En réponse à Claudius.
J'aime bien cette idée : "... sans lecteur à quoi servirait-il de "noircir la page".
Cela parait bien sur une évidence, et c'est là justement ce qui m'intéresse : que se passe-t-il vraiment quand on écrit (écriture non utilitaire ou seulement communicationnelle), quand on se penche sur une feuille blanche pour inscrire des mots ?
Serait-ce de même si notre papier était noir et notre encre blanche dirait-on "blanchir la page"? cela change déjà le sens de la phrase, on blanchit un casier judiciaire, alors qu'on noircit le tableau !
Pour répondre aux questions, j'imagine qu'il ne faut pas les prendre au pied de la lettre, il doit s'agit de métaphore...
- pourquoi ne fait-il pas beau partout ?
Ce n'est qu'une question de regard, ou de convention sociale.
- qu'y-a-t-il sur ta table de nuit ?
La nuit quand on la nomme ainsi, sinon ce serait une table à langer.
- quels sont tes cauchemars les plus rudes ?
Là ce n'est plus seulement métaphorique mais devient onirique... la vie est quelque fois le pire de nos cauchemars, c'est souvent ceux ci qui nous laissent des nuits blanches à noircir page après page.
et enfin la question subsidiaire mais d'importance :
- Raclette ou os à moelle ?
Au delà du volet gastronomique je penche concernant l'écriture et la lecture plutôt sur la substantifique moelle. Du moins dans l'esprit de Rabelais dans son prologue de Gargantua :
« C'est pourquoi (il) faut ouvrir le livre et soigneusement peser ce que y est déduit (…) puis, par curieuse leçon et méditation fréquente, rompre l'os et sucer la substantifique moelle. »
Pour ne pas quitter ma présentation, plus sérieusement sans jeux de mot je constate justement un lien étroit entre l'acte d'écriture et la méditation. Dans sa racine étymologique méditer c'est réfléchir, et la posture de l'écrivain à sa tache se rapproche par beaucoup d'endroits à la méditation. Tel est un des sujets qui m'intéresse plus particulièrement.
Et puis : merci de votre accueil.