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Auteur Sujet: Le jour où j'ai arrêté de procrastiner [V2 07/18]  (Lu 4223 fois)

Hors ligne Aléa

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Le jour où j'ai arrêté de procrastiner [V2 07/18]
« le: 27 Octobre 2017 à 22:41:10 »


Enfin, j’y suis. Enfin !
 Les muscles noueux de mon dos poussent un soupir de soulagement, je peux – enfin ! – étirer mes bras en grand. La palme de mes mains, libre, se dilue dans l'air de cette fin de journée. Mes doigts s’ouvrent avec la lenteur d’une plante carnivore. Libération divine. Je dévore l’air frais, m’en gave à m’en éclater les poumons.
 Je souris béatement à la porte qui claque dans mon dos. Je souris aux passants des rues à venir, sans les avoir encore vus : aujourd'hui ils seront beaux. Leur vie qui défile dans leurs yeux, tout projetés en avant qu’ils sont par la force de leurs préoccupations. Cette force. Je les rejoins. Enfin unis dans la même solitude : le pas hagard des jours passés, je le lègue à d'autres.
 Aujourd'hui – ce soir à venir et demain – je le sens, le renouveau est là : j'arrête de procrastiner. Enfin je vais écrire.
 Oui, aujourd'hui j'entends à nouveau la musique du monde dans son concerto allegro, dont je ne pouvais plus supporter la permanence depuis... depuis…


C'était dans l'air depuis ce matin.
 Ce matin, pour la première fois depuis trois mois, je n'ai croisé aucun collègue dans le bus. Il n’y avait que ma musique – I want to break free.
D’habitude, ma seule joie des matins moroses consiste au ballottement du bus sur les dos-d'âne. Son cahot, suffisamment sourd, vient taire les tribulations sur l'avancement spéculatif de l'exachromie péruvienne rotative à rouleaux porte-plaques – sujet cher à mes si chers collègues. Tous les matins, c’est un drapeau en feuilles de calculs croisées qui se plantait sur l'autel de mon seul refuge, ma musique. Musique témoin de mes nuits, souvenir de mes jours. Je l’apprendrais plus tard, toutes ces discussions inutiles et subies n'existeront plus.
 Durant le reste de la journée, j’ai oublié ce doux moment du matin. Les aiguilles des heures se sont poursuivies à leur usure quotidienne. Jusqu’au point culminant du midi, dont j’aurais préféré oublier l’existence. Un pot de service. Drame aigre-doux de la vie en open-space.
Ce qu'il s'y dit – ce qu'ils disent, les chefs – lors de ce genre de réunion informelle, tourne en boucle d’une fois sur l’autre. Une boucle arrosée de fausses blagues rigolardes et de punch sous-alcoolisé, avec en toile de fond, une quête de renseignements sur les membres du service. Ambiance Kremlin en guirlandes roses.
 Ils disent alors que chacun a sa place dans l’équipe, que notre service a une personnalité, un équilibre unique où chacun joue un rôle Capital. C’est la grande pièce de notre entente commune, représentation plus de trente-cinq heures par semaine, heures supp’ non payées. Ils disent que chacun apporte sa pierre à l’édifice, que c’est comme ça qu’on fait les monuments – ils aiment les métaphores et les slogans, c'est bon pour la cohésion. Philosophie de bureau. Ils disent que Muriel, sa pierre, c'est le rire. Ils disent que Jippé, lui, c'est les mots pas plus hauts les uns que les autres, que Benjamin c'est les cookies et que moi, c'est la retenue. Puis ils rient et s'abstiennent de parler pour eux, personne n'ose le faire. Ils ont acheté des guirlandes pour notre petite fête, après tout, qui oserait. Alors une fois le punch sans alcool fini, on repart tous avec notre petite pierre autour du cou, et moi, je m'enfuis noyer mon ennui dans un café lui-même noyé à la flotte.
 C’est lors de ma fuite pause-café que j'ai discuté avec quelqu'un. Rien d'exceptionnel, une quelconque discussion, une habituelle, dictée par l'urgence plus que par le repos. C’est avec cette personne, quelconque elle aussi, que j’ai discuté bus du matin. J’ai ainsi appris l'existence d'une autre ligne passant par mon quartier et qui, même si elle fait marcher un peu plus, est moins fréquentée et ah... dix minutes, déjà, c’est l'heure de retourner bosser.
 J'ai fumé le filtre, un peu. J'ai souri en dedans. On a dû y retourner, heureusement. Si la conversation avait duré, j'aurais entendu un discours morne et plat sur « l’importance du changement, de varier sa routine », et m'entendre moi-même répondre à ça, je ne l'aurais pas supporté.


 En y repensant, je crois en effet qu’au cœur de ce marasme du bus matinal, se lovait déjà tout contre moi, en boule farouche, la douce perspective d'un soir apaisé. D’un ciel rosi de rayons, transfigurant le simili gris du ciel en reliefs vivants, redessinant le caractère des nuages.
J'y pense, à ce ciel vu au matin, tandis que je rentre chez moi. Je marche entre des bouts de discussions perdues. Je slalome entre les sons de cloches lointaines et les vrombissements de moteurs. Je souris à des inconnus, à cette belle inconnue n'ayant osé m'adresser un regard franc – bien que j'ai pu sentir, en coin de paupière, se sacrifier un brin de désir pour des instants sans avenir.
 J’ai de la tendresse pour les autres, ils me touchent sans plus atteindre mon moral. J’ai de la tendresse pour leurs airs contraints, égarés, plein d’espoirs et de préoccupations. Le monde mon miroir. Dans la foule, seul le sourire du bébé voit la lumière qui m'auréole à cet instant. Parmi les visages, j'aperçois la sagesse serpenter le long de rides, sous des yeux qui voient au-delà de la vie. Et puis, et puis, d’autres corps encore se bousculent, ils n’impriment plus que de la clarté en moi.
 Un courant d’air passe gonfler mes poches vides, je file allègre sur les trottoirs. Cette idée de renouveau, sa force brute, m’inonde tout entier. On se cherchait depuis si longtemps, on se retrouve enfin et l’on valse ensemble derrière le masque de ma peau. J’enlace ma peau.
 Je vole au-dessus des trottoirs d'un bond de chat agile, presque sans toucher le bitume. Survol entre les infinis. Je me dis qu'une telle légèreté ne parviendrait même pas à tuer les milliards d’êtres microscopiques qui vivent au sol. Je rêve d’une seconde qui est pour eux un millénaire, je ne les inquiète pas. Au-dessus de moi, les nuages noirs se font paix à travers un ciel qui s’apprête à se coucher, sans hargne ni combat, plus jamais. Les figures de mes peurs se révèlent n'être que des craintes : ce sont les ombres de la vie quotidienne, qui sans lumière ne sauraient prendre forme.
J’idéalise, je le sais et j’en jouis.
 Avant ce jour, je ne comptais plus les mois, les années passées à vivre dans le gris. Rien qu’en y repensant, ma motivation frissonne du claquement de cette porte de bureau, habituée à s’enfuir à ce bruit. Le bruit de mes pas résonne comme cet autre écho : celui de cette porte. Cette porte métallique qui claque encore et encore, des milliers de fois dans ma tête. Je la vois en accéléré dans mes souvenirs, cette porte qui claque, qui claque, qui claque et qui coince mes rêves dans ses gonds. C’est mon corps qu’elle claque à répétition, mon énergie. La nuit c’est sur son râle que je m’endors.
 C’est le secret de mon sommeil si profond : je couche dans une cathédrale à l'architecture vertigineuse, composée des cadavres de mes rêves fossilisés. Je passe ma main sur mon visage, m’attendant à un possible roulis de rides. Je ne sais pas combien j'ai pu vieillir tout ce temps, quel âge j’ai, combien j'ai pu dormir ?


 Je me souviens des après-midi, des matins, où les LED bleues de l'écran, où les cafés espérés solitaires, se muaient en rage créatrice – dans mes songes un autre corps que le mien se projetait sur la page blanche et la remplissait, la remplissait, la remplissait. Je me vois désormais, plus clair encore que dans ces ersatz hologrammes d'échecs – ce n'étaient que des échappatoires présents qui, pressés, gâchaient la réserve de mon énergie future. Mais ici, maintenant, mes pieds funambules savent d'avance où sont les pièges, mes visions sont claires et ma joie réfléchit d'un fer forgé à la matière du soleil. Je m'efforce même de ne trop m'y projeter, de trop en poser les mots et les formes : je m'excite sans me dévoiler pour garder ce désir qui enfin m'anime.
J'en avais oublié à force d'espérer, que le tripalium de mes pensées néfastes se nourrit d'illusions qui se chassent par l'acte. J'acte.
 Il y a dans mon couloir et dans ma chambre des ombres qui m'attendent ; un Jésus dans mes yeux y enfante sa ferme bonté : ma volonté est faite.
J'y suis, à la porte solennelle de mon immeuble. Cette antre du monstre du quotidien : mon chez moi. Cette porte à elle seule garde mes rêveries de réussite, comme un cerbère jaloux. La passer sans me détourner, c'est l'assurance et la victoire – j'ai vu en venant le café du coin et ses bières oublieuses, ses conversations de sirènes cirrhoses ; le cinéma des délices, ce bouddha auquel on remet son âme durant des heures, pour en ressortir comme un homme d'un autre temps découvrant les projections du futur ; les pavés, bien sûr, le pied à terre pouvant assurer l’existence du monde au cours de déambulations nez au ciel. L'impression d'union avec la surface des choses. L'impression seulement. J'ai balayé d'un revers toutes ces tentations. La passer, cette porte, c'est me réaliser – je suis un rêve vivant. J'inspire, j'expire un grand coup les toxines du doute – j'ai de l'or en fusion qui coule dans mon cerveau.


 Le spectre de ma main qui enfin agit sur le réel : le décor du monde est une feuille de papier. En toile de fond, la cage d'escalier, ses poubelles qui gisent dans un recoin, honteuses d'être dans l'ombre des ampoules nues, elles se cachent – mal.
 Ma main trouve la lumière d'instinct, le geste juste. À son déclic des miaulements retentissent. Deux semaines auparavant dans le local à poubelles, la grasse chatte du concierge a expulsé de ses entrailles une flopée de petites boules de chair – je dis de chair car j'étais là ce jour, la porte s'était refermée sur moi et une pénombre gémissante, remplie de sang. Ce que j'ai vu – tâtonnant pour trouver une lumière à donner à la scène : des petites boules de chair à vif, à peine en vie, rampant comme des viandes meurtries sous les hurlements de leur génitrice. Aujourd'hui – et hier – elles sont devenues des flammèches de vie, des boules de duvet tétant aux mamelles toute la douceur de l'espoir de vivre. Le regard serein de la mère me salue comme un frère, comme un égal nourricier de minuscules rêves affamés. Je la salue en retour, de ce regard animal apaisé, fermant doucement les yeux à mi-clos pour les rouvrir tout aussi lentement.
 Le bois craque, la rambarde lisse polie fraîchement. Au deuxième étage, guitare électrique, solo non maîtrisé. Ici on apprend, on rate, on recommence, on s'acharne – je devine le visage rageur du musicien rien qu'au rythme de ses doigtés.
 Je monte en fermant les yeux : je me trouve au-dessus de ma page, coupé de tout le reste, à ma petite table de travail avec de la musique, oui, ma musique, cette musique de Proust que j'aime et que j’entends sans entendre, qui survit en moi et me porte. Une porte s'ouvre et claque deux étages plus bas. Je me concentre, ce sont les derniers efforts.
 Chaque pas est une marche, chaque marche m’élève plus haut, l'air s'y fait plus difficile mais si gratifiant. J'oxygène mon cerveau : chaque marche m'éloigne du sol, où se trouve comme un mirage trompeur tout ce qui m'épuise inutilement. Tout ça s'efface dans les arrêtes du plafond, tout ce qui n'est pas dans la lumière n'a sans doute jamais réellement existé.
 Au cinquième, un bébé pleure ; ici la lumière de l'immeuble ne marche plus, je finis de monter dans le noir. Chaque retentissement de mes pas marque une seconde, une seconde que je bats à la forge de mon effort cardiaque, une horloge qui est ascensionnelle.
 J'y suis. Je dévore mon palier d'un sourire carnassier. Je bous. Essoufflé enfin j'y suis et c'est tout mon corps qui y va de lui-même : dans un seul élan non ralenti, la clé glisse dans la serrure et la porte s'ouvre.


« Bah alors, tu rentres tôt aujourd'hui feignasse ! »
Nez à nez avec mon coloc', drapé mi-nu à la romaine dans un plaid parsemé de trous de boulettes, une cafetière à la main. Il disparaît dans la cuisine, vrombissements.
« Café ?
– Non merci. »
J'enlève mes chaussures ; il déambule en caleçon, le liquide noirâtre à la main – les ressorts du canapé-lit couinent atrocement. Chants de supporters venant de la télé, jeu de foot en pause. Rideaux noirs aux liserés gris.
« Toujours pas de lumière ici ?
– Non ! Mais je suis sorti acheter des ampoules, j'avais plus de clopes. Elles sont par là... »
Je me demande combien il faut de fumeurs de beuh pour changer une ampoule.
« On n'a plus de bières non plus, j'avais plus de thunes. D'ailleurs en faisant la lessive, t'as pas vu tomber un billet de dix ? J'crois que je l'avais laissé dans une poche... 'Fin bref, si à l’occase tu sors ce soir... Parce que j'ai fini les pâtes aussi ce midi. Tu me passes le cendar' ? »
Il me fixe une seconde. Je ne bouge pas. On entend un rythme régulier qui cogne contre les murs, fond sonore de râles, de jouissances, de sexe animal.
« T'as l'air bizarre ce soir, t'es sûr que ça va ? »
Ça va, oui ; le cendrier traîne au milieu de chaussettes et de chemises, confondues à la moquette bleue qui paraît noire dans l'obscurité de la pièce. Le salon c'est sa chambre : une sous-location pour éviter nos problèmes de loyer. Lui galère toujours à payer sa part ; les chemises froissées sont les drapeaux blancs de ses échecs face au travail.
« Ah oui Laurène est là, avec son mec.
– J'avais entendu. Ils s’engueulent ou ils baisent cette fois ?
– Les deux en même temps on dirait. Ça doit leur changer.
– Important, le changement. »
Il rit.
« Bon bah, bonne soirée...
– Toi aussi, t'as prévu des trucs ? On pourrait... »
Je n'écoute pas, je vais vers le couloir – lumière allumée – j'entends un « N'oublie pas les bières ! »
 Lampe halogène blanche posée au fond du couloir. Un long couloir inutile disposant trois pièces, un gouffre de place perdue. La lumière étire les ombres aux angles des murs, crépi blanchâtre, corridor aseptique. Les gémissements se font entendre plus fortement, des voix essoufflées s'en mêlent.
« C'est la dernière fois que tu me fais un coup comme ça ! Oh mais oui ! Je te déteste quand tu fais ça mais, oh putain mais vas-y, vas-y, vas-y ! » Deux corps nus qui s’ébattent plaqués contre le mur, accrochés par leurs membres. « Qu'est-ce que t'es belle ! J’ai dit que j'étais désolé putain, je t'aime bordel – han oui putain je te veux ! – mais arrête avec tes conneries ou je vais devenir fou ! Han Haaan ! »
 Les soupirs, les bassins unis, les cris, les peaux qui s’entrechoquent, la sueur, le charnel à pleine main ; les reproches et la jouissance, la culpabilité et l'extase.
 La lumière au bout du couloir : un monde géométrique de lignes et d'ombres. Ma vision qui se brouille, envahie. Je reste dans l'entrée du couloir.


 Toutes ces choses que je dois faire, que je veux faire, ont l'habitude de s'empiler ou de s'agglutiner en file, occupant tout mon espace.
Il y a les soirées passées en boule, au creux d'une couette qui devient abri de naufrage, abri chaud forcé car au dehors se pressent dans l'air les oiseaux du devoir, une tempête que je refuse de voir. Et puis il y a les soirées passées mêlé soi-même aux ombres, car, on ne se cache mieux de la foule qu'en en faisant partie – le canapé, les bières, l'oubli.
 Dans ce couloir, avant cette dernière porte à gauche – la clenche a un pommeau imitation ivoire – je vois chaque fois la même scène étrange, avant d'aller m'enfouir dans mon antre.
Dans le couloir menant à ma chambre se trouve la vision même de l'attente.
 Je vois des chaises disposées contre le mur, comme dans une salle d'attente de dentiste avec, assis sur ces chaises, une dizaine de vieillard.e.s. Ils ont tous le visage inquiet de ceux qui attendent de passer sous la fraise. Ce ne sont pas tous des vi.eux.eilles, mais ils en ont pourtant tous l'air : les plus jeunes portent des mèches grises, des airs lointains propres à ceux qui ont vécu plus d'années que les chiffres ne peuvent réellement en témoigner. Ils tiennent, pratiquement tous, un gros paquet de feuilles dans leurs bras, une sacoche ou une chemise. Ils se cramponnent à leurs genoux ou serrent contre le cœur leurs précieux ; ils triturent un peu leurs bouts de vestes, fouillent dans leurs feuillets pour se donner une contenance, mordillent des stylos. Je crois que c'est leur seule activité de la journée, lorsque je ne suis pas là. Attendre.
 Chaque fois que je me présente à l'angle du couloir, tous les soirs, le rituel se reproduit. Les regards, jusqu'alors perdus dans le vide, se braquent d'une seule personne sur moi et c'est une pluie d'étincelles d'espoirs qui s'abat sur mes épaules. Alors je m'arrête, baisse les yeux, me faufile entre eux en m'excusant du bout des lèvres. Un simple « Pas ce soir. » suivi d'un concerto staccato de discrets soupirs, se tassant à nouveau sur les chaises.
 Au tout début, lorsque les premiers sont venus pleins d'enthousiasme, je leur ouvrais systématiquement ma chambre et ils me parlaient pendant des heures, avec des gestes animés et des regards qui font voyager.
Puis, soir après soir je les ai vus plus nombreux se presser là mais surtout, je les ai vus ne jamais se fatiguer. Ni aux heures les plus tardives de la nuit, ni dans leur enthousiasme constant – une frénésie inaltérable qui m'a vite demandé une énergie que j'avais de plus en plus de mal à régénérer. Je leur expliquais, avec un petit laïus écrit auparavant dans le bus, le pourquoi je ne pouvais plus, la raison de ce « pas ce soir », tout en leur étant reconnaissant de toute la motivation qu'ils me donnaient, leurs conseils intimant à ne jamais cesser de créer.
 Mais, comme les oiseaux charognards de ma chambre-crypte, ils ont fini par ne devenir plus qu’une partie décorative du monument de mon incapacité, à ne plus être qu’une étape à la procession religieuse de ma démotivation.


 Ce soir, j'ai la tête qui bourdonne et mon corps se cloue. Quelque part une terre aride a percé sa croûte sous l'impulsion d'une fontaine inespérée, mais, souterraine, elle n'a sous mes pas fait que créer une crevasse profonde, faisant dériver en continents les émotions de mon buste.
 Là, ce soir, en me voyant à cet angle, une moitié de l'assemblée surprise s'est levée d'un bond. Je remarque une femme en tailleur cardigan et chignon tiré me tendant à bout de bras son manuscrit. Des dizaines de lueurs d'attente se concrétisent – même si elles ne semblent y croire qu’à moitié – leurs souffles s’arrêtent en même temps que ma marche.
Il y a cette lumière blanche en fond, blafarde, qui découpe en démiurge l'espace restreint du couloir : des lignes qui brisent celles du plafond, réparties entre un espace sombre, cosmos nexus, et un éclairage se grisonnant au contact de la matière crépie. Une lumière vive et impersonnelle qui imprègne la rétine. Elle va jusqu'à tirer, dans les barbes et sur les rides, des appendices noirs, des cernes d'ombres qui sont comme soustraites aux visages de mes petit.e.s vi.eux.eilles.
 Regards croisés. Carrefour des hésitations. Des chemises brunes, des manteaux-coton gris se froissent – un peu de poussière tombe. Comme je ne bouge pas et qu'un temps se passe, ils se rassoient, sans brusquerie, mais sans me quitter des yeux non plus. Calmes et résignés, choit un voile de déception hivernal qui les recouvre lentement, tout lentement. Suspension.


 Assis sur le lit, juste au bord. Assis sur mon lit, les mains croisées face à la porte fermée. Silence ; des voix qui se disputent. Draps blancs. Le lit comme d'habitude est fait, propre de la veille – l'odeur de neuf qui l'accompagne. Je reste assis sur sa surface, comme dans un hôtel où rien ne m’appartiendrait vraiment. La lampe de chevet est allumée, à ma gauche, sur la petite table où s'empilent des livres, d'une pile plus haute que la table elle-même.
 Il y a quelque chose de réconfortant dans ce faux silence, qui me laisse dans une expectative étrange : puis-je, dois-je me l'approprier, cette chambre mienne sans l'être ?
Je ne pense à rien ; la porte est blanche, les ombrés des rideaux qui s'y reflètent sont doux.
 Dans la pièce d'à côté le sexe bestial reprend ses rugissements et ses prises, plus fort. Une seconde je pense à mettre du hard rock à fond, dans mes écouteurs ; une seconde je me souviens que je devais écouter de la musique calme et motivante. Une autre seconde s’éternise et il n'y a plus que mon pouce qui masse, en appuyant trop fort, l'intérieur de ma paume, juste entre les os.
 Sur le bureau – c'est la première chose que j'ai fait en entrant dans la pièce – se trouvent en vrac des feuilles vierges, des papiers griffonnés et d'autres carnets non ouverts. Un stylo. Je les ai sortis, préparés tout de suite. Personne n'écrit à ce bureau ; le lit est fait, propre.
 Je le fixe encore, sans me voir y écrire. Je ne vois plus rien, toutes les visions se sont tues. Je sens, pourtant, mon pouce qui insiste à me faire fermer le poing sur du palpable.
Il y a un mètre cinquante de décalage entre moi et la réalité ; il n'y a plus qu'un mètre cinquante entre la feuille et mes idées. Je vois par la fenêtre la nuit qui installe ses heures sur la ville, embrassant les milliers d'ampoules qui la saluent en retour – mini-soleils captifs, ville boule à neige.
 Les particules cotillons lucioles se retournent en moi, un parterre trois cent soixante degrés qui me tapisse et qui, avec les secondes qui s’égrènent, ne semble pas fondre à la chaleur de mes yeux, de mes doigts qui n’y plongent pas. Je n'ose défaire le lit immaculé. Je n'ose détruire, je n'ose construire : je me suis vu trop beau, trop auréolé, j'ai vu trop grand s’élever sur les fondations de ces pages blanches... et pourtant je n'ose défaire le lit.
 Il y a, comme un vestige témoin, une dernière lueur dans ce ciel qui se drape d'espace, un dernier rayon violet qui vient mourir sur mon oreiller. Je sais qu'au fond du lit-cocon se trouvent les germes de l’inaccomplissement, le sommeil amniotique et douillet.
Si je n'ai pas la force encore d'affronter la feuille, j'ai aussi perdu, ce jour, cette heure, cette force morose de l'inaction coupable, si je ne les surmonte pas je suis perdu. Alors je me dis, enfin, qu'à défaut de faire mieux il faut bien commencer par une étape, une marche, si petite soit-elle.
J'ouvre la porte et passe la tête, timidement, pas fier. Sans un mot la petite femme au chignon tiré vient vers moi. Elle a le sourire qui porte, tel Atlas, les piliers de la bonté du monde.
Elle me parle toute la nuit.
 Cette femme me donne ce que je désespérais de retrouver, et qui attendait là, sur le palier de ma chambre : l'envie d'écrire.
« Modifié: 17 Juillet 2018 à 12:44:21 par Ben.G »
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

Hors ligne Quaedam

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  • Jean-Michel Palaref
Re : Le jour où j'ai arrêté de procrastiner
« Réponse #1 le: 28 Octobre 2017 à 19:15:20 »
Salut Ben.G:)

Premier texte que je lis de toi, et je suis désolée, mais c'est la première fois que je m'arrête au milieu d'un texte court. Je suis allée jusqu'au changement d'itinéraire journalier.

Je pense que j'ai beaucoup de mal avec ton style d'écriture. Il n'est pas mauvais, mais je pense que toutes les remarques que je feraient tomberaient à côté de la plaque. Les phrases longues, sans verbes, percées de précisions sans rapport avec le propos, sont des mystères hermétiques pour moi. Je pense que d'autres lecteurs appréciaient le style mais il me fait penser aux essaies philosophiques ou sociétaux que je lis de temps en temps, où je dois lire quatre fois une phrase pour comprendre qui est le sujet de ce verbe, trois lignes plus loin.
Je n'apprécie pas cette forme de stylistique, qui me résiste et me frustre – je l'admets. Je ne comprends pas pourquoi tu choisis certaines formes. Je suppose que c'est toujours intentionnel, mais il m'est difficile de savoir pourquoi.

En passant rapidement sur le dialogue avec le coloc, je vois que tu as aussi un style plus léger. Peut-être qu'une introduction un poil mois touffue permettrait à plus de personne d'avoir accès à ton récit. Mais après, ton style est ton style et je n'ai pas la prétention de dire qu'il est mauvais. Il m'est trop lourd à lire :)
Désolée de ne pouvoir être plus utile ^^

En ligne Rémi

  • ex RémiDeLille
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  • Trou Noir d'Encre
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Re : Le jour où j'ai arrêté de procrastiner
« Réponse #2 le: 29 Octobre 2017 à 00:10:02 »
Salut Ben :)

Citer
sans les avoir encore vu.
vus

Citer
dont j'ignorais, dont je m’efforçais, dont je ne pouvais tout simplement plus en supporter la permanence depuis...
je vois l'idée, mais la phrase est quand même foireuse grammaticalement

Citer
une quelconque discussion de pauses-clope, qui rythment l'urgence plus qu'elle ne reposent.
rythme
repose

Citer
Cette personne, quelconque elle aussi, ne faisait que me recueillir, sans le savoir, fuyant un pot organisé par mes collègues.
je capte pas le sens de "recueillir"

Citer
Ils disent que chacun à sa place dans le service, que notre équipe à une personnalité,
les à, c'est pas le verbe avoir  ><

Citer
Puis ils rient et s'abstiennent de parler pour eux-même – et personne n'en a la force non plus, qui pourrait faire plus que leur gentillesse d'avoir acheté des guirlandes pour notre petite fête quelconque ?
je remplacerais la virgule par un point pour éviter de se tromper sur le sens du "qui"

Citer
Alors on repart tous avec notre petite pierre autour du coup,
cou

Citer
une ligne que je pourrais prendre et amenant dans le quartier,
pas top le participe présent, je trouve

Citer
on a du y retourner ; si la conversation avait duré, j'aurai

aurais

Citer
qui bien que n'ayant osée m'adresser un regard franc,
osé

Citer
qui bien que n'ayant osée m'adresser un regard franc, j'ai pu sentir en coin de paupière se sacrifier un brin de désir pour un instant inachevable.
"qui" devrait être le sujet d'un verbe, non ?

Citer
ces nécroses du fond de mon âme respirent un terreau frai.
frais

Citer
je me dis qu'une telle légèreté ne pourrait même parvenir à détruire les milliards de microcosmes inconcevables qui vivent une seconde comme des millénaires
même pas ?

Citer
Je me souviens les après-midi, les matins, où les LED bleues de l'écran, où les cafés espérés solitaires, se muaient en rage créatrice – dans mes songes un autre corps que le mien se projetait sur la page blanche et la remplissait, la remplissait, la remplissait. Je me vois maintenant, plus clair encore que dans ces ersatz hologrammes d'échecs – ce n'était que des échappatoires présents qui, pressés, gâchaient la réserve de mon énergie future. Mais ici, maintenant, mes pieds funambules savent d'avance où sont les pièges, mes visions sont claires et ma joie réfléchit d'un fer forgé à la matière du soleil – je m'efforce même de ne trop m'y projeter, de trop en poser les mots et les formes, je m'excite sans me dévoiler pour garder ce désir qui enfin m'anime.
j'aime beaucoup ce passage
(et tout le paragraphe qui suit aussi)

Citer
la clé glisse dans la serrure et la porte s'ouvre.
tout le paragraphe qui finit pas ces mots est bien chouette

Citer
Tiens tu me passe le cendar' ? »
passes

Citer
les chemises froissées sont les drapeaux blancs ses échecs face au travail.
de ses échecs

Citer
Deux corps nus qui qui s’ébattent plaqués aux murs, accrochés par leurs membres.
kiki :D

Citer
Cette femme me donne ce que je désespérais de retrouver, et qui se attendait là, sur le pallier de ma chambre : l'envie d'écrire.
qui attendait



Clairement, je pense que le début est bien moins bon que la suite ; je trouve que tu en fais un poil trop, parfois tu tortures le français sans que ça fonctionne très bien (pour moi). Après le paragraphe que j'ai noté "j'aime beaucoup ", tout est plus fluide, même si le style est encore présent. Il se fait plus discret - le style - et si les images perdurent (j'adore le concept des vieux qui attendent à la porte), elles passent bien mieux car tout se lit mieux.
Et l'atmosphère est plus palpable, je perçois bien mieux le personnage.

Merci pour la lecture,

A+
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 242
Re : Le jour où j'ai arrêté de procrastiner
« Réponse #3 le: 29 Octobre 2017 à 10:49:46 »
Ne prenez pas à mal mon propos car il est plus louangeur qu'il pourrait vous paraître :

J'ai peiné sur le début. J'ai beaucoup aimé la seconde partie. Il y a, en effet, quelque chose de « diésée liste » dans votre façon d'écrire. En d'autres termes vous devez vous échauffer avant d'accéder à votre rythme de croisière. Beaucoup de finesse dans les derniers paragraphes, le long mûrissement jusqu'à l'écriture, enfin, est remarquablement analysé. Peut-être devriez-vous tenir compte de votre nécessaire mis en condition et revenir sur le début pour entreprendre de le rendre plus tonique par un travail d'élagage des premières pousses car, indéniablement, l'épi finals et savoureux.

Veuillez excuser les éventuelles erreurs orthographiques. Ce texte est écrit au moyen d'une reconnaissance vocale et je ne peux le corriger en raison de mon importante déficience visuelle qui me prive de tout accès à la lecture.
cent fois sur le métier...

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Le jour où j'ai arrêté de procrastiner
« Réponse #4 le: 29 Octobre 2017 à 13:16:48 »
Hé bien, moi, j'ai carrément adoré.

Tu as frappé dans le mille, j'ai vraiment accroché à ta démarche ; ça me parle, je sais de quoi on parle ; je vois le monde d'un autre œil après lecture.

Mes co-lecteurs (ou collègues ? ou confrères...) semblent t'apporter de grosses pistes pour retravailler ton oeuvre, ça peut être une manière pour toi d'élargir ton lectorat (histoire que je ne sois pas le seul crétin à m’esclaffer devant tes écrits) ; j'apporte cependant un petit quelque chose qui me paraît améliorable : c'est la transition entre les situations.

On fait facilement la distinction entre une partie et l'autre, mais le lien demeure plus difficile. Je pense que l'on passe d'une situation à l'autre de manière un peu abrupte, et qu'il y aurait moyen de mieux justifier un passage d'une étape à l'autre.

Sinon, je reviendrai te lire avec plaisir, tu m'as transporté !
« Modifié: 29 Octobre 2017 à 13:22:36 par Alan Tréard »

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Re : Le jour où j'ai arrêté de procrastiner
« Réponse #5 le: 30 Octobre 2017 à 13:10:09 »
Salut tout le monde !

Merci pou vos lectures et vous de vos être arrêté m'écrire un mot. Vos réactions sont assez unanimes pour le coup, j'ai pas assez géré sur le début  :mrgreen: En gros j'ai commencé à écrire ce texte à l'été 2016 (j'ai jamais eu un texte qui portait aussi bien son nom hahaha), et on dirait que j'ai bien réussi à réecrire certains passages, mais que j'ai été carrément trop léger sur le début
 (ce qui est franchement con parce qu'il parait qu'on commence par là). Du coup je suis franchement content que le reste fonctionne tout de même, ca veut dire que j'arrive quand même à aller un peu dans la direction que je veux. Bref je vais retravailler ce début pour que ce soit moins lourd ; y'a plus qu'à !


@Queadam

Hey,
Désolé que n'ai pas eu envie d'aller plus loin. C'est dommage mais en plus d'avoir foiré mon début tu n'auras sans doute pas plus d'affinité que ça avec le reste du style non plus...
Citer
En passant rapidement sur le dialogue avec le coloc, je vois que tu as aussi un style plus léger.
Et oui, je n'écris pas toujours de cette façon  :) On essaye, on tente, on corrige ;)


@Rémi

Merci pour les corrections ! Je m'occupe de ça bientôt.
C'est assez beau à voir comment les remarques se stoppent après ce paragraphe hahaha
Citer
Et l'atmosphère est plus palpable, je perçois bien mieux le personnage.
C'est un peu normal, dans un sens, dans la seconde partie il n'est plus seul dans son délire mais plus confronté à un environnement (même quand il parle de ses collègues, il y pense plus qu'il ne le vit), bref je voulais que le début soit plus lourd, plus abstrait puisqu'il n'y a que ses pensées et ses projections qui prennent tout son esprit. Mais je crois que du coup le début est juste devenu maladroit plus qu'autre chose  :mrgreen:


@Hellian

Je suis tout à fait ouvert à la critique, ne t'en inquiète pas !
C'est sans doute vrai pour le besoin de chauffer mon écriture, je n'avais sans doute pas réalisé... Du coup mes corrections sur le début on été plus difficile
Content que le texte t'ai plu, je vais élaguer ça, et merci encore :)


@Alan
On va éviter le collègues, si tu veux bien, l'humain avant l'étiquette, tout ça !

Pour les transitions je vois pas trop en quoi elles seraient mal justifiées  :\? J'ai fais un peu d'éllipses pour couper quelques minutes d'hésitations et donner les réponses par les situations, pour être plus impactant, mais je prends en compte ta remarque

Content que ca te parles et que l'écriture te plaises ^^



Merci à vous tous,
Au plaisir :)

Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

Hors ligne Aléa

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Re : Le jour où j'ai arrêté de procrastiner
« Réponse #6 le: 13 Juillet 2018 à 14:52:47 »
Salut tout le monde !


Je me permets un petit up  :-[

J'ai bien pris en compte tous les commentaires des camarades, et j'ai pas mal retravaillé la première partie en l'allégeant, en essayant de la rendre plus digeste, bref, le fond change peu mais j'espère que le texte retrouve un peu plus d'unité et de continuité.

(j'ai par contre quelques doutes encore sur les temps à certains endroits, j'ai peur de m'être emmêlé)


Du coup voilà, si quelqu'un passe dans le coin j'aimerais bien avoir une ou deux lectures pour me fixer et m'aider (j'ai dans l'idée de l'envoyer à un AT...  :-[ )


Merci les gnous, des bisous !
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

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Re : Le jour où j'ai arrêté de procrastiner
« Réponse #7 le: 14 Juillet 2018 à 12:40:26 »
Je ressent la vie d'un jeune homme et les émois de son moi, il trotte, il trotte Pensouillard le hamster.

J'ai bien aimé le style d'écriture un peu poétique, le passage avec la naissance des chats. cette histoire c'est un mélange de pas grand chose et de beaucoup d'impressions.
à la fin la petite femme au chignon me semble sortir de nul part, j'ai l'impression qu'il manque quelque chose ou c'est une référence à quelque chose que je ne connais pas.
merci pour la lecture

Hors ligne Say

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Re : Le jour où j'ai arrêté de procrastiner
« Réponse #8 le: 15 Juillet 2018 à 11:19:55 »
Difficile de rester de marbre. Pas le temps pour un commentaire détaillé (j'en ai l'envie pourtant, et il viendra), mais envie de commenter quand même, dans le vif de l'émotion de la première lecture.

Pas évident d'avoir un regard objectif sur le texte - je vais expliquer pourquoi après - mais moi j'aime le style qui tu y emploie je crois. Le bus, le travail un poil aliénant, l'envie d'écrire, refoulée ou revenant en force, tout ça c'est un peu l'histoire de mon année, donc forcément ça me parle, et pas mal de phrases tombent violemment justes. 

Tous mes textes de l'année (quasiment) ont commencés dans la douceur du bus qui m'emmenait au travail, comme dans un moment de transition entre mes deux univers. La musique + la mélancolie de quitter l'appart + les petites secousses du véhicule, c'est un bon incubateur à émotion, et donc à textes !

Cette euphorie d'écrire, tout à coup, qui fait digérer n'importe quel boulot à côté, cette sensation volcanique, de devenir totalement soi au delà de tout ce que les profs nous ont toujours répétés (on est UN METIER, on est UNE SITUATION FINANCIERE, on est...n'imp) et cet amour des gens, un truc de fou !
Une amie me disait que le métro la déprimait, qu'elle avait l'impression que tout le monde était nul et déprimant, et je peut le comprendre. Mais avec la musique, l'envie d'écrire, des mots plein la tête, cet "or en fusion", le monde est si beau, les visages si passionnants et touchants, c'est fou.

Mais tu t'arrêtes pas là, c'est ça que j'aime beaucoup, qui me fait tellement croire à ce texte (je ne sais pas du tout à quel point il est autobiographique, mais je l'ai lu comme ça :x). Il n'y a pas le boulot aliénant VS ce nouveau trajet de bus libérateur. C'est une chose, dans la vie. Il y a le boulot, le trajet de bus, mais aussi l'appart, les colocs, la vie de l'immeuble. En fait la vie est riche est compliquée, et il y a plein de trucs qui s'entremêlent, des trucs beaux et moins beaux, mais des trucs. Et l'euphorie, le temps du trajet de bus, qu'est ce qu'elle devient la dedans ? Ton texte est pas "simple", j'aime bien.

J'aime bien aussi tes dialogues, tes apartés, la description que tu fais des petites choses qui te touchent.
La métaphore de la file d'attente à la fin, je la comprends tellement. Je la trouve un poil maladroite en tant que telle, la façon dont elle est appuyée dans le texte, mais c'est aussi en ça que je la trouve personnelle et touchante. Je suis pas sur le MdE pour lire des textes "bien faits" (au sens commercial du terme), je préfère lire des morceaux de gens, des couleurs et des choses qui bougent , perso : p.

Petite remarque tout de même, histoire apporter quelque chose d'un minimum constructif !
Je ne suis pas fan du premier paragraphe, de la résolution amenée avant la situation initiale. C'est totalement subjectif, mais j'aurais préféré que le texte commence par la phrase "C'était dans l'air depuis ce matin.", qui porte un peu plus de mystère, accroche bien et nous laisse découvrir la situation plus tranquillement (je crois que je comprends aussi l'enfin de commencer le texte par le cri de libération, malgré tout).

J'ai plein d'autres choses à dire, qui viendront sûrement plus tard, j'aimerais bien faire un relevé de phrases ! En tout cas, c'est le premier texte si personnel (je pense) que je lis de toi ! Moins d'absurde et d'humour que d'habitude, mais j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de toi, et j'aime trop.

Léilwën

  • Invité
Re : Le jour où j'ai arrêté de procrastiner [V2 07/18]
« Réponse #9 le: 16 Juillet 2018 à 00:08:17 »
Coucou Ben !

Bon, je suis toujours très mauvaise pour faire des remarques globales alors je vais m'en tenir à j'ai bien aimé ;)
Pour le détail, [Mode hyper-méga-chiantasse ON] (il paraît que c'est pour un AT :mrgreen:)

Citer
Mes doigts s’ouvrent avec la lenteur d’une plante carnivore.
=> j'aime bien l'image !
Citer
Je dévore l’air frais, je m’en gave à m’en éclater les poumons.
=> j'aurais supprimé le 2ème "je" qui "hache" un peu trop la phrase à mon goût (surtout qu'il y a encore des "je" scandés plus loin)
Citer
Je souris aux passants des rues à venir
=> :coeur:
Citer
tous projetés en avant qu’ils sont
=> tout ? (il me semble que c'est l'adverbe ici)
Citer
Enfin unis dans la même solitude : le pas hagard des jours passés, je le lègue à d'autres.
=> j'aime bien
Citer
dont je ne pouvais plus en supporter la permanence
=> ce tronçon est bancal grammaticalement parlant... 2 possibilités :
     - dont je ne pouvais plus supporter la permanence
     - je ne pouvais plus en supporter la permanence
Citer
Ce matin, pour la première fois depuis trois mois, je ne croisais
=> -s ; mais j'aurais plutôt mis "je n'ai croisé"
Citer
I want to break free.
=> :)
Citer
Son cahot, suffisamment sourd, vient taire les tribulations
=> vient FAIRE taire MES tribulations ?
Citer
c’est un drapeau en feuilles de calculs croisées qui se plantait sur l'autel de mon seul refuge, ma musique
=> je vois l'image, mais vu qu'on ne plante pas de drapeau sur un autel (au "pire", on le recouvre cet autel), j'ai du mal (et pourquoi un refuge aurait-il un autel ?)
Citer
Je l’apprendrais plus tard
=> apprendrai
Citer
ça n’arrivera plus
=> je ne comprends pas à quoi "ça" réfère ?
Citer
Les aiguilles des heures se sont poursuivies à leur usure quotidienne
=> on ne dit pas "poursuivre à" (une proposition : "Les aiguilles des heures se sont poursuivies, TOUT à leur usure quotidienne" ?)
Citer
Jusqu’au point culminant du midi
=> j'aurais mis "de midi"
Citer
Drame aigre-doux de la vie en open-space.
=> :coeur::coeur:
Citer
avec en toile de fond une quête de renseignements sur les membres du service.
=> pour moi ça coule mieux si tu mets "en toile de fond" à la fin (avec une quête de renseignements sur les membres du service en toile de fond.)
Citer
où chacun joue un rôle Capital
=> pas de majuscule à "capital" (ou si tu voulais insister, CAPITAL ?)
Citer
heures supp’ non comptées
=> non rémunérées ?
Citer
et moi, je m'enfuis noyer mon ennui dans un café lui-même noyé à la flotte.
=> j'aime bien !
Citer
une quelconque discussion, une habituelle, dictée par l'urgence plus que par le repos
=> j'aurais dit "discussion quelconque" et le "une habituelle" est grammaticalement incorrect... j'aurais enlevé le "une"
Citer
même si elle fait marcher un peu plus
=> me fait marcher ?
Citer
est moins fréquentée et ah
=> j'aurais mis "..." avant "ah"
Citer
J'ai souris
=> -s
Citer
On a dû y retourner, heureusement. Si la conversation avait duré, j'aurais entendu un discours morne et plat sur « l’importance du changement, de varier sa routine », et m'entendre moi-même répondre à ça, je ne l'aurais pas supporté.
=> j'aime bien
Citer
Je marche entre des bouts de discussions perdues. Je slalome entre les sons de cloches lointaines et les vrombissements de moteurs. Je souris à des inconnus, à cette belle inconnue n'ayant osé m'adresser un regard franc – bien que j'ai pu sentir, en coin de paupière, se sacrifier un brin de désir pour des instants sans avenir.
=> :coeur::coeur:
Citer
Le monde mon miroir
=> virgule après "monde"
Citer
Seul le sourire du bébé voit la lumière qui m'auréole à cet instant
=> je ne comprends pas la phrase
Citer
Un courant d’air passe gonfler mes poches vides, je file allègre sur les trottoirs. Cette idée de renouveau, sa force brute, m’inonde tout entier. On se cherchait depuis si longtemps, on se retrouve enfin et l’on valse ensemble derrière le masque de ma peau. J’enlace ma peau.
=> :coeur:
Citer
Je la vois en accéléré dans mes souvenirs, cette porte qui claque, qui claque, qui claque et qui coince mes rêves dans ses gonds.
=> :coeur:
Citer
que dans ces ersatz hologrammes d'échecs
=> je ne comprends pas ce que ça veut dire
Citer
ma joie réfléchit d'un fer forgé à la matière du soleil
=> à la manière d'un fer forgé ?
Citer
Je m'efforce même de ne trop
=> pas trop ?
Citer
Il a dans
=> y a
Citer
ses conversations de sirènes cirrhoses
=> :coeur:
Citer
ce bouddha entre lequel
=> entre les mains duquel ? (on ne peut pas remettre entre quelqu'un...)
Citer
pied à terre
=> tirets
Citer
les pavés, bien sûr, le pied à terre pouvant assurer l’existence du monde au cours de déambulations nez au ciel, l'impression d'union avec la surface des choses.
=> je ne comprends pas le sens de la phrase :-[
Citer
j'ai de l'or en fusion qui coule dans mon cerveau
=> pour alléger, j'aurais mis simplement "de l'or en fusion coule dans mon cerveau" (ici la tournure "j'ai...qui" ne m'apporte rien je trouve)
Citer
J'inspire, j'expire un grand coup les toxines du doute
=> :coeur:
Citer
la grasse chatte du concierge à expulsé
=> a
Citer
Au deuxième étage, guitare électrique, solo non maîtrisé. Ici on apprend, on rate, on recommence, on s'acharne – je devine le visage rageur du musicien rien qu'au rythme de ses doigtés.
=> j'aime bien
Citer
c'est sont les derniers efforts
=> ce sont
Citer
Je dévore mon pallier
=> palier
Citer
Nez-à-nez
=> pas de tirets
Citer
trous de boulettes
=> c'est quoi ? :-[
Citer
par-là
=> pas de tiret
Citer
Je me demande combien il faut de fumeurs de beuh pour changer une ampoule.
=> si c'est comme le nombre de Belges (coucou Miro :mrgreen:) pour changer une ampoule dans une caravane : 21 (1 qui tient l'ampoule et 20 qui tournent la caravane :D)
Citer
les chemises froissées sont les drapeaux blancs de ses échecs face au travail.
=> j'aime bien !
Citer
Un long couloir inutile disposant trois pièces
=> disposant ?? (desservant ?)
Citer
crépis blanchâtre
=> crépi
Citer
vas-y  !
=> espace surnuméraire
Citer
plaqués contre le mur
=> avec le crépi, ça doit faire mal ! :o
Citer
Il y a les soirées passées en boule, au creux d'une couette qui devient abri de naufrage, abri chaud forcé car au dehors se pressent dans l'air les oiseaux du devoir, une tempête que je m'empêche de voir.
=> j'aime bien ! ("refuse" au lieu de "m'empêche" ?)
Citer
Et puis il y a les soirées passées mêlé soi-même aux ombres, car, on ne se cache mieux de la foule qu'en en faisant partie
=> :coeur::coeur::coeur: (un bémol sur la double négation quand même)
Citer
Je vois des chaises disposées contre le mur, comme dans une salle d'attente de dentiste et assis
=> virgule après "dentiste"
Citer
des airs lointains propres à ceux qui ont vécu plus d'années que les chiffres ne peuvent réellement en témoigner
=> :coeur:
Citer
serrent contre le cœur leurs précieux
=> leurs précieux quoi ?
Citer
sans vraiment sembler chercher
=> je trouve la formulation lourde... "pour se donner une contenance" ?
Citer
qui m'a vite demandée
=> -e
Citer
ils ont finis
=> -s
Citer
elle n'a sous mes pas fait que créer une crevasse profonde
=> je trouve la phrase peu claire
Citer
choit un voile de déception hivernal les recouvrant
=> "qui les recouvre", plutôt ?
Citer
sur la petite table où s'empilent des livres d’une hauteur qui la dépasse.
=> pas fan du "d'une hauteur qui la dépasse"
Citer
les ombrés
=> ombres ?
Citer
sont doux
=> douces ?
Citer
Il y a un mètre cinquante de décalage entre moi et la réalité
=> :coeur::coeur::coeur:
Citer
mini soleils
=> mini-soleils
Citer
j'ai vu trop grand s’élever
=> c'est grammaticalement incorrect
Citer
si je ne les surmonte je suis perdu
=> les surmonte pas
Citer
Cette femme me donne ce que je désespérais de retrouver, et qui attendait là, sur le palier de ma chambre : l'envie d'écrire.
=> :)

En espérant avoir été utile...

:calin:

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Re : Le jour où j'ai arrêté de procrastiner [V2 07/18]
« Réponse #10 le: 17 Juillet 2018 à 12:44:10 »
Salut Fried !


Citer
à la fin la petite femme au chignon me semble sortir de nul part, j'ai l'impression qu'il manque quelque chose ou c'est une référence à quelque chose que je ne connais pas.
C'est une scène surréaliste, un songe, c'est pas réel quoi
(ca symbolise l'attente des écrivains, tu sais, chez les éditeurs, façon XIXem siècle, mais version pile de livres à lire)

Citer
cette histoire c'est un mélange de pas grand chose et de beaucoup d'impressions.
tout à fait  :) Merci de ta lecture !!!  :)





@Sayyyyyy



Sacré commentaire déjà  :D

Citer
Le bus, le travail un poil aliénant, l'envie d'écrire, refoulée ou revenant en force, tout ça c'est un peu l'histoire de mon année, donc forcément ça me parle, et pas mal de phrases tombent violemment justes. 
  :calin:

 :coeur:

(oui je peux que réagir comme ça à ce que tu me dis haha)


Citer
qui me fait tellement croire à ce texte (je ne sais pas du tout à quel point il est autobiographique, mais je l'ai lu comme ça :x)
Il peut se lire comme, c'est pas tout à fait moi en étant tout à fait moi, je connais pas cette situation précise de la vie du narrateur, mais j'ai ressenti et vécu dans ma vie tout ce qu'il vit, enfin, voilà



Citer
En fait la vie est riche est compliquée, et il y a plein de trucs qui s'entremêlent, des trucs beaux et moins beaux, mais des trucs. Et l'euphorie, le temps du trajet de bus, qu'est ce qu'elle devient la dedans ?
MAIS OUI


Citer
Je la trouve un poil maladroite en tant que telle, la façon dont elle est appuyée dans le texte, mais c'est aussi en ça que je la trouve personnelle et touchante.
Trop insistante ou trop soudaine ?



Citer
Je ne suis pas fan du premier paragraphe, de la résolution amenée avant la situation initiale.
je vois ce que tu veux dire, j'ai rajouté en plus le fait que c'était pour écrire qui n'était pas là avant aussi tôt, parce que j'avais peur qu'on s'ennuie à ne pas savoir de quoi on parle et où on va

Citer
(je crois que je comprends aussi l'enfin de commencer le texte par le cri de libération, malgré tout).
Ui c'était l'idée, ca aurait été... trop linéaire je crois sinon
mais je peux atténuer le prmier paragraphe !


Citer
En tout cas, c'est le premier texte si personnel (je pense) que je lis de toi ! Moins d'absurde et d'humour que d'habitude, mais j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de toi, et j'aime trop.
Ui, ca fait à peu près un an que je tends bien plus vers ce type de texte, et j'ai pas mal délaissé les textes absurdes et drôles, ca m'amusait plus, et du coup voilà, c'est beaucoup plus ce que j'ai envie de faire et que je fais maintenant ^^ (si ca t'intéresse ^^ )


Et ca fait chaud plaisir que ca te fasse autant d'écho !
Des bisous





@Léli


Citer
[Mode hyper-méga-chiantasse ON]
Effectivement  :mrgreen:


Bon je suis pas d'accord avec beaucoup de tes suggestions/corrections, mais je vais en appliquer pas mal aussi ^^
Content que ca t'ai plu en tout cas !


Citer
=> -s ; mais j'aurais plutôt mis "je n'ai croisé"
POSSIBLE, c'est exactement dans ce coin là du texte où j'ai des doutes sur les temps  ><

parce que du coup la suite c'est : "Ce matin, pour la première fois depuis trois mois, je ne croisais aucun collègue dans le bus. Il n’y avait que ma musique " du coup je sais plus comment unifier  :aah:



Citer
=> vient FAIRE taire MES tribulations ?
non '-' on peut juste taire et c'est pas ses tribulations


Citer
=> je vois l'image, mais vu qu'on ne plante pas de drapeau sur un autel (au "pire", on le recouvre cet autel), j'ai du mal (et pourquoi un refuge aurait-il un autel ?)
tant pis '-'
(refuge/sanctuaire, la métaphore sera reprise plus loin ^^ et les églises sont des refuges)


Citer
=> on ne dit pas "poursuivre à" (une proposition : "Les aiguilles des heures se sont poursuivies, TOUT à leur usure quotidienne" ?)
je comprends pas pourquoi ca se dirait pas. Ils se sont poursuivis à moto, ca marche non ? alors pourquoi pas là ?



Citer
=> pour moi ça coule mieux si tu mets "en toile de fond" à la fin (avec une quête de renseignements sur les membres du service en toile de fond.)
hm
j'ai ajouté une virgule


Citer
=> pas de majuscule à "capital" (ou si tu voulais insister, CAPITAL ?)
Si. C'est le grand méchant Capital, tu sais  :P


Citer
=> j'aurais dit "discussion quelconque" et le "une habituelle" est grammaticalement incorrect... j'aurais enlevé le "une"
non '-'



Citer
=> j'aurais mis "..." avant "ah"
ah pas con, j'y pense plus à ces points haha, y'avait un truc qui me dérangeait aussi ici


Citer
=> je ne comprends pas la phrase
précisé


Citer
=> je ne comprends pas ce que ça veut dire
tant pis


Citer
=> à la manière d'un fer forgé ?
non, comme un fer qui est (ou en train d'être) forgé  :mrgreen:



Citer
=> pas trop ?

nope de ne pas trop ca fait double négation et c'est assez moche, et de pas trop, trop familier


Citer
    pied à terre

=> tirets
non justement c'est bien le pied à terre, ce qui fait sans doute que tu ne comprends pas la phrase ^^


Citer
=> pour alléger, j'aurais mis simplement "de l'or en fusion coule dans mon cerveau" (ici la tournure "j'ai...qui" ne m'apporte rien je trouve)
à prononcer à haute voix ^^

Citer
trous de boulettes => c'est quoi ? :-[
:D
Alors docteure Léli, je vous prescris de ce pas un 10 grammes de shit, à fumer matin midi et soir dans un canapé uniquement, pour se ménager, et ensuite on regardera ensemble l'état des vétements pour voir si y'a pas des petites cendres qui auraient fait des trous  ^^


Citer
=> disposant ?? (desservant ?)
bah ca se dit, qui dispose de (remarque c'est ptet vieillot maintenant, je sais pas)

Citer
=> avec le crépi, ça doit faire mal ! :o
bah ils sont pas dans le couloir non plus, rien ne dit que dans la chambre c'est du crépi eh  :D


Citer
=> :coeur::coeur::coeur: (un bémol sur la double négation quand même)
y'a un double en, mais pas de double négation ici  :???:

Citer
=> virgule après "dentiste"
non, sinon j'aurais du faire "dentiste, et, assis sur ces chaises" faut y aller mollo avec les virgules avant les et
(j'ai mis avec à la place du cuop)


Citer
=> je trouve la formulation lourde... "pour se donner une contenance" ?
j'aime bien


Citer
=> ombres ?
ombrés  :)


Citer
=> c'est grammaticalement incorrect
non '-'



Merci pour toutes tes corrections, oui ca a été très utile :)







Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

Léilwën

  • Invité
Re : Re : Le jour où j'ai arrêté de procrastiner [V2 07/18]
« Réponse #11 le: 17 Juillet 2018 à 14:58:03 »
@Léli


Citer
[Mode hyper-méga-chiantasse ON]
Effectivement  :mrgreen: Désolée, désolée, désolée...  :-[ :-[ :-[ (y avait écrit "AT", j'ai donné tout ce que j'avais...  :-[ :-[)


Bon je suis pas d'accord avec beaucoup de tes suggestions/corrections, mais je vais en appliquer pas mal aussi ^^
Content que ca t'ai plu en tout cas ! Oui ! J'ai aussi fait du subjectif, du coup ça ne m'étonne pas que certaines de mes remarques ne t'aillent pas


Citer
=> -s ; mais j'aurais plutôt mis "je n'ai croisé"
POSSIBLE, c'est exactement dans ce coin là du texte où j'ai des doutes sur les temps  ><

parce que du coup la suite c'est : "Ce matin, pour la première fois depuis trois mois, je ne croisais aucun collègue dans le bus. Il n’y avait que ma musique " du coup je sais plus comment unifier  :aah:
"Ce matin pour la première fois depuis trois mois, je n'ai croisé aucun collègue dans le bus. Il n'y avait que ma musique", c'est ce que tu as corrigé d'ailleurs  ;)


Citer
=> vient FAIRE taire MES tribulations ?
non '-' on peut juste taire et c'est pas ses tribulations je n'avais pas compris que ce n'étaient pas ses tribulations, du coup je n'avais pas compris le "taire" pardon...  :-[


Citer
=> je vois l'image, mais vu qu'on ne plante pas de drapeau sur un autel (au "pire", on le recouvre cet autel), j'ai du mal (et pourquoi un refuge aurait-il un autel ?)
tant pis '-'
(refuge/sanctuaire, la métaphore sera reprise plus loin ^^ et les églises sont des refuges) oui, je n'avais pas pensé aux églises-refuges


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=> on ne dit pas "poursuivre à" (une proposition : "Les aiguilles des heures se sont poursuivies, TOUT à leur usure quotidienne" ?)
je comprends pas pourquoi ca se dirait pas. Ils se sont poursuivis à moto, ca marche non ? alors pourquoi pas là ? ben parce que "poursuivre" est un verbe transitif et que dans ton exemple "à" introduit un complément de moyen (= "l'instrument" avec lequel tu fais l'action) ; en gros, ce que tu as écrit se traduit dans ma tête par "Les aiguilles des heures se sont poursuivies, à L'AIDE DE leur usure quotidienne" ce que je ne comprends pas... mais je suis parfois trop terre à terre  :-[



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=> pour moi ça coule mieux si tu mets "en toile de fond" à la fin (avec une quête de renseignements sur les membres du service en toile de fond.)
hm
j'ai ajouté une virgule ça marche aussi !  :) (et je trouve ça plus percutant que l'inversion que j'avais proposée ! :) )


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=> pas de majuscule à "capital" (ou si tu voulais insister, CAPITAL ?)
Si. C'est le grand méchant Capital, tu sais  :P Oui, je ne l'avais pas compris comme ça... Pardon...  :-[


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=> j'aurais dit "discussion quelconque" et le "une habituelle" est grammaticalement incorrect... j'aurais enlevé le "une"
non '-' du coup c'est que tu considères que "discussion" est sous-entendu après "habituelle"... Ok !


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=> j'aurais mis "..." avant "ah"
ah pas con, j'y pense plus à ces points haha, y'avait un truc qui me dérangeait aussi ici
Cool ;)

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=> je ne comprends pas la phrase
précisé ça me semble bizarre que ce soit le sourire du bébé qui voie


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=> je ne comprends pas ce que ça veut dire
tant pis maiiis '-'


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=> à la manière d'un fer forgé ?
non, comme un fer qui est (ou en train d'être) forgé  :mrgreen:  j'avais encore une fois fait un contresens dans ma tête...  :-[



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=> pas trop ?

nope de ne pas trop ca fait double négation et c'est assez moche, et de pas trop, trop familier Ok !


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    pied à terre

=> tirets
non justement c'est bien le pied à terre, ce qui fait sans doute que tu ne comprends pas la phrase ^^ effectivement, c'est BEAUCOUP plus clair maintenant que j'ai remis le bon sens dans ma tête... Sorry  :-[ :-[ :-[ :-[ (du coup, j'aime bien la phrase, même, en fait ! :) )


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=> pour alléger, j'aurais mis simplement "de l'or en fusion coule dans mon cerveau" (ici la tournure "j'ai...qui" ne m'apporte rien je trouve)
à prononcer à haute voix ^^ oui...  :-[

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trous de boulettes => c'est quoi ? :-[
:D
Alors docteure Léli, je vous prescris de ce pas un 10 grammes de shit, à fumer matin midi et soir dans un canapé uniquement, pour se ménager, et ensuite on regardera ensemble l'état des vétements pour voir si y'a pas des petites cendres qui auraient fait des trous  ^^
Je suis nulle en stups, que veux-tu...  :-[

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=> disposant ?? (desservant ?)
bah ca se dit, qui dispose de (remarque c'est ptet vieillot maintenant, je sais pas)
Il manque le "de" alors... je n'ai pas bien compris en fait : tu considères que le couloir dispose de 3 pièces, c'est ça ? (je croyais que tu voulais parler du fait qu'on pouvait aller dans les 3 pièces à partir du couloir)

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=> avec le crépi, ça doit faire mal ! :o
bah ils sont pas dans le couloir non plus, rien ne dit que dans la chambre c'est du crépi eh  :D j'avais pas compris qu'ils étaient DE L'AUTRE CÔTE du mur  :-[ (vu que tu dis "accrochés par leur membres", je pensais qu'il les voyait vraiment physiquement, c'est pour ça que je n'avais pas compris...  :-[ :-[)


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=> :coeur::coeur::coeur: (un bémol sur la double négation quand même)
y'a un double en, mais pas de double négation ici  :???: oui, c'est le "ne... que" qui m'a perturbée, je me suis mal exprimée : j'entendais plus simplement "on se cache mieux de la foule en en faisant partie", mais c'est très personnel

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=> virgule après "dentiste"
non, sinon j'aurais du faire "dentiste, et, assis sur ces chaises" faut y aller mollo avec les virgules avant les et
(j'ai mis avec à la place du cuop) oui, je trouve ça plus clair


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=> je trouve la formulation lourde... "pour se donner une contenance" ?
j'aime bien Ok ! :)


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=> ombres ?
ombrés  :) bah oui... je ne sais pas pourquoi je n'avais pas compris... en plus la description est cool  :-[


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=> c'est grammaticalement incorrect
non '-' mouais... je suis d'accord qu'on voit quelque chose s'élever, mais "trop grand" n'est pas un nom, du coup ça me perturbe... mais ce n'est sûrement que moi  :-[



Merci pour toutes tes corrections, oui ca a été très utile :) Ouf !  :)

 


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