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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Les ténèbres à present [contenu explicite]

Auteur Sujet: Les ténèbres à present [contenu explicite]  (Lu 4856 fois)

Hors ligne david_hum

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Les ténèbres à present [contenu explicite]
« le: 14 Février 2018 à 17:12:47 »
Chapitre 1 : Réflections





Mon doigt appuie sur l'interrupteur, la lumière s'allume.
J'existe.
Depuis combien de temps suis-je dans cette pièce ?
Est ce qu'autre chose existe?

C'est moi. C'est n'est pas moi.

Mes traits sont tirés. Je n'ai pas suffisamment dormi.
J'asperge mon visage d'eau, le froid resserre les pores de ma peau.
Des gouttes d'eau parcourent mon visage jusqu'à la pointe de mon menton et éclatent dans le lavabo.
Mon doigt appuie sur l'interrupteur, la lumière s'éteint.

Je n'existe plus.

***

Je ne sais pas comment je l'ai rencontrée, mais elle m'embrasse.
Elle a les cheveux châtains, les yeux bleus. Elle se colle contre moi et prend le contrôle de mes organes. Elle glisse la main sous mon T-shirt.
Je dégrafe son soutien-gorge, je fais jaillir sa poitrine.
Elle joue avec mon sang. Elle le déplace par vagues, envoie mon cœur battre dans mes tempes.
Elle contrôle mon souffle, ma respiration.
Je passe ma main sous sa jupe. Je lis son désir sur ses lèvres.
Elle déboutonne mon pantalon.
Elle imprime ce moment dans ma mémoire avec sa langue.
Nos corps synchronisent et nous fusionnons.
Elle m'envoie dans le bleu-nuit de l'univers puis me laisse haletant.

***

J'ai dû me battre, j'ai le nez en sang.
Je ne sais pas comment c'est arrivé. Elle est avec moi.

C'est ma blessure. Ce n'est pas ma blessure.

Je grimace quand elle me passe un coton gorgé d'eau sous les narines.
Elle dépose un baiser sur ma joue et efface la douleur.
Elle quitte la pièce, je reste là.
J'observe mon nez gonflé.
Je renifle et un goût métallique coule dans mon arrière-gorge.
Je sors de la pièce.
Je n'existe plus.

***

Elle est en colère contre moi, elle crie.

" Tu n'avais pas le droit de faire ça ! "

Je n'ai aucune idée de quoi elle parle, mais je réponds.

" Tu ne me contrôles pas.... Jusqu'à preuve du contraire, je suis libre de faire ce que je veux ! "

Elle fulmine.
Elle essaie de me gifler, mais je retiens son poignet, puis les deux, elle hurle plus fort.

" Mais lâche moi, tu me fait mal ! "

Je la repousse vers l'arrière et libère ses mains.

" T'es un connard. "

Elle sort de la pièce sans se retourner, je l'entends claquer la porte d'entrée.

Mon visage ne montre rien, pourtant, je suis dévasté.

Ce n'est pas ma tristesse, c'est ma tristesse.

***

Quand j'allume la lumière, je vois que j'ai une barbe. Combien de temps suis-je resté dans le néant ?
J'entends une voix féminine venir de la pièce adjacente. Ce n'est pas elle.
Qu'est-ce que j'ai encore fait ?
Ma gorge se sert.

Je n'ai pas envie de pleurer. J'ai envie de pleurer.

Je réponds que je devrais raser cette barbe.
La voix me répond que non, que je suis beau avec.
Cette barbe ne me va pas du tout.

"Tu as raison, cela me va super bien !"

C'est ma voix. Ce n'est pas ma voix.

Je quitte la pièce, je n'existe plus.

***

Je n'ai pas souvenir d'avoir bu, pourtant, je suis complètement soûl.
Je scrute mon visage et l'image ondule.
Une aigreur d'estomac remonte brûler mon œsophage. J'entends mon ventre se plaindre.
Je pense à elle.

Elle ne me manque pas. Elle me manque.

Je suis à l'intérieur d'une toupie tournant au ralenti.
Je cours jusqu'à la douche derrière et je vomis.
Je râle comme une bête. Des larmes coulent de mes yeux, qui essaient de se barrer de leurs orbites.

C'est ma douleur. Ce n'est pas ma douleur.

Un filet de bave jaunâtre pend depuis ma lèvre, je le beurre sur ma manche.
Je sors de la salle de bain en traînant des pieds.
Les épaules basses, la tête en berne, j'avance comme un zombie. Doucement, je cesse d'exister.





Chapitre 2 : dissociation.





Je me scrute. Je me ressemble.
Si ce n'est que ma mèche est sur la gauche.
Que le tatouage sur mon bras gauche est sur son bras droit.
Que lorsque je lève un bras, c'est l'autre qui se lève.
J'ai l'impression d'être l'homme dans la caverne de Platon.

Ce n'est pas moi. C'est moi.

***

J'ai l'air d'être en colère.
J'empoigne violemment le rasoir, j'étale mécaniquement la mousse.
La condensation s'élève, s'accroche au miroir, se change en buée.
Au travers, je ne me vois plus, je me distingue.
Je passe ma main gauche – sa main droite – sur le miroir, plaque la lame sur ma joue.
À la façon dont je presse trop fort, je comprends que c'est contre moi-même que je suis en colère.

" Pourquoi tu gâches toujours tout ? "

Je voudrais répondre, mais je suis condamné au silence.
S'il ne parle pas. Je ne parle pas.
Mais j'ai envie de hurler :

" Prends ton téléphone ! Appelle-la !"

Mais je reste là. Les nerfs tendus, le visage tremblant.
Je suis une peinture, je suis une photo, je n'existe que dans un cadre.
Ce qui se passe au-delà m'affecte pourtant.
Je ne peux rien faire.
Je serre les dents, je bouillonne.
J'écrase le rasoir sur ma gorge et j'appuie de toutes mes forces.
J'écarquille les yeux, je ne voulais pas faire ça.

" Qu'est-ce que je fais putain ? Je deviens dingue."

Un filet de sang coule dans mon cou.
C'est mon sang. C'est mon sang.

***

La lumière s'allume et j'existe à nouveau.
Je m'assois sur le rebord de la baignoire, je tiens mon téléphone.
J'entends sa voix et mon cœur s'emballe.
J'apprends son nom. Elle s'appelle Lucy. Je marmonne des excuses minables.
Elle me répond qu'il est trop tard, que les mots ne sont que des mots, que mes actions ne sont que des mots.
Je supplie, m'abaisse plus bas que terre, espérant qu'elle voudra me relever.
Elle me promet que cela va aller.
Je laisse tomber le téléphone sur le carrelage.

Ce sont pas mes larmes. Ce sont mes larmes.

***

Je me regarde au fond des yeux, j'essaie de scanner mon âme, de comprendre ce qui ne va pas dans ma tête.
Ma colère monte.
Je frappe le néon au-dessus du lavabo. Je n'existe plus.
Je m'entends hurler, j'existe toujours. Je suis seulement plongé dans l'obscurité.

J'avance à tâtons vers l'interrupteur. J'allume l'ampoule du plafond.
Je scrute à nouveau mon âme, mais n'y trouve qu'égoïsme, suffisance et laideur.
Je donne un coup dans le miroir.
Un de ses coins tombe dans le lavabo.
Je saisis le morceau triangulaire et le serre dans ma main droite.
J'inspire, et recrache lentement tout l'air de mes poumons.
Je bloque ma respiration.
Une seconde....
Deux secondes.....
Et je frappe d'un coup sec le coté gauche de ma gorge, le surin rentre et sort en une demie seconde. Découpant, sans effort, tout sur son passage.
Je tombe au sol et mon couteau de fortune éclate en mille morceaux, reflétant ma mort autant de fois.
Du sang épais dégouline de ma gorge et recouvre certains éclats de ma prison de nitrate et de verre.
Mon cœur bat une dernière fois.

C'est mon sang. C'est pas mon sang.

Les ténèbres à présent.


« Modifié: 16 Février 2018 à 11:31:38 par david_hum »
"Là où nous tenons, en cet instant précis, dans les ruines dans le noir, ce que nous bâtissons pourrait être n'importe quoi." Chuck Palahnuik - Choke

Léilwën

  • Invité
Re : Les ténèbres à present
« Réponse #1 le: 14 Février 2018 à 22:50:03 »
Ca prend aux tripes ta prose poétique... j'ai mal pour lui...

Sur le fond, le sujet est très dur... je ne m'étalerai pas trop dessus. La forme reste pudique, et me concernant, heureusement.
Tu as toujours ces phrases lancinantes dans tes textes et ça résonne beaucoup chez moi... !

Ton narrateur est-il schizophrène ? Parce que c'est l'impression que ton texte donne, et c'est brillant ! Ce balancement entre "là c'est moi"/"là, c'est plus moi". Et sans parler de schizophrénie, je pense que ton texte met en valeur toutes ces fois où l'on ne sait plus trop qui l'on est.

J'ai "bien aimé" le
Citer
C'est mon sang. C'est mon sang.
c'est le seul moment où le narrateur est en accord avec lui-même...

Au fil du texte :
Citer
le froid resserre les ports
=> porEs

Citer
Je ne sais pas comment je l'ai rencontré
=> +e

Citer
cheveux Châtains
=> la majuscule est volontaire ?

Euh au fait ... tu mettrais pas un p'tit [contenu explicite] ?  :-¬?

Citer
envoi mon cœur
=> envoiE

Citer
Je passe ma main sous sa jupe. Je lis son désir sur ses lèvres.
=> Tu es sûr que tu "lis" son désir ? :P

Citer
Elle m'envoie dans le bleu-nuit de l'univers puis me laisse haletant.
=> j'adore cette phrase !

Citer
Je grimace quand elle me passe un coton gorgé d'eau sous mes narines.
  => j'aime pas trop la répétition "me"/"mes"... "sous LES narines" ?

Citer
que mes actions ne sont que des mots.
=> ne sont PAS ?

Citer
Je saisi
=> +s

Citer
Je saisi le morceau triangulaire et le sert
=> serS

Voilà !

A la prochaine !!

Hors ligne david_hum

  • Troubadour
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Re : Les ténèbres à present [contenu explicite]
« Réponse #2 le: 15 Février 2018 à 09:24:36 »
Merci Léilwën. Les fautes sont corrigées.
Content que tu ai aimé.

Pour se qui est de la schizophrénie du narrateur, ce n'était pas mon idée de départ mais oui, c'est quand même ça.
J'ai fait lire le texte à un ami, il y a vu un personnage au purgatoire...

Le texte est suffisamment flou pour laisser place à l'interprétation. Cela me plait beaucoup.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
"Là où nous tenons, en cet instant précis, dans les ruines dans le noir, ce que nous bâtissons pourrait être n'importe quoi." Chuck Palahnuik - Choke

Hors ligne Ari

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 566
Re : Les ténèbres à present [contenu explicite]
« Réponse #3 le: 15 Février 2018 à 11:21:33 »
Bonjour David.

Au total, bravo pour ce texte, je le trouve vraiment talentueux.
J'ai envie d'écrire que j'aime ce texte, mais je ne peux pas. La fin ne me plait pas  :/ ...


A titre personnel...

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.



Pour le reste :

Je ne vois pas ton narrateur comme schizophrène... Plutôt une dissociation névrotique (anxio-dépressive) (mélancoliforme).

J'avais compris qu'il s'agissait du reflet dans le miroir, je ne l'ai pas compris tout de suite, mais justement, je trouve ça d'autant plus chouette ! Super idée et très très bien utilisée.

Ma seule question : j'ai cru comprendre que tu faisais deux chapitres car dans le premier le narrateur est le personnage dans le miroir, alors que dans le deuxième on revenait au vrai personnage ? Mais du coup, il ne devrait plus cesser d'exister quand la lumière se coupe ou s'il sort de la pièce. Si vraiment on est revenu au vrai personnage il devrait y avoir une différence un peu plus nette entre les deux parties du texte. Si dans les deux chapitres il s'agit du reflet, je ne vois pas l'intérêt de faire deux chapitres.

Un petit détail : comme la plupart du temps tu utilises la négation dans les "ce n'est pas..." je serais pour la garder à chaque fois... Elle me manque quand tu ne la mets pas ! Autre chose : pourquoi pour le dernier, tu mets bien "c'est mon sang / ce n'est pas mon sang" et pas plutôt : "c'est mon sang / c'est mon sang" comme la première fois ?

Autre remarque, pour la mise en page : je trouve que ce n'est pas assez net, trop flou, plein de lignes entre les paragraphes je vois pas forcément l'intérêt, et par contre la démarcation entre les deux chapitres est très peu marquée en contraste. Tu serais ouvert pour changer un peu ? Suggestion : des étoiles quand il y a une ellipse (au lieu de passer plein de lignes).

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.



Mon passage préféré +++ :

Citer
Je ne sais pas comment je l'ai rencontrée, mais elle m'embrasse.
Elle a les cheveux châtains, les yeux bleus. Elle se colle contre moi et prend le contrôle de mes organes. Elle glisse la main sous mon T-shirt.
Je dégrafe sous soutien-gorge, je fais jaillir sa poitrine.
Elle joue avec mon sang. Elle le déplace par vagues, envoie mon cœur battre dans mes tempes.
Elle contrôle mon souffle, ma respiration.
Je passe ma main sous sa jupe. Je lis son désir sur ses lèvres.
Elle déboutonne mon pantalon.
Elle imprime ce moment dans ma mémoire avec sa langue.
Nos corps synchronisent et nous fusionnons.
Elle m'envoie dans le bleu-nuit de l'univers puis me laisse haletant.

Au total, bravo pour ce texte que je trouve puissant ; et si tu changes des trucs je viendrai encore le relire (notamment la présentation qui me gêne un peu tel quel ! j'aimerais beaucoup voir ce que ça peut donner autrement).

~ Ari ~

Hors ligne david_hum

  • Troubadour
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Re : Les ténèbres à present [contenu explicite]
« Réponse #4 le: 15 Février 2018 à 12:47:41 »
Merci pour tes remarques Ariane.

Je me suis beaucoup posé la question sur la mise en page du texte, j'ai finalement opté pour les espaces (que j'avais mal respectés dans la dernière partie).
J'ai utilisé ton astuce des étoiles et ça rend surement le texte plus clair.

Pour répondre à ta question, les chapitres sont espacés dans le temps.
Je ne vois pas de chantage au suicide, mais peut-être que c'est la pourtant. Si tu l'as compris ainsi alors cela doit y être.

Je savais aussi que mon idée de départ n'allait pas être facile à mettre en place, et surtout allait être difficile à écrire de manière suffisamment compréhensive. Le résultat final me plait, le fait que texte soit suffisamment ouvert pour que chacun puisse y trouver quelque chose de différent.
Je trouve ça très cool.

Je réfléchirait à toutes vos remarque et je retoucherai surement le texte. (même si mon imagination est maintenant dirigée vers une autre histoire).

Par contre je n'ai pas trop envie de tout expliquer en détails. J'aime qu'il reste une part de mystère par endroit.

Merci en tout cas Ariane.

« Modifié: 15 Février 2018 à 13:06:25 par david_hum »
"Là où nous tenons, en cet instant précis, dans les ruines dans le noir, ce que nous bâtissons pourrait être n'importe quoi." Chuck Palahnuik - Choke

Hors ligne Tristan le pitre

  • Tabellion
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Re : Les ténèbres à present [contenu explicite]
« Réponse #5 le: 15 Février 2018 à 14:29:19 »
Hello !

J'avais également saisi l'allusion au miroir (au milieu du texte), mais j'y voyais une sorte de personnification du reflet, qui tente de s'approprier l'individu reflété mais qui demeure sans espoir. En tout cas j'ai bien aimé, ça aurait pu être sympa de développer le coït vu avec neutralité.

Je me permets juste de rajouter :
Citer
Ma gorge se sert.
=> serre


A plus :)

Hors ligne david_hum

  • Troubadour
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Re : Re : Les ténèbres à present [contenu explicite]
« Réponse #6 le: 15 Février 2018 à 15:15:45 »
Hello !

J'avais également saisi l'allusion au miroir (au milieu du texte), mais j'y voyais une sorte de personnification du reflet, qui tente de s'approprier l'individu reflété mais qui demeure sans espoir.
Héhé
« Modifié: 15 Février 2018 à 15:46:17 par david_hum »
"Là où nous tenons, en cet instant précis, dans les ruines dans le noir, ce que nous bâtissons pourrait être n'importe quoi." Chuck Palahnuik - Choke

Hors ligne Ari

  • Palimpseste Astral
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Re : Les ténèbres à present [contenu explicite]
« Réponse #7 le: 15 Février 2018 à 21:41:11 »
Citer
Si tu l'as compris ainsi alors cela doit y être.
Houlà  :o dangereuse conclusion ! je comprends plein de choses de travers... tout le temps... !
~ Ari ~

Hors ligne Oli_Martian

  • Scribe
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Re : Les ténèbres à present [contenu explicite]
« Réponse #8 le: 15 Février 2018 à 21:57:09 »
Hello David,
dans un style différent de ce que tu as posté jusqu'à présent ici, tu réussis une nouvelle fois à bien exploiter une très bonne idée de départ.
J'aime beaucoup ton style sur ce texte : certaines images sont puissantes, et tu mènes parfaitement ton récit jusqu'à sa tragique conclusion.
L'ensemble est inspiré et prenant, c'est une belle réussite  :)
Un grand bravo à toi !

Léilwën

  • Invité
Re : Re : Les ténèbres à present
« Réponse #9 le: 15 Février 2018 à 23:09:42 »
Citer
Je saisi le morceau triangulaire et le sert
=> serS
Léilwën a déraillé, désolée...  :-[ heureusement que Tristan était là pour réparer cela ;) => "serRE" ; idem avec "serRE les dents"

Allez, j'en rajoute une ;)
Citer
Je dégrafe sous soutien-gorge
=> SON soutien-gorge ?

Je suis d'accord avec Ariane, les étoiles, ça "aide" pour organiser le texte et sa chronologie.

J'avais bien compris dès le départ qu'il s'agissait de son reflet dans le miroir... du coup je ne l'avais pas dit parce que ça me semblait évident  :-[

C'est vraiment très bizarre l'effet que me procure ton texte : je le trouve très beau sur la forme, mais vu le fond, ça me fait culpabiliser de le trouver beau...

Hors ligne avistodenas

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Re : Les ténèbres à present [contenu explicite]
« Réponse #10 le: 15 Février 2018 à 23:47:44 »
Je trouve ce texte d'excellente qualité dans l'ensemble. Un seul truc me gêne : si tu es mort, tu ne peux plus rien raconter. Donc on n'y croit pas.

Conclusion, tu n'es pas mort, on t'a rafistolé, tu as dû te louper la carotide.
Exact ?
« Modifié: 16 Février 2018 à 00:55:16 par avistodenas »

Hors ligne david_hum

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Re : Les ténèbres à present [contenu explicite]
« Réponse #11 le: 16 Février 2018 à 16:01:49 »
@léilwën content que mon texte te fasse un effet bizarre
"Là où nous tenons, en cet instant précis, dans les ruines dans le noir, ce que nous bâtissons pourrait être n'importe quoi." Chuck Palahnuik - Choke

Hors ligne avistodenas

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Re : Les ténèbres à present [contenu explicite]
« Réponse #12 le: 16 Février 2018 à 17:00:41 »
Si le narrateur est mort, il ne peut pas écrire "Je". Ou "Moi".

Ou alors, le narrateur se met à la place du mort, et écrit ce que le mort eût écrit s'il ne l'avait pas été. Mort.
« Modifié: 16 Février 2018 à 17:03:30 par avistodenas »

Hors ligne Corsaire

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Re : Les ténèbres à present [contenu explicite]
« Réponse #13 le: 17 Février 2018 à 00:40:35 »
Je ne vois pas ton narrateur comme schizophrène... Plutôt une dissociation névrotique (anxio-dépressive) (mélancoliforme).
Je suis de ton avis. Lors d'un choc émotionnel, on est dans tous ses états. L'instinct de survie (ou pas) primaire prend le dessus sur la raison. Cela ne traduit pas forcément une maladie de long terme type schizophrénie.

@avistodenas
Quand à faire parler les morts, je ne vois pas non plus où est le problème. Nous ne sommes pas en train de lire une lettre laissée par le narrateur. Nous vivons ces instants avec lui, en lui. Et par conséquent assistons aussi à sa mort. Pour faire une analogie avec un jeu vidéo, ce texte est à lire à la première personne, en vue subjective. Le narrateur s'y exprime jusqu'à son dernier souffle, jusqu'à l'écran noir. (Tiens, j'aurais pu faire une analogie avec le cinéma...)

Peut-on alors raconter la période d'inconscience? J'essaye de trouver de la matière pour une histoire dont le narrateur serait dans le coma. Pas simple!  ><

En tout, très sympathique texte.
J'ai été un peu surpris par la rapidité du passage à l'acte. Est-ce qu'on ne réfléchis pas un minimum (genre quelques secondes) avant de faire ça? Même prémédité, une fois le coup parti, n'y a-t-il pas quelques instants de stupeur?
"Puisque les événements nous échappent, feignons d'en être les organisateurs." (Jean Cocteau)
un peu de pub: une histoire qui pour le coup n'a aucune prise sur les événements... Périple d'un grain de sable

Hors ligne avistodenas

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Re : Les ténèbres à present [contenu explicite]
« Réponse #14 le: 17 Février 2018 à 06:18:32 »
Quand à faire parler les morts, je ne vois pas non plus où est le problème.     
Eh bien pour moi, le problème reste insoluble. T'es mort, tu n'existes plus. Donc tu ne peux plus raconter. Faire parler les morts, je n'y crois pas, tout simplement.  C'est une question d'astuce du narrateur : si le mort parle, c'est qu'il y a une raison que je puisse comprendre.
Ce qui n'ôte rien à la qualité du texte, soyons clairs.

 


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