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03 Septembre 2026 à 23:59:05
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » aencre (nouvelle version)

Auteur Sujet: aencre (nouvelle version)  (Lu 3183 fois)

Hors ligne île aux ailes

  • Aède
  • Messages: 196
aencre (nouvelle version)
« le: 26 Janvier 2018 à 14:24:01 »
Yakamoto?
C'est vraiment toi?
On ne s'est pas vraiment présentés.
Je me suis invitée à ton petit bord.
J'espère ne pas prendre la place de quelqu'un que tu attendais.
On va s'accompagner quelque temps
entre l'encre qui coule
et la poussière qui se soulève,
J'espère qu'on apprendra à mieux se connaître.
Je ne sais pas où tu m'emmènes mais j'aime l'idée de partir en voyage...
Jusqu'à trouver le point de Chut’.
A fond!... Au fond ?


Le jour se lève.

Le jour se lève et il ne se lève pas. Dans le hublot sale. La lumière pointille en ligne éparse. Une journée rouge se prélasse. La tension de l’après, suit la somnolence de l’avant. L’œil clignote… gauche, droite, warning. Sur la voix de détresse, il rechigne à répondre à l’appel d’urgence. A toute bringue le temps défile, sans s’arrêter. L’accélérateur vrombit, un cri de klaxon se détache. Indifférent. Le jour se lève. Il ne se lèvera pas. La lumière sale d’une nuit morte se recroqueville sur sa couche. L’odeur du pain grillé est éteinte depuis des années lumières. C’est l’heure du café sorti tout droit d’une chaussette-crasse. L’envie de pisser comme un prétexte le presse. Rouler jusqu’au bas du lit, s’engouffrer dehors. Le plein air le bouscule. Un filet de pisse se fait pressant, puissant. Tel un geyser, il cascade jusqu’au sol. La poussière s’éclabousse. Petits diamants éphémères. Un collier de perles crasses qui s’effondrent. Le jour s’est levé, il est levé. Plus moyen de faire marche arrière. Il boit son café. Plonge le nez dans l’écuelle, noire comme cette nuit pleine. Une nuit pleine qui s’est évertuée à cajoler une lune bercée de halos, qui ne demandait qu’à s’ouvrir, se vider. La couche est vide, le jour est là. Il se recouche, las.

Le jour se lève enfin !

C’est aujourd’hui, c’est maintenant. Il saute à pieds joints, réunit toutes ses affaires, enfile sa veste, replie sa couche. Toutes ses affaires sont là. Toute sa vie l’attend. Germe blotti dans l’étreinte de ses deux bras. Sur le dos, il porte toutes les protections dont il a besoin : veste, sac-à-dos. Le trop lui suffit. Il charge son side, enfourche sa moto. La clé s’insinue, il démarre. Un torrent de fumée pétarade de son pot. Un coup d’accélérateur et le bolide s’élance dans un nuage de poussière. Le sable le poursuit, se fatigue et retombe. Il se sent heureux comme après un bon mauvais coup. Sourire chenapan. Rien ne l’arrêtera, le jour s’est levé et il le chevauche à toute allure. Le bruit du moteur fatigué résonne contre la vitesse de la lumière. Le paysage défile en rangs serrés. Des pastilles de couleur s’accrochent à ses yeux qui piquent. Une explosion de particules d’air se pose sur sa peau.

«      Nulle part,                                         je ne vais                            nulle part »
Un accès de jouissance extrême, tend tous ses muscles en avant tandis qu'il se répète inlassablement cette même litanie. Droit devant, il s'invente un chemin qui n'existe pas. Il aime ce sentiment de liberté extrême... Le Mat, le fou qui vogue sur son bateau, ivre, toutes voiles déchirées, déployées. A la proue du navire, une femme tatouée, croisée jadis dans une taverne. Il ne lui a pas parlé ; les images incrustées sur sa peau l'ont appelé. Il s'affranchit de l'amour et de sa morale familiale. Taolin, sa femme au regard triste, ne le retient plus. Tellement étranger au bonheur du quotidien, il ne ressent aucune gêne à s'en séparer. « Nulle part, je ne vais nulle part », répond-il invariablement à ses suppliques silencieuses et angoissées. Est-ce qu'on revient de nulle part ? Est-il possible d'y rester ? Comme un cheval furieux, il s'enfonce dans la poussière, soulevant des vagues aveuglantes. Pour qui voudrait le suivre, il s'agirait de s'engouffrer dans l'écume qu'il laisse derrière lui. En très peu de temps, la tempête s'apaise, toute trace de son passage s'efface. Concentré sur sa fuite en avant, il nargue des assaillants invisibles, toujours présents cependant. Loin derrière lui, dans ce pays où l'horizon n'en finit pas de le poursuivre. Il pense soudain « je cours devant mon derrière » ... ça l'amuse.

A fond la gomme,


l’accélérateur coincé tout en bas. Tête en avant. A fond la gomme. S’effacer. Droit devant. L’aurait bien le droit de se révolter, insoumis devant ce destin sans queue ni tête où il se dessine sans passé, sans présent, sans avenir. Aucun membre actif pour le sortir de l’étreinte rugueuse de l’abstraction. Fatalité grinçante, sans perspective, un monde à plat où ça tourne même pas rond. Il va à fond. Se libérer de l’impératif qu’il s’inflige d’en venir à l’indicatif, de la saturation de conditionnels, de son insupportable tendance à l’exhaustisme*, de son aversion à l’effort qui lui barre l’accès aux subjonctifs. Des temps qui ne se déclinent qu’à l’infinitif : voilà ce qu’il clame, réclame. L’infinitif, et le rejet du définitif. Il fonce et il pétille de l’ivresse au désespoir, de l’extase à l’absence. Indifférent. Pleinement présent, avec aucun message à délivrer. Accueillez chacun celui qui vous sied, prenez en le soin qu’il vous convient. Il n’a aucun compte à rendre, rien à prouver. Tout à éprouver. Le petit sourire qui pince ses yeux à la fulgurance d’un choc violent qui BIG BANG. Début d’un univers vidé de soi… Inimaginable, inconcevable. Et pourtant là. Un début après une fin avant ...

A la dérive…

A fond la gomme ! Des pelures pleurent sur un papier sali. Le gris s’oublie. Une vie en palimpseste voit rejaillir de vieux restes. Des fossiles mis à jour réécrivent une histoire à l’infini. Il croit avoir trouvé. Il croit savoir. Jusqu’au jour où… La lumière se fait. Il rit de s’être perdu dans une évidence obscure… sauf qu’il ignore jusqu’à quand, jusqu’à où la lumière est éteinte. Son cerveau dinosaure fonctionne avec un monde disparu. Est-il là ? Quel est ce vent qui le porte ? Est-il le vent qui le porte ? Il approche du rivage. Un frisson. Délicieux. Il fuit. Il s’engouffre à l’intérieur des terres. Jusqu’au prochain rivage. Destination finale, nouveau début ? Comment s’échapper de ce mouvement infernal ? Changer d’élément ? Epouser l’eau ? S’envoyer en l’air ? Reste terre à terre, tu retourneras poussière ! Pars, reviens… vis ! Réfugié dans l’œil du cyclone son regard se brouille. Nerfs en pelotes, il perd le fil, il se débrouille.

 Panne sèche.

Ça y est, elle est là… savait bien qu’ça finirait par arriver. La vie l’a pris par défaut. Il vagabonde, bateau ivre mort sur le flot d’automne. La soif soudain le tenaille, lèvres étirées dans un sourire à présent figé… il sent sa peau se craqueler, la langue se penche à la rescousse. Il en bave, à sec. Plein désert de sable, plus une goutte dans l’carbu. L’or noir vient à manquer. Va falloir continuer sans faire ronronner le moteur. Plus rien dans la machine. Même pas gardé les pédales pour surseoir aux exigences de la mécanique. Pas de descente conséquente pour laisser aller la bête tous freins lâchés… Sa vieille bécane rend déjà l’âme. Alors quoi? s’arrête là ? Déballe le campement et voit si quelque chose ou bien quelqu'un advient ? Providentiel. Il descend du chariot, l’abandonne à la poussière. Dans son sac à dos, il y a de l’eau. Le vent se lève. La poussière tourbillonne. Voit pas à cinq mètres. Un temps dressé, provocant, il fait face. Ses allures héroïques ont bien vite raison de son sérieux. Un rire nerveux le prend par la main. Un regain d’énergie l’entraine, il chope son sac dans le side, l’harnache à son dos. Il s’enturbanne la bouche dans son keffieh, descend ses lunettes sur son nez. Et il se met en marche. Peut pas rester là, à attendre, même pas tranquille, près de sa bête à bout de force, inutile. Son engin de liberté, il l’abandonne là avec bonheur. Encore un ticket gagnant vers la légèreté d’être. A l’aveuglette, il se fraye un chemin dans cette bruine de poussière qui obscurcit son horizon. Un pas devant l’autre, un pas après l’autre, le poids de son corps enfonce le clou, il se fait enclume. Toute son énergie, toute sa force est tendue vers le devant. Avancer, coûte que coûte. A contre vent. C’est la direction choisie. La plus difficile, sûrement la meilleure. Il ne s’en laissera pas détourner. Un pas devant l’autre, un pas puis l’autre… le sac pèse sur ses épaules rebondies. Boire ? ça voudrait dire s’arrêter, se bouffer des milliers de particules de poussière. Pas encore… pas nécessaire.

Le jour se couche.

Le vent se calme. L’horizon qu’il soupçonne vaste reste indistinct. Ses forces sont moins vigoureuses. La résistance qui s’oppose à son avancée également. Il bute sur une touffe d’herbe, la première qu’il perçoit depuis bien longtemps. C’est le signal. Engourdi, épuisé, il met du temps à y répondre. Il s’effondre enfin à la manière d’une tortue, carapace au sol, les membres ballants. Une petite éternité d’abandon. Avant de se redresser, d’ôter les sangles qui enserrent ses épaules et se ruer sur la précieuse gourde qui pèse lourd dans son maigre bastingue. Le liquide lui brûle le gosier. Il élève la gourde, jouit de la riche cascade ruisselant dans sa bouche, dégoulinant sur son menton. Wouah ! Il se sent puissant. Infiniment démuni et puissant. Abandonnant là toutes ses forces, il se laisse emporter. Encore une journée de gagnée !


Oh lala lala
Voilà, je me sens déjà trop proche de toi.
Et voilà donc que je t’abandonne.
La poussière déjà mange ton visage,
ton sourire se fige en un rictus étrange.
J’ai toujours eu peur des photos qui figent,
statufient l’instant et le travestissent en
l’isolant du reste du temps.
Je voudrais te donner une histoire et déjà
je te laisse partir.
Respectueuse de ne pas suivre ta trace,
respectueuse du désir d’effacement
que je pressens.
Peut-être que je me trompe et que
tu sauras me le montrer.
Je te demandais de m’emmener et déjà
je te laisse aller … nulle part ?

Je l’ai bien entendu
Ton besoin à toi d’écrire à moi
Y’en a marre que je t’écrive, te décrive,
 te fasse faire, dire ou ressentir des choses
Je t’envoie une page blanche,
 renvoie-la moi si tu peux,
en l’état, comme tu le souhaiteras…
Fais du mail art, envoie moi un colis piégé,
 ce que tu veux.
Ne me laisse plus faire de toi
ce que moi je veux,
La prochaine fois, c’est toi qui parleras de toi, pas moi.



« Modifié: 16 Février 2018 à 18:40:57 par île aux ailes »

Eveil

  • Invité
Re : aencre (nouvelle version)
« Réponse #1 le: 27 Janvier 2018 à 22:31:23 »
Je n'ai pas lu l'ancienne version. Je n'ai pas aimé parce que j'ai trouvé la lecture fastidieuse, à cela deux raisons : la mise en page et la prose poétique qui n'est pas efficace, trop abstraite. Elle ne va nulle part, elle est creuse et tourne en rond, et ce ne sont pas les repères en gras qui m'aident à donner un sens à l'ensemble. Je suis déçu parce qu'il y a du style mais tu le mets au service d'un galimatias épuisant. Tailler dans le lard ? Sûrement, mais c'est dur. Je dirais qu'il ne doit rester qu'une bête malingre qui ne tient encore debout que par sa poésie : muscles, veines, gestes. Idéalement. Je suis très porté sur la matière physique, et c'est ce qu'il manque ici. A voir ce que d'autres en pensent. Je me trompe peut-être.


Hors ligne île aux ailes

  • Aède
  • Messages: 196
Re : aencre (nouvelle version)
« Réponse #2 le: 28 Janvier 2018 à 16:14:46 »
Merci Eveil, d'être passé et de m'avoir donné ton ressenti.
Concernant la mise en page, j'explore diverses formes, c'est loin d'être figé.
La première version s'appelait "aencre et poussière", j'ai tenté de faire plus court, moins obscur, en resserrant et en taillant largement dans le lard.
Pas suffisamment, à ton goût, apparemment.
Après, le côté abstrait, prose poétique, personnage confus qui ne va nulle part mais qui y va quand même, c'est un peu le sujet du texte, idéalement...
Je comprends que cela puisse te sembler laborieux. Ce sont les mots qui m'orientent dans la quête du sens, j'ai besoin de les triturer pour les faire parler, les faire chanter.
Désolée que tu ais ressenti ce texte comme "un galimatias épuisant" auquel tu n'as pas réussi à trouver un sens : mon travail de réécriture tendait vers un objectif inverse. Et je sens le déplaisir qu'il t'en a coûté.
Merci de t'être donné du mal à expliquer le pourquoi de ton désamour et à sauver ce sujet du 0 commentaire.
De mon côté, je m'interroge quant à ma capacité à exprimer/ partager ce qui me tient à cœur. Comme tu le dis "à voir ce que d'autres en pensent", je reste ouverte au ressenti de chacun malgré mes incapacités et ma volonté farouche d'affirmer mon droit  à n'être que moi.

Hors ligne avistodenas

  • Prophète
  • Messages: 696
Re : aencre (nouvelle version)
« Réponse #3 le: 28 Janvier 2018 à 19:02:31 »
Je ne serai pas aussi sévère qu'Eveil - qui a sans doute ses raisons - pourtant je suis également exigeant.

Galimatias, non. On sent une plume. Et même quelques trouvailles. Mais une plume qui n'aurait que faire de son lecteur, et dont le lecteur en retour n'a que faire s'il n'accroche pas.

C'est souvent le cas des écrits sans intrigue identifiable. Peut-être glisser, en toute discrétion, quelques mots ou expressions qui raccordent à une intentionnalité, même floue. L'absence totale d'intention fait que le texte s'évapore sans laisser de trace...
Enfin.... me semble-t-il. ;)

Hors ligne île aux ailes

  • Aède
  • Messages: 196
Re : aencre (nouvelle version)
« Réponse #4 le: 29 Janvier 2018 à 11:03:00 »
Avistodenas,
Votre message m'a laissée songeuse "une plume qui n'aurait que faire de son lecteur", "sans intrigue identifiable" "absence totale d'intention"
Possiblement moins sévère qu'Eveil mais tout de même ça claque.
Merci de m'offrir votre ressenti de lecteur, je constate encore une fois que je suis à côté de la plaque. :-[
En tout cas, ma plume, sur vous, est passée sans réellement titiller de points sensibles...

"que le texte s'évapore sans laisser de trace"! : ah ben non, j'ai réussi alors!

En tout cas, je garde en moi ces pistes que vous m'indiquez d'une ouverture plus assumée, plus explicite, au lecteur et d'une réalité physique plus sensible. Une écriture plus généreuse, probablement. Peut-être aussi plus dangereuse.


Hors ligne avistodenas

  • Prophète
  • Messages: 696
Re : aencre (nouvelle version)
« Réponse #5 le: 29 Janvier 2018 à 11:50:58 »
Une écriture plus généreuse, probablement. Peut-être aussi plus dangereuse. 

C'est cela même. Tu as bien interprété. Mais au fond, il manque si peu, à ton texte, tu n'as pas besoin d'en faire une nouvelle version.
Et c 'est parce que ta plume en vaut la peine que je me suis permis.
Je ne veux pas te commenter à l'arrache : il faudrait que le lecteur se sente impliqué, à un moment, l'admiration vient longtemps après.
Et en effet, il faut être généreux pour écrire, en même temps que rusé. Il s'agit en même temps de mettre ses tripes sur la table et de maîtriser son suspense. C'est le plus difficile.

En tous cas, prends-le comme un encouragement. (Pas encore un satisfecit, je n'ai pas tout à fait mon compte). ;)
« Modifié: 29 Janvier 2018 à 12:06:27 par avistodenas »

Ashka

  • Invité
Re : aencre (nouvelle version)
« Réponse #6 le: 29 Janvier 2018 à 13:38:27 »
J'ai lu une fois, deux fois.
Et puis j'y suis revenue pour comprendre ce qui m'échappait, parce qu'il y avait quelque chose qui m'interpellait, pour moi on n'écrit pas avec ces mots là sans qu'il n'y ait un sens.
A la troisième j'ai été embarquée dans ce road-movie du macadam, allégorie d'une fuite d'une vie, puisque c'est une fuite en avant, du moins c'est ainsi que je l'ai perçue.
J'ai bien aimé aussi les deux textes qui encadrent le texte du milieu, j'apprécie parce que le lecteur est accompagné ainsi et je t'en remercie.
Le style d'écriture m'a beaucoup plu. c'est pas gnangnan, il n'y a pas de coquetterie et j'aime ça.
Bref, ce texte ne m'a pas laissé indifférente et j'ai aimé revenir et y trouver le sens et la sorte de désespérance de la fuite que j'y ai comprise.
 ;)
« Modifié: 29 Janvier 2018 à 14:11:12 par Ashka »

Hors ligne île aux ailes

  • Aède
  • Messages: 196
Re : aencre (nouvelle version)
« Réponse #7 le: 30 Janvier 2018 à 01:03:35 »
Ashka, bravo pour ta persévérance!
Je me rends compte que ce texte est loin de se livrer facilement (une fuite en avant, c'est juste). Je suis très heureuse que tu te sois sentie accompagnée en tant que lectrice dans ce mouvement pas forcément très confortable, que tu y ais pris du plaisir et que tu ais réussi à venir à bout de tes questionnements. J'ai un peu honte de le dire mais quand même ton message me met du baume au coeur ::)

Et merci,  je prends aussi les encouragements :P

Ashka

  • Invité
Re : aencre (nouvelle version)
« Réponse #8 le: 30 Janvier 2018 à 10:08:55 »
En fait plus, je lis plus je suis persuadée que chaque texte a son propre rythme de lecture.
Certains ne doivent être lus trop vite, d'autres, au contraire, doivent avoir une vitesse suffisante pour en savourer le sel. Et le tien doit être lu assez rapidement pour moi.
Du coup l'effet de cette fuite en avant marche à plein, à la vitesse de la moto !
 :)
 

Hors ligne Tigrani

  • Calliopéen
  • Messages: 447
Re : aencre (nouvelle version)
« Réponse #9 le: 31 Janvier 2018 à 17:34:20 »
Ah, c'est toi que je préfère! J'aime ton style, ton rythme, ta justesse, ton refus de céder à la facilité. Ta verbosité aussi. ^^

Bonne route.

Hors ligne Fried

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 017
Re : aencre (nouvelle version)
« Réponse #10 le: 31 Janvier 2018 à 20:49:45 »
hello,
l'aspect visuel de ce gros bloc ne m'attirait pas, un petit effort et je me suis laissé porter par ce roadmovie.
C'est mené tambour battant avec de l'huile sur les plaquettes  :P
merci pour la ballade.

Hors ligne île aux ailes

  • Aède
  • Messages: 196
Re : aencre (nouvelle version)
« Réponse #11 le: 16 Février 2018 à 18:56:04 »
Hello,
merci à vous du passage,
Fried, j'apprécie de pouvoir partager la route! c'est quand même plus drôle avec les bons mots en écho  :P

parfois un peu lente sur les retours... VRRROUMMM

vos remarques m'amènent à faire des changements de mise en forme : peut-être moins indigeste par petit bouts. Histoire peut-être de faire passer la verbosité aux non-ruminants ;D (Tigrani, :-[)
et Ashka, ton regard m'a donné envie de donner cette impression visuelle de changements de vitesse et de déplacement dans l'espace... pas top sûre d'avoir réussi mais c'est mieux, je crois.



Hors ligne Miromensil

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 557
  • Mon nu mental
    • Mimerions
Re : aencre (nouvelle version)
« Réponse #12 le: 07 Avril 2019 à 14:38:07 »
Coucou, j’exhume ceci !

J’avais lu la V1 mais je pense que je n’étais pas allé au bout de ma lecture parce que c’était très dense… contente de voir qu’il y a une nouvelle mouture  C’était aencre et poussière il me semblait.

Citer
Yakamoto?
C'est vraiment toi?
On ne s'est pas vraiment présentés.
Je me suis invitée à ton petit bord.
J'espère ne pas prendre la place de quelqu'un que tu attendais.
On va s'accompagner quelque temps
entre l'encre qui coule
et la poussière qui se soulève,
J'espère qu'on apprendra à mieux se connaître.
Je ne sais pas où tu m'emmènes mais j'aime l'idée de partir en voyage...
Jusqu'à trouver le point de Chut’.
A fond!... Au fond ?

J’adore cette intro
Manque les espaces insécables pour chipoter
(Tu es influencée par le Japon… ?)
Et peut-être moins fan du à fond/au fond, en tout cas tel qu’écrit comme ça

Citer
Le jour s’est levé, il est levé. Plus moyen de faire marche arrière.
<3

Je pourrais citer tout le §. UN peu de mal avec la temporalité parce qu’au début le jour se lève, il ne se lève pas, mais quand même, « Une journée rouge se prélasse », donc c’est chaud à visualiser.

Citer
Des pastilles de couleur s’accrochent à ses yeux qui piquent.
<3

Citer
Un accès de jouissance extrême, tend tous ses muscles en avant tandis qu'il se répète inlassablement cette même litanie.
Virgule pas nécessaire (elle sépare le sujet du verbe)

Citer
Il s'affranchit de l'amour et de sa morale familiale
Arf… j’ai du mal. La phrase se veut générale, mais l’amour n’a pas toujours morale familiale, surtout dans ce contexte (je trouve). Ou alors il faudrait parler que tu parles de cet amour-là, celui d’un couple exclusif qui entendait faire toute sa vie ensemble etc (c’est ce que je crois lire entre les lignes).

Citer
Tellement étranger au bonheur du quotidien, il ne ressent aucune gêne à s'en séparer.
Juste…

Citer
L’infinitif, et le rejet du définitif.
<3<3

Citer
Il fonce et il pétille de l’ivresse au désespoir, de l’extase à l’absence
<3<3

Citer
Son cerveau dinosaure fonctionne avec un monde disparu.
<3<3

Citer
Alors quoi? s’arrête là ?
Manque une espace après quoi

Et des cœurs partout sur le reste. Je vais pas pouvoir être beaucoup plus constructive que la première fois, j’ai beaucoup aimé : les images et leur charge d’émotion, tout ce à quoi ça renvoie, les échos… mon seul regret est de ne pas avoir vu ce texte plus tôt.

Il m'a fait penser à une chanson d'Enzo Enzo, "à toute berzingue". Sauf que dans cette chanson, c'est la fille qui part.

Merci pour le partage !

Hors ligne Tigrani

  • Calliopéen
  • Messages: 447
Re : aencre (nouvelle version)
« Réponse #13 le: 07 Avril 2019 à 21:37:31 »
Je ne serai pas constructive: j'aime toujours autant. C'est beau, quoi.

Hors ligne île aux ailes

  • Aède
  • Messages: 196
Re : aencre (nouvelle version)
« Réponse #14 le: 09 Mai 2019 à 22:24:36 »
Je ne serai pas constructive: j'aime toujours autant. C'est beau, quoi.
Merci du re-passage, Tigrani :mrgreen:!

Coucou, j’exhume ceci !


Coucou, Miro !

Oh oh, zé cru voir un zombie :o

J’avais lu la V1 mais je pense que je n’étais pas allé au bout de ma lecture parce que c’était très dense… contente de voir qu’il y a une nouvelle mouture  C’était aencre et poussière il me semblait.

C'est juste, il te semble bien!
Effectivement, j'ai tenté d'alléger dans cette version (un peu dépoussiérée!). En même temps, j'aimais bien cette idée d'ancre dans la poussière (difficile à fixer) et il y a toujours ce côté "qui retournera poussière"/ une mortalité que je pense vainement chercher à conjurer en quelque sorte avec l'encre de l'écriture…

Brefouille…

Merci d'exhumer… tu m'invites à regarder mes morts avec d'autres yeux…

Citer
Yakamoto?
C'est vraiment toi?
On ne s'est pas vraiment présentés.
Je me suis invitée à ton petit bord.
J'espère ne pas prendre la place de quelqu'un que tu attendais.
On va s'accompagner quelque temps
entre l'encre qui coule
et la poussière qui se soulève,
J'espère qu'on apprendra à mieux se connaître.
Je ne sais pas où tu m'emmènes mais j'aime l'idée de partir en voyage...
Jusqu'à trouver le point de Chut’.
A fond!... Au fond ?

J’adore cette intro
Manque les espaces insécables pour chipoter
(Tu es influencée par le Japon… ?)
Et peut-être moins fan du à fond/au fond, en tout cas tel qu’écrit comme ça

A la relecture, je vois plein de bancal… j'écris souvent comme je l'entends et j'avoue que les choix de retours à la ligne/majuscules ou non ne me paraissent pas très logiques… ça me donne envie de revoir ça…

(c'est "Yakamoto" qui te fait dire ça?, à vrai dire le nom est né de l'image du personnage, type asiatique, penché en avant sur un sidecar, apparemment en plein désert…, pour moi, plutôt steppe mongole).

Le "à fond/ au fond" … oui,  :huhu: encore quand je le relis je vois la manière dont je l'entend mais c'est peut-être pas très pertinent pour les lecteurs qui ne sont pas moi :/


Citer
Le jour s’est levé, il est levé. Plus moyen de faire marche arrière.
<3

Je pourrais citer tout le §. UN peu de mal avec la temporalité parce qu’au début le jour se lève, il ne se lève pas, mais quand même, « Une journée rouge se prélasse », donc c’est chaud à visualiser.

Allez, j'avoue, j'ai cédé à la facilité en tentant de filer métaphore et en empruntant au vocabulaire de la route (marche arrière/ feu rouge/ clignotant/ feux de détresse) ; pour moi la journée rouge qui se prélasse, c'est l'aurore qui traine au lit jusqu'au couchant… Bref, le gars qui bloque, le temps qui passe, le mec prostré… et la succession des 2 : "le jour se lève, il ne se lève pas" et "le jour se lève, il est levé" me parait cohérent dans le sens où à 2 situations semblables correspondent des réactions différentes (c'est un peu "le jour se lève encore" de Barbara ou "le mal de vivre"/ "la joie de vivre") qui peuvent cohabiter ou au moins se succéder… le mouvement dans l'immuable.


Citer
Un accès de jouissance extrême, tend tous ses muscles en avant tandis qu'il se répète inlassablement cette même litanie.
Virgule pas nécessaire (elle sépare le sujet du verbe)

Ah oui merci. Effectivement, tu m'avais parlé de cette fâcheuse tendance mais je ne voyais pas de quoi tu parlais.
En fait, je suis assez lente et j'ai tendance à faire des pauses entre les groupes de mots et du coup à poser des virgules :-[


Citer
Il s'affranchit de l'amour et de sa morale familiale
Arf… j’ai du mal. La phrase se veut générale, mais l’amour n’a pas toujours morale familiale, surtout dans ce contexte (je trouve). Ou alors il faudrait parler que tu parles de cet amour-là, celui d’un couple exclusif qui entendait faire toute sa vie ensemble etc (c’est ce que je crois lire entre les lignes).

Citer
Tellement étranger au bonheur du quotidien, il ne ressent aucune gêne à s'en séparer.
Juste…

Oui, tu as raison… cette phrase me fout la honte :/
Je vais questionner sa pertinence, voir si je peux m'en débarasser


Citer
L’infinitif, et le rejet du définitif.
<3<3

Citer
Il fonce et il pétille de l’ivresse au désespoir, de l’extase à l’absence
<3<3

Citer
Son cerveau dinosaure fonctionne avec un monde disparu.
<3<3

Citer
Alors quoi? s’arrête là ?
Manque une espace après quoi

Et des cœurs partout sur le reste. Je vais pas pouvoir être beaucoup plus constructive que la première fois, j’ai beaucoup aimé : les images et leur charge d’émotion, tout ce à quoi ça renvoie, les échos… mon seul regret est de ne pas avoir vu ce texte plus tôt.

Il m'a fait penser à une chanson d'Enzo Enzo, "à toute berzingue". Sauf que dans cette chanson, c'est la fille qui part.

Merci pour le partage !



Tout plein de mercis à toi, Miromensil!

Je répare bientôt en me penchant sur mes problèmes d'espaces (manquants ou insécables).
Ta lecture fait apparaitre des sens qui m'avaient échappés ou que j'avais crûs accessoires ou anecdotiques mais qui se révèlent peut-être centraux...

 


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