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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Comment Dieu vint au monde

Auteur Sujet: Comment Dieu vint au monde  (Lu 4200 fois)

Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
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Comment Dieu vint au monde
« le: 28 Octobre 2017 à 09:07:01 »
J'ai apporté à ce texte les corrections de fond et de forme préconisées par Quaedam à qui je tiens à faire connaître ma reconnaissance pour la qualité et la pertinence de ses remarques.



Comment Dieu vint au monde



Ça faisait un bail  une paye, bref, un certain temps... On aurait aimé formuler les choses ainsi s'il y avait eu le temps. Mais justement, c'était le problème, de temps il n'y en avait pas, pas la moindre seconde, pas la moindre miette. Rien. Ni avant, ni pendant, ni après. Va-t’en exister, toi, dans ces conditions ! Quand tu existes, à chaque instant, tu te succèdes à toi-même. C'est ça qui est bien. Mais il faut du temps, juste un petit peu ; tu vois la difficulté ? Eh bien, Dieu, lui, rien à cirer, il existait quand même, comme ça...  Attention, ce n'était pas forcément facile pour lui, mais bon, il s'en tirait très bien tout seul. En fait, il n'avait pas trop le choix vu qu'il n'y avait personne pour l'aider. Même chose pour l'espace, il n'y en avait pas, même en cherchant bien, pas un petit coin perdu pour fumer une clope sans que ta femme te voie ou tout autre chose intime.
Eh bien Dieu, sans temps, sans espace, il y arrivait. Fortiche ! Bon, d'un autre côté, c'était quand même Dieu, ça peut s'expliquer. Cela dit, cette existence n'était pas sans inconvénients.
Le temps c'est surtout utile pour devenir, et devenir c'est la base de tout. Réfléchis, si tu ne deviens pas, tu restes con et quand c'est pour l'éternité, c'est vite lassant... Remarque, tout bien considéré, ce n'est pas un drame non plus ; quand il n'y a que toi au monde, tu peux être le plus con, personne le sait !
Donc à cette époque, Dieu était con, puisqu'il n'évoluait pas, faute de temps. Il y en a qui disent qu'il n'avait pas besoin d'évoluer puisqu'il était parfait. La belle affaire ! N'importe quel pape te confessera que la perfection est la version religieuse de la connerie. Tu es parfait dit le photographe à Dieu, ne bouge surtout pas  ! Flûte  ! pense Dieu, j'allais justement faire un petit truc, genre création du monde, mais bon, s'il ne faut pas bouger...
Au cas où tu deviendrais parfait, sache bien qu'après c'est foutu. Ne bouge même pas le petit doigt,  n’envisage pas de penser. La pensée est le début de la chute. Donc, Dieu qui était parfaitement con ne pensait pas. Il dormait et quand il ouvrait ses yeux divins, il ne voyait que lui et aussitôt se rendormait. Il faut comprendre que l'espace n'existant pas, Dieu n'était nulle part qu'en lui-même, c'est-à-dire partout puisqu'en dehors de lui, il n'y avait rien. Le pauvre, il n'aurait pas pu faire un pas sans se rencontrer et, c'est bien navrant à reconnaître, sans se marcher dessus. Mais Dieu ne marchait ni ne bougeait.

   Un jour, si l'on peut dire, il cligna des yeux, mais à l'envers puisqu'il dormait tout le temps,
et, l'instant d'un éclair qui fut peut-être une éternité, se dit qu'il était parfaitement inutile. Cette idée le bouleversa, mais craignant d'affronter cette terrible réalité, il retomba dans l'inconscience, fermement décidé à ne plus s'exposer à l'épreuve de son inanité. On s'interrogerait vainement sur la durée de cette sieste. Le fait est qu'arriva un autre clignement d’œil. Le choc fut rude de cette nouvelle confrontation avec lui-même, un peu comme si le néant tout entier était entré en lui.
Et Dieu qui était tout se sentit devenir rien. La sensation était nouvelle puisque pour la première fois il  devenait. On ne saurait dire évidemment s'il en tira satisfaction, mais ce qui est certain c'est que sa perfection en prit un coup  : incapable de se rendormir, il était là à se tourner, se retourner en lui-même. Une question simple le taraudait  : que faire  ? Jusqu'alors, l'ennui ne l'avait jamais saisi ni même taquiné. Une autosuffisance somnolente l'en avait préservé, mais l'insomnie modifia tout jusqu'à lui instiller un semblant de culpabilité peu compatible avec son état divin. C'est alors qu'il s'avisa d'un nouveau phénomène. Il se dédoublait. Son totalitarisme habituel l'avait jusqu'ici confiné dans une subjectivité sans égale, un égotisme rare et bien naturel, puisque à part lui, il n'y avait aucun objet à la ronde. Qui lui en aurait tenu grief  ? Sauf que cette fois, tout au fond de lui s'élevait une petite voix qui se faisait harcelante  :

  — Pauvre nul, tu ne vois pas que tu ne sers à rien  ?

   Ce dialogue intérieur qui au début l’avait agacé finit pas l’amuser, non pas tant par la familiarité du propos que par la perspective étrange qu'il en déduisait.  Il n'était plus seul et de cette présence germait la possibilité d'un échange. Il se surprit à attendre les réponses qu'à lui-même il se donnait, ce qui, soit dit en passant constituait non seulement une première ébauche du temps mais aussi de la schizophrénie. Impossible d'évaluer combien dura cet épisode, le mouvement des planètes n'existant pas, faute de planètes. Le seul cycle envisageable était celui d'un aller-retour de la pensée divine et nous serions bien ridicules à vouloir en donner l'équivalent à l'aune de notre chronologie. Ce qui paraît acquis aux théographes, c'est que l'intéressé y éprouva plus que du plaisir : de la jubilation. Il se dit même secrètement dans certains milieux autorisés que le bruit de fond de l'univers capté par les instruments de mesure les plus sophistiqués ne serait autre que les éclats de rire de Dieu  conversant avec lui-même.

   Cela faisait donc un certain temps que Dieu, débonnaire, s'entendait railler par cette partie dissidente de sa personne qui lui délivrait en permanence des théories fumeuses sur l'existence en soi, l'existence contingente et autres démonstrations inutiles. Mais vint un moment où Dieu dont la patience était pourtant sans limite, commença à s'irriter. Même lorsqu'il s'obligeait à ne pas répliquer, histoire de calmer le jeu, l'autre revenait à la charge avec un arsenal de questions sur la liberté du style :
   — Tu te prétends libre, mais un être qui ne vit que pour soi, en soi, et par soi n'a qu'une illusion de liberté !
Ou bien encore :
   —  Il n'est de liberté sans relation duelle entre l'objet et le sujet. Or toi, tu es les deux à la fois. C'est du grand n'importe quoi !

   Avoue sincèrement que tu aurais perdu patience  ! Eh bien Dieu, non. Il lui en fallait plus. Pour être précis, il éclata la fois où il fut mis au défi par cet autre lui-même de prouver qu'il existait. La réponse fut immédiate :
   —  Oust, du balai, y en a marre  ! comme ça, marmonna-t-il, tu vas vérifier que j'existe. 
   Ce fut une sorte d'accouchement furieux, une éjection sauvage de sa partie contestataire directement dans le néant. Cette colère devait se payer d'une terrible souffrance. Tout guerrier un peu sérieux te dira que s'amputer d'une partie de soi-même est une épreuve redoutable que l'on soit Dieu ou pas. Aussi poussa-t-il un cri déchirant de rage et de douleur. Certains initiés disent qu'il retentit encore dans l'univers et qu'à l'inverse de ce que prétendent des gens mal informés, loin d’être son rire c'est ce hurlement qui constitue le bruit de fond de l'univers.

   —  Non de Moi, qu'ai-Je fait, pensa-t-il ?

   Ayant quitté sa torpeur originelle pour un turbulent colloque avec lui-même, il n'était plus question pour lui de s’y replonger  : trop risqué, avec ce morceau de lui qui se baladait quelque part dans le néant. Et puis, faut-il te le confier, il avait finalement pris goût à la présence de quelqu'un et du même coup, n'ayons pas peur du mot, à la contradiction. En fait, maintenant, s'il y avait bien quelque chose pour lui ficher la pétoche par-dessus tout, c'était l'ennui.
Lui vint alors une sacrée idée. S'il avait pu par un phénomène spontané de scissiparité se débarrasser de cette partie de lui qui le gonflait, en s'y prenant bien il allait pouvoir rejouer le même tour. Mais bon, cette fois, un peu de maîtrise ne serait pas superflu au lieu de cette colère convulsive qui lui avait valu une migraine de compétition. Cette perspective lui redonna la pêche, le faisant sourire de béatitude. N'ayant guère de modèle et se méfiant cette fois de l'improvisation, Dieu qui avait acquis une grande capacité d'abstraction, échafauda toute une série de suites logiques d'une rare complexité où l'énergie s'organisait et se démultipliait selon des règles très compliquées qu'évidemment, il n'est pas possible d'expliquer, faute de temps...  Parfois, ce qu'il croyait percevoir faisait son bonheur, d'autres fois les hypothèses qu'il engendrait le faisaient flipper au point de lui ôter toute envie de progéniture. Mais tu sais ce qu'est le goût du jeu... Dieu avait envie de jouer. En se repassant des extraits des discussions interminables à l'origine de sa rupture intérieure, il finit par se convaincre que l'autre avait raison. Ça ne vaut vraiment pas le coup d'exister si l'on ne sert à rien. Un seul mot d'ordre s'imposa  : ne pas rester les deux pieds dans le même sabot. Place à l'action !

   Pris d'une frénésie créatrice, il s'arrachait des lambeaux de lui qu'il soumettait à des équations à mille inconnues et qu'il propulsait droit devant. Hélas, il lui fallut se rendre à l'évidence  : toutes ses tentatives échouaient. Ah c'est sûr, dès qu'il les balançait dans le néant, ça brillait autant qu'une fusée de feux d'artifice, mais après plus rien, elles s’étiolaient sans raison, sans même  le bruit d'un pétard. Un flop total  ! C'était contrariant, presque humiliant. On ne comptera pas la quantité d'univers avortés qui sont sortis ainsi du ventre de Dieu. Le nombre d'étoiles dans le ciel multiplié par celui des grains de sable sur la terre ne t'en donnerait qu'une faible idée. À l'évidence quelque chose clochait et Dieu, d'un naturel plutôt optimiste s'en désolait et tandis qu'il s'apprêtait à sombrer dans un nouveau marasme dépressif, comme pour lui remettre un coup au moral il entendit l'écho insupportable d'un rire moqueur. Quelque part dans la nuit, quelqu'un se réjouissait  de son échec.
   —  Je te l'avais bien dit, espèce de nul  !
   Dieu qui avait de la fierté ignora les sarcasmes. Il n'avait qu'un souci, comprendre, comprendre surtout pourquoi tous ses prototypes s'évanouissaient dès leur naissance. La réponse ne se fit pas attendre. Au bout d'une demi-éternité environ, elle lui parvint sous la forme d'un nouvel éclat de rire qui lui aurait écorché les oreilles s'il en avait eues  :
   —  Et ce sera toujours comme ça, ajouta l'autre.
C'était donc là l'explication, cette partie tombée de lui s'ingéniait à tout briser de ce qu'il entreprenait.
   —  Mais pourquoi fais-tu ça ?
   —  Réfléchis un peu, bourrique ! Tu sais bien que je suis une partie de toi
   — Et  alors ?
   — Alors ? Mais t'es un vrai crétin, toi  ! Peux-tu imaginer un seul instant qu'il y ait place pour deux bidules comme toi ? L' Absolu, c'est bien ton programme, idiot tout puissant !
Dieu qui commençait à s'habituer à la vulgarité de son interlocuteur, préféra ne pas relever.
   — Comment veux-tu qu'il en soit autrement ? C'est mon destin.
   — Eh le mien, c'est quoi  ? Hein, je fais quoi, moi pour exister  ? Deux absolus ensemble, tu vois le travail, pauvre tache  ?
   —  Je te le concède, ce n'est pas compatible !
   — Eh bien voilà, t'as tout compris, fallait bien que je me distingue. Du coup forcément, je suis le contraire de toi. T'avais qu'à pas te diviser, abruti !
   — J'avais pas le choix, tu le sais bien. C'était ça ou rien.
   — Peut-être, j'dis pas non, mais maintenant, faut assumer. Allez, salut, connard  !

  Dieu resta songeur. C'était donc lui qui faisait tout péter. Quel que soit le plan, la formule, il lui glisserait toujours un grain de sable qui mettrait tout par terre comme un château de cartes. C'est si difficile de construire et si facile de détruire. Aussi allait-il se résigner lorsque lui vint une autre sacrée idée. Soudain, tout lui sembla clair. Ses créations étaient vulnérables pour une simple raison  : il ne les défendait pas de l'intérieur. Parfaitement conçues certes, il leur manquait quelque chose, peut-être même l'essentiel. C'était encore une question d'énergie. Il les lançait et la mécanique s’enclenchait bien, mais une fois qu'elles avaient épuisé toute leur énergie cinétique, pfuit, plus rien ! En réalité l'autre n'avait pratiquement aucun effort à faire pour tout foutre en l'air. Il leur fallait une sorte de carburant interne, un truc qui brûle en permanence et ne cesse de se renouveler. Et c'est là qu'il l'eut son idée de génie. Le carburant ce serait... lui, lui avec cette volonté infinie d’être, d'être plus et plus encore, plus intensément, plus profondément. Oui, bien sûr, il y avait l'autre, en embuscade, mais s'il habitait sa création intimement, chaque fois que ce salopard ferait un accroc, une brèche, une blessure, il serait là présent au secret des structures les plus intimes pour recoudre, réparer, consolider, toujours et toujours. À chaque fois il aurait la parade.

   Alors Dieu prit une grande inspiration, comme un plongeur avant de se laisser aller dans le grand bleu, il se remplit de milliards de milliards de formules, se rétracta tout au fond de lui-même pour n'être plus qu'un minuscule point condensé d'énergie infinie où il n'y avait rien d'autre qu'une colossale volonté d'être, puis il se laissa aller, explosant dans toutes les directions, harmonieusement.



« Modifié: 16 Août 2020 à 18:19:46 par Claudius »
cent fois sur le métier...

Hors ligne Cyr

  • Prophète
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Re : Comment Dieu vint au monde
« Réponse #1 le: 28 Octobre 2017 à 12:41:58 »
Il me semble que l'originalité est bonne dans la forme et l'idée de ton texte. Par contre cela manque un peu de concision, après avoir lu certains passages je me demande où tu veux en venir. Pour ce qui est de l'harmonie, j'ai l'impression qu'il y a 2 registres de langue l'un familier et puis un autre et on est amené à basculer de l'un à l'autre, ce qui n'est pas forcément déplaisant mais rend l'écriture peut-être plus difficile, non?
Enfin j'essaie d'apprendre aussi, en te lisant.  :-[
"Il y a deux sortes de poètes : les bons, qui brûlent leurs poèmes à l'âge de dix-huit ans, et les mauvais, qui continuent à écrire de la poésie jusqu'à la fin de leurs jours." Umberto Eco

Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 235
Re : Comment Dieu vint au monde
« Réponse #2 le: 28 Octobre 2017 à 17:01:57 »
"  Par contre cela manque un peu de concision, après avoir lu certains passages je me demande où tu veux en venir "

Houston, nous avons un problème !
cent fois sur le métier...

Hors ligne Cyr

  • Prophète
  • Messages: 622
Re : Comment Dieu vint au monde
« Réponse #3 le: 28 Octobre 2017 à 20:33:06 »
Rire. J'ai vu que tu voulais réconcilier Dieu avec la théorie du big-bang.  :D
"Il y a deux sortes de poètes : les bons, qui brûlent leurs poèmes à l'âge de dix-huit ans, et les mauvais, qui continuent à écrire de la poésie jusqu'à la fin de leurs jours." Umberto Eco

Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Comment Dieu vint au monde
« Réponse #4 le: 29 Octobre 2017 à 11:14:30 »
Ah ben tu vois, Quand tu  veux !
cent fois sur le métier...

Hors ligne Quaedam

  • Calliopéen
  • Messages: 462
  • Jean-Michel Palaref
Re : Comment Dieu vint au monde
« Réponse #5 le: 29 Octobre 2017 à 13:41:30 »
Salut Hellian.
Je vais essayer d'être constructive avec ton texte.
J'ai lu dans tes commentaires que tu avais une vue déficiente. Je vais relever des fautes d'orthographe et de « frappes ». Si, néanmoins il t'est impossible pour difficile de les corriger, n'en tient pas compte:)
De même, si mes critiques sont difficiles à lire parce que je cite beaucoup, n'hésite pas à me demander de remanier ce commentaire pour qu'il te soit bien intelligible.

Citer
Çafaisait un bail
Il manque un espace entre « ça » et « faisait ».

Citer
Çafaisait un bail, une paye, bref, un certain temps
J'aime bien la manière dont tu relativises le temps écoulé avec l'euphémisme « un certain temps » à la fin d'une gradation familière. Ca donne le ton du texte, assez humoristique.

Citer
Tu te succèdes à toi-même, C'est ça qui est bien
La virgule après « toi-même » devrait être un point.

Tu mélanges beaucoup les temps, ce qui brouille la cohérence du texte. Notamment « il existait quand même » surtout que cette phrase pourrait tout à fait être au présent à moins que Dieu soit mort.

Citer
La belle affaire ! n'importe quel 
Il manque la majuscule à « N'importe »

Citer
 si faut pas bouger
Je pense que la faute est volontaire, néanmoins, écrire « s'il faut pas bouger » ne gêne ni le rythme ni ne trouble le ton. A mon avis, le ton familier peut totalement emmagasiner cette correction.

Citer
Dieu qui était parfait et con
n'importe quel pape te confessera que la perfection est la version religieuse de la connerie.
Du coup dire que Dieu est parfait et con n'est-ce pas complètement un pléonasme dans ton récit ? Peut-être que l'ajouter entre deux tirets pour marquer ton insistance serait plus cohérent dans ton texte. Ou dire "parfaitement con" pourrait aussi ajouter du comique sans être un pléonasme.

Citer
Qui lui en aurait fait grief 
Je ne suis pas fan de l'expression « faire grief », « tenu grief » me semble plus juste.

Citer
Non seulement, il n'était plus seul,
Je ne comprends pas pourquoi tu coupes entre « Non seulement » et « il n'était plus seul ». Ca n'a pas de sens.
Ce "non seulement" est répété une phrase plus loin, ce qui alourdit ton texte sans pour autant construire de parallèle.

Citer
 aller retour 
Il manque un tiret entre aller et retour

Citer
l'intéressé y éprouva plus que du plaisir, de la jubilation
Je mettrais un double point ici, puisque l'intéressé [dieu] éprouve de la jubilation au-delà du plaisir et non un sentiment au-delà de la jubilation (enfin je crois).

Citer
commença par s'irriter
Je remplacerai le « par » par un « à » qui me semble plus grammaticalement correct.

Citer
 un arsenal de questions sur la liberté du style
Alors là, je ne sais pas trop (parce qu'il y a pas mal de problème de ponctuation dans le reste de ton texte) : est-ce que tu n'as pas mis de virgule pour laisser planer le doute entre le « style » (la stylistique, la mode) ou « style » (« dans le genre de », « dans le style de », « par exemple »)?

Citer
tu es les deux à la fois  . C'est du grand n'importe quoi !
Deux espaces de trop entre « fois » et « c'est ».

Citer
 Certains initiés disent qu'il retentit encore dans l'univers et qu'à l'inverse de ce que prétendent des gens mal informés, loin d’être son rire c'est ce hurlement qui constitue le bruit de fond de l'univers
Hum... tu as donc induit ton lecteur en erreur :D

Citer
 —  Non de moi, qu'ai-je fait,   pensa-t-il ?
Ca m'a fait rire. Bien trouvé^^
Par contre, je pense qu'une majuscule à Moi couronnerait le tout, puisque ce qui se rapporte à Dieu, est dans les textes classique et religieux, désignés avec une majuscule. D'ailleurs, ça pourrait s'appliquer à tout son texte pour jouer entre d'avantage entre le sacré et le prosaïque.

Citer
 en si prenant
En s'y prenant (avec un y)

Citer
Cette perspective lui redonna la pêche le faisant sourire de béatitude
Je mettrais une virgule entre « la pêche » et « le faisant » pour mieux découper la phrase et laisser respirer le lecteur.

Citer
dans un ciel de quatorze juillet
Alors, en tant que française, je comprends bien l'image. Mais c'est non seulement très anachronique (hors visiblement Dieu ne fait que des hypothèses sans « prédire » l'avenir dans ton texte, mais en plus, ce n'est pas très universel mais un texte qui l'est, lui).

Citer
qu'il y ait place pour   deux bidules comme toi 
Trois espaces en trop entre « pou » et « deux ».

Citer
 ?  c'est mon destin.
Un espace en trop entre le point d'interrogation et « c'est ».

Citer
lui vint une autre sacrée idée
Très beau jeu sur le sens de « sacrée ».

Citer
il se remplit de milliard d'équation pleines d'inconnues
Ca fait un peu trop échos à un passage juste au-dessus. Certes, cette fois, c'est lui qui se remplit, mais du coup, on a l'impression que Dieu s'apprête à refaire les mêmes erreurs et s'en va en direction d'un nouvel échec.

Citer
et d'amour,
Et d'amour ? Autant pour la volonté d'être, je comprends (il dispute, il s'ennuie, donc pourquoi pas) mais d'amour ? Ca sort de nulle part. On le voit se disputer mais à aucun moment il fait preuve d'amour dans ton texte. A aucun moment ses créations ne sont motivées par autre chose que de tromper son ennui ou de prouver à l'autre qu'il existe et qu'il peut le défier.

Globalement, ton texte est très plaisant à lire. Je suppose que pour la ponctuation tu n'y peux pas grand chose, mais ça a malheureusement tendance à brouiller tes intentions (même si la lecture dans sa globalité n'est pas trop perturbée).
J'ai bien aimé ton interprétation de la cosmogonie, c'est original et ton humour me plaît. J'ai adoré le mélange des registres parce qu'il est fait avec subtilité parfois et d'autres fois avec de gros sabots. ( Comme le « nom de moi » et « sacrée idée ».) Les références aux équations, à l'énergie cinétiques et d'autres touches de vocabulaire scientifique est très amusant et sous-entend le Big-Bang.

Merci pour cette lecture.

Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Comment Dieu vint au monde
« Réponse #6 le: 29 Octobre 2017 à 16:34:57 »
Quaedam,

Je tiens à vous remercier tout particulièrement pour votre remarquable travail de correction aussi minutieux que pertinent.

J'ai fait mienne toutes vos observations, tant sur la forme que sur le fond.

Il est vrai que je ne peux en aucun cas me relire, me limitant à faire confiance à la reconnaissance vocale dont je me sers et qui, en dépit de ses défauts, s'avère d'un précieux secours. J'ai pu effectuer les corrections assistées d'une tierce personne. Quant à la lecture, elle m'est rendue possible grâce à un autre logiciel qui me délivre une lecture relativement correcte des textes sous format PDF. Je ne saurais trop bénir l'informatique sur laquelle je demeurerai illettré.

Encore une fois, grand merci.
cent fois sur le métier...

Hors ligne Manu

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 543
Re : Comment Dieu vint au monde
« Réponse #7 le: 01 Novembre 2017 à 11:35:35 »
.

« Modifié: 13 Juillet 2022 à 18:04:41 par Manu »

Hors ligne Quaedam

  • Calliopéen
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  • Jean-Michel Palaref
Re : Comment Dieu vint au monde
« Réponse #8 le: 01 Novembre 2017 à 17:59:13 »
Je suis contente de t'avoir aidé dans ce cas!
Au plaisir de te lire de nouveau :)
(La technologie, c'est formidable, je ne me serais pas doutée de ta mauvaise vue si je n'avais pas lu les commentaires ou tu en parles.)

Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Comment Dieu vint au monde
« Réponse #9 le: 06 Novembre 2017 à 12:55:41 »
Manu,

Je suis très sensible à tes compliments, ce d'autant  qu'ayant eu de mon côté le plaisir de lire certains de tes textes, force m'est d'admettre que ton commentaire est celui d'un connaisseur. Oui, j'admets que la création du monde est un truc assez ambitieux, mais je veux croire que s'il y a quelque chose ou quelqu'un à l'origine du projet, sa première qualité doit être celle de l'humour sinon, il n'aurait probablement pas fait un truc aussi tordu.
cent fois sur le métier...

Hors ligne txuku

  • Calame Supersonique
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Re : Comment Dieu vint au monde
« Réponse #10 le: 06 Novembre 2017 à 14:37:25 »
Bonjour

Un texte qui m a plu !!! ;D



J ai decide d abandonner l atheisme !!! ;D ;D
Je ne crains pas d etre paranoiaque

"Le traducteur kleptomane : bijoux, candelabres et objets de valeur disparaissaient du texte qu il traduisait. " Jean Baudrillard

En ligne Alan Tréard

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Re : Comment Dieu vint au monde
« Réponse #11 le: 06 Novembre 2017 à 15:42:44 »
Bonjour HELLIAN,

Alors, pour ma part, j'interviendrai sur la narration.

J'ai eu un peu de mal à suivre le fil narratif de cette histoire, et je me demande s'il n'y aurait pas quelque moyen de faciliter ma compréhension des enjeux.

J'ai pu remarquer que tu faisais le jeu entre quelques mots d'humour et des questions plus métaphysiques, plus intellectuelles ou spirituelles.

Peut-être essayer de privilégier l'essentiel de ce que tu veux apporter à tes lecteurs te donnerait quelques pistes pour améliorer l'ensemble ?

Concernant le dialogue :

     —  Mais pourquoi fais-tu ça  ?
     —  Réfléchis un peu, bourrique  ! Tu sais bien que je suis une partie de toi
     — Et  alors  ?
   — Alors  ? Mais t'es un vr ai crétin, toi  ! Peux-tu imaginer un seul instant qu'il y ait place pour deux bidules comme toi  ? L' Absolu, c'est bien ton programme, idiot tout puissant  ?
Dieu qui commençait à s'habituer à la vulgarité de son interlocuteur, préféra ne pas relever.
    — Comment veux-tu qu'il en soit autrement ? C'est mon destin.
   — Eh le mien, c'est quoi  ? Hein, je fais quoi, moi pour exister  ? Deux absolus ensemble, tu vois le travail, pauvre tache  ?
       —  Je te le concède, c'est pas compatible  !
 — Eh bien voilà, t'as tout compris, fallait bien que je me distingue. Du coup forcément, je suis le contraire de toi. T'avais qu'à pas te diviser, abruti  !
  — J'avais pas le choix, tu le sais bien. C'était ça ou rien.
  — Peut-être, j'dis pas non, mais maintenant, faut assumer. Allez, salut, connard  !

C'est vraiment très mis en scène (on se croirait au théâtre), cela fait peut-être un peu trop la rupture avec le monologue intérieur de ton Dieu. Après, c'était peut-être l'effet recherché, donc à voir ce que vaut mon impression.

Et voilà, heureux de découvrir ce que tu écris, ça fait un peu de fraîcheur !

Hors ligne HELLIAN

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Re : Comment Dieu vint au monde
« Réponse #12 le: 06 Novembre 2017 à 17:14:18 »
Merci pour ton appréciation et cette « fraîcheur » que tu as pue discerner. Il est vrai que des questions abordées, mine de rien, sont à la fois de caractère théologique et téléologique. Cela étant, j'ai délibérément voulu demeurer sur un registre apparemment non sérieux. D'un autre côté, je ne crois pas qu'il faille trop prendre la main du lecteur. À lui de faire le tri et peut-être de garder le cap en dépit des quelques petits récifs.

En tout cas merci beaucoup de ton passage.

Merci de bien vouloir excuser les éventuelles erreurs orthographiques. Ce commentaire est établi à l'aide d'une reconnaissance vocale, et je ne puis en assurer la correction en raison d'une déficience visuelle importante
cent fois sur le métier...

En ligne Alan Tréard

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Re : Comment Dieu vint au monde
« Réponse #13 le: 06 Novembre 2017 à 17:40:41 »
Oui, très enrichissant ! Toutes mes amitiés.

Hors ligne Plulume

  • Buvard
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Re : Comment Dieu vint au monde
« Réponse #14 le: 07 Novembre 2017 à 20:48:08 »
Bonsoir,

J'aime ton texte, il me parle énormément. En fait, j'adore les théories improbables ou saugrenues sur le commencement de l'univers (Donc oui, tu partais gagnant au départ...).
C'est sacrément bien écrit et j'admire la justesse de tes réflexions. Le contraste entre le langage soutenu et familier est très fort.
Tu as tous mes encouragements :)

En espérant te lire une prochaine fois.


 


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