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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Dans un sens, puis dans l'autre

Auteur Sujet: Dans un sens, puis dans l'autre  (Lu 10064 fois)

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
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Dans un sens, puis dans l'autre
« le: 04 Septembre 2017 à 14:29:14 »
Dans un sens, puis dans l'autre


Yvette somnole dans son fauteuil, un sourire aux lèvres. Le ventilateur agite par intermittence les frisottis gris qui s'échappent toujours de son chignon, au-dessus des oreilles. L'inclinaison idéale du dossier la plonge dans un bien-être sans égal. Une fois de plus Baptiste l'a installée à la perfection. Il va lui manquer, ce gentil aide-soignant.

Elle se souvient.
Hier c'était le bizutage de départ du jeune homme. La journée avait très bien commencé. Sylvie avait utilisé un nouveau désinfectant pour les sols qui sentait vraiment bon le pamplemousse. Pour une fois, les relents d'urine véhiculés par certains pensionnaires auraient un peu plus de mal à s'imposer. Avec un peu de chance, il leur faudrait attendre la fin du goûter pour prendre définitivement le dessus. Au petit déjeuner, les effluves anisés de son thé vert s'étaient plutôt bien mariés aux agrumes du produit de lavage et elle avait gratifié Sylvie d'un sourire sincère quand elle avait lavé sa chambre.
Puis ça avait été la toilette, ce moment rendu encore plus désagréable par la lavande imposée à tous, qu'il lui fallait essayer d'oublier ensuite à grand renfort d'eau de Cologne. Bref, ils font avec les moyens qu'on leur donne, bien sûr... Quelle belle journée c'était, cela dit ! Et quel dommage qu'il lui ait fallu, avant l'heure du déjeuner, quitter son balcon embaumé par les tilleuls en fleur, chassée par l'odeur de cigarette de Monsieur Armani qui fumait juste en-dessous.
Enfin, ce n'était pas si grave, et le fumet du hachis parmentier n'avait pas tardé à la déconcentrer de son émission sur France Culture. C'était le romarin qui, en premier échappé avait atteint ses narines, puis une délicieuse odeur de bœuf en seconde position. Enfin, le peloton serré et désordonné de la muscade, du beurre et des pommes de terre écrasées avec, sous-jacent, de l'oignon en embuscade. Poivre et persil bien trop discrets en lanterne rouge.
Comme chaque jour, il avait fallu après le repas se plier à la tradition de la sieste. Émergeant d'une léthargie superficielle plutôt que d'un réel sommeil, elle avait été surprise par ce curieux cocktail mêlant un fort parfum de vanille artificielle, la fameuse lavande, le piquant mentholé d'un dentifrice... Tout ce qui émanait du pauvre garçon hilare qui parcourait les couloirs juste vêtu d'une couche grande taille, les cheveux plâtrés de farine et de shampoing, escorté par ses collègues. C'est Sylvie qui lui a décrit cette curieuse cérémonie célébrant le départ prochain du jeune homme si gentil.
Elle peut bien s'avouer qu'elle appréciait quand c'était lui qui lui faisait sa toilette. Il n'y avait jamais rien de brutal ou d'expéditif dans ses gestes, même quand il était très pressé. Contrairement à certains autres, sous ses mains elle n'avait jamais eu le sentiment de n'être que l'un des négligeables maillons d'un travail à la chaîne. Il prenait même le temps d'être bavard, le temps qu'elle le soit aussi. L'autre jour, et elle ne se rappelle plus comment la conversation avait pu en arriver là, il l'avait écoutée, non seulement patiemment, mais avec beaucoup d'intérêt, raconter son repas de noces d'émeraude.

Elle se souvient.
Les enfants avaient insisté pour dépenser une fortune afin de leur offrir à tous les deux ce plaisir si éphémère qu'est un repas dans un grand restaurant. « La Reine Franche » en bord de Loire, pas loin de Blois.
Le repas avait commencé par ce qu'on appelle de nos jours de manière un peu vulgaire des « amuse bouches » ou « mises en bouche », mais qui ne portaient pas de nom à l'époque. Ils accompagnaient un porto 40 ans d'âge quasiment liquoreux et consistaient en des sortes de canapés anguleux de polenta garnie, déclinés dans un dégradé subtil de saveurs allant de presque fade à plutôt intense.
Puis l'entrée proprement dite consistait en une fleur délicate de pétales de foie gras, sa ramure de pâte feuilletée épicée et sa rosée de gelée de riesling, vin qui accompagnait justement ce plat. Baptiste en oubliait la toilette pour commenter chaque détail. Un vrai gourmet, ce gamin.
Le chef cuisinier étant un homme subtil, pour plat de poisson : un simplissime filet de sandre de la Loire au beurre blanc, et riz aux pignons de pins grillés. Parfaite harmonie entre les consistances, les saveurs, et un Cheverny blanc très sec.
Pour leur permettre de reprendre un peu d'appétit, on leur avait servi ensuite quelques petites galettes de pomme de terre sucrées, dont Yvette sentait encore très bien les grains de sucre croquer sous ses dents.
La viande, hmm la viande, c'était une tourte de chevreuil du domaine de Chambord, avec une jardinière de légumes parfaitement équilibrée. Chaque morceau de gibier mariné, si tendre, et chaque pièce de pâte croustillant délicieusement, une sauce au vin rouge de Gien, vin qui évidemment accompagnait cette réussite raffinée.
Avait suivi un assortiment de fromages assez classique, mais une dizaine de pains différents pour les rehausser avec l'aide d'un Saint Émilion velouté.
Enfin, une omelette norvégienne individuelle à la pomme et flambée au calva. La vieille dame pouvait se souvenir précisément du parfum de cette flamme qui avait doucement chauffé son visage. Les joues roses, Yvette avait expliqué à son interlocuteur qu'effectivement pour un grand restaurant c'était un menu plutôt gastronomique, mais il fallait qu'il comprenne que cela se passait plus de trente ans plus tôt, à des années lumière de la cuisine moléculaire. Et puis c'était si bon, elle pouvait encore évoquer le souvenir de chaque plat et en goûter encore chaque détail.
Plaisir éphémère ? Quelle erreur... Baptiste lui demandant ce que son mari en avait pensé, un nouveau souvenir lui était revenu : comme ils avaient ri, Raymond et elle, en sirotant un café divin, égayés par les alcools, (dont son mari lui avait lu chaque étiquette), convenant qu'il leur faudrait bien de la patience pour attendre leurs noces de chêne. Pauvre Raymond ! Deux ans après elle le mettait en terre...
Raymond, l'homme idéal, l'homme d'une vie.

Un sourire encore plus prononcé aux lèvres, Yvette se souvient.
C'était voilà plus de soixante-dix ans, mon Dieu, soixante-quinze même ! Il avait accepté que cela se passe dans le noir complet. Ils étaient bien jeunes et elle vraiment inexpérimentée, et pourtant... Elle avait suivi constamment les expressions de son visage en y posant régulièrement la main, et elle se rappelle qu'à chaque fois il baisait sa paume.
Elle l'avait d'abord progressivement débarrassé de ses vêtements rugueux de la juste après-guerre, comme on débogue une châtaigne. Lui aussi il était tout lisse dessous. Encore plus lisse à certains endroits, comme le dessus des pieds, l'intérieur des cuisses, au niveau de ses pectoraux juste comme il faut et de ses biceps ronds comme les galets roulés par l'Ardèche. Sa fine peau sur les clavicules, Yvette sent son cœur qui bat plus fort en y pensant.
Il y avait des endroits moins lisses, mais très doux, comme ses cuisses duvetées, ses fesses plutôt fermes, ses avant-bras et son ventre. Il roulait sur lui-même pour qu'elle le découvre dessus et dessous, et ils riaient de cette exploration, de sa curiosité tactile.
Il y avait le buisson du pubis, ceux des aisselles ; elle avait tiré sur ces poils frisés et les avait torsadés autour de ses doigts et il avait crié pour rire. Il y avait les creux un peu moites, les bosses des os saillants du rationnement, et cette longue cicatrice. La guerre avait épargné ce corps, quel miracle ! mais pas la péritonite qui lui valait cette fermeture Éclair grossière découverte au bord de sa toison, et dont elle avait pu compter chaque point du bout de l'index, du bout pointu de la langue. Ses cheveux graissés au Pento qu'elle allait vite lui faire abandonner, son menton comme de la toile émeri qui lui enflammait la peau où qu'il le frotte, délicieuse torture...
Et puis son sexe, son étrange accessoire, son troublant attribut. Peau épaisse, bourrelée, caoutchouteuse sous les doigts, quasiment insensible, étirable, élastique. Puis, étonnante métamorphose, fruit de gestes parfois pourtant furtifs, tout pouvait devenir autre. Devenir cet objet lisse et ferme. Fascinant changement au creux de la main, fascinant pouvoir. À l'extrémité, comme un fruit : verni comme une cerise, brûlant et inattendu.
Après si longtemps, Yvette respire plus vite, Yvette se réchauffe à ces souvenirs. Encore.

Yvette s'est peut-être endormie.
Elle a dix ans. De sa chambre elle entend un remue-ménage inhabituel au salon. En petite fille bien élevée, au coup de sonnette elle est restée à côté de son gramophone. Elle vient d'en remonter la manivelle et, en sourdine, Caruso se lamente à l'italienne. Elle s'astreint à l'écouter de temps en temps pour complaire à son père qui lui a offert disques et appareil, mais elle préfère de beaucoup les enregistrements de piano et se les passe en boucle sans se lasser. Elle découvre à peine le répertoire : Chopin, Brahms, Mozart ou Debussy, qui est mort il y a peu. Mais bientôt, les interprètes-même n'auront plus aucun secret pour elle, avec une préférence pour les femmes : Lubka Kolessa, Lili Kraus dont elle devrait même racheter les danses roumaines de Bartok pour les avoir trop écoutées, Annie Fischer.
Yvette n'a qu'une crainte, c'est que ses parents lassés d'entendre  les mêmes pièces, et inquiets d'une quasi-obsession croissante, ne décident d'y mettre fin. Même si, d'ailleurs, son père lui offre régulièrement de nouveaux disques : Rubinstein, Koczalski.
Elle a entendu se refermer la porte de l'entrée, et juste après un bref conciliabule entre ses parents, son père l'a appelée. Dans la poitrine d'Yvette assoupie, son cœur s'emballe. Il était là, dans le salon, le premier grand amour de sa vie, contre le mur du fond. Quatre-vingt huit marteaux, deux pédales et des chandeliers de bronze. Chandeliers qu'il faudrait resserrer plus d'une fois après Chopin, parce qu'ils se mettaient à vibrer dans les graves. Menée par son père, elle s'était approchée pour y poser ses doigts hésitants.
« — Monsieur Morin viendra dès lundi te donner ton premier cours. Il nous a été recommandé par les Lefrançois, il est le professeur de leur fille cadette.
 — Et qui sait ? Dans quelques temps, peut-être pourrez-vous jouer à quatre mains toutes les deux ?
 — Oh papa ! Maman ! Je ne peux pas le croire ! et Yvette avait éclaté en sanglots violents en serrant ses parents dans ses bras. Comment peut-on faire ? Comment cela va-t-il se passer ? C'est impossible !
 — Ne t'inquiète pas mon caneton ! Monsieur Morin trouvera des solutions, une méthode, c'est un excellent pédagogue, le colonel Lefrançois me l'a affirmé. »

Yvette sombre inexorablement... Au son d'une valse de Satie que Raymond adorait lui entendre jouer, parce qu'elle était à la fois joyeuse et triste, ses souvenirs commencent à tourner autour d'elle.  Le parfum de la coupe de lys que maman avait déplacée de la cheminée pour la poser sur le piano se mêle au goût de la confiture de prunes blanches du verger... Un son d'abord ténu se précise à son oreille. Une voix qui se mêle aux notes du piano. Un chuchotement. « Je te veux. » se nomme la valse. Une main caresse son visage et ces mots s'insinuent, presque inaudibles : « Je t'aime... je t'aime ». Raymond bien sûr. Et puis ces vagues, ce ressac sans fin, ou bien peut-être une grosse averse d'été... mais non ! des applaudissements, par centaines, qui n'en finissent pas. C'était il y a déjà quelques années. Ses anciens élèves avaient tenu à lui rendre hommage. Quelle émotion, et quelle fierté. Trois concertistes de renom international, rien que ça, et un discours de secrétaire d'état... quelle folie, quelle vanité. Mais quelle fierté, oui. Et quel magnifique concert avait suivi !

Un destin se décide parfois en si peu de choses : il avait suffi que maman veille une après-midi sur un petit voisin malade, ignorant qu'elle était enceinte, et la vie d'Yvette avait basculé avant même d'avoir commencé.
Aveugle à la naissance, elle avait traversé ses saisons sans les voir, mais tellement gourmande de la vie et de ses plaisirs. Sentir et ressentir, autant qu'il est possible. Goûter et toucher, plus, encore, encore plus. Et la musique. Les moments de sa vie, comme les Moments musicaux de Schubert : parfois désolés, souvent enjoués, forts, profonds et puissants. Riches.

Un rayon de soleil de fin d'après midi caresse le visage souriant de la vieille dame. Les frisottis gris s'agitent par intermittence. Le parfum pluriel de la soupe qui mijote dans les cuisines lui restera étranger ce soir.
Yvette s'est éteinte, comme on referme doucement un piano.




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Hors ligne Thyzaïa

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Re : [T06 Poule 1] Dans un sens, puis dans l'autre
« Réponse #1 le: 06 Septembre 2017 à 14:45:14 »
"Émergeant d'une léthargie superficielle plutôt que d'un réel sommeil"
"Léthargie superficielle", c'est une fausse léthargie ?
"des « amuse bouche » ou « mise en bouche », mais qui ne portaient pas de nom à l'époque" je m'arrête bêtement là dessus pour chercher sur google parce que je pense quand-même que ça portait un nom. Mais peut-être pas. Mais du coup ça me gène.
" la viande c'était une tourte de chevreuil" une virgule avant c'était
"Un assortiment de fromages ..." pourquoi passer à la ligne ?
"Yvette s'est peut-être endormie." peut-être tourner ça autrement. En fait là on comprend trop bien.

Très joli texte, rétroprojection très réussi :-)

Hors ligne Edel Weiss

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Re : [T06 Poule 1] Dans un sens, puis dans l'autre
« Réponse #2 le: 06 Septembre 2017 à 15:32:20 »
Salut !

Citer
Yvette s'est éteinte, comme on referme doucement un piano.

Très beau, j'adore cette phrase.


Pour le reste de l'histoire, la chute ne m'a pas vraiment surprise, je l'avais devinée. Je dirai que certains passages sont peut-être trop longs. Ce qui m'a manqué, c'est la force de la chute à laquelle je ne m'attendais pas, mais le texte étant long et les descriptions sans équivoques

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


 j'ai trop vite deviné la fin à mon goût.


Edel
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Re : [T06 Poule 1] Dans un sens, puis dans l'autre
« Réponse #3 le: 08 Septembre 2017 à 22:45:29 »
Salut premières lectrices  !!

@Thyzaïa !

Citer
"Léthargie superficielle", c'est une fausse léthargie ?
Non, un sommeil peu profond.
Citer
je pense quand-même que ça portait un nom
Oui, peut-être, mais j'en suis pas si sûr, mais au pire Yvette est en droit de l'ignorer, non ?  ;)
Citer
"Un assortiment de fromages ..." pourquoi passer à la ligne ?
En fait je suis passé à la ligne pour chaque plat, pour alléger le texte.
Merci pour ton passage et tes remarques Thyzaïa, et merci parce que ce premier commentaire est positif, et qu'après on est prêt à tout affronter.

@Edel Weiss !
Citer
j'ai trop vite deviné la fin à mon goût.
Tu es peut-être trop perspicace ?!!
Je t'avouerai que de toute manière je ne le concevais pas comme une énigme d'Agatha Christie. Juste un exercice de style qui trouve son explication à la fin... Rien de très ambitieux.
En tout cas merci beaucoup pour ton passage !
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Hors ligne Edel Weiss

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Re : [T06 Poule 1] Dans un sens, puis dans l'autre
« Réponse #4 le: 08 Septembre 2017 à 22:52:37 »
Citer
Tu es peut-être trop perspicace ?!!

 :viviane:

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
« Modifié: 08 Septembre 2017 à 23:00:07 par Edel Weiss »
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Re : [T06 Poule 1] Dans un sens, puis dans l'autre
« Réponse #5 le: 08 Septembre 2017 à 22:57:51 »
Tu es gentille miss Edel !

par contre aurais-tu l'amabilité de me la mettre en spoiler, là, steup !     :-¬?
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Hors ligne Edel Weiss

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Re : [T06 Poule 1] Dans un sens, puis dans l'autre
« Réponse #6 le: 08 Septembre 2017 à 23:00:19 »
Fait ;)
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Re : [T06 Poule 1] Dans un sens, puis dans l'autre
« Réponse #7 le: 09 Septembre 2017 à 10:20:49 »
Merci Edel !
Tu sais, c'est juste la dernière phrase qui nécessitait pour moi d'être cachée...
mais merci encore pour ta réactivité.
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Hors ligne Loïc

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Re : [T06 Poule 1] Dans un sens, puis dans l'autre
« Réponse #8 le: 10 Septembre 2017 à 12:10:54 »
Yo !

Citer
au-dessus de ses oreilles.

Au-dessus des oreilles ? Ça éviterait la répétition d'un possessif

Citer
.
Hier c'était le bizutage de départ du jeune homme. La journée avait très bien commencé. Sylvie avait utilisé un nouveau désinfectant pour les sols qui sentait vraiment bon le pamplemousse. Pour une fois les relents d'urine véhiculés par certains pensionnaires auraient un peu plus de mal à s'imposer. Avec un peu de chance il leur faudrait attendre la fin du goûter pour prendre définitivement le dessus. Au petit déjeuner les effluves anisés de son thé vert ne s'étaient pas trop mal mariés aux agrumes du produit de lavage et elle avait gratifié Sylvie d'un sourire sincère quand elle avait lavé sa chambre.

C'est tout doux et en même temps terrible. J'aime bien.

Citer
bien sûr....Quelle

Faut enlever un point et rajouter une espace

Je suis assez mitigé sur le texte.
Il y a vraiment de très bonnes choses : la narration à partir du souvenir de la première nuit, quand tu quittes toutes ces descriptions lentes et laborieuses, c'est vraiment bien. J'ai aimé redécouvrir le texte sous l'angle de la cécité, que j'ai comprise à partir de l'histoire du piano. La deuxième partie du premier souvenir et celui au resto sont plus laborieux, j'ai eu du mal à passer au travers, ce qui est dommage quand la suite est vraiment mieux.

Belle dernière phrase.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

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Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Hors ligne ZagZag

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Re : [T06 Poule 1] Dans un sens, puis dans l'autre
« Réponse #9 le: 10 Septembre 2017 à 12:18:07 »
Salut Mout' !

Un tout petit relevé d'abord.

Citer
Le repas avait commencé par ce qu'on appelle de nos jours de manière un peu vulgaire des « amuse bouche » ou « mise en bouche », mais qui ne portaient pas de nom à l'époque.
Cette digression n'est pas vraiment en accord avec le ton du reste du texte à mon avis.

Citer
de ses biceps ronds comme les galets roulés par l'Ardèche.
roulés par l'Ardèche me semble un peu lourd.

Alors je dois bien avouer que je n'ai pas vraiment accroché. L'enchainement des anecdotes fait un peut trop liste, et même s'il y a une certaine logique décroissante, on ne s'attache pas vraiment au personnage, tout cela étant un peu trop changeant. Le texte pourrait être très touchant, mais pour moi ce n'est pas réussi. On est un peu trop dans le descriptif, les scènes ne sont pas assez imaginatives à mon goût, trop convenues, ce qui fait que le récit manque de personnalité.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Bref, merci quand même pour cette lecture :)
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

Hors ligne gage

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Re : [T06 Poule 1] Dans un sens, puis dans l'autre
« Réponse #10 le: 10 Septembre 2017 à 16:33:20 »
@Loïc : merci pour ton passage.
J'ai fait les deux modifications.

Tu emploies deux fois le mot laborieux... Je comprends ce que cela peut signifier. Il faudrait cependant que tu me dises si ce que tu nommes ainsi n'est pas simplement le fruit d'un ennui. Ennui à la lecture des descriptions. Je savais que c'était l'écueil de ce texte qui n'est fait que de ça. L'exercice que je m'imposais avait cette limite. Mais le mot "laborieux" met en cause plus que ce simple ennui.
Cela dit, je retiens ce que ton commentaire a de positif, et je te remercie pour tes compliments.
À une prochaine fois.

@Zagreos
: Salut !

Pour tes deux remarques, j'aurais tendance à te dire qu'elles seraient légitimes si l'on n'était pas dans la tête d'Yvette. Mais c'est elle qui digresse sur la manière d'appeler un amuse-gueule... Je l'imagine faire cet aparté à l'intention de Baptiste. Comme lorsque qu'elle parle de menu gastronomique... J'avais contrairement à toi l'impression de rester dans l'idée de ces remarques que ferait une mamie. mais peut-être me trompe-je.
En ce qui concerne le warning, ben je ne sais pas du tout quoi en penser. Je pensais bien faire et là paradoxalement tu me dis que c'est le contraire...
Va savoir, du coup...
Pour ce qui est du "descriptif" du texte, ben c'est vrai qu'il ne tient que là-dessus, je sais. C'est un challenge, sans doute ennuyeux, un exercice peut-être pas forcément passionnant.
En tout cas je te remercie de ton passage, j'essayerai de te complaire une prochaine fois.  :)
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Hors ligne Chouc

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Re : [T06 Poule 1] Dans un sens, puis dans l'autre
« Réponse #11 le: 10 Septembre 2017 à 18:16:38 »
Salut Mout !

(j'ai bien tenu compte de l'avertissement et n'ai pas lu les commentaires, je vais mettre le mien en spoiler, juste au cas où, puisque je ne sais pas encore ce que je vais dire  ^^)

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Re : [T06 Poule 1] Dans un sens, puis dans l'autre
« Réponse #12 le: 11 Septembre 2017 à 19:30:12 »
Madame Choucroute !

Ton commentaire est de ceux que l'on espère toujours récolter quand on répond à une AT, on l'attend, humblement ou avec inquiétude. Puis quelqu'un ou quelqu'une nous dit ces mots gentils qui nous rassurent et nous disent que notre texte peut être lu comme on l'a écrit. Ouf ! Merci merci, merci !

Je vois que ta chasse aux virgules manquantes est carrément un safari. Je ne les ai pas toutes adoptées, mais quand même, toutes celles qui semblaient résulter d'une règle. D'autres me semblaient hacher le texte et trahir mon intention d'expression presque orale.
J'ai aussi tenu compte de nombre de tes remarques éclairées... pas toutes.  :D

Citer
Généralement on bizute les arrivées, pas les départs
détrompe-toi, cette scène est réelle.  :D
Citer
Qui lui avait décrit, non ?
non, elle lui a décrit le matin-même, et non la veille.
Citer
Il manque des "s" à bouche et à bouche
J'ai refouillé sur le net, eh bien c'est beaucoup plus compliqué que ça...  8)
Citer
Ce n'est pas la plus belle image qui soit
Toi tu n'as jamais débogué une châtaigne !  :) Ouvrir une bogue hérissée, grise, souillée de feuilles mortes, de boue, et découvrir là-dessous cette bille de bois sombre, vernie, lisse et nette : un vrai mini-bonheur !

Merci encore pour ton passage, pour avoir apprécié ma démarche et pris plaisir à me lire.
À bientôt !



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Hors ligne Chouc

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Re : Re : [T06 Poule 1] Dans un sens, puis dans l'autre
« Réponse #13 le: 11 Septembre 2017 à 19:50:48 »

Citer
Ce n'est pas la plus belle image qui soit
Toi tu n'as jamais débogué une châtaigne !  :) Ouvrir une bogue hérissée, grise, souillée de feuilles mortes, de boue, et découvrir là-dessous cette bille de bois sombre, vernie, lisse et nette : un vrai mini-bonheur !

Merci encore pour ton passage, pour avoir apprécié ma démarche et pris plaisir à me lire.
À bientôt !

Oh que si, je me suis déjà adonnée à cette activité ^^ C'est juste à l'oreille que je trouve l'image moins mélodieuse, un peu en dessous du reste qui est tellement plus fin  :coeur: Mais rien de bien méchant, une appréciation tout ce qu'il y a de subjectif !

Merci encore à toi pour le partage, si mon commentaire t'as réchauffé le coeur, sache qu'il en a été de même pour moi concernant ton texte.

A bientôt !
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Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
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Re : [T06 Poule 1] Dans un sens, puis dans l'autre
« Réponse #14 le: 13 Septembre 2017 à 18:12:22 »
"Déboguer"... tu trouves ça moche ?... Peut-être... en même temps je trouvais l'image plutôt parlante...
Et il n'y a pas de jolis synonymes, hélas...

En tout cas, merci d'être repassée, et merci de réitérer tes gentils mots...

À bientôt ! oui !
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