette
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Re : (plus qu'explicite) La liberté est une longue route
« Réponse #4 le: 29 Août 2018 à 15:41:55 »



Salut Mys.
Ton idée de départ est intéressante. On a vu dans la presse plusieurs cas de ce genre (longues séquestrations assorties d'asservissement) et cela peut devenir le cadre d’une histoire poignante. Tu manies bien le verbe et possède un vocabulaire riche malgré ton âge, que je devine assez jeune. Je pense, comme d’autres lecteurs l’ont souligné avant moi, que la lecture de tes textes gagnerait en fluidité si tu faisais des phrases plus courtes.



Voici quelques petits conseils, qui je l’espère, t’aideront :

-Demandes-toi quand tu introduis des personnages, “est-ce que le lecteur sait de qui il s’agit ?” Si ce n’est pas encore le cas, fais un rapide portrait du personnage.

-Quand tu penses avoir achever ton texte, relis-le en traquant les répétitions. Ce que le lecteur sait déjà, ou devine, n’a pas besoin d’être répété.
Exemple : « ...collier avec une serrure, ce qui l’empêchait de l’enlever car il n’avait pas la clé. » => « collier avec une serrure » suffit. En principe, le lecteur sait à quoi sert une serrure.

Les descriptions des maltraitances sont longues, et reviennent plusieurs fois dans le texte. Les décrire une fois suffit amplement. Passer trop de temps dessus freine l’avancée du récit.

-Relis toi encore, et cherche cette fois-ci les incohérences : y a-t-il des éléments de ton texte qui ne sont pas logiques, ou qui ne collent pas avec d’autres éléments ?
J’en ai relevé quelques-uns :

•   « Les enfants se demandaient si leurs parents ne leur cachaient pas quelque chose. »
   Comment le leur cachent-ils ? Clément nettoie la maison, le garage, etc...en 7 ans, ils ne l’ont jamais aperçus ? Peut-être fait-il toutes les taches ménagères quand ils sont à l’école ? Mais ce n’est pas dit. Il me parait nécessaire de préciser.

•   “Vêtements en Lambeau à tel point qu’on pouvait voir son slip. »
   Je ne sais pas si c’était là ton intention, mais ce passage m’a fait rire. Si ton but était de faire monter l’intensité dramatique, je te conseille d’enlever le « voir son slip ». C’est un détail, au point où il en est, il s’en fout, qu’on voit son slip.

•   tu es condamné à mort. Tu seras battu à mort après avoir creusé ta propre tombe.
Le tout devant ta famille, que tu pourras revoir une dernière fois avant ton exécution.
   La famille ne va pas s’y opposer ? Appeler la police ? Pourquoi respecteraient-ils l’autorité de ce tribunal ? Pourquoi les ravisseurs sont-ils tout puissants ? Qui sont-ils ?

•   Le couple décida de faire chanter la famille afin que personne n'ose appeler la police.
   Comment ? Qu’est-ce que les ravisseurs savent sur la famille pour les faire chanter ?


•   Il réfléchit aussi à comment il pourrait continuer à vivre avec tous ces traumatismes dans le cas où il survivait aux conséquences du procès complètement inéquitable qu’il avait eu.
   Ça me parait peu probable qu’on se pose cette question à ce moment l

•   Il recommençait à utiliser ses pouvoirs, notamment le fait de pouvoir voir dans le noir, à travers les murs et de les traverser.
   Pourquoi ne s’est-il pas échappé avant, s’il a le pouvoir de traverser les murs ?
Quand il prend sa douche ? On lui enlève son collier, il pourrait traverser le mur et partir.

Hors ligne Lone Wolf

  • Plumelette
  • Messages: 17
Re : (plus qu'explicite) La liberté est une longue route
« Réponse #5 le: 29 Août 2018 à 16:52:45 »
Non, pour ton âge, il y a juste N/A sur ton profil. Mais avec certaines choses auxquelles tu fais référence dans ton texte, on devine que tu es assez jeune. Ce qui n'est pas un mal en soit !
Ok, donc les parents n'ont pas pu appeler les flics a cause d'un problème de réseau. Mais faudrait expliquer pourquoi ils ne bougent pas eux-mêmes, dans ce cas. Je pense que la plupart des parents (j'espère !) tenterait d'intervenir s'ils assistaient a l'exécution de leur progéniture.
Pour la fluidité, je pense qu'il s'agira juste d'enlever les informations superflues. Ton texte en sera déjà grandement allégé.
C'est en forgeant qu'on devient forgeron !
Tchuss.

Hors ligne lilyrosehans

  • Buvard
  • Messages: 1
Re : (plus qu'explicite) La liberté est une longue route
« Réponse #6 le: 07 Octobre 2018 à 21:17:09 »
Salut je pense que le faite que beaucoup de personne trouve que ton texte est décousu vient du faite que tu l'as réécrit en plusieurs parties. J'aime bien le rendu final même si il pourrai devenir plus lisible avec des passages à la ligne par exemple. On pourra revoir ça la prochaine fois  ^^

 


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