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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le ballet du roi

Auteur Sujet: Le ballet du roi  (Lu 2029 fois)

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Le ballet du roi
« le: 16 Mai 2018 à 22:26:52 »
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Le contexte

Un texte assez long qui parle d'amour et d'eau fraiche (et de manchots), mais encore loin de dépasser les 10 000 mots.
Écrit pour un défi que je me suis lancé à moi-même : un jour une nouvelle.
J'avais une journée, je devais écrire une nouvelle. Simple ? Trop ! Il y avait un jour, une nouvelle, et des contraintes, pour différentes choses que je dois faire apparaître.
Les contraintes tirées sont :
Contrainte de lieu : La grotte
Contrainte de personnage : l'ermite
Contrainte de style : personnification
Contrainte d'ambiance : enjoué/festif
Contrainte de phrase : "Ah non pas encore"
Contrainte de situation : Un personnage en fuite

N'hésitez pas à tenter de les repérer  ;)

Vu la taille, vous vous en doutez, le récit a pris son envol un peu contre ma volonté, et le résultat est là, et j'espère qu'il en vaut cette chandelle moderne qu'est la dalle LCD de votre ordinateur.
  
Le ballet du roi

On aurait dit que la cabane avait été oubliée ici par un berger, alors qu’il n’y avait pas le moindre mouton à l’horizon. Minuscule en comparaison de son environnement, la modeste bâtisse semblait écrasée entre la masse bleu sombre de l’océan aux prises avec une météo exécrable, et les promontoires rocheux qui gagnaient en hauteur à mesure qu’ils s’enfonçaient dans les terres, avant de disparaitre dans le brouillard. Une bordée de gros oiseaux gris, des Albatros fuligineux qu’Antoine et Mathilde reconnurent aussitôt, sillonnaient le ciel gris. Antoine regardait son refuge avec le tic habituel de sa mine réjouie, les doigts qui entortillent les boucles de sa barbe hirsute. Les deux scientifiques y posèrent leurs sacs de randonnée le matin du premier novembre.
– Etat des lieux ? fit-il.
– Etat des lieux, fit-elle.

Ils commencèrent par l’extérieur. Le bois accusait les années mais tenait bon. La réserve d’eau ne présentait ni gelure, ni fissure. Les panneaux solaires étaient propres et en fonctionnement. Ceci fait, dépassant à peine de l’encadrement de la porte, ils bénéficièrent d’une vision panoramique sur l’ensemble de l’espace de vie. Une table, deux lits, deux armoires, une cuisine sommaire, quelques étagères en désordre, une enfilade de touques en plastique pour les vivres, un radiant pour chauffer, et un livre d’or rempli de commentaires, en témoignage de toutes les histoires dont le plancher craquant de la cabane avait été la scène.
Rien de plus. Les cabanes n’avaient pas volé leur nom. Sommaires au possible, elles assuraient un confort minimum pour les scientifiques de passage. La douche y était un luxe. Les Kerguelen, archipel perdu au loin dans l’océan indien, françaises de jure, étaient avant tout un bastion animal où les hommes ne vivaient qu’en observateur. En dehors du camp de base, Port-aux-Français, le minimalisme était de mise.
Mathilde s’était assise près de la fenêtre, le regard perdu au-delà des carreaux humides. D’ici, on voyait le rassemblement de manchots royaux, son objet d’étude pour l’année à venir. Avec le retour des adultes, la colonie se reconstituait de jour en jour.

– Eh bien, vite, allons les voir ! fit Antoine.
 
Mathilde tourna brusquement la tête. Les mèches blondes de sa queue-de-cheval fouettèrent le visage de son collègue.
 
– Oh, pardon. Il faudrait que je pense à les couper, un jour.

Elle ouvrit un large sourire, comme pour se faire pardonner. La jeune femme soignait peu son apparence, et se plaisait même à répéter que, de toute façon, sa peau s’accommodait très bien de l’air marin, et elle n’avait pas tort. Le froid et le manque de soleil la rendaient joliment pâle et rose aux joues et au bout du nez. La biologiste avait, en somme, l’apparence d’une Nordique perdue sur quelque terre australe.

– Un jour, oui… fit Antoine. Quand tu retourneras sur le continent.

Avec sa barbe sombre parsemée de reflets roux et ses cheveux mal coupés qui camouflaient à demi un visage ordinaire, Antoine ne dénotait pas, dans son style de gentil viking.
Sur ces entrefaites, ils ressortirent, cheminant le cœur léger vers les milliers de manchots qui s’étalaient sur les longueurs plantées de tussacks, des herbes rases et mornes dont le vert-gris s’étirait devant la plage. Le duo s’assit près du bord d’une falaise qui offrait une vue dégagée sur l’impressionnante colonie.
 
– À vue de nez, dit Mathilde, ils sont neuf à douze milles.
– Le comptage ne devrait pas prendre trop de temps alors. On va pouvoir s’approcher.
– Tu parles définitivement en ornithologue confirmé, Antoine.
– Oh, l’habitude, tu sais… J’ai trop hâte de les voir de plus près.

Ceci fait, il sortit son compteur, fixa l’étendue noire et blanche, et se mit à cliquer sur le gros bouton de son appareil comme un automate.
 
– Tu commences par la…
– …gauche, la coupa-t-il.
– On rejoint nos comptages au niveau du…
– …rocher en trois morceaux, à treize heure.

Il rit.

– Je connais même ton œil, à force.
– Et moi, je parie que tu auras fini dans 1h30… non… 1h40.
– Alors on se retrouve dans 1h40.

Physiquement, ils ne se quittèrent pas, ne bougèrent pas d’un pouce. Assis sur un petit rocher, ils étaient même collés flanc contre flanc, pour lutter de façon purement utilitaire contre le froid du vent. Mentalement, en revanche, c’était tout autre chose. Le sens du toucher remisé dans un petit coin de leur esprit, ils laissaient flotter leur attention ailleurs, là-bas, avec un itinéraire logique et rectiligne, bondissant, à chaque clic du compteur, d’un manchot à un autre. La vue captait l’essentiel de l’attention, le reste allant au plaisir de sentir la nuance caractéristique de leur odeur dans l’air marin et d’écouter les jabotements lointains.
D’un point de vue extérieur, les deux scientifiques avaient l’air de statues de cires dont seules les mains avaient pris vie ; une vie mécanique qui faisait clic clic clic clic plusieurs douzaines de fois par minute.
Une heure et quarante-deux minutes plus tard, ils achevèrent chacun leur comptage à quelques secondes d’intervalle.

– 11 543, lut Mathilde sur son compteur.
– 11 510.
Les deux, ensemble :
– Joli !

On était loin des désaccords police-syndicat.

– Et maintenant… fit Antoine.
– … À la pêche aux manchots !

Arrivé en contrebas, le duo louvoya entre les oiseaux qui les regardaient sans aucune appréhension, mais avec une sincère curiosité. Souvent, du haut de leurs quatre-vingt-dix centimètres de hauteur, ils s’arrêtaient complètement devant Mathilde et Antoine. Postés sur leurs deux pattes, les manchots levaient leur bec effilé et baissaient les ailes, présentant leur buste blanc et joliment doré au plastron, près du cou, dans une posture d’accueil un tantinet ridicule. Néanmoins, le duo ne s’attardait pas à chaque fois, et contournait les oiseaux qui, mécontents de la brièveté de la rencontre, se mettaient à les suivre de leur démarche pataude. Par effet boule de neige, mais une boule qui serait noir, blanc et or, les manchots curieux, à la vue d’autres manchots curieux, rejoignaient le cortège des suiveurs. Accompagnés par grappes de quinze, Mathilde et Antoine finirent complètement encerclés. Les oiseaux demeuraient statiques, à distance respectable des intrus, admiratifs de l’orange vif et incongru des anoraks, comme à un zoo inversé.

– Tu vois Mathilde, fit Antoine en gonflant le torse, si j’étais un manchot, je serais certainement très bon à marier.
– Un message à faire passer Monsieur l’ornithologue ?
– Puisque vous insistez. Vous accepteriez une parade nuptiale, Madame la biologiste ?
– De bon cœur.

Ils se prirent main dans la main, ou plutôt moufle dans la moufle, et se mirent, très simplement, sur l’air du vent, à faire quelques pas de danse sous le regard passionné des manchots.
Avec intensité et sans ressentir de gêne, ils se fixaient yeux dans les yeux, puis Antoine trébucha sur un caillou.

– Pardon, mon pied gauche, dit-il.

Ils reprirent la danse, jusqu’à ce qu’il plonge sa botte dans une souille. Sa jambe était sale et trempée.

– Le deuxième pied gauche, fit Mathilde avant de rire.

La caillasse craquait sous leurs pas. Ils étaient ensemble, gauches, battus par un infernal vent hurlant, minuscules, tout petits au beau milieu d’une nature sauvage et indomptée, et perdus autour d’un public de manchots, c’est-à-dire, à peu de choses près, un cocktail délicieux de tout ce qu’ils aimaient, un rêve de gosse. Antoine se laissa prendre par la magie de l’instant, et d’une démarche mal assurée, il approcha son visage de celui de Mathilde.

– Puis-je ? demanda-t-il.

Elle comprit et sourit de plus belle.

– Vous puivez.

Antoine prit sa conjointe par la taille, et l’embrassa avec passion devant le parterre de spectateurs silencieux.

– Il ne manque plus que les applaudissements, dit Mathilde.
– Avec un public de manchots, ça ne va malheureusement pas être possible.

Le duo, devenu couple, s’inclina face au public qui sembla comprendre que le spectacle était terminé. Désintéressés, les oiseaux se dispersèrent, retournant vaquer à leurs occupations. La saison des amours ne s’étendait pas qu’aux hommes. Les femelles devaient se faire désirer, et les mâles devaient les prendre. Quelle que fût la direction que prenait le couple, partout, à gauche, à droite et devant, un mâle roucoulait devant sa dame en exposant fièrement les couleurs de son plastron. Mais les concurrents veillaient au grain, et des duels de virilité, ridicules d’apparences, mais peut-être moins étrangers à notre espèce qu’on voudrait le croire, éclataient de tous côtés. Ils lançaient des cris suraigus à tout rompre et n’hésitaient pas à se bousculer le torse bombé, ou à se donner des coups de bec rageurs. Ainsi peuplée de onze milles manchots excités, la plage semblait submergée par un flot de vie en ébullition qui, chose rare, barrait la couse du vent et le reléguait au second plan.

Le couple rentra quelques heures plus tard dans la cabane, où ils rapprochèrent les deux lits simples. Le quotidien s’installa avec langueur. Au travail et la passion pour la nature et les oiseaux, ils se mirent à partager leur amour. À quel jour du calendrier leur parade nuptiale eut lieu, ils ne s’en souvinrent vite plus. En quelle occasion ? Ce qui avait pris Antoine ? À quel moment de la journée ? furent autant de questions dont la réponse se perdit. Tout cela, à vrai dire, leur importait peu. Il ne resta dans leur mémoire que la scène, les personnages et l’action. Les deux tourtereaux ne parlaient jamais beaucoup. Leurs conversations étaient le plus souvent convenues, se restreignaient aux informations et allaient d’emblée à l’essentiel. Ils ne passaient pas leur temps à se regarder yeux dans les yeux ; au contraire, leurs regards convergeaient dans la même direction, et leurs neurones se connectaient de la même façon. En fait, l’un pour l’autre était ce qu’on pouvait trouver de plus semblable. Naturellement, raisonnablement, parce que cela s’imposait avec la force de l’évidence, ils s’étaient mis à s’aimer longtemps avant qu’un d’entre eux n’osât faire le premier pas ou la première allusion. C’était logique comme un plus un font deux. Ils n’avaient jamais aimé personne d’autre de la sorte. Leur passion brûlait plus pour la nature que pour leur amour, mais leur attachement était sincère, et ils se comprenaient mieux que quiconque ne pourrait jamais les comprendre.

Ils témoignèrent une seule fois, à leur manière, de cette union. Ivres de liberté, ils avaient décidé de se perdre joyeusement dans les recoins inconnus de Grande Terre, finissant par échouer dans une crevasse près d’une montagne. Le vent s’y tenait en retrait, se réduisant à un sifflement faussement lointain.

– L’endroit est idéal, dit Mathilde.

Elle sortit une grosse graine de sa poche.

– Qu’est-ce que c’est ? demanda Antoine.
– Un orme.

Il fit la moue.   .

– C’est formellement interdit d’introduire des espèces exogènes…

Mathilde lisait dans ses yeux l’éclair de compréhension à mesure qu’il réfléchissait.

– … Mais un arbre comme celui-là n’arrivera jamais à sortir de cet endroit, dit-il. Trop de vent froid. Aucun risque qu’il
puisse coloniser l’île ou quoi que ce soit d’autre.
– Exact. Et ajoute à ça l’absence de partenaire sexuel. Cet arbre sera le seul des Kerguelen.

Elle creusa un trou dans la terre meuble et donna la graine à son bien-aimé, qui l’y déposa solennellement. Ce fut pour eux ce qui se rapprochait le plus d’une alliance ; une alliance qui prit bientôt racine aux Kerguelen et y demeura cachée au reste du monde dans ce qu’ils appelèrent leur premier endroit ; un refuge dont eux seuls avaient connaissance.

À compter de ce jour, découvrir des endroits devint un véritable passe-temps. Le second fut découvert par hasard, un matin d’été particulièrement maussade. Mathilde et Antoine cheminaient sur la plage, observant la colonie de manchots royaux enveloppée dans le sempiternel brouillard des îles Nuageuses ; trois bouts de terre éloignés des Kerguelen par un court bras de mer. La ponte venait de prendre fin, et la cinquantaine de jours de couvaison était bien entamée. La moitié des manchots, mâles et femelles confondus, déambulaient d’une démarche encore plus gauche que de coutume, les pattes embarrassées par leur précieux et unique œuf.

D’une blancheur accentuée par la neige, semblables à des poires grosses comme des ballons, les œufs étaient protégés à tout instant du jour et de la nuit par au moins un de leurs deux parents. Le danger rôdait partout. Un pas de côté et l’œuf glissait lentement mais sûrement quelques mètres plus loin, où, à la merci du vent et de ses dix cruels degrés, autrement plus froids que les trente-six nécessaires à la survie de l’embryon, la mort venait le cueillir avec une vitesse qui prenait les parents de court. Et ces pas de côté étaient monnaie courante, en particulier lorsque les couples s’échangeaient la garde ; la nourriture ne tombait pas du ciel, il fallait repartir chasser. D’autres fois, l’échange se passait bien, mais la pêche prenait trop de temps. Puisque la survie prime la reproduction, l’œuf finissait seul.

Passé les conditions climatiques, il fallait encore se défendre contre la vie elle-même. Des milliers d’oiseaux guettaient continuellement, à l’affût des œufs dont ils devinaient le blanc et le jaune derrière la coquille. Pétrels, Skuas, Chionis, Damiers du Cap… une profusion d’ailes en tous genres battait d’un sang bouillant d’avidité. Plus gros qu’un œuf de manchot pour certains, bien plus petits pour d’autres, uniformément blancs ou pailletés de nuances de noirs et de gris, ils volaient droits, en cercle, en zigzag ou serpentaient vicieusement au sol avec l’assurance effrontée du prédateur qui ne craint pas sa proie.

Pourtant, on ne les entendait qu’à peine ; les manchots faisaient trop de bruits.
On ne les voyait qu’à peine ; le brouillard avalait le danger sous sa grisaille.
Mathilde et Antoine auraient dû se montrer plus méfiants. Mais comme souvent, ils avaient les yeux, les oreilles et l’attention rivés à terre, cette fois-là sur l’ovale d’un œuf particulièrement gros, que le couveur fit rouler en direction de la mère, qui regardait ailleurs, et qui lui passa à côté. Mathilde, prise à la gorge par l’émotion, se précipita sur l’œuf. Trop tard. Un récif le percuta. Il se fendit.

– Non ! cria Mathilde.

Elle s’agenouilla devant l’œuf brisé.

– L’albumen a coulé, fit Antoine. Il n’y a plus aucun espoir.

Quelque part dans le brouillard, à une distance et une direction inconnue, sonna un cri d’oiseau, un kayaya étouffé. Un frisson parcourut le corps d’Antoine, qui n’eut pas le temps de réagir. Aussitôt, des dizaines d’opportunistes surgirent du brouillard en fonçant droit sur Mathilde et l’œuf qui gisait à ses pieds. Elle en était trop proche. C’était une intruse et un obstacle. Un Skua, en piquée, s’abattit sur son bras et lui déchira la manche et la chair. Un pétrel lui becqua la capuche. Un autre s’interposa entre elle et l’œuf et fit retentir un cri puissant et suraigu dans ses oreilles. D’autres attaques venaient encore, de toutes parts, par assauts éclairs, d’oiseaux rageurs qui fondaient sur elle.
Mathilde était tétanisée de panique. Incapable de fuir, elle se focalisait sur la protection de ses yeux. Antoine lui agrippa le bras, et la tira vers lui. Il se trouva pris à son tour dans la mêlée. Les vêtements sciés à chaque assaut à coups de becs, ils filèrent se réfugier plus loin. Au milieu du chaos de la course, le tranchant des serres d’un Skua traça un sillon sur le visage de Mathilde. Ses yeux s’embuèrent de sang.

Guidée par son amant, elle passa sans le voir le pas d’une grotte. Ralentie, elle s’essuya les paupières et redressa la tête. Ce n’était pas beaucoup mieux ; il fisait déjà trop sombre. Antoine avançait au toucher. Quand il ne rencontra plus rien de solide, il s’arrêta et sortit sa lampe torche. Le vent glacé, dernier assaillant, et le plus obstiné d’entre tous, se coulait cruellement dans les déchirures de ses vêtements. Le froid et la peur les faisaient grelotter de la tête aux pieds.
Le faisceau lumineux balaya lentement l’espace. La caverne n’était pas immense ; sans doute quinze mètres carré. Elle était simple ; aucune stalactite, un sol plat et une voute haute. Dès que le vent se taisait, il y régnait une fraicheur de cave à vin. C’était un bel abri. Un endroit idéal. Apaisés, Mathilde et Antoine se prirent dans les bras.

– Ce sera notre petit nid douillet, dit-il, rasséréné.

Les mois qui suivirent furent partagés entre les retours à Port-aux-Français, les comptes rendus à faire dans la cabane, les jours à aménager la grotte, et les nuits à y séjourner. Sur les Kerguelen, aucun magasin, aucun revendeur, et tout juste assez d’habitants pour y trouver de la seconde main. L’aménagement fut long et fruit d’une patiente débrouille. Il fallut des mois pour trouver un matelas. D’autres encore pour un nouveau réchaud. Plus encore pour une commode, objet extrêmement précieux s’il en est.
Le couple avait le temps. Pour cela, ils impressionnaient tout le monde à la base. Les scientifiques y faisaient habituellement une mission de six mois. Ils signaient parfois pour une autre, voire deux, mais jamais plus. Il n’y avait que le berger pour rester une vie entière aussi loin de la civilisation. On assénait toujours une pluie d’arguments à l’encontre de leur choix.

– Et votre famille ? leur répétait-on.
– Ils savent qu’on les aime, disait Antoine.
– Et ils respectent notre choix, poursuivait Mathilde. Ils savent que nous sommes heureux ici.
– Et les cinémas ? Les bars ?
– Oh, tout ça n’a jamais été vraiment pour nous. Et puis il y a le Cinéker et Totoche ici.
– Le soleil ? renchérissait un vieux provençal.
– Tu sais… De l’amour et de l’eau fraiche… éludaient-ils.

Ils étaient devenus Kerguelenniens pures fibres, et sans doute plus manchots qu’humains. Les remarques glissaient sur eux comme l’eau sur le plumage de l’animal. Et finalement, malgré les premières réticences, on les comprenait. Certains les jalousaient dans le fond, parce qu’eux seuls étaient capables de faire un choix aussi extrême et de le vivre pleinement. On les aidait finalement de bon cœur dans leur recherche de meubles, puisqu’ils s’installaient définitivement, passant commande aux amis et familles pour charger le Marion Dufresne des babioles convoitées. Le couple remerciait ses compagnons de passage, prenait les meubles, et disait adieux à tous ceux qui devaient partir pour ne plus jamais revenir. D’habitude, les gens se promettaient de se revoir, même s’ils finissaient par oublier.

– Tu passeras nous voir au Havre !
– On s’organisera un truc sur Paris !

Avec Mathilde et Antoine, c’était différent.

– On se reverra… J’espère…

Silence.

– Merde, vous êtes de vrais timbrés vous deux ! Jusqu’à la racine !

Les plus tactiles les prenaient alors dans les bras. Les plus timides, mais ils étaient rares, se contentaient de subir le poids du chagrin. Six mois dans la désolation magnifique d’un huis clos géant, où l’on partageait les chambres, les repas et les passions, malgré les missions qui disséminaient régulièrement les équipes aux quatre coins de l’archipel, forgeait solidement les soudures de la petite communauté. Et puis les choses arrivaient à leur terme, et les gens rembarquaient, cap sur la Réunion, tandis que le couple restait et s’imprimait dans les mémoires avec l’encre indélébile de leurs grands airs d’ermites, de la barbe trop longue d’Antoine et des cheveux négligés de Mathilde. Inlassablement, ils demandaient à partir sur les îles Nuageuses pour y étudier leur colonie préférée et profiter de leur deuxième endroit. Ils étaient trop attachés à cette terre pour qu’on leur refusât et, de façon évidente, étaient pressentis pour reprendre le flambeau de la direction de la base.


Le Jeudi deux Février, comme la veille, était un jour à ne pas rater, car si l’on se fiait au strict calendrier manchot, les premières coquilles d’œufs devaient se fendre.

– Réveille-toi Antoine ! Les poussins vont éclore !

L’intéressé se leva brusquement.

– Oui, vite ! fit-il.

Ils s’habillèrent rapidement, se parèrent de leur inestimable anorak orange, ouvrirent la porte bricolée à l’entrée de la grotte, et admirèrent aussitôt le spectacle. Le jour, pour une fois, était clair. Le ciel avait soufflé au loin son brouillard et ses plus encombrants nuages. Les manchots formaient un groupe compact près de la mer, tandis qu’au-dessus de leurs têtes, fourmillait son penchant céleste, une nuée de volatiles dont les membres piquaient régulièrement au sol.

– Ah non, pas encore ! cria Mathilde.
– Et si. Et en bon scientifiques…
– … On ne va pas intervenir, et on ferait mieux de ne pas approcher.

La vie devait suivre son cours aveugle et cruel où quiconque est trop faible est emporté par le courant. Les manchots ne dérogeaient pas à la règle. Ils étaient, au contraire l’incarnation la plus parfaite de l’adaptation à un environnement hostile. Beaucoup mouraient – la sélection se faisait – et les survivants, un peu plus ou un peu moins nombreux que l’année précédente, perpétuaient l’espèce malgré la rudesse impitoyable du climat.

– Tu sais ce que disent les marins de nos latitudes ? demanda Mathilde, inspiré par le ciel qui se couvrait et le vent qui se levait.
– Non, quoi donc ?
– Sous 40 degrés, il n’y a plus de loi… mais sous 50 degrés, il n’y a plus Dieu.
– Et où sommes-nous ?
– Entre les quarantièmes rugissants et les cinquantièmes hurlants.
– Ni loi, ni Dieu… À la place, du vent et des bêtes.
– La Terre, en un mot.

Ce jour-ci et les semaines qui suivirent, ils restèrent en retrait, contraints d’observer le plus beau moment qu’offre la vie – son miracle – de loin, pour ne pas finir en charpie. Assis sur les rochers à l’entrée de leur grotte, ils scrutaient la colonie et ses poussins de plus en plus nombreux, réduits de là où ils se trouvaient à de petites taches brunes vissées aux pieds de leurs parents.

Après quelques jours, la ponte sembla terminée, car la nuée d’oiseaux se clairsema franchement. Le couple, pouvant à nouveau rejoindre la colonie, ne se fit pas prier. Sur le chemin, les taches brunes se précisaient un peu plus à chaque pas. À moitié grand comme les adultes, les poussins se distinguaient avant tout par leur duvet dru et touffu, à l’exact opposé du plumage adulte façonné tout en finesse et en hydrodynamisme, qui donnait aux petits des airs de boules de poils dont dépasse, en tout et pour tout, un bec noir et deux pattes palmées. Ils ne souffraient donc pas du vent, hors les tempêtes, mais étaient démunis face au froid de l’eau et aux prédateurs du ciel dès l’instant où ils s’éloignaient du groupe. Les volatiles étaient moins nombreux, mais n’avaient rien perdu en férocité.
Un mois plus tard, les adultes disparurent un à un. On en voyait parfois cheminer, l’air de rien, vers la mer. La piétaille maladroite retrouvait alors sa grâce aquatique et disparaissait sous les vagues. Les manchots partaient à des centaines de kilomètres de là, aux croisements des courants marins où des milliers de petits poisson-lanternes ne les attendaient pas, car ils ne voulaient pas mourir, mais allaient faire face malgré tout à leur funeste destin.

Les petits, en attendant, étaient regroupés en crèches de plusieurs centaines de têtes par les parents les plus tardifs. Un jour de beau temps, Mathilde et Antoine s’y promenaient tranquillement, sans regarder le ciel qui s’obstinait à rester bleu, à peine blanchi par quelques stries de nuages. La mer, en conséquence, était également trop calme, et le vent s’était tu, mais fidèle à ses habitudes, le couple se concentrait sur le centre de ses intérêts : les poussins piaillards.

C’était, évidemment, le calme avant la tempête. Le temps se dégrada subitement. Soufflée dans le lit du vent, une neige fine et abondante vint mouiller les visages de Mathilde et Antoine.

– Merde, cria-t-elle, il faut partir !

Il leva la tête et devint livide.

– Oh les cons !

À une dizaine de mètres l’un de l’autre, ils voulurent se rejoindre, presque instinctivement, mais au moment de lever la jambe, ils réalisèrent l’étendue des conséquences de leur inattention. La tortue se mettait en place. Les poussins se serraient les uns contre les autres, enfermant le couple dans sa masse. C’était la méthode du manchot pour survivre : former, avec ses congénères, un amas compact et mouvant où l’on se réchauffe mutuellement en tournant en rond. Naturellement, le moindre interstice où le vent pouvait s’engouffrer était comblé le mieux possible. Pour s’échapper, les deux scientifiques devaient violemment forcer le passage, ou écraser les manchots à tour de bras. C’était impensable, et de toute façon, le temps était compté. Alors Mathilde et Antoine se comprirent. Des heures très difficiles les attendaient, car ils allaient entrer dans la danse. Spécialistes dans le domaine, ils connaissaient tout de la théorie de la tortue; qu’il ne faut jamais rester au même endroit dans la ronde ; qu’à l’extérieur, le froid glace les os, tandis qu’au centre, on étouffe ; et qu’enfin, la clé de voûte réside dans les diagonales, en dérivant de l’intérieur à l’extérieur et inversement.

La pratique, en revanche, était une expérience toute autre.

Le premier problème s’imposa comme une évidence. Ils étaient bien trop grands, et dépasser signifiait mourir. Ils se promirent de se rejoindre, et s’agenouillèrent. Le vent forcit. Comme un chien enragé aux babines pleines de baves, la mer se chargeait d’écumes soufflées en mousses par le vent. Elle se libéra de ses chaines de pesanteur, se soulevant en crêtes puis en rouleaux déferlants qui éclataient, comme des grognements se muent en aboiements, avec une force brutale et vive. Le ciel bleu, dernier ami d’avant la tempête, se retira derrière les nuages noirs et menaçants.
Antoine, après rapides réflexions, décida de la marche à suivre ; il allait s’extraire quelques secondes de la ronde, courir à l’extérieur pour atteindre le niveau de Mathilde, pour enfin la rattraper complètement. Il traça son chemin avec difficulté, s’écorchant les paumes, écharpant ses moufles au pas compté de la chorégraphie de la tortue. Plusieurs très longues minutes plus tard, arrivé en première ligne, il encaissa le violent coup de fouet du vent. Juste devant lui, un poussin visiblement désorienté prenait la tangente, s’éloignant lentement de la ronde.

– Poussin, reviens ! hurla-t-il en vain. Merde !

Il bondit jusqu’à lui, lui flanqua une franche terreur, avant de le lancer sans ménagement sur ses congénères. Les rafales de vent mêlées de givre prirent aussitôt le monopole des tympans d’Antoine et lui infligèrent de grandes claques glaciales au visage. Il s’empressa de se rapprocher des manchots, puis donna de furieux coups de jarret pour longer le cercle. Il avait compté dix foulées pour arriver à hauteur de Mathilde. Les trois premières furent supportables. Le vent opposait une puissante force contre Antoine, mais il tenait bon, serrait les dents et fermait à demi les yeux. Puis quelque chose céda dans le tissu protecteur de ses vêtements ; un froid polaire, l’air d’être tout droit venu d’Antarctique, lui pétrifia les muscles. Sonné mais toujours conscient, il fit les quatre derniers pas qu’il avait prévu, et se réfugia dans la ronde. Il s’enfonça dans la masse, se glissant à genoux comme un fantôme hébété entre les manchots. Lorsque, près de dix minutes plus tard, il tomba nez à nez avec Mathilde, il se laissa défaillir.

– J’aurais mieux… fait d’attendre, fit-il en claquant des dents.
– On va y arriver.
– Mathilde, tes mains…

Le matin même, elle avait oublié un de ses deux gants. Ses doigts étaient rouges et pleins d’engelures.

– On va y arriver, j’ai dit… J’ai hâte de pouvoir passer mes mains sous l’eau chaude…
Elle sourit.
– Continuons.

La danse continua deux heures, ou peut-être quatre – regarder le ciel, l’unique repère temporel au milieu du chaos, était une très mauvaise idée pour les yeux – et quand le blizzard se lassa d’éprouver l’archipel, il n’en resta qu’une douce brise. Une libération pour les tympans. Après s’être trainés hors de la tortue redevenue simple crèche, le couple se prit dans les bras et s’écroula sur le sol. Ils se sentaient revivre et souriaient avec candeur. Devant leurs yeux gisait une jeune pousse de pissenlit écrasée. Antoine inspira une goulée d’air chargée de l’odeur simple de la terre humide. Le ciel bleu amical était de retour. Quelques manchots adultes vinrent à leur rencontre. Avec leur bec, ils grattèrent les cheveux de Mathilde et la barbe d’Antoine.

– Ça y est chéri, on a passé notre baptême.
– Ils nous acceptent… Ils nous prennent pour l’un des leurs.
– Nous sommes devenus de véritables manchots !

La scène se termina sur des éclats de rire.


Dimanche quatre Novembre, Mathilde et Antoine profitaient de la vue de la colonie depuis un promontoire, celui-là même où ils comptèrent les manchots un an plus tôt.

– 12 663, fit Mathilde.
– 12 915.
– La taille augmente, les choses ont l’air d’aller.
– Tout va bien, confirma Antoine. Les manchots royaux ne sont pas encore une espèce menacée.
– Allons les voir.

Dans un excès de zèle, elle tourna brusquement la tête, et fouetta son amant avec ses cheveux.

– Oh, pardon. Je crois bien que je ne les couperai jamais.
– Pareil pour ma barbe, et c’est très bien comme ça.

Ils rejoignirent la colonie.
Les poussins avaient entamé leur mue. Les grosses touffes brunes de leur duvet tombaient par poignées généreuses, révélant un nouveau plumage blanc, noir, or, et très fin ; en un mot, adulte. Les Alfred commençaient à mériter leur surnom. On ne les différenciait des parents plus que par la taille. L’ambiance était vive. Les parades nuptiales avaient recommencé. Par des comportements subtils, des mimiques, des attentions ou des inattentions particulières, Antoine voyait, avec un grand plaisir, à quel point lui et sa compagne faisaient maintenant parti intégrante de la colonie.

– Qu’ils sont beaux ces petits ! fit-il.

Mathilde eut l’air préoccupée.

– Les nouveau-nés vont arriver.
– Pas déjà, ce n’est pas la saison, mais un jour !
– Et ils auront de jolies couleurs.
– Un beau brun !
– Et ils apprendront à marcher…
– C’est inné, enfin.
– Pas pour tous.

Antoine se retourna. Il regardait Mathilde, incrédule. Pour une fois, il n’arrivait pas à comprendre seul.

– Antoine.
– Oui ?
– Voyons.
– Quoi ?
– Je suis enceinte, Antoine. 


« Modifié: 21 Mai 2018 à 16:19:59 par Galianis »

Hors ligne Vilmon

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Re : Le ballet du roi
« Réponse #1 le: 17 Mai 2018 à 03:45:24 »
Salut,

J'ai bien aimé !  :)  Il y a la découverte de la vie des manchots, mais ça il y a aussi des reportages qui le racontent.  Plus intéressant, à mon avis, le récit raconte la vie et la passion de 2 scientifiques prêt à vivre loin de tout.  Ce que je trouve charmant c'est la complicité même de ces 2 personnages.  Rien n'est compliqué, dans peu de mots ils se comprennent et ils arrivent à surmonter ensemble les difficultés.  Quelques passages qui mettent du piquant dans ce récit, qui nous inquiète, nous, lecteurs.  Une forme de passage rituel d'une étape à l'autre avec lesquels ils s'enracinent dans leur rêve d'enfant devenant de jour en jour réalité.

Bravo !  :)

Vilmon

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Re : Le ballet du roi
« Réponse #2 le: 21 Mai 2018 à 14:05:43 »
Salut.

Citer
On aurait dit que la cabane avait été oubliée ici par un berger, alors qu’il n’y avait pas le moindre mouton à l’horizon.

Qu'est-ce qui fait penser au berger, du coup ?

Citer
dans les terres, avant de disparaitre dans le brouillard.

virgule en trop

Citer
des Albatros fuligineux

pourquoi cette majuscule ?

Citer
– Etat des lieux ? fit-il.
– Etat des lieux, fit-elle.

Joli

Citer
un radiant pour chauffer, et

virgule en trop

Citer
françaises de jure,

un italique pour de jure ?

Citer
ne vivaient qu’en observateur.

observateurs

Citer
La jeune femme soignait peu son apparence, et se plaisait même à répéter

virgule en trop

Citer
bien de l’air marin, et elle n’avait pas tort.

Un point à la place de la virgule ; et sans le "et" ?

Citer
Le froid et le manque de soleil la rendaient joliment pâle rose aux joues et au bout du nez.

Une virgule à pâle ?

Citer
– 11 543, lut Mathilde sur son compteur.
– 11 510.
Les deux, ensemble :
– Joli !

On était loin des désaccords police-syndicat.

Je confirme : joli

Citer
Les femelles devaient se faire désirer, et les mâles devaient les prendre.

Virgule de trop

Citer
Au travail et la passion pour la nature et les oiseaux, ils se mirent à partager leur amour.

Y a pas un bug dans cette phrase ? Je comprends pas en tout cas

Citer
ls n’avaient jamais aimé personne d’autre de la sorte.

ça me semble détonner dans le ton et dans le reste, moins convenu. Tu peux t'en passer je pense

Citer
mais leur attachement était sincère, et ils se comprenaient mieux que quiconque ne pourrait jamais les comprendre.

virgule en trop

Citer
une profusion d’ailes en tous genres battaient

battait, puisque une profusion

Citer
L’aménagement fut long

Répétition d'aménag mal venue

Citer
Jeudi deux Février, comme la veille,

Pas de majuscules

Citer
ouvrirent la porte bricolée à l’entrée de la grotte, et admirèrent aussitôt le spectacle.

virgule en trop

Pour un oiseau, c'est volatile

Citer
Dimanche quatre Novembre

toujours pas de majuscule

Rah j'ai adoré.
Tu as réussi à m'accrocher aux deux persos, à trembler avec eux, à mettre cette belle ambiance.
Fort jolie fin aussi.

Par contre :
- en général, pas de virgule avant "et"
- pas de majuscule aux jours et aux mois.

Merci pour cette lecture.
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Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Hors ligne Galianis

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Re : Re : Le ballet du roi
« Réponse #3 le: 21 Mai 2018 à 15:59:56 »
Salut,

J'ai bien aimé !  :)  Il y a la découverte de la vie des manchots, mais ça il y a aussi des reportages qui le racontent.  Plus intéressant, à mon avis, le récit raconte la vie et la passion de 2 scientifiques prêt à vivre loin de tout.  Ce que je trouve charmant c'est la complicité même de ces 2 personnages.  Rien n'est compliqué, dans peu de mots ils se comprennent et ils arrivent à surmonter ensemble les difficultés.  Quelques passages qui mettent du piquant dans ce récit, qui nous inquiète, nous, lecteurs.  Une forme de passage rituel d'une étape à l'autre avec lesquels ils s'enracinent dans leur rêve d'enfant devenant de jour en jour réalité.

Bravo !  :)

Vilmon

Merci Vilmon. A l'origine, les manchots étaient d'ailleurs plus centraux dans le récit, mais ces chers scientifiques ont peu à peu pris leur place, et je ne le regrette pas.

-------

Salut Loïc, merci pour ta lecture et ton commentaire détaillé.
Citer
Qu'est-ce qui fait penser au berger, du coup ?

L'image n'est sans doute pas assez clairement amené. La cabane fait penser aux cabanes de bergers qu'on retrouve en montagnes, l'air d'être seules, minuscules et écrasées par leur environnement.


Citer
un italique pour de jure ?

Ouaip, comme de facto, c'est du latin.
Edit : Et tu avais bien compris. L'italique ne passe pas de word au forum...

Citer
Pour un oiseau, c'est volatile

Voilà qui explique les ennuis que j'ai eu avec mon dictionnaire.

 

Citer
Au travail et la passion pour la nature et les oiseaux, ils se mirent à partager leur amour.


Y a pas un bug dans cette phrase ? Je comprends pas en tout cas



Les personnages, qui avaient déjà un travail et une passion commune, se sont mis à partager également l'amour qu'ils se portaient l'un pour l'autre, mais qu'ils gardaient en eux jusque-là, par timidité ou par réserve.

 
Citer
  ils n’avaient jamais aimé personne d’autre de la sorte.


ça me semble détonner dans le ton et dans le reste, moins convenu. Tu peux t'en passer je pense

Ca fait trop romantico-eau-de-rose en effet. Je vais, ou supprimer l'idée, ou l'étoffer proprement.

Je corrige les autres erreurs. Pour les virgules, je me suis cru influencé par Zola, dont je viens de finir La bête humaine. Mais à y voir de plus près, au mieux, il met des points et des point-virgules devant ses "et".

« Modifié: 21 Mai 2018 à 16:14:39 par Galianis »

 


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