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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Perdu-Pendu-Partis

Auteur Sujet: Perdu-Pendu-Partis  (Lu 3106 fois)

Hors ligne lulli

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Perdu-Pendu-Partis
« le: 26 Décembre 2009 à 12:28:33 »
Où es-tu donc caché, antiquité du souvenir errant, perdu pendu dans la penderie de grand-maman disait l’oncle, perdu, pendu aussi l’oncle, dans le cagibi sombre en toile d’araignée.


File ta laine et griffe l’ennui, percluse recluse, solitaire à l’affût, tuant tuée coup de balai et parlons-en, fuite en avant et cabrioles.

La petite courait dans le jardin humide et rentrant trempée s’est fait disputer, pour palier la peine, pour conjurer le sort est entrée dans le noir de la porte entrouverte sous l’escalier grinçant.

N’a rien vu, rien pris, sa main dans l’ombre, l’araignée riant fort, a tremblé, est sortie, à reculons reculant, rampant presque, yeux floutés.

Ont rien compris du tout, la fillette allait bien, courait, docteur, courait et puis, larve, tombée sur la tête et monde à revers, morte vivante, docteur, morte.

A n’y rien comprendre susurre la barbe grise, traumatisme psychique, battue rompue sans marque, étrange diront les autres, risée de mes confrères, faire silence.

L’araignée chante louange riante du sombre, de l’obscur et de l’arrivée de tant d’hôtes qu’à sa table elle peut mettre, festoyons hurle-t-elle pleine d’amour et de verve. Les mouches et moucherons ont envahi la pièce.

Madame trouve que l’odeur est étrange, demande à la bonne de travailler plus fort, frotte, frotte et que ça sente l’odeur du miel et non du fiel de mes aïeux !

La peur du noir est le mal répandu qui enfle dans les veines, explose dans le crâne, ricoche et reste en place, la bonne ne pousse pas les portes, cire, cire le parquet.

La fillette ne parle pas, ne mange pas, ne dort pas et ne sourit pas, glacée glaçante.

L’odeur renaît des cendres éparses, Madame proteste, où est-donc son frère, tout se perd, la fillette serait-elle triste de ne plus le voir?

L’araignée a fait bombance elle a eu plein de petits qui eux aussi mangent à leur faim sans fin.

Retour de voyage toutes affaires amante cessantes, Monsieur entre, rentre, ruisselle de mauvaises pensées sur le parquet ciré, revenir pour la fillette, quelle perte de temps.

La bonne pleure, l’odeur la rend acre, le fœtus la fatigue, la peur la taraude, fuira fuira pas ?

Ma fillette, Docteur, vite, vite, ma fillette, verte, pâle, froide et roide, morte non, vivante et vieille, vite, vite.

Rien à dire, rien à faire, risée je resterai, mourante petite sans rien à redire. Ingrate petite peste !

L’araignée aveuglée, la lumière retrouvée, la porte ouverte à tout va à tout vent, Monsieur cherche une bouteille et tombe sur l’oncle.

La fillette hurle, crie, pleure, noue sec le fil  de laine autour du cou de la poupée, serre, enserre, sang sur regard vide, silence.

Les mouches s’éparpillent, les vers pullulent, ça pue, la mort pue, l’oncle pue et le cagibi aussi, l’araignée file son file, se couvre de soie, se cache du monde.

Répondez Docteur, répondez, on sait pourquoi fillette en bois, on sait pourquoi, ridicule ne tue pas, revenez Docteur, revenez.

Venin craché crachant cahin-caha revenir, jamais, jamais mais mais la fillette raide et froide, le mystère…

Monsieur ouvre toujours les portes, laisse passer, s’efface, s’estompe, se dilue même, Bonjour Docteur elle n’a pas bougé, du sang sur les doigts, un cadavre sous l’escalier.

La fillette toujours muette, ses yeux vides pleurent du sang de haine, ses poupées strangulées jonchent le sol glissant d'humeurs.

La bonne ne reviendra plus, trop risqué, les fantômes en plus du noir des soupentes, son ventre plein de chair se noue.

Dans le noir il faut nettoyer, faire disparaître les traces, toutes, mouches, moucherons, larves, rampants, rats et araignée, cris des fissures dans le bois.

Repartir, fuir, dédire, ne pas pleurer, voir sans dire, partir pour de bon, elle m'attend, mon travail, mentir, s'y perdre, ne pas regarder la fillette de chiffon, Monsieur est parti.

Sous son toit de terreur, souvenir, tiroir grinçant, où est papa ? comment revenir à soi, tout est gris sombre mou noueux et âcre, sans passé.

Mangera mangera pas, passera passera pas l'hiver, Docteur joue sur les mots et fuit la rumeur c'est tue.

Madame est montée voir la petite, a parlé acier trempé avant de partir à son tour.

Pas de mouvement, la fillette a fermé les yeux aveuglée, a souri, n’a rien dit, libre Madame, libre Monsieur,  libre la bonne, libre docteur, tous sauf elle.

Seule, odeur de désinfectant, la fillette parle bas à ses poupées mortes, son sang sur leurs cheveux.

Où es-tu donc caché , antiquité du souvenir errant, perdu pendus dans la penderie de grand-maman disait l’oncle.












Ancienne version : "perdu-pendu" :

Où es-tu donc caché, antiquité du souvenir errant, perdu pendu dans la penderie de grand-maman disait l’oncle, perdu, pendu aussi l’oncle, dans le cagibi sombre en toile d’araignée.


File ta laine et griffe l’ennuie, percluse recluse, solitaire à l’affût, tuant tué coup de balai et parlons-en, fuite en avant et cabrioles.

La petite courait dans le jardin humide et rentrant trempée s’est fait disputer, pour palier à la peine, pour conjurer le sort est entrée dans le noir de la porte entrouverte sous l’escalier grinçant.

N’a rien vu, rien pris, sa main dans l’ombre, l’araignée riant fort, a tremblé, est sortie, reculons reculant, rampant presque, yeux floutés.

Ont rien compris du tout, la fillette allait bien, courait docteur, courait et puis, larve, tombée sur la tête et monde à revers, morte vivante docteur morte.

A n’y rien comprendre susurre la barbe grise, traumatisme psychique, battu rompu sans marque, étrange diront les autres, risée de mes confrères, faire silence.

L’araignée chante louange riante du sombre, de l’obscur et de l’arrivée de tant d’hôtes qu’à sa table elle peut mettre, festoyons hurle-t-elle plein d’amour et de verve. Les mouches et moucherons ont envahi la pièce.

Madame trouve que l’odeur est étrange, demande à bonne de travailler plus fort, frotte, frotte et que sente l’odeur du miel et non du fiel de mes aïeux !

La peur du noir est le mal répandu qui enfle dans les veines, explose dans le crâne, ricoche et reste en place, la bonne ne pousse pas les portes, cire, cire le parquet.

La fillette ne parle pas, ne mange pas, ne dort pas et ne sourit pas, glacée glaçante.

L’odeur renaît des cendres éparses, Madame proteste, l’oncle ne passe plus, tout se perd, la fillette serait-elle triste de ne plus le voir?

L’araignée a fait bombance et eu plein de petits qui eux aussi mangent à leur faim sans fin.

Retour de voyage affaire amante cessante, Monsieur entre, rentre, ruisselle de mauvaises pensées sur le parquet ciré, revenir pour la fillette, qu’elle perte de temps.

La bonne pleure, l’odeur la rend acre, le fœtus la fatigue, la peur la taraude, fuira fuira pas ?

Ma fillette, Docteur, vite, vite, ma fillette, verte, pâle, froide et roide, morte non, vivante et vieille, vite, vite.

Rien à dire, rien à faire, risée je suis risée je resterai, mourante petite sans rien à redire, regarde dehors, ne vois-tu rien ? Ingrate petite peste !

L’araignée aveuglée, la lumière retrouvée, la porte ouverte à tout va à tout vent, Monsieur cherche une blouse et tombe sur l’oncle.

La fillette hurle, crie, pleure sec et noue le fil à couper le beurre autour du cou de la poupée, serre et enserre, sang sur regard vide, silence.

Les mouches s’éparpillent, les vers pullulent, ça pue, la mort pue, l’oncle pue et le cagibi aussi, l’araignée ne trouve pas et file la laine, se couvre de soie, se cache du monde.

Répondez Docteur, répondez, on sait pourquoi fillette en bois, on sait pourquoi, ridicule ne tue pas, revenez Docteur, s’il vous plait, revenez.

Venin craché crachant cahin-caha revenir, jamais, jamais mais mais la fillette morte et froide, le mystère…

Monsieur ouvre toujours les portes, laisse passer, s’efface, s’estompe, se dilue même, Docteur elle n’a pas bougé, du sang sur les doigts, un cadavre sous l’escalier.

La fillette ne parle toujours pas, ces yeux vides pleurent du sang de haine, ses poupées strangulées jonchent le sol glissant de tant d’humeur.

La bonne ne reviendra plus, trop risqué, les fantômes en plus du noir des soupentes, son ventre plein de chair se noue, bébé sera-t-il pleutre ?

Dans le noir lumineux, le cri du silence a percé les tympans de la nuit, nettoyer, il faut faire disparaître les traces, toutes, mouches, moucherons, larves, rampants, rats et araignée, cris de fissure dans le bois.

Repartir, fuir, dédire, ne pas pleurer, voir sans dire, partir pour de bon, elle m'attend, mon travail, mentir, s'y perdre, ne pas regarder la fillette de chiffon, Monsieur est ailleurs Madame, ne sait si reviendra…

Sous son toit de terreur, souvenir, tiroir grinçant ne sait si reviendra de si loin, la fillette ne sait comment rentrer, en elle tout est gris sombre moue noueux et âcre, sans passé.

Mangera mangera pas, passera passera pas l'hiver, Docteur joue sur mot et fuit ailleurs, a vaincu les médisants, peut rentrer fier de lui, Madame n'appellera plus sauf en cas de crise.

Il n’y en a jamais eu, Madame a pris clic et clac, est montée voir la petite, a parlé dur et franc acier trempé avant de se détremper de pluie.

Pas de mouvement, la fillette a bien compris, a fermé les yeux aveuglée, a souri, n’a rien dit, libre Madame, libre Monsieur, libres tous sauf elle.

Seule, odeur de désinfectant, la fillette parle bas à ses poupées mortes en chair dure et plastique, son sang sur leurs cheveux nylon, frissons.

Où es-tu donc caché , antiquité du souvenir errant, perdu pendus dans la penderie de grand-maman disait l’oncle.
« Modifié: 27 Décembre 2009 à 19:31:27 par lulli »
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Re : [titre provisoire : perdu-pendu]
« Réponse #1 le: 26 Décembre 2009 à 14:06:12 »

Citer
perdu pendu

Peux-tu expliciter avant le texte ce que tu veux dire par "perdu pendu" ? c'est un mot composé ?

----------

Citer
Où es-tu donc caché

Je ne vois pas de "?", plus loin, dans ta phrase.

Citer
perdu pendu dans la penderie de grand-maman disait l’oncle, perdu, pendu aussi l’oncle, dans le cagibi sombre en toile d’araignée.

Désolé mais je ne comprends vraiment pas le sens de la phrase. Ensuite, autre remarque, j'ai la sensation qu'il y a un mélange entre l'oral et l'écrit. Je veux dire que quand je lis le texte, je ne sais pas si c'est de l'oral ou de l'écrit. Parfois cela se voit mais parfois  ><

Je suis largué dès le début.

Citer
pour conjurer le sort est entrée dans le noir de la porte entrouverte sous l’escalier grinçant.

Idem ici, je ne comprends rien.  (mon prof de syntaxe serait content de lire ça  :mrgreen:)

Citer
N’a rien vu, rien pris, sa main dans l’ombre, l’araignée riant fort,

Elle sort d'où l'araignée ? le "l'" suppose que tu l'as déjà évoquée avant.

Citer
Ont rien compris du tout, la fillette allait bien, courait docteur, courait et puis, larve, tombée sur la tête et monde à revers, morte vivante docteur morte.

Je ne comprends rien.  ><

----------

Bon, je n'ai pas tout relevé car c'est toujours la même chose. C'est pas pour te vexer, mais vraiment, je n'ai rien compris, et je ne sais quoi dire pour améliorer le texte (texte poétique ?). Il y a de nombreuses phrases qui sont agrammaticales, les liens entre elles sont difficiles à apercevoir, il y a des pauses que je ne comprends pas, etc.
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

Hors ligne lulli

  • Aède
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Re : [titre provisoire : perdu-pendu]
« Réponse #2 le: 26 Décembre 2009 à 14:33:18 »
C'est un texte à contraintes, qui jongle sur l'absurde (mais très peu) et surtout sur les phrasés... Oui, déconstruit... mais non pas de mélange oral-écrit je connais très bien les deux modes, c'est plus un jeu sur son (et apposition)
C'est une histoire malgré tout.

Juste pour éclairer un peu (mais je ne peux pas allez plus loin, l'important c'est plus un ressenti qu'une compréhension de chaque phrase), je l'ai mis en poème mais j'aurai pu le mettre ailleurs, il n'a pas de place prédéfinie, il joue sur pas mal de chose... poétique (dans le rythme et le phrasé faussé) et à l'inverse pour ce qui est de la construction et de l'idée même d'histoire...


Perdu-pendu est juste un titre provisoire, il est juste un condensé de l'histoire (perdu car pendu, perdu parce qu'ayant vu le pendu...)


Alors non, il n'y a pas de syntaxe classique mais pour le coup c'est vraiment volontaire, pas de point d'interrogation même si on peut l'attendre (est-ce une interrogation d'ailleurs ? même si ça en possède la structure...), pas de suite logique (et pourtant...), pour "l'araignée" bon le "l" est lié à la toile dont je parlais plus haut mais surtout au fait que je la personnifie, "la fillette" t'aurait choqué ? Possible, je n'y ai pour le coup pas réfléchi...


Pour expliciter rapidement : on change de point de vue régulièrement tout en restant en externe, on passe de la fillette, au docteur, a sa mère, à son père, à la bonne dans le désordre mais de façon le plus clair possible (quand je me focalise sur un personnage soit je le nomme soit je réfère à la dernière phrase le concernant)


"pour conjurer le sort est entrée dans le noir de la porte entrouverte sous l’escalier grinçant."
La fillette se fait gronder et se cache... dans le cagibi noir à la porte entrouverte sous l'escalier grinçant où l'oncle c'est pendu...



En fait, j'écris ici comme on annone une comptine, mais une comptine glauque et un peu violente...




Le fait que tu n'aies rien compris ne me surprend pas, d'autant plus que je commence d'entrée par ce texte-ci (un de mes derniers) qui n'est pas le plus abordable... J'ai toutefois eu pas mal de critiques sur le sens (car sens il y a et plus que pas assez)... C'est un style de l'aggloméré que je tente de trouver, un style de la violence, des images fortes (association d'idée et autre mots proche). Le fait que tu ne comprenne pas m'intéresse même si ça ne me permet pas de voir comment modifier (en sachant que mes contraintes - nombreuses - me tiennent à cœur et pour cause !).
« Modifié: 26 Décembre 2009 à 23:26:15 par ernya »
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  • Calame Supersonique
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Re : [titre provisoire : perdu-pendu]
« Réponse #3 le: 26 Décembre 2009 à 14:52:20 »
Citer
on change de point de vue régulièrement tout en restant en externe, on passe de la fillette, au docteur, a sa mère, à son père, à la bonne dans le désordre mais de façon le plus clair possible

Peut-être, mais quand un lecteur (moi ici) lit un texte, son but n'est pas de remettre les phrases dans l'ordre, de chercher qui est qui, etc.

Il faut je pense, un minimum de clarté.
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Re : [titre provisoire : perdu-pendu]
« Réponse #4 le: 26 Décembre 2009 à 15:22:35 »
Je suis pas pour travailler sur la simplicité en même temps, il n'y a rien à remettre dans l'ordre... Le texte est une histoire linéaire (je l'assure), si tu veux je te la résume, mais c'est pas tout à fait le but de ce genre d'écrits...
Je travaille toujours dans une veine violente et qui utilise des contraintes, une veine contemporaine qui s'appuie sur mes lectures et mes sensibilités personnelles... je n'invente rien, la ponctuation inexistante ou faussée, les approche de mots par leur son...
C'est de la poésie, pourquoi faudrait-il tout comprendre ? (après je peux comprendre une frustration... mais là, mon texte ne me semble pas si obscur que cela en fait... tu n'entres pas dedans certes, mais c'est peut-être pas que de ma faute...)


La dernière dernière version (plus condensée sur la fin, et faute corrigée, faute de syntaxe involontaire - il y avait deux ou trois je crois) est là et le titre a changé aussi :



Perdu-Pendu-Partis



Où es-tu donc caché, antiquité du souvenir errant, perdu pendu dans la penderie de grand-maman disait l’oncle, perdu, pendu aussi l’oncle, dans le cagibi sombre en toile d’araignée.


File ta laine et griffe l’ennui, percluse recluse, solitaire à l’affût, tuant tuée coup de balai et parlons-en, fuite en avant et cabrioles.

La petite courait dans le jardin humide et rentrant trempée s’est fait disputer, pour palier la peine, pour conjurer le sort est entrée dans le noir de la porte entrouverte sous l’escalier grinçant.

N’a rien vu, rien pris, sa main dans l’ombre, l’araignée riant fort, a tremblé, est sortie, à reculons reculant, rampant presque, yeux floutés.

Ont rien compris du tout, la fillette allait bien, courait, docteur, courait et puis, larve, tombée sur la tête et monde à revers, morte vivante, docteur, morte.

A n’y rien comprendre susurre la barbe grise, traumatisme psychique, battue rompue sans marque, étrange diront les autres, risée de mes confrères, faire silence.

L’araignée chante louange riante du sombre, de l’obscur et de l’arrivée de tant d’hôtes qu’à sa table elle peut mettre, festoyons hurle-t-elle pleine d’amour et de verve. Les mouches et moucherons ont envahi la pièce.

Madame trouve que l’odeur est étrange, demande à la bonne de travailler plus fort, frotte, frotte et que ça sente l’odeur du miel et non du fiel de mes aïeux !

La peur du noir est le mal répandu qui enfle dans les veines, explose dans le crâne, ricoche et reste en place, la bonne ne pousse pas les portes, cire, cire le parquet.

La fillette ne parle pas, ne mange pas, ne dort pas et ne sourit pas, glacée glaçante.

L’odeur renaît des cendres éparses, Madame proteste, où est-donc son frère, tout se perd, la fillette serait-elle triste de ne plus le voir?

L’araignée a fait bombance elle a eu plein de petits qui eux aussi mangent à leur faim sans fin.

Retour de voyage toutes affaires amante cessantes, Monsieur entre, rentre, ruisselle de mauvaises pensées sur le parquet ciré, revenir pour la fillette, quelle perte de temps.

La bonne pleure, l’odeur la rend acre, le fœtus la fatigue, la peur la taraude, fuira fuira pas ?

Ma fillette, Docteur, vite, vite, ma fillette, verte, pâle, froide et roide, morte non, vivante et vieille, vite, vite.

Rien à dire, rien à faire, risée je resterai, mourante petite sans rien à redire. Ingrate petite peste !

L’araignée aveuglée, la lumière retrouvée, la porte ouverte à tout va à tout vent, Monsieur cherche une bouteille et tombe sur l’oncle.

La fillette hurle, crie, pleure, noue sec le fil  de laine autour du cou de la poupée, serre, enserre, sang sur regard vide, silence.

Les mouches s’éparpillent, les vers pullulent, ça pue, la mort pue, l’oncle pue et le cagibi aussi, l’araignée file son file, se couvre de soie, se cache du monde.

Répondez Docteur, répondez, on sait pourquoi fillette en bois, on sait pourquoi, ridicule ne tue pas, revenez Docteur, revenez.

Venin craché crachant cahin-caha revenir, jamais, jamais mais mais la fillette raide et froide, le mystère…

Monsieur ouvre toujours les portes, laisse passer, s’efface, s’estompe, se dilue même, Bonjour Docteur elle n’a pas bougé, du sang sur les doigts, un cadavre sous l’escalier.

La fillette toujours muette, ses yeux vides pleurent du sang de haine, ses poupées strangulées jonchent le sol glissant d'humeurs.

La bonne ne reviendra plus, trop risqué, les fantômes en plus du noir des soupentes, son ventre plein de chair se noue.

Dans le noir il faut nettoyer, faire disparaître les traces, toutes, mouches, moucherons, larves, rampants, rats et araignée, cris des fissures dans le bois.

Repartir, fuir, dédire, ne pas pleurer, voir sans dire, partir pour de bon, elle m'attend, mon travail, mentir, s'y perdre, ne pas regarder la fillette de chiffon, Monsieur est parti.

Sous son toit de terreur, souvenir, tiroir grinçant, où est papa ? comment revenir à soi, tout est gris sombre mou noueux et âcre, sans passé.

Mangera mangera pas, passera passera pas l'hiver, Docteur joue sur les mots et fuit la rumeur c'est tue.

Madame est montée voir la petite, a parlé acier trempé avant de partir à son tour.

Pas de mouvement, la fillette a fermé les yeux aveuglée, a souri, n’a rien dit, libre Madame, libre Monsieur,  libre la bonne, libre docteur, tous sauf elle.

Seule, odeur de désinfectant, la fillette parle bas à ses poupées mortes, son sang sur leurs cheveux.

Où es-tu donc caché , antiquité du souvenir errant, perdu pendus dans la penderie de grand-maman disait l’oncle.

« Modifié: 26 Décembre 2009 à 23:30:37 par ernya »
Amicalement et dyslexiquement votre,
Lulli

Hors ligne Matt

  • Calame Supersonique
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Re : [titre provisoire : perdu-pendu]
« Réponse #5 le: 26 Décembre 2009 à 15:35:14 »

Citer
Le texte est une histoire linéaire

Tu as dit précédemment que c'était dans le désordre, donc comment ça peut-être linéaire ?

Et si c'est linéaire, quel est le lien entre ces deux phrases :

Citer

1. Où es-tu donc caché, antiquité du souvenir errant, perdu pendu dans la penderie de grand-maman disait l’oncle, perdu, pendu aussi l’oncle, dans le cagibi sombre en toile d’araignée.


2. File ta laine et griffe l’ennuie, percluse recluse, solitaire à l’affût, tuant tuée coup de balai et parlons-en, fuite en avant et cabrioles.

Quelle est la suite logique ? Même à l'intérieur de celles-ci il y a des incompréhensions.

Citer
griffe l’ennuie

"l'ennui", sans "e".

Je m'arrêterai sur ces mots.
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Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

Hors ligne lulli

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Re : [titre provisoire : perdu-pendu]
« Réponse #6 le: 26 Décembre 2009 à 15:41:33 »
L'histoire est linéaire (on commence par la pendaison de l'oncle et par sa découverte par la fille puis par les parents... il y a un début, une "recherche", une "découverte", une fin...)
L'histoire est construite par fragments qui sont un peu indépendants (liés en non linéaire là je te l'accorde)...

La forme est complexe, l'histoire ne l'est pas...

De plus le lien entre 1 et 2 est simple (et renforcé dans la suite du texte) : l'araignée (la fileuse) est dans le cagibi où l'oncle s'est pendu...


Quant à l' incompréhension, je suis désolé, il peut y en avoir, je ne recherche pas (je le répète) à être compris dans mes démarches, ce texte a été compris par de nombreuses personnes, plus ou moins en détails, mais l'histoire toujours...


Je comprends ton incompréhension mais ce texte n'est pas qu'obscur... je ne peux pas changer mon travail, tu ne l'aimes pas, il ne te parle pas, certes mais il n'est pas uniquement "incompréhensible" et "incohérent"...
« Modifié: 26 Décembre 2009 à 23:33:20 par ernya »
Amicalement et dyslexiquement votre,
Lulli

Hors ligne Menthe

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Re : [titre provisoire : perdu-pendu]
« Réponse #7 le: 27 Décembre 2009 à 11:23:23 »
Oh, moi j'ai juste relevé une faute qui peut être corrigée : "qu’elle perte de temps" >> quelle
Le reste, je te laisse seule à juger, Lulli ! Ce texte est trop personnel pour qu'on puisse s'immiscer dans une critique structurale, tant qu'on n'en a pas compris le fonctionnement réel. Il me fait penser à une pendule complexe dont on ne saisit pas tous les rouages mais qui tourne, on ne sait comment, et indique implacablement l'heure.

Tout ça pour dire que, même si j'ai été secouée de bout en bout, sans toujours tout saisir véritablement, j'ai laissé glisser comme je pense qu'il fallait le faire. Les sons se suivent, s'emboîtent, se rejoignent et s'emmêlent, les idées se fondent les unes dans les autres, les personnages dansent un ballet macabre et pourtant fortement esthétique. Si on se bute à chaque pas on n'arrivera jamais à destination.

Personnellement j'ai bien aimé les assonances et autres jeux de mots qui jalonnent le texte. Je pense que c'est ça, et rien d'autre, qui donne son caractère à l'ensemble. Ce côté un peu précipité et parfois presque enfantin dans la façon de formuler les phrases contraste très fortement avec le macabre du récit. C'est intense, c'est dense, mais c'est euh... joli ?

Bref. J'ai aimé le lire.
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

Hors ligne lulli

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Re : Perdu-Pendu-Partis
« Réponse #8 le: 27 Décembre 2009 à 19:33:21 »
Merci de ta lecture, la seconde mouture est plus aboutis, plus raide sur la fin...

La forme a été construite pour rendre le sens plus percutant, plus violant...
Amicalement et dyslexiquement votre,
Lulli

 


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