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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Chapitre 1, La tempête

Auteur Sujet: Chapitre 1, La tempête  (Lu 2668 fois)

Hors ligne creative_writer

  • Plumelette
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Chapitre 1, La tempête
« le: 27 Décembre 2017 à 16:55:53 »
« Le vent souffle fort aujourd’hui… constata Ai, le regard tourné vers la fenêtre.
- Ouais, j’espère qu’il ne va pas faire trop de dégâts, s’inquiéta Reiko. On ferait mieux de rentrer. »

Ai acquiesça en se levant de sa chaise pendant que son amie mettait son manteau. Elles sortirent de la salle, prêtes à affronter la pluie diluvienne. Reiko sortit un parapluie de son sac en continuant de marcher.

« Tu ferais mieux de mettre ta capuche, avertit Ai.
- Pourquoi ? demanda Reiko en arrêtant son mouvement.
- Il y a beaucoup de vent, tu risques de le casser. Il ne te servira à rien. »

La jeune fille lui donna raison en rangeant son parapluie. Après avoir mis leur capuche, les deux lycéennes quittèrent le bahut en courant et en essayant d’éviter de se tremper les pieds en marchant dans les nombreuses flaques d’eau dispersées un peu partout sur le sol. Si bien qu’elles ne pouvaient pas courir en ligne droite. Elles étaient donc obligées de zigzaguer entre les gens et les flaques d’eau, tout en essayant de garder leur traversée la plus courte et rapide possible.

Pendant ce temps, l’orage grondait et la pluie se faisait de plus en plus forte. De légers dégâts matériaux survenaient après quelques heures : des inondations dans les maisons les plus anciennes, des arbres tombés sur des routes de campagne et quelques foyers privés d’électricité. C’était la routine pour l’île, habituée aux catastrophes naturelles. Malgré cela, l’îlot n’était pas exposé aux risques uniformément. Il restait des espaces fragiles et très exposés aux dangers. La façade Nord était la plus risquée.

A peine arrivée chez elle, Ai fut soulagée de voir les maisons voisines éclairées. Elle avait encore de l’électricité. Son quartier était pourtant la zone la plus risquée de toute l’île puisqu’il était situé au Nord. Les habitations étaient moins chères dans le coin, c’est pourquoi sa belle-mère l’avait achetée. Etant au chômage, elle ne pouvait se permettre de dépenser trop d’argent.

Au même moment, Reiko rentrait chez elle. Sa maison était de l’autre côté de l’île : la façade Sud qui était beaucoup plus sûre que celle située au Nord.

Quelques heures plus tard, les deux lycéennes allèrent se coucher avec toutes les deux, de l’électricité.


Hors ligne Nacas

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  • Dragon d'Æncre
Re : Chapitre 1, La tempête
« Réponse #1 le: 27 Décembre 2017 à 17:45:24 »
Amicalement,
Nacas.

Je trouve la tempête un peu succincte, même pour un premier chapitre, il ne s'y passe pas grand chose, les dialogues ne rendent pas le texte tant vivant que ça... Fais attention aux constructions de l'oral qui n'ont pas de sens à l'écrit, comme la phrase de fin par exemple :
Citer
Quelques heures plus tard, les deux lycéennes allèrent se coucher avec toutes les deux, de l’électricité.
En fait il faut encadrer le "toute les deux" entre virgules, sinon ça marche pas bien. Les virgules ne sont pas plus porteuses de rythme que de sens, tu vois ; idéalement la phrase doit se tenir sans les trucs "encadrés" ('Quelques heures plus tard, les deux lycéennes allèrent se coucher avec de l'électricité' marche, quoi).
Je ne suis pas trop fan de l'imparfait-passé simple dans le niveau de langue commun (quitte à faire du passé, autant verser dans le soutenu), je souhaite rappeler aussi qu'on peut faire du soutenu léger, et compréhensible ; mignon, parfois, mais c'est pour la sensibilité de chacun.

Les substituts sont sympas, ils servent à éviter les répétitions ; moi, elles ne me dérangent pas, les répétitions. Aussi je n'aime pas trop "La jeune fille" en début de paragraphe, qui vole la place du petit nom sous-exploité... Encore une fois, ça me regarde, c'est comme tu préfères.
N'abuse pas trop des participe-présent, ils sont gourmands, ils bouffent le rythme comme des 'tits fours. "Pourtant", aussi.

Le "dégâts matériaux" me paraît un peu maladroit, non ? La "pluie diluvienne", "uniformément", "c'est pourquoi", aussi.
Je n'ai pas trop l'impression d'être avec les deux lycéennes dans le langage, pourtant je crois comprendre que ce sont elles qui font le récit. mais peut-être est-ce que je me trompe.
C'est une subtilité mais quand Reiko range son parapluie elle ne "donne pas raison" à Ai, elle l'écoute, c'est tout...

Cela fait longtemps que je n'ai pas commenté, je ne sais plus comment faut faire, je me chauffe un peu ici pour un autre de la section... désolé.
J'espère que tu ne m'en voudras pas.


Bonne soirée de vacances
Les restaurants sont à tous les étages au sommet de la pyramide sociale.

Hors ligne creative_writer

  • Plumelette
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Re : Re : Chapitre 1, La tempête
« Réponse #2 le: 27 Décembre 2017 à 18:13:38 »

Cela fait longtemps que je n'ai pas commenté, je ne sais plus comment faut faire, je me chauffe un peu ici pour un autre de la section... désolé.
J'espère que tu ne m'en voudras pas.


Merci beaucoup Nacas pour ton commentaire constructif ! J'avoue avoir "légèrement" baclé mon travail pour publier rapidement sur ce site et pouvoir le tester. Je prends en compte tes remarques pour m'améliorer. N'hésites pas à être honnête dans tes critiques, cela permet de se remettre en question.
Claire

Hors ligne Claudius

  • Modo
  • Trou Noir d'Encre
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Re : Chapitre 1, La tempête
« Réponse #3 le: 27 Décembre 2017 à 18:35:29 »
Bonjour Claire,

J'ai lu ton texte, il est simple et ton écriture est juvénile par les mots employés et la forme des phrases, mais c'est frais et agréable.

Je rejoins l'avis de Nacas, les formulations sont maladroites, des phrases trop longues pour exprimer une idée, une seule idée. L'emploi du participe présent, trop présent, surtout en début de phrase.

Etant au chômage elle a pu acheter une maison même dans la partie nord ? une invraisemblance

Nord et sud ne prennent pas de majuscule.

Vers la fin tu dis trois fois que la façade nord est plus risquée...

Et on dit des dégâts matériels (les matériaux sont les substances que tu utilises, le matériel est ce qui te sert à le travailler : par exemple , en maçonnerie, le matériaux c'est le ciment, le sable, le béton et  le matériel c'est la truelle, la pelle...).

Et pour finir, tu as une jolie maîtrise de l'orthographe et j'en suis ravie !

Bon courage, tu as de l'idée, il faut la travailler et avec le temps le reste viendra.

 :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. Sylvain Tesson

Ma page perso si vous êtes curieux

Hors ligne creative_writer

  • Plumelette
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Re : Chapitre 1, La tempête
« Réponse #4 le: 27 Décembre 2017 à 18:53:10 »
Merci Claudius pour ta critique mi-négative, mi-positive, qui montrent les défauts de mon texte tout en me motivant ! Je continue de travailler dessus !

Hors ligne creative_writer

  • Plumelette
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La Coupure, partie 1
« Réponse #5 le: 28 Décembre 2017 à 19:52:40 »
 Ai se réveilla en sursaut après avoir entendu un bruit inquiétant venant de dehors. C’était comme un grondement.  Elle sauta de son lit et chercha un vêtement, n’importe lequel, pour pouvoir sortir. Elle ouvrit son armoire quand soudain, tout autour d’elle se mit à trembler violemment. Elle réussit à se réfugier sous son bureau malgré les secousses. Les genoux à terre et les deux mains sur son cœur palpitant, Ai resta immobile. Elle entendait des assiettes tomber et se fracasser. Ses meubles tremblaient et un bruit continu l’empêchait de garder son calme. C’était le bruit de craquements intenses mélangés aux chutes de pierres et de terre.  Elle ne pouvait rien faire d’autre que d’attendre sans bouger.

Après quelques longues minutes, le grondement s’arrêta. Ai se leva précipitamment. Elle ne voulait pas rester seule, alors elle décida de sortir dehors. C’est à ce moment précis, après avoir franchi la porte, qu’elle comprit que plus rien n’allait être comme avant. Ses voisins, qui étaient si proches d’elle la veille, étaient maintenant à plusieurs centaines de mètres. Ils étaient séparés par une étendue d’eau. Le tremblement de terre avait coupé l’île en deux.
 

Hors ligne creative_writer

  • Plumelette
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Re : La Coupure, partie 1
« Réponse #6 le: 28 Décembre 2017 à 19:53:54 »
Je tiens juste à dire que cette partie est volontairement très courte. Elle est également assez rapide, sans trop de description, mais c'est ce que je veux.  :)  C'est plus un prologue qu'une véritable partie.
« Modifié: 28 Décembre 2017 à 20:01:54 par creative_writer »

Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Re : La Coupure, partie 1
« Réponse #7 le: 28 Décembre 2017 à 19:59:23 »
Je tiens juste à dire que cette partie est volontairement très courte. Elle est également assez rapide, sans trop de description, mais c'est ce que je veux.  :)

Bon, ben tout va bien, alors !
cent fois sur le métier...

Hors ligne Miromensil

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Re : Chapitre 1, La tempête
« Réponse #8 le: 28 Décembre 2017 à 20:53:49 »
(coucou ! juste pour te dire qu'on poste les suites de textes dans le fil qui entame l'histoire. donc les parties 2, 3 etc vont dans le même fil que "partie 1". pour que ce soit plus claire, tu peux créer un sommaire dans ton premier post ^^ )

Hors ligne creative_writer

  • Plumelette
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Chapitre 1, La coupure (Réecriture du Chapitre 1, La tempête)
« Réponse #9 le: 31 Décembre 2017 à 14:58:13 »
 « Le vent souffle fort aujourd’hui… constata Reiko, le regard tourné vers la fenêtre.
 - Ouais, j’espère qu’il ne va pas faire trop de dégâts, s’inquiéta Ai. Enfin toi, c’est pas vraiment ton problème…

- Il peut très bien y avoir des dégâts au sud de l’île…
- Ouais enfin s’il y en a chez toi, je n’imagine pas dans quel état sera ma maison ! Je n’en aurai sûrement plus.
- J’avoue que je n’aimerai pas habiter au nord avec une météo pareille… »

Pour terminer cette conversation inintéressante, Ai se leva de sa chaise et répondit sèchement :

« Enfin bref. On ferait mieux de rentrer ! »

Comme d’habitude, son amie la suivie jusqu'à la sortie du lycée, puis monta dans la voiture de son père, qui l’attendait depuis la fin des cours. Elles se saluèrent brièvement avant que la voiture ne démarre. Ai continua son trajet jusqu’à chez elle, à pied. Dès son arrivée dans la partie la plus au nord de l’île, la lycéenne fut soulagée de voir les maisons voisines éclairées. Elle avait encore  de l’électricité, alors que son quartier était la zone la plus risquée de toute l’île.

Les habitations étaient moins chères dans le coin. Certaines étaient à deux doigts de s’écrouler. Cet endroit était surtout constitué d’une grande forêt inhabitable. Elle semblait très sauvage et dangereuse. Certaines personnes disaient même qu’elle abritait des bêtes. Mais c’était plus une excuse pour les gens qui avaient peur de s’y aventurer. Ai se moquait d’eux puisque sa maison se situait juste à côté de la forêt. Elle allait s’y promener quand il faisait beau et qu’elle n’avait plus d’électricité.

Mais puisque aujourd’hui il ne faisait pas beau et qu’elle avait de l’électricité, elle préféra rentrer directement. Elle posa son manteau trempé sur une chaise pour le laisser sécher et s’affala sur le canapé, qui grinçait dès que quelqu’un s’asseyait dessus. Ai alluma la télévision. La journaliste habituelle prit la parole :

« Aujourd’hui encore, une tempête a fait des dégâts vers la façade nord. Des maisons anciennes sont inondées, des arbres sont tombés sur des routes de campagne et quelques foyers sont privés d’électricité. Faites attention, la tempête ne se calmera pas cette nuit… »

Ai soupira et coupa la télé. C’était la routine pour l’île, habituée aux catastrophes naturelles. Malgré cela, il restait des espaces fragiles et très exposés aux dangers. La lycéenne préféra aller se coucher plutôt que d’écouter les informations répétitives.

Il fait sombre. Un mélange d’odeurs chimiques et florales me pique le nez. Je me sens comme dans la brume. Quand tout à coup, une voix se fit entendre :

« Maman, maman ! Je t’ai ramené ce que tu voulais ! »

Une silhouette, dont les contours sont difficilement perceptibles, se tourne vers la petite et répond avec une voix douce :

« Merci ma chérie ! »

Ai se réveilla en sursaut après avoir entendu un bruit inquiétant venant de dehors. C’était comme un grondement. 

« C’est pas vrai, on ne peut pas dormir tranquille ! Qu’est ce qu’il se passe encore ?! »

Elle sauta de son lit et chercha un vêtement, n’importe lequel, pour pouvoir sortir. Elle ouvrit son armoire quand soudain, tout autour d’elle se mit à trembler violemment. Elle réussit à se réfugier sous son bureau malgré les secousses. Les genoux à terre et les deux mains sur son cœur palpitant, Ai resta immobile. Elle entendait des assiettes tomber et se fracasser. Ses meubles tremblaient et un bruit continu l’empêchait de garder son calme. C’était le bruit de craquements mélangés à celui de chutes de pierres et de terre.  Elle ne pouvait rien faire d’autre que d’attendre sans bouger.

Après quelques longues minutes, le grondement s’arrêta. Ai se leva précipitamment. Elle ne voulait pas rester seule, alors elle décida de sortir dehors. C’est à ce moment précis, après avoir franchi la porte, qu’elle comprit que plus rien n’allait être comme avant. Ses voisins, qui étaient si proches d’elle la veille, étaient maintenant à plusieurs centaines de mètres. Ils étaient séparés par une étendue d’eau. Le tremblement de terre avait coupé l’île en deux.
 
« Modifié: 31 Décembre 2017 à 15:00:59 par creative_writer »

Hors ligne creative_writer

  • Plumelette
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Chapitre 2, Chasseur
« Réponse #10 le: 02 Janvier 2018 à 17:09:45 »
 Ai entendit des bruits de pas pressés derrière elle. Elle se retourna et vit quelques voisins, le regard figé et la bouche ouverte sous le choc. Un d’entre eux cria d’une voix puissante :
« Pas de blessés ? »
Cette intervention permit à tout le monde de reprendre ses esprits. Tous les voisins se mirent à bouger. Certains allèrent calmer les enfants apeurés, d’autres coururent jusqu’à leur maison pour essayer d’appeler des renforts. Les plus courageux apportèrent leur aide aux personnes coincées sous les débris de maisons écroulées. Ai, sous le choc, resta immobile. Elle ne savait pas quoi faire. Quand soudain, une voix attira son attention :
« J’ai un homme de l’autre côté de l’île au téléphone ! Il veut parler à Hirofumi !
- C’est moi. »
Sans même le regarder, l’homme à la voix puissante tendit la main pour avoir le téléphone. Il se présenta à l’homme au bout du fil comme maire de la partie nord. Tous les regards étaient sur lui. Après une brève discussion, il raccrocha et s’adressa à la population d’une voix grave et froide.

« L’autre partie de l’île ne peut nous aider pour le moment à cause de la météo ! La mer est beaucoup trop agitée pour s’y aventurer ! Ils nous rappelleront dès que possible ! »
Les gens commencèrent à paniquer. Il n’y avait aucun commerce sur la partie de l’île restante. Aucun hôpital ne pourra sauver les gens blessés. Ils n’avaient plus qu’à attendre et se protéger le temps que la mer se calme et que les secours arrivent. Le maire hurla des ordres à la population pour gérer un minimum la situation difficile :
« Tous les blessés doivent être pris en charge ! Est-ce qu’il y a des médecins parmi vous tous ? »
Un jeune homme leva la main timidement.
« Je suis encore stagiaire mais je peux quand même essayer d’aider.
- Très bien ! Tous ceux qui ne sont pas blessés, aidez-le à sortir les personnes coincées sous les maisons ! Les plus jeunes peuvent rentrer chez eux au chaud ! »
Ai se considérait assez jeune pour rentrer. Elle n’avait pas la force de soulever un adulte ni les connaissances nécessaires pour soigner une blessure. De plus, rentrer chez elle lui permettrait de reprendre ses esprits et de calmer son cœur toujours aussi palpitant.
 
 Après plusieurs jours, le bilan de cette catastrophe ne faisait qu’empirer. Les gens blessés, sans hôpital et médecin compétant, mouraient lentement. La nourriture commençait à manquer alors que la mer restait agitée. Le vent soufflait fort et la pluie ne cessait de tomber. Puisqu’elle ne pouvait pas survivre éternellement, toute la population isolée de l’autre partie de l’île s’était réunie. Le maire prit la parole :
« Demain, j’organise une chasse. »
Les gens voyaient ce qu’il voulait dire et commencèrent à protester. Le chef réussit à reprendre la parole :
« Nous n’avons plus rien à manger. Si nous ne faisons rien, la mort s’emparera de nous. Mais, comme vous le savez tous, la partie nord de l’île possède une grande forêt. Elle abrite sûrement des animaux. Demain, à l’aube, les plus forts d’entre nous irons à la chasse et nous ramènerons de la viande. Grâce à ça, nous allons survivre jusqu’à ce que la mer redevienne calme. »
Ses mots crus firent régner le silence. Une femme prit tout de même la parole d’une voix tremblante :
« Mais qui va y aller ?
- Des volontaires pour sauver la vie de plusieurs dizaines de personnes ? »

Se sentant concernés, les hommes dans la force de l’âge baissèrent les yeux. Un d’entre eux n’hésita pas à lever la voix pour dénoncer le maire.
« Et bien pourquoi pas vous ?! Vous êtes bien apte à chasser, non ?!
- Bien sûr, j’irai, mais j’attends d’autres participants. Vous avez des enfants ?
- E-euh oui…
- Ils doivent avoir faim… Vous allez les laisser mourir avec vous ?
- Bien sûr que non ! Quelqu’un apportera de la viande demain, après la chasse ! Et cette personne ne sera sûrement pas moi.
- Très bien ! Un tirage au sort est donc nécessaire. »
L’atmosphère devenait tendue. Les femmes se disaient trop faibles et désigner les hommes. Mais eux, étaient trop peureux pour s’aventurer dans la forêt. Ai regardait la scène sans rien dire pendant que le maire préparait des morceaux de papier. Il parla une dernière fois :
« Silence ! Je vous préviens une dernière fois ! Soit assez de personnes se portent volontaires, soit nous allons faire un tirage au sort. Petit précision, tout le monde, sauf les enfants en dessous de 15 ans, aura son nom marqué sur un papier ! Est-ce que vous avez bien compris ?! »

 

 


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