Bonjour

C'est un peu timidement que je viens ici partager mon travail. C'est un début.
J'espère recevoir vos conseils, critiques pour m'aider à m'améliorer. Merci à vous !
I.
La pendule indiquait tout juste huit heures quand Louise descendit lentement l’escalier. Une fois devant le miroir de l’entrée, elle ajusta le col de son chemisier et replaça une mèche de cheveux blonds derrière son oreille. Restée éveillée une bonne partie de la nuit, elle avait les traits tirés. Ce matin-là, la jeune femme se rendait chez le notaire. Sa mère avait soudainement disparu dans un accident de voiture un mois plus tôt. Il devaient à présent régler ensemble les détails de sa succession.
Dehors, le ciel était clair et malgré le vent frais, il faisait bon. Elle s’engouffra dans la voiture et démarra machinalement. Absorbée dans ses pensées, le trajet lui parut étonnamment court.
A son arrivée, le notaire l’accueillit en lui indiquant d’un geste la direction de son bureau. La jeune femme s’installa face à lui. La première chose qu’elle vit fut le manuscrit qu’il tenait entre ses mains noueuses. Même à l’envers, l’écriture penchée de sa mère était aisément reconnaissable. Elle eut soudain le sentiment d’étouffer, comme si d’une minute à l’autre, l’air ambiant était devenu irrespirable. Refoulant ses sanglots, elle tenta de mobiliser son attention en direction de son interlocuteur ; en vain. Tandis qu’il détaillait le contenu du testament, elle n’écoutait qu’à moitié. Une voix grave l’obligea brusquement à affronter la réalité :
« - Madame, avez-vous entendu ? Souhaitez-vous que je répète ?
-Ah..oui, je n’ai pas écouté, avoua-t-elle. Excusez-moi.
-Il n’y a pas de mal, rassurez-vous. Je disais à l’instant qu’outre la somme mentionnée précédemment, votre mère a consigné une volonté particulière. Elle tenait à ce que ceci vous revienne. »
Le notaire se leva aussitôt pour extirper une petite malle rangée sur une étagère et la lui tendit.
Louise posa la valise sur le siège passager et la fixa un instant. Si cet objet avait un jour appartenu à sa mère, elle l’aurait reconnu. Or, elle était certaine de ne jamais l’avoir vu auparavant. Arrivée chez elle, la jeune femme posa doucement la valise sur une chaise de la cuisine. Elle décida qu’elle ne l’ouvrirait pas maintenant, pas encore. En effleurant la malle du bout des doigts, elle se remémora le sourire tendre de sa mère, Anna. Elle lui manquait terriblement à cet instant. Aussi irrationnel qu’elle puisse paraître, l’idée que cet objet constitue un lien, même ténu, entre elle et sa mère la rassurait.