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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » sa Singularité

Auteur Sujet: sa Singularité  (Lu 1177 fois)

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sa Singularité
« le: 01 Janvier 2018 à 05:11:45 »
SA SINGULARITE


Une course déjantée par ailleurs...

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   23-11
   Au début, c'est moi qui coursait la singularité.
   Je ne ressentais ni rivalité envers les agités de la débandade frénétique qui avait suivi son apparition, ni trivialité de ce système qui se serait allègrement ri de nous s'il avait seulement été dans l'abilité de se rabaisser à notre niveau de spatialité.
   Au début, c'est moi qui la coursait, et j'ai réussi à la voir enfin ; à me laisser attraper.
   Seuls les totems peuvent voir la singularité, et tous les sceptiques ont fini par l'accepter j'espère, car une fois ainsi maudit de grâce, rien n'a de pareil dans le monde que nous connaissions. J'espère chacun est impliqué dans cette aventure extracosmique que la planète entame d'inattendu. L'inconstance elle-même s'est immiscée en notre terre, et nous voilà soumis à sa pression abyssale, tandis qu'elle tentacule ses rebonds dans l'orbite de notre écologie. Impliqué, peut-être pas autant que moi, mais tout de même suffisamment pour qu'ensemble, nous découvrions de quoi il s'agit réellement, et qu'est-ce que cela nous veut ! Je coursais la singularité, et j'étais le meilleur.
   Personne ne sait ce que c'est. Tout ce qu'on sait, c'est qu'il y a un totem, un être humain qui fut touché la première fois. Il se mit à voir des choses, à entendre des bruit, à sentir de l'impalpable. Ce premier totem crut devenir fou lorsqu'il comprit qu'il lui faudrait porter un message à son espèce toute entière. Et il ne fut pas le dernier.
   
   1-1
   Quelques mois plus tard, je taquine l'oraison d'un oratoire déliraison de mon observatoire sans raison. La Singularité me touche, elle me traverse, elle me transperce et me tergiverse. D'où ma digression systématique, laborantique, laborieuse mais lobant les ballots brulotant d'obédience arbitrant les sentences d'un singulier si dément que mes aspérités n'auraient de crémant qu'un affligeant dégoulinant aux irraisons dérobantes.
   Varpenir fonce vers mon objectif psychomoteur.
   Le saut-du-fou, perdu au fin doux de la taïga neurautrale, aurait quelque chose de déliropathe entre de bonnes pattes, et c'est ce que mon protopathe aurait déniché de potable pour passer ma haine prostasique sur d'éventuels risques statiques aux aspects antalgiques par d'effets postapocalyptiques.
   La Singularité m'a touché, le totem, c'est moi, pour.
   Vingt-quatre heures de promiscuité avec les divinités.
   Dribblant les irresponsabilités, j'immaculise les tribunités, des fortunités, les pratiqués auraient quelques facilités ou pas depuis quand quoi ?
   Je me demande, je vomis ces irraisons qui synapsent mes pendaisons, puisque je collapse de terminaison. Varpenir dans mes tripes, je carbonise les injecteurs, les chambres à combustion et les cardans suchauffés à l'huile rafraichie de mentholée à l'eau chlorée édulcorée.
   Affronter la véracité, la ténacité, la pugnacité.
   Drastiquement, une sonorité, un...
   Je perds le fil de ma pensée, je me dois de continuer, au volant de mon attention mineure, connectée par ailleurs, dans un continuum déliroastrologique, métaphysique au delà de toute logique.
   Miraculeusement, une métrique, mais pas vraiment, quoi qu'en cuise la chronique. Je ne suis ni ne sais. C'est tout ce que je sais. Je vais peut-être mourir un jour, et le saut-du-fou est juste en haut de la pente que je viens d'entamer à plus de beaucoup plus vite que vite.
   Je ne numérote plus la voracité de Varpenir, car c'est tout ceci qui forge sa félicité. J'imagine alors des poursuites endiablées à venir si celle-ci est un succès, que j'afficherais en quête d'un huissier qui puisse me valider la perennité de mes historicités.
   Alors que dire de ces bénédicités ?
   Je ne sais ce que penser est.
   Car la rocaille grimace sous les pneus cloutés de Varpenir, qui crante à mort la pente du saut-du-fou.
   Le temps n'est plus.
   Je gravis et décolle.
   Les caméras s'enclenchent et j'ai le stabilisateur en visu d'assiette. Propulseurs enclenchés, j'incarne ma voiture comme suscité.
   Varpenir.
   Les secondes s'éternisent durant le vol.
   Le saut-du-fou m'assaille, je décolle, je perds l'atmosphère et la gravité, je rythme de néant et j'aspire la cécité, cependant que m'attire la lucité, cette entente tacite usitée de promulguer les providences de substance, en l'absence d'un pensement limbique pour mes hémorragies singulières.
   Passion.
   Je crispe le volant toujours, c'est autrement que pour ces emmerdements de pourtour d'un corrigement des parcours alternant des détours absents pour qu'en quelques tours se soient des passants qu'ont poursuit d'outre-tombe en hui-clos des tristombes lancinantes.
   Je délirailleurs.
   Où ?
   L'horion monte lorsque je plonge vers lui.
   La rampe naturel d'aterrissage.
   Que je vais dévaler avant de fluctuer.
   Mais avant encore, je dois l'atteindre, et ça c'est je sais je sais pas ça a l'air comme ça mais le vent ça nous mène Varpenir à envisager le pire pourquoi les propus sont rompus et promptus.
   Je ne sais que quoi.
   Je ne peux m'évanouir, la Singularité me le promet.
   Mais je peux mourir.
   Saturé.
   Crampe fatale du cerveau.
   À quand ?
   Vingt-quatre heures.
   Je vais aterrir dans les gorges.
.

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Re : sa Singularité
« Réponse #1 le: 01 Janvier 2018 à 10:31:50 »
Je préfère ce texte à votre précédent. Plus accessible à l'évidence. Non que je fasse de l'hermétisme un défaut, au contraire, mais lorsqu'il rejoint le systématisme, cela me gêne un peu. Ici, tout au contraire, même si l'écriture reste « singulière » et par ce que l'écriture est « singulière » il y a un indéniable plaisir à vous lire, à s'enfoncer dans le maquis de votre vocabulaire et votre syntaxe car il en exhale un parfum étrange et grisant, comme une transe, un peu à l'instar de ce des rouges tourneurs aux prises avec la singularité transcendante.
cent fois sur le métier...

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Re : sa Singularité
« Réponse #2 le: 01 Janvier 2018 à 13:47:10 »
Merci de cette présence au délire.
Et au plaisir :)
.

 


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