Avant-propos :
Les mots sont comme des outils, ils sont bien utiles et quelques fois je bricole avec. Je dois vous l'avouer il m'est arrivé de me saisir d'une clé à molette et de m'en servir comme d'un marteau.
Cela ne va pas plaire à ceux qui appellent "un chat un chat", mais, le jour où j'ai un cheveu sur ma langue, j'appelle "un chat un ça".
Voilà, vous êtes prévenus, je ne vais pas beaucoup parler de l'odeur, mais je vais parler du nez.
A l'odeur.
Dehors, dans la forêt, la neige n'en finit pas de tomber. Voici l'hiver qui m'embrume les narines.
Je tire la couette, j'ai ressorti les plumes, même le feu de la cheminée m'enfume.
Un courant d'air dans la maison les portes claquent. Tout le monde est parti travailler.
Blanche, est passée me voir, elle me surnomme nez rouge, elle dit que je suis trop mignon mais qu'à mon âge je devrais faire attention.
C'est vrai que je m'enrhume pour un rien.
Elle m'a préparé un grog de miel et de rhum bien chaud pour me consoler.
Devant mon papier où je tousse je me relis tout haut :
J'ai lu tout votre ouvrage, "Aérez vos bronches !"
Ne prenez pas ombrage bais je pense qu'il ne s'applique en doudes saisons.
Gourrir à la fraiche me fait engore frissonner.
Jabais plus cet hiver je ne bettrais le nez dehors.
Aujourd'hui bes poubons expirent mon nez est liguide et gomplètement nase. Ba gorze flambe.
Le bédecin est passé be faire des pigures qui b'ont fait drop bal.
Vous ne pouvez bas savoir gombien la bénicilline c'est douloureux.
Je ne sors blus, je relis les fleurs du bal, ces poèbes tristes à bleurer.
Je grois que je vais bourrir biendôt.
Je be sent borveux.
J'ai églusé tous bes bouchoirs et ça goule engore.
Hé oh,
je vous l'égris, soyez baudit audeur de balheur et je ne vous dit pas berci bonsieur,
car je ne sent plus rien, bais vous ai dans le nez.
Signé Atchoum