Délaissant l’agitation du dehors, je la suis à l’intérieur. Après avoir entendu le signal de validation provoqué par ma carte, je l’observe de dos. Des cheveux de cuivre reposant sur des épaules nues et blanchâtres ainsi qu’une silhouette menue, tentatrice enveloppée dans de larges étoffes. Elle se retourne - sa tête, tout du moins - et m’attend.
Suite à un léger temps de latence, je nous conduis vers deux places conjointes. Nous parlons. De choses et d’autres. De rêves et de soleil. Notre murmure continu se mêle à divers bruits dérangeants.
Son odeur de tabac m’ensorcèle. Je la regarde dans les yeux : marrons intenses, tantôt amusés, tantôt agressifs, tout du moins sexy. Le tabac devait être sucré, musqué.
Notre confrontation visuelle continue même lorsque notre flot de paroles tarit. Une sorte de malaise s’installe. Un malaise que j’entretiens. La douce chaleur du soleil amplifiée par son passage à travers la vitre me berce. La berce peut-être. Je ressens un bourdonnement agréable au niveau de la tempe (juste sur le haut du nez, entre mes sourcils) pendant qu’elle se remet à parler. Sa voix aussi me berce.
Arrêt, fin de notre voyage commun. Elle me fait la bise. Nos lèvres s’effleurent, nos odeurs s’échangent.
La sienne reste, persistante, bien après sa fuite. Tout ce qui me reste d’elle n’est rien d’autre qu’une boule à la gorge, teintée de nostalgie et d’envie.
Ainsi que ces mots.
Adieu.