La fable qui va suivre contient une énigme.
Celui qui la résoudra, aura droit au choix
à mon admiration illimitée durant un quart d'heure ou à mon estime pondérée durant l'éternité.
Tennis au paradis
C'était au paradis, du temps où tous les anges,
À force de vin chaud, célébraient les vendanges.
À l'époque, il est vrai, ils avaient peu d'ouvrage,
Car Dieu dans sa fureur, avait fait le ménage.
Plus un homme sur terre à part le gars Noé,
Marin de son état, champion de canoë,
Star en quarante jours et demeuré célèbre
Pour avoir embarqué éléphants, faons et zèbres.
On a beau être un ange, on s'ennuie sans pénis.
Quand ils ne buvaient pas, ils jouaient au tennis.
C'était le seul échange auquel ils s'adonnaient
Puisqu'à la chasteté le boss les abonnait.
Quand Noé vint au ciel au bout de neuf cents ans,
Pour tous les chérubins, ce fut l’évènement ;
L'humain se faisait rare en ces temps fort pluvieux.
Au tennis initié, le vieux fit des envieux,
La mort lui redonnant un petit coup de jeune.
Un ange un peu connard lui dit : «À ce jeu, ne
Vous déplaise, ici, c'est bien moi le meilleur.
Jouons ! Ils parieront. Les miens sont bons payeurs ! »
Sur le cours il entra pour donner sa leçon.
La barbe de Noé coincée dans son cal'çon,
S'engagea la partie. Les séraphins parièrent,
Cotisant leur monnaie sur leur idiot de frère.
Noé était malin : attirant au filet
Le chérubin crétin, il loba le simplet
Et remporta le match. L'autre voulut rejouer,
Mais des anges parieurs, la bourse resta nouée.
Oui, même au paradis, la fable a sa raison :
Car, si Noé loba le con, pas cotisons !