J'ai longtemps hésité, car cette histoire est largement connue, et le casting (entre autres Kenneth Brannagh dans le rôle de Poirot, Johnny Depp, Michelle Pfeiffer, Judi Dench, Derek Jacobi) m'intéressait et m'effrayait à la fois. Et la bande-annonce ne me plaisait pas.
Mais j'adore Kenneth Brannagh, donc j'ai finalement cédé.
L'histoire est "simple", pour ceux et celles qui ne la connaissent pas encore, il s'agit de l'adaptation du célèbre roman d'Agatha Christie. (D'ailleurs, Brannagh va adapter Mort sur le Nil également) : à bord du célèbre Orient Express, que Poirot a pris de toute urgence , appelé par une affaire pressante à Londres, un groupe de personnes sans liens entre elles (hormis employeur-employés) se partagent le wagon Constantinople - Calais, toutes devant ensuite prendre le bateau pour Douvres.
Dans la nuit, pris dans une tempête qui déclenche une avalanche, la locomotive du train déraille, bloquant nos protagonistes au milieu de nulle part, dans la neige. Au matin, cependant, on découvre que l'un des passagers a été tué, de 12 coups de couteaux... Or, hormis Poirot et Bouc, le directeur commercial de la compagnie, qui n'a pas dormi dans le même wagon, tous les autres passagers et membres d'équipage sont suspects, soit... 12 personnes, sans lien apparent avec la victime, sauf ses 2 employés.
Commence alors l'enquête de notre cher Hercule - beaucoup moins froid et dénué de sentiments que dans la version que l'on connaît habituellement.
J'ai beaucoup apprécié ce film, que j'ai regardé en effaçant de ma mémoire les versions précédentes. J'ai vraiment été captivée par l'histoire, et par la sublime mise en scène de Brannagh, et son sens du décor (ah putain, ces vues de Jérusalem et d'Istanbul, et ces paysages de montagne ! sans compter tous les petits détails dans le train, une splendeur !). Il est vrai qu'il a rassemblé un panel d'acteurs exceptionnels, Johnny Depp qui se fait détester en un rien de temps, Michelle Pfeiffer donc on se demande ce que veut son personnage, qui "joue" visiblement par moments, Penélope Cruz qui est juste ce qu'il faut entre foi confite et violence rentrée, Daisy Ridley qui joue avec la limite entre vérité et mensonge...Sans oublier l'impériale Judi Dench et un Derek Jacobi juste comme il faut dans son rôle de valet.
Si j'avais un reproche à faire, mais ce n'en est pas vraiment un à mes yeux tellement je me suis régalée, c'est qu'on assiste plus à une pièce de théâtre mise en scène pour le cinéma qu'à un vrai film. Mais je trouve que cela va bien au huis clos (ouf, cette sensation d'enfermement par moments, que Brannagh rompt avec un sens du timing approprié, d'ailleurs, juste quand ça risque d'être trop), et surtout au personnage d'Hercule Poirot.
Bon, Brannagh est un peu trop grand et pas assez ventripotent pour coller à l'image qu'on a de ce détective, mais bon, il s'est fait son petit plaisir !