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05 Mai 2026 à 22:06:37
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Le Monde de L'Écriture » Sous le soleil des topics » Discussions » Comment nous manipulent les autorités et comment les manipuler en retour

Auteur Sujet: Comment nous manipulent les autorités et comment les manipuler en retour  (Lu 80644 fois)

Hors ligne Dot Quote

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  • ?
Et y'en a pas un pour tenter de raccrocher le débat.
Posons par exemple ceci, pour lier le sujet à vos qui proquos métaphysiques :


"Jusqu'où un penseur fait-il autorité et, son influence est-elle vraiment à sens unique ?"
(comme vous pouvez le remarquer, je reformule le titre appliqué à cet exemple facile puisque contextuel)


- En premier lieu et peut-être pas évidemment... On interroge l'ambivalence suivante, qui bien sûr pour les gens du XXIème est à dépasser par assemblage de nuances de valeurs : "se cultiver et réfléchir" participe de ce mouvement d'intériorité et extériorité qu'est l'influence, je suppose : on ne peut réfléchir sans culture, et trop de culture appauvrit le recul nécessaire à la remise en question ; à l'inverse on ne peut se cultiver sans quelques principes de base réfléchis, et renier totalement la culture coupe du monde et donc de l'influence...

- Plus explicitement et par ailleurs... On en vient à s'interroger (toujours pour l'exemple de l'autorité de la pensée par les auteurs influents), à l'heure où Vérité sonne relatiVe et perpectiVe, sur le processus qui enclenche cette autorité : de la reconnaissance de masse d'une formulation lucide des faits relatifs aux réflexions humaines et de leur incarnation naitrait peut-être un potentiel d'influence, qui sait mesurable (je digresse mais réfléchissez-y...) ;
En d'autres termes, la responsabilité des auteurs, leur faillibilité, le fait que le temps passe et ses effets d'obsolescence et de renouveau font que la pensée est à travailler, à construire, à faire avancer... par référence à elle-même, et surtout : qu'il faut savoir se référer comme s'émanciper de l'autorité car elle n'est ni absolue ni relative... c'est la raison pratique qui décide ;
(Voilà mon avis à propos de votre affirmation académique sur les sempiternelles débat affirmant cette 'question doxatique' : 'il faut absolument lire')

- Un autre problème provient de l'incidence de l'autorité en tant qu'influence incarnée... comment l'appréhender ?
Je reformule : du côté de ces auteurs... ils sont plus pertinents que nous qui les suivons d'entendement... mais ont-ils probablement leurs limites ? leurs faiblesses ? leurs biais ? leur interprétations.

Au final, une autre formulation du sujet pourrait être :
"comment apprend-on à être libre, à décider de nos actions et des réactions qu'elles suscitent ?"
(oui je me suis re-éloigné de votre débat politque qui n'a rien de mon approche pseudo-philosophique)

Bon heu désolé de l'aspect brouillon, je me lève...
.

Hors ligne Fourmisdefeu

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  • Humanité tu cours plus vite que tes pieds.
à quoi bon le relancer 2 mois après alors  ::) (me semble pas que ce genre de message relance d'une façon constructive  ^^ )

de l'eau appaisante sur tes six pattes  ^^


Salut, j'ai pas pensé a cela du tout, je ne m'étais pas reconnecté depuis Mai, je le fait, je lis, j'ai réagis.  :)

Hors ligne Fourmisdefeu

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  • Humanité tu cours plus vite que tes pieds.
C'est sûr que parler sans référence c'est plus agréable pour l'égo. Ca nous fait croire qu'on invente des trucs alors que des gens ont pensé bien mieux et bien avant nous. Alala... quand on comprendra que citer ses références et ses sources n'est pas un étalage mais une preuve d'honnêteté, un argument, un hommage, l'humilité de reconnaitre qu'on invente rien, qu'on ne pense pas à partir de rien.


Loup, citer des sources, des références, n'est absolument pas un gage d'honnêteté, on n'en voit partout des gens qui font ça et le monde ne baigne pas dans l'honnêteté. C'est réducteur de penser cela ou simplifié. Un hommage, oui parfois, une instrumentalisation à ses propres fins, oui souvent, contexté par la façon dont on perçoit ce qui nous entoure, donc biaisé, et nous sommes tous victime de cela, moi compris évidemment, donc le minimum est de le prendre en compte et d'ètre honnete envers soi.


"L'humilité de reconnaitre qu'on invente rien", hors de propos pour moi, dans ce cas on remontent jusqu'a la nuit des temps et alors il n y a pas eu un seul penseur depuis que l'etre humain existe. Freud, Spinoza, peu importe, tous se sont inspiré de travaux ou pensées les précédants mais ils ont approfondit, amélioré etc... De Vinci pareil, bref.
De plus une chose inventée, une pensée imaginée, peuvent l'être une multitude de fois, simultanément ou pas, si on cachait à un certain nombre de gens l'invention de la roue, nul doute qu'elle serait inventéé à nouveau.


Mon ego va tres bien, il n'a aucunement besoin de se parer des plumes des autres, il m'arrive de penser que j'ai inventé quelque chose, parfois c'est vrai, c'est ce que nous faisons ici, j'ai lu des textes et des idées que je n'avais vu nul part ailleurs, donc tout n'a pas été pensé, loin de là, parfois c'est vrai et faux, j'ai eu une idée originale, neuve, mais une ou deux années plus tard j'apprend que je ne suis pas le seul et que quelqun d'autre l'a non seulement eu mais exploitée, et je me dit "roohh quel con ! Pourquoi tu n'es pas allé au bout." .
 Quelque part cela ne peut jamais être faux, à moins d'être malhonnete ou d'avoir oublié que l'on a deja vu cela auparavant.

N'as tu pas des idées neuves lorsque tu écrit Loup ? Ou es tu trop immergé dans les lectures que tu a eu au cours de ta vie ?

Hors ligne Dot Quote

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  • ?
Et c'est reparti... x)
Bande de gamins, va ^^ (la fôte, je devrais dire 'allez'... mais non, c'est bien la bande, uhuh)...

En dehors de vos petites querelles persos qui n'intéressent que ceux qui les écrivent (je fais ça moi-même tous les jours, ne vous inquiétez pas de l'aspect peut-être un poil sec de ma formulation), et sans non plus vous inciter à revenir sur le sujet puisque visiblement vous préférez débattre sur vos modalités singulières à la place de ce qu'elles devraient formuler, je me permets de rajouter une réflexion tout-à-fait imprévisible dans l'instant où j'écris ces lignes, excédé de voir comment votre autorité toute personnelle n'a strictement aucune influence sur sa cible : vous entremêlez vos avis sans tenter de raccrocher les points de ralliement, de nouer du lien, et au contraire vous fustigez de cette si caractéristique intrigue que suscite la colère : l'abstrait néantique illusoire mais malgré tout fort en émotion. Si vous saturez, rage-quittez et attendez que quelqu'un relance inopinément le sujet.

Or donc :
Les autorités en tant que représentants de l'influence, sont par effet acteurs d'une incidence, ce que l'on nomme implication. Chaque entité en possède une, mais il faut avouer que celle qui agite l'humanité est des plus singulières... entre conscience (qu'est-ce que ce mot ?), volonté (questionnez ?), action (définissez précisément, si tant est que ce soit possible), jusqu'où va la responsabilité des acteurs sociaux ?
Celles notamment de :
- Les politiques (on y revient) et leurs décisions.
- Le peuple (par opposition (ça fait un peu scission, trouvez pas)) et leur soi-disant oppression.
Mais aussi de :
- Les classes sociales et leurs inégalités, leurs rapports d'implication... (le contexte socioculturel ? ce qui fait de nous nous, indépendamment de nous, quoique soumis parfois à notre changement volontaire ?)
- Les individus et leur singularité (aux étiquettes diverses et variées dont la multitude de choix nous permet notre liberté personnelle, fruit de la différenciation)... (et donc nos différences de capacités, de buts, de moyens... tous ces ressors de l'autorité)

Entre parenthèses :
Je sais que je ne fais qu'ouvrir des portes, il n'y a que des questions dans mes affirmations... nous en sommes à l'époque où la vérité se cache dans la spéculation (je cite 'le résumé de mon expérience à la faculté des SHLS', ça vaut ce que ça vaut, je sais), de fait, il m'apparait évident que nous vous, ni les concernés ou concernants, ni même moi, n'avons encore de solutions, je me permets donc ce petit rappel au sérieux, au cas où, si vous souhaitez participer d'une réflexion à la place d'un pugilat minable aux faux-airs de StarAc...


Pour suivre :
Le réel problème de l'autorité en tant que telle, et non des autorités incarnées soit par des humains soit par des lois soit par des humains et des lois soit par des... prout, le réel problème donc, à mon sens, est que l'humain actuel est trop égocentrique pour accepter l'influence qui n'est pas la sienne. Le fruit malencontreux des idéaux de ce beau projet intitulé "liberté" dont le même bureau universitaire que je cite m'a fait imaginer... S'il y avait une solution, elle serait en chacun de nous à mon sens, ou plutôt dans chaque 'moi'.
...

Là je suis parti pour écrire un roman, donc je m'arrête là '___'
A++ !
.

Hors ligne Fourmisdefeu

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  • Humanité tu cours plus vite que tes pieds.
Lol, Dot Quote effectivement tu as raison, en faisant mine de ne pas participer sur le plan des "querelles" (perso je ne qualifierais pas ceci comme ça mais bon) tu y participe activement, dans mes propos précédent je ne visais pas tout les interlocuteurs, voila pourquoi je les ai cité, mais bon passons.
La manière dont tu exposes sur le sujet de la discussion me convient parfaitement, je la trouve très intéressante car dénuée de ce que je tentais de pointer du doigt, ce sujet questionne et j'ai lu beaucoup de certitudes arrogantes ici et c 'est cela qui m'a fait réagir.


Pourquoi ? Eh bien j'aurais été incapable de l'expliquer aussi clairement mais voila la chose fondamentale avec laquelle je suis en accord avec toi, j'avais il y a deux moi abordé le fait que la solution était en chacun mais pas de manière aussi claire.

Je te cite

"Le réel problème de l'autorité en tant que telle, et non des autorités incarnées soit par des humains soit par des lois soit par des humains et des lois soit par des... prout, le réel problème donc, à mon sens, est que l'humain actuel est trop égocentrique pour accepter l'influence qui n'est pas la sienne. Le fruit malencontreux des idéaux de ce beau projet intitulé "liberté" dont le même bureau universitaire que je cite m'a fait imaginer... S'il y avait une solution, elle serait en chacun de nous à mon sens, ou plutôt dans chaque 'moi'."

 C'est une vrai bouffée d'oxygène face au moi je sais écoutez moi, c'est comme ça parce que et faut faire comme ça parce que, blablabla



Je rajouterais (même si ça me fait mal de l'admettre) que l'égocentrisme est nécessaire car il a fait avancé l'humanité, au moins jusqu'à présent. Il est bien possible que l'homme du passé que je suis soit désespéré en voyant que peut être l'avenir de l'humanité sera sa disparition au profit d'un allocentrisme ? (peut être pas le bon mot scusi),  comme mon pseudo l'indique j'aime les fourmis mais je détesterais que l'humain se rapproche davantage de ce model mais peut être …

Pour ce qui est de la liberté, sera t'on un jour réellement ce que c'est, si elle existe ou si elle n'est qu'un bareme ? Elle ressemble plus à une quête à mes yeux, jamais suffisante, toujours en mouvement avec de nouvelles exigences, vaste sujet.
« Modifié: 01 Août 2018 à 12:07:14 par Fourmisdefeu »

Hors ligne Dot Quote

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Citation de: Fourmisdefeu
Je rajouterais (même si ça me fait mal de l'admettre) que l'égocentrisme est nécessaire car il a fait avancé l'humanité, au moins jusqu'à présent.
[...]
Il est bien possible que l'homme du passé que je suis soit désespéré en voyant que peut être l'avenir de l'humanité sera sa disparition au profit d'un allocentrisme ?

- Heu. Je crois je vois où tu veux en venir avec le mot 'égocentrisme' : "sa capacité à avoir conscience qu'il est un individu incident sur lui-même en dépit de tous ses déterminismes extérieurs", et dont tu soulignes le caractère excessif actuel ? Dans ce sens tu as probablement raison.

- Mais. Il n'a pas toujours été ainsi de la façon de penser de l'Humain. Sans entrer dans les détails peu crédibles d'une philosophie académique trop démesurée, les Anciens pensaient avant tout la communauté avant l'individu, la conscience et le fait d'assumer cette autre option de la réalité des Modernes ne datant en réalité que... des Humanistes, aux environs du XVème. De fait, je chipote sur ta formule, mais je crois on se rejoint.

- Or. Cette valorisation de la singularité individuelle par la stimulation de son pouvoir de choix, ce qu'on nomme liberté, est le mode d'organisation qui se développe encore aujourd'hui autour de l'humanité, malgré le fait que les praticiens et théoriciens de la pensée (scusi aussi, là je suis imprécis) aient conscience que c'est d'un excédent de contingent (entre autres) dont souffre actuellement la population qui en est encore à répéter les idéaux formulés par les prathéoriciens (scusi) lors la Révolution...
Vous connaissez ces répliques, elles résonnent dans chacune de nos têtes, naturellement ; ces envies irrépressibles que seule notre petite époque connait, ces pulsions individuelles que nous tentons de réaliser...

- Depuis. Le monde change, nous n'avons pas encore le recul pour le juger. Mais nous avons à l'agir, et c'est là tout l'enjeu de l'implication personnel, et là qu'entrent en compte les conflits que la raison affronte en ce moment : comment lier Anciens et Moderne, qui pose de nombreux problèmes à propos notamment de la cause première (individu ? société ?), et pour le sujet plus précisément, de l'implication (encore une fois) que l'on a, en tant qu'individus et société(s), dans l'élaboration d'opérateurs fonctionnels à notre expérience (mais là en fait je m'enfonce dans les détails philo... dsl)...

- Donc. J'en viens à la conclusion ponctuelle suivante : s'il s'agit de libérer l'humanité du joug politique (comme le sous-tendent la majorité des interventions), il n'y a plus à tergiverser mais à agir : je vous l'affirme, nous sommes tous d'accord sur le fait que l'autorité nous fait défaut, d'où qu'elle vienne et quoi qu'on en pense (quoi, qui a dit paradoxe ?), alors bin quoi ? On continue à se plaindre ou on organise un autre truc ? (pasque bon, avouons-nous le fait qu'aucun de nous n'a la moindre idée de comment gérer l'humanité sans qu'elle périclite... vous êtes  les premiers à le dire, et moi encore avant !)...

- Pourtant. Me laisse le sentiment que tout ceci est plus profond, et que l'autorité en tant que 'réalisation d'influence' est un problème qui englobe bien plus que la politique, le social, l'humain et toutes les étiquettes qu'on pourrait trouver pour ranger l'Humanité.

Nous avons notre incidence et aucun moyen de la maitriser actuellement.
Tel est mon ressenti vis-à-vis de la situation actuelle... je sais pas si je suis clair 0___0
.

Hors ligne Erwan

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(pasque bon, avouons-nous le fait qu'aucun de nous n'a la moindre idée de comment gérer l'humanité sans qu'elle périclite... vous êtes  les premiers à le dire, et moi encore avant !)...

Une question faussement naïve en passant : si vous pensiez avoir la capacité et les idées nécessaires pour "gérer" l'humanité avant qu'elle ne périclite, vous le feriez ?

Citer
Nous avons notre incidence et aucun moyen de la maitriser actuellement.
Tu penses qu'il serait possible de la maîtriser un jour ? Le mot "actuellement" laisse place à une ouverture de mon point de vue (sauf si j'interprète mal).

Hors ligne Alan Tréard

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Alors, je suis la discussion avec grand plaisir, ça nous fait nous poser beaucoup de questions sur le rôle de l'autorité au quotidien, et je trouve que ça pousse à la réflexion.

Juste une affirmation qui me fait réagir :

- Mais. Il n'a pas toujours été ainsi de la façon de penser de l'Humain. Sans entrer dans les détails peu crédibles d'une philosophie académique trop démesurée, les Anciens pensaient avant tout la communauté avant l'individu, la conscience et le fait d'assumer cette autre option de la réalité des Modernes ne datant en réalité que... des Humanistes, aux environs du XVème. De fait, je chipote sur ta formule, mais je crois on se rejoint.

On peut trouver beaucoup de philosophies qui tournent autour du comportement individuel dans l'Antiquité gréco-romaine (stoïcisme/épicurisme) donc l'idée que l'individu ne serait pas au cœur de la pensée des anciens ne me met pas tout à fait à l'aise, notamment quand au contraire le communisme est récent. Disons que cette vision de l'histoire que tu proposes ne me semble pas tout à fait correspondre à mes propres impressions, mais ça reste une interprétation intéressante.

Hors ligne Fourmisdefeu

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Je n'est que des questions cette fois, j'aimerais connaitre vos point de vue, si cela vous inspire évidemment.

-Est ce que penser la communauté avant l'individu n'était pas "limitant" ? En terme de possibilité individuelle, intelectuelle, de développement, que sais je encore...

-Est que la communauté n'a pas commencée à disparaitre au sortir des "cavernes" (simplifié) ? Des que les premieres civilisations sont nées avec la sédentérisation ?

-Ne sommes nous pas nos propre manipulateur avant toute chose ? Du fait de tout ce qui nous est etranger et inaccessible en nous.


-Est ce l'humanité qui avance ou simplement la vie ? Et si l'humain n'était qu'un véhicule temporaire ? Peut ètre que la seule véritable espece sur terre c est le cerveau ?


N'étant pas franchement instruit, désolé si certaines questions paraissent bête.

« Modifié: 02 Août 2018 à 12:44:12 par Fourmisdefeu »

Hors ligne Erwan

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@ Fourmisdefeu
Citer
Est que la communauté n'a pas commencée à disparaitre au sortir des "cavernes" (simplifié) ? Des que les premieres civilisations sont nées avec la sédentérisation ?

Pour avoir lu des articles sur la question sur scienceshumaines, j'en ai retenu quelques points. Déjà, c'est une pensée apparemment commune de penser les sociétés nomades de chasseurs-cueilleurs comme étant égalitaires et que la sédentarisation a crée la hiérarchie que l'on connaît et les sociétés complexes. Les intervenants dans ces articles ont mentionné que :
  • Cette vision est assez simpliste, que certaines sociétés nomades de chasseurs-cueilleurs étaient déjà hiérarchisées alors que d'autres sont restées longtemps sédentaires / communautaires / égalitaires. D'autres facteurs sont donc sûrement de la partie. La tendance générale est cependant assez vraie apparemment.
  • Ces sociétés ont longtemps été considérées comme égalitaires à tord car les observateurs d'alors ne considéraient pas la discrimination/domination sexiste comme en étant une.
  • Et globalement ces sociétés sont plus complexes et mal connues que nous ne le pensions, notamment dans leur variété, ce qui n'aide pas à tirer des conclusions.

Citer
Est ce l'humanité qui avance ou simplement la vie ? Et si l'humain n'était qu'un véhicule temporaire ? Peut ètre que la seule véritable espece sur terre c est le cerveau ?
Les mouvances transhumanistes apportent leur réponse parmi d'autres à cette question, par exemple. La notion de post-humanisme pose justement en plein cette question de véhicule temporaire. La question était peut-être théorique / théologique jusque là, mais la science laisse envisager que l'homme puisse se transformer lui-même d'ici peu et de manière assez radicale. Cette question devient donc subitement très concrète pour beaucoup de personnes.

Bon, ce sont là quelques pistes de réponse à tes questions...


@ Alan Tréard

Citer
On peut trouver beaucoup de philosophies qui tournent autour du comportement individuel dans l'Antiquité gréco-romaine (stoïcisme/épicurisme) donc l'idée que l'individu ne serait pas au cœur de la pensée des anciens ne me met pas tout à fait à l'aise, notamment quand au contraire le communisme est récent.

Ne penses-tu pas également que les notions mêmes d'individu et de communauté ont pu varier dans leurs significations et leurs sens au cours de l'histoire qui mène de ces philosophes jusqu'à nous ? Effectivement, ces deux notions ont pu exister depuis très longtemps sous des formes données, mais pas forcément sous la forme que l'on lui prête aujourd'hui. Je prendrai comme exemple ce que j'ai lu de l'homosexualité. Un auteur disait qu'il était absurde de dire que les grecs et les romains pouvaient avoir eu des pratiques homosexuelles du fait que le mot et sa signification sont très contemporaines... Est-ce possible d'appliquer une notion récente à un contexte antérieur à son émergence ?
« Modifié: 02 Août 2018 à 13:28:21 par Erwan »

Hors ligne Alan Tréard

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@ Alan Tréard

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On peut trouver beaucoup de philosophies qui tournent autour du comportement individuel dans l'Antiquité gréco-romaine (stoïcisme/épicurisme) donc l'idée que l'individu ne serait pas au cœur de la pensée des anciens ne me met pas tout à fait à l'aise, notamment quand au contraire le communisme est récent.

Ne penses-tu pas également que les notions mêmes d'individu et de communauté ont pu varier dans leurs significations et leurs sens au cours de l'histoire qui mène de ces philosophes jusqu'à nous ? Effectivement, ces deux notions ont pu exister depuis très longtemps sous des formes données, mais pas forcément sous la forme que l'on lui prête aujourd'hui. Je prendrai comme exemple ce que j'ai lu de l'homosexualité. Un auteur disait qu'il était absurde de dire que les grecs et les romains pouvaient avoir eu des pratiques homosexuelles du fait que le mot et sa signification sont très contemporaines... Est-ce possible d'appliquer une notion récente à un contexte antérieur à son émergence ?

Ah, ben, pour aller dans ton sens, Erwan, je dirais qu'aucune interprétation d'aucune sorte n'aurait lieu d'être si les notions ni les contextes ne changeaient jamais. Si l'on suppose que les notions évoluent avec leurs civilisations, alors on peut supposer également que l'interprétation de nos observations sur le passé permettent de créer des ponts entre aujourd'hui et hier.

Qui sait ce qu'était la vie d'autrefois ?

Hors ligne Erwan

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Ce que tu dis me parles, Alan. Notamment pour la question de créer des ponts par l'interprétation des contextes passés. En fait, cela me permet de préciser mon questionnement sur la phrase de départ que je citais, à savoir que je me demande si la dichotomie entre individuel et collectif est vraiment pertinente en tant que telle. Le communisme serait par exemple collectif, le stoïcisme plus centré sur l'individu. Pourquoi pas, mais je me retrouve gêné de la même manière que la différence nature / culture que l'on utilise parfois, tant les deux notions me paraissent intriquées. Ne pourrais-je pas dire que la culture est la nature de l'homme ?

Citer
les Anciens pensaient avant tout la communauté avant l'individu,
Tu as réagis à cette phrase, et je comprends pourquoi, mais je ne suis pas sûr que ce soit pour les mêmes raisons que moi. Pour moi l'individu et le collectif cohabitent (les deux notions sont les deux faces d'une même pièce, pourrais-je dire), et je suis perplexe par le fait que les anciens puissent penser plus collectivement qu'aujourd'hui, ou l'inverse. Je dirais plutôt que l'individu et le collectif n'étaient pas pensés de même alors. On dit que l'on est dans une société de l'individu, mais pourrait-on prétendre que le collectif n'existe plus ou moins pour autant ? Je suis étonné devant cette façon de percevoir les choses, non pas que je veuille prétendre qu'elle soit fausse.
« Modifié: 02 Août 2018 à 17:35:01 par Erwan »

Hors ligne Alan Tréard

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Ah ! Ça pose décidément de nouvelles questions, pour un mystère, c'est un mystère !! :\?

Hors ligne Dot Quote

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Ahbah enfin, on dépasse un peu le dualisme ! Merci Erwan :
Oui, les termes opposés le sont de principe, mais ils sont également articulés, puisque réunis par différenciation binaire... Bréf, sans entrer sur les débats découlant de cet effet de la 'nuance axiologique' permise par le langage, et par-delà le bien et le mal, symbole même de ce que tu appelles dichotomie, en effet la bipolarité d'un même concept étendu entre ses deux extrémités : individu et société ne font qu'un, et chercher qui de quoi entre les deux n'est qu'une expérience de pensée qui a pur but de se figurer... la 'nuance axiologique' !


Donc :
Je fais de gros raccourcis, mais en termes pratiques voilà ce que je retiens personnellement de mes perceptions réflexives à propos des récents événement de ce sujet :
Pour construire la société de demain, puisque c'est la prérogative principale qui nous anime depuis la Révolution (eh oui, vous le dites tous les jours, ce mot, on n'a pas fini de révolutionner... donc bin renouvelons jusqu'à stabilité ou pas), et dans la mesure possible de solution des conflits entre les forces autoritaires, j'en viens à penser qu'il s'agirait d'articuler la liberté de chacun avec les contraintes de la société, et ce non forcément dans un but de réalisation d'un meilleur Etat politique ou social ou ce que vous voulez, mais bien par la réalisation des buts de chacun des entrant en compte...


Personnellement, à ce stade s'entremêlent dans ma réflexion toutes sortes d'imbroglios agitant entre autres des concepts néologisés tels que neurocapitalisme de masse, métaphysique arborescente de l'univers, implication, présence au réel, échelles, etc...
Mais je ne suis pas clair ni décidé.


En définitive et pour revenir sur le sujet par un entonnoir :
Si nous sommes tous indéniablement imbriqués les uns aux autres :
- Comment solutionner les inégalités grimpantes actuelles qui menacent donc directement la cohésion ?
- Quelles sont les raisons des montées de tensions climatiques entre protagonistes libérés et distincts ?
- Que vise l'égalité sinon l'unité ? Ou alors sont-elles incompatibles ?
- etc...
.

Hors ligne Erwan

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j'en viens à penser qu'il s'agirait d'articuler la liberté de chacun avec les contraintes de la société,
Effectivement, ça découle logiquement de la remise en question du côté dichotomique sus-mentionné, et moi ça me parle plutôt. Je suis plus à l'aise avec une telle approche personnellement.

Citer
Que vise l'égalité sinon l'unité ? Ou alors sont-elles incompatibles ?
Voilà bien une question pas simple et intéressante. Le rapport entre égalité et unité peut en effet s'entendre dans le fait que si tous les citoyens sont égaux, ils seraient tentant de les imaginer se ressemblant d'une certaine façon et donc former une unité. Ou alors il faudrait trouver une manière de les mettre à pied d'égalité tout en les maintenant résolument différents. Mais la différence n'entraîne t-elle pas rapidement de l'inégalité si l'on y prend garde ? Et est-ce pragmatiquement envisageable, je ne le sais pas. Je dirais que la recherche de l'égalité absolue pourrait aisément prendre des formes autoritaires qui risqueraient de menacer la notion de liberté, et donc aussi de différence. Après si l'on considère effectivement le fait de ne pas obtenir une société idéale, et de peut-être renoncer à une égalité absolue (dans sa pureté), il serait possible de tendre vers plus d'égalité tout en protégeant la différence. Quand à savoir jusqu'où peut-on être différent tout en restant unis, c'est aussi une vaste question. Toute société a ses codes, sa culture qui la cimente. Quand on voit comment l'arrivée de "l'autre", de "l'étranger" migrant peut être perçue de façon anxiogène et menacer (même si peut-être seulement dans la perception) l'unité d'une nation, on ne peut que se questionner.
« Modifié: 06 Août 2018 à 15:59:52 par Erwan »

 


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