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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Tous des monstres.

Auteur Sujet: Tous des monstres.  (Lu 1778 fois)

Hors ligne Nacas

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Tous des monstres.
« le: 22 Février 2018 à 23:29:34 »
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Il joue avec son esprit.
Si elle l’avait vu plus tôt, il aurait été plus beau.
Il est un écureil raton-laveur par la fenêtre.
Il la regarde.
Elle jauge ses courbes.
Il salive. Il va manger.
Ses mains la pincent.

Et il ne se passera rien.

Il a couru pour arriver jusqu’ici.
Tu ne contrôles rien.
Je sais bien.

Il voudrait pouvoir se transformer.

Il le sait bien, elle lui a dit.
Elle est entrée.
Elle ne ressortira pas.
Son humeur glisse au sol, elle est stupéfaite. Elle est belle.
Son pouce la coince.

Je sais bien.

Le tissu.
Il vole au vent.
Il fait des arabesques, un peu jolies, ternies. Mollesses extatiques. Extase.
Il va se faire écraser. Il n’écoute pas.
Il ne regarde pas.

Elle voudrait pouvoir lui parler.

Son corps se transforme.
Corporel. Dans ses rêves.
Il y a cette étreinte sur son cœur.
La nuit est moite.
L’appartement est cendres.
Lui fuit. Cataracte.

Le nouvel organe.

Le nouvel organe est caractérisé. Il a des taches lisses sur la peau. De son siège, il est dans la glotte.
Il contrôle le reste.
Le nouvel hôte est un complexe de fins tendons.

Et il ne passera rien.

Sa peau par plaques est en train de se pigmenter.
Il dégueule de la sueur moite.
Elle tient un bâton sur sa tempe.
Elle joue avec son esprit.
Sa langue par claque est en train de s’allonger.
Le nouvel organe est vivant est une membrane.
Cataracte, occulte.

La tache du ressenti du monde.

Il voit ses mains se changer en monstres.
Monstre.
Tu es un dieu. Tu es une peluche.
Elle maintient un bâton dans ses mains.
Elles la pincent.
Module.

Elle voudrait pouvoir le transformer.

Il va s’écraser.
Chut.

Trombe d’eau. De la pluie pour ce soir.
L’air évanescent.
Il respire. Il est un écureuil raton livreur.
Sous la maison, sur pilotis, devant le nuage. Dans une mer.
Encore une. Une autre.

Un chemin du retour.

Poétique.
Mais putain ferme ta gueule.

Merci, petite tache sombre.

Destan, fils du Destin.
Il dit « Mourrez. » Sans distinction, tous les tuer.
Il voudrait ce pouvoir.

   Elle va bientôt se métamorphoser.


Faufile-toi dans ses pas. Traverse la porte, pour toi, qu’il ouvre pour lui. Tu es là, profite-en ; un jour, tu n’existeras pas.
Farceur.

Ce ne sont pas les embrasures, qui s’éteignent : c’est toi qui n’oses pas.
Réaffirme-toi : c’est joyeux.
Les embrasures ne s’éteindront jamais. Si elles se referment en toi, ton corps n’oubliera pas.
Pour les passer encore, tu devras changer ton corps.
Menteur.

« D’où viens-tu ?
- De ce monde, je viens d’ici.
- Menteur. »

Ne pensez pas aux morts. Ils ne croient pas qu’ils croient.
Elle ne le croit pas.

« Présomptueuse. »

Il veut s’échapper, par le nouvel organe.

« Je… je ne sais pas. Les sensations, autour de toi, elles vivent mieux que moi.
Mon cœur, qui bat, c’est vous, aussi ; vous en jouez.
Tous ces monstres. Tout autour. Vous savez que je pense que vous me croyez inapte à les voir. »

Tous des monstres.
« Modifié: 23 Février 2018 à 16:30:26 par Nacas »
Les restaurants sont à tous les étages au sommet de la pyramide sociale.

Hors ligne Nacas

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  • Dragon d'encre
Re : Tous des monstres.
« Réponse #1 le: 23 Février 2018 à 21:50:36 »
Bonsoir, monsieur jobear.
C'est gentil, d'être venu me voir, je me sentais un peu seul, ces derniers temps.
Vous n'allez pas vous en aller, hein ? Désolé, je ne voulais pas vous occuper.

Je m'aliène un petit peu en ce moment, la drogue, vous voyez, alors je ne sais pas trop si j'ai encore toute ma tête. Je plaisante, ne vous inquiétez pas, je sais bien que je n'ai pas tout le lucide. Je meurs, mais pas au point de m'oublier.
Rien d'illégal non-plus, cessez de craindre, voyons, on croirait que vous vous morfondez d'un rien, c'est mauvais pour votre image...

Rien de bien épanouissant, non plus. Ce devrait être illégal. J'aurais au moins le petit frottement de la transgression, dans le bas du ventre...
C'est vous, qui me frottez le bas du ventre. Ça veut dire que vous me plaisez, monsieur jobear. Vous êtes mignon.
Ce sont deux personnages : "Nous ne sommes pas si différents, toi et moi." C'est un peu ironique, parce que c'est le héros et un antagoniste. Mais que voyez-vous ? Moi, j'ai grandi avec ça.
Vous ressemblez un petit peu à mon doudou.

Vous savez, les modérateurs, ils sont gentils, comme des chics types, eux aussi... Ils veulent épargner tout le monde. Ils ne veulent pas qu'on se blesse. Ils mettent des rambardes partout. Ils nous enferment, un peu, mais ils s'enferment eux aussi. Moi, je les aime bien, les modérateurs. Mais parfois ils meurent un peu, et ils commencent à prendre parti. Ils ferment des sujets. C'est quand il y a des gens un peu fragiles qui sont blessés. C'est pas bien, les partis. On dit que seuls les morts les prennent, mais c'est pas vrai, parce que c'est eux qui les tuent.

Je ne sais pas, j'ai une gare dans la tête. Une route à bus, une horloge, il faut trouver des mots. Je ne sais plus si je l'ai rêvé, mais enfin, c'est là. Aux Arènes.  Un jour je suis sorti de chez moi, la maison était bleue à l'époque, dans un grand talus qu'on traversait entre deux plots de bois à son entrée, en diagonale. Les premières gouttes d'un matin de mars naissaient un peu au-dessus de ma tête, et je cherchais la capuche de mon pull. Je ne l'ai pas trouvée. J'aurais pu devenir fou. Ce matin-là tous mes efforts ont été éprouvés, j'étais éberlué. Je ne comprenais pas, elle devait être pourtant là. Cette capuche, en fait, je l'avais rêvée ; dans ce pull qui faisait partie de moi. Le réel avait volé ma capuche. Aujourd'hui, je ne suis plus sûr que ce matin ait réellement existé.
Je ne suis plus moi-même. Bon sang, c'est une évidence.

Alors comment faire, pour écrire à tous ces gens, qui ne sont pas même eux-mêmes, nous-mêmes ? On est dans des bulles colorées, je vous dis. Les autres, ils sont ces bulles colorées. Je ne comprends pas. Je ne comprends pas. Je pense que les modérateurs ont peut-être pas tort, de vouloir tout protéger. Certains gens ne sont pas friables. Ils sont fragiles. Et creux. C'est normal : ils regardent les autres, et ils ne voient que des boules. Ils en viennent à douter qu'ils sont dans une boule, eux-aussi. Comme la capuche était dans mon rêve. Elle aussi. Ils se cassent. S'évaporent. Se subliment. Mais leur poussière s'accole à la paroi, et ils ne feront briller aucun bulbe. Leur boule, dès lors, n'est plus colorée. Plus aucun reflet. Que les nôtres qui se superposent.
N'oubliez-pas que vous êtes dans une bulle, s'il-vous plaît. N'oubliez pas que vous êtes.

N'oubliez pas que nous aussi. Jobear, moi, Miro, WEG, Ariane, Ashka, Mirabelle, dont je ne me souviens pas du nom, mais de l'arbre tout noir, sur blanc. Elle parlait d'une mère seule, le soir, dans la petite maison d'elle et ses petits nourrissons. L'horloge tiquait. Je ne l'ai pas oubliée, tu as vu, l'horloge.
Nous aussi, nous existons. Et mourrons, poussières.
Mais réaffirmez-vous :

c'est joyeux.


Merci, monsieur jobear, ils sont tendres, ils sont justes, vos commentaires.

J'espère que nous serions bien ensembles, à défaut d'être réellement compris ;
Je vous serrerai dans mes bras.
Monsieur doudou jobear.

Nacas.
Les restaurants sont à tous les étages au sommet de la pyramide sociale.

 


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