Je n’étais qu’une enfant
Toi le père que j’aimais
Complice à cent pour cent
Du moins je le croyais
Prétextant à des jeux
Tu m’as fais des caresses
En t’attardant un peu
Sur mon sexe sur mes fesses
Au fur et à mesure
Tu voulais davantage
Pour toi pas de censure
Juste un droit de cuissage
J’ai dû subir ta loi
J’ai dû apprendre les gestes
Qui allait faire de moi
Une enfant de l’inceste
Quand on se séparait
Tu m’disais tendrement
C’est notre jardin secret
N’en parle pas à maman
Tu as brisé ma vie
Tu as souillé mon corps
Tu m’as toujours menti
Sans le moindre remord
En entrant dans mon lit
En pénétrant mon corps
Tu as volé ma vie
Tu as violé mon corps
Les années ont passé
Et un jour j’ai compris
Qu’il avait abusé
De mon corps de ma vie
Que quand il me touchait
Esquissant un sourire
C’est qu’en fait il vivait
Des instants de plaisir
Mais comment arrêter
Ce papa sans pudeur
Lorsqu’il m’a menacé
De châtiments vengeurs
Il ne me restait plus
Qu’à subir ses outrages
Supporter ses abus
Et même bien davantage
Mais comment avouer
Quand mon être gamberge
Mais comment en parler
Quand la honte me submerge
Tu as brisé ma vie
Tu as souillé mon corps
Tu m’as toujours menti
Sans le moindre remord
En entrant dans mon lit
En pénétrant mon corps
Tu as volé ma vie
Tu as violé mon corps
Mais un jour j’ai choisi
De briser le silence
Dénoncer l’interdit
Refuser la souffrance
Pour démontrer aux grands
Qui sont capables du pire
Que la vie d’un enfant
N’est pas celle d’un martyr
Devant le tribunal
J’ai envoyé mon père
Parc’que j’ai eu trop mal
Parc’que j’ai trop souffert
Les actes dont on l’accuse
Il les a reconnus
Moi c’était des excuses
Que j’aurais tant voulu
Dix ans de réclusion
La justice a tranché
Verdict de dérision
Pour toute une vie gâchée
Tu as brisé ma vie
Tu as souillé mon corps
Tu m’as toujours menti
Sans le moindre remord
En entrant dans mon lit
En pénétrant mon corps
Tu as volé ma vie
Tu as violé mon corps