Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » manège

Auteur Sujet: manège  (Lu 2772 fois)

Hors ligne cocopops

  • Calligraphe
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manège
« le: 28 Octobre 2009 à 23:49:52 »
Petit texte sans grand intêret je pense, mais bon, si quelqu'un y trouve quelque chose d'intéressant j'en serais ravis, sinon démonter le par vos critiques écrasante  :P


La nuit est belle, si belle, si sombre, si éclatante, presque autant que ses cheveux à elle, presque autant que ses yeux. Je la regarde valser dans l’air glacé du soir, elle est si resplendissante. La lune caresse sa peau avec désir de son toucher d’argent, mais elle est trop haute là bas dans le ciel pour l’atteindre, alors que moi je suis là, à me laisser abrutir de cette dance et de cette dame, à m’enivrer de ses pas, à boire son sourire comme on se délecte du meilleur des opiums. Je n’arrive plus à détacher ce sourire béat qui est étalé sur ma face, je suis trop imbécile pour y arriver. Tout me fait rire, de cette immense roue qui grince dans la nuit avec effroie à la clarté jaunâtre que répand un vieux lampadaire posé là, sur le bord d’un trottoir. C’est donc cela le bonheur ? La pensée me traverse l’esprit déclenchant dans tout mon être un fou rire incroyable, je me sens encore plus idiot qu’il y a quelques secondes, et pourtant j’aime ça plus que toutes les augmentations de salaires ou les promotions chez Darty. Je me lève de mon banc, et mes pas se mettent à s’animer dans une ronde de gaieté et de plaisir stupide. Elle tourne sur elle-même avec une grâce que je n’aurais pu imaginer, puis elle s’arrête et se retourne. Elle enfonce son regard au fond du mien, arrêtant le temps qui tourne par la même occasion. D’une main adroite elle attrape le fin trait qui nous glisse entre les doigts à chaque fois que nous avons besoin de lui, et qui se laisse aller quand nous voudrions le voir s’écouler à toute vitesse. Et puis tout à coup, sans prévenir, son visage se penche sur le mien, ses mains ce mettent à glisser le long de mon corps, son parfum envahit mes narines et puis sans même que je m’en rende compte, ses lèvres se plaquent contre les miennes. Mon esprit s’en va alors, me laissant seul au milieu de ce rêve éveillé, cette merveilleuse réalité inventée. C’est dans ces moments la que le rêve se fond à la réalité et que la réalité se perd dans la songerie, après tout qu’importe que notre vie soit réel, tant que l’on peu saouler de bonheur et de plaisir.

Ses vêtements glissent avec aisance sur le sol poussiéreux, puis ses mains viennent envoyer valsé les miens. Ses bras sont deux cobras qui me charment de leurs douces caresses, faisant glisser leur peau luisante contre la mienne.  Je ne sais plus qui je suis, qui j’étais, je ne sais plus mon nom, ni le sien d’ailleurs, peut être même ai-je oublié cette langue qui est la mienne, mais je m’en fous, je m’en fous tellement. J’ai soif ce soir, de plaisir et d’omission, de rage et d’amour, de toutes ces choses qui manque à ma vie. Je suis une coquille vide qui s’emplit de la passion de cette splendide créature, de cette succube aux cheveux de jais et aux yeux d’argent. Nos corps se mêlent l’un à l’autre, dans un tourbillon de furie entremêlé de poussière et de délices. Nos corps ne sont plus que deux morceaux de chairs suintant de plaisir, hurlant de haine, une haine ingrate pour tous ces gens, pour cette foule puante d’hypocrisie. Je suis elle, elle est moi, qui sommes nous alors ? Qui sait ? Qui s’en préoccupe ? Son souffle rauque emplit mes oreilles,  masquant tout ce qui m’entoure. Il n’y a plus qu’elle, plus que moi, seul au milieu de la foule, plus que cette caresse qui effleure ma peau, plus que cette respiration saccadée qui m’entraine un peu plus encore dans l’obscurité. Mon esprit s’envole dans la bise glacée, à cotés du sien. Etreints ensemble, montant dans l’air comme deux phœnix magnifique, ils s’attirent l’un à l’autre dans leur ronde. Les mouvements s’enchainent. Ils se défient, s’enlacent, s’embrassent et se repoussent, laissant la valse devenir de plus en plus impressionnante, de plus en plus délectable. Les pas se succèdent  rapidement, leurs corps s’emplissent de rage et de plaisir, s’entredéchirant pour mieux apprécier l’étreinte de l’autre. Et puis sous une pulsion tout s’arrête, le paysage s’étiole, le tourbillon d’émotions se disperse sous les étoiles étincelantes, la lumière jaunâtre du lampadaire revient me caresser le visage, le sol est de nouveau là, sous mon dos dégoulinant de sueur. Elle aussi est toujours là, ses cheveux retombent contre mon torse, ses yeux me transpercent à nouveau, son visage à toujours accroché à lui ce même sourire. Ce splendide sourire qui s’étale sur nos face béates, ce sourire imbécile, ce sourire idiot, il est là, plaqué comme un masque contre sa peau blanche et délicieuse. Ma respiration recommence à ce rythmer, elle ce calme tranquillement, en attendant que quelque chose se passe. Nous sommes tous les deux là, encore ivre de plaisir, sans savoir ce qui va suivre. Finalement elle se lève, s’empare de ses vêtements avant de les enfiler avec rapidité. Je fais de même, et sans un mot, nous nous rhabillons, l’un en face de l’autre, avec toujours ce même sourire aux lèvres. Dans une ultime étreinte, mes mains caressent ses cheveux de jais et les siennes viennent s’enrouler autour de ma taille. Je profite une dernière fois de la chaleur de ses bras, je me laisse une fois encore aller contre elle, et sous ses caresses je laisse mon sourire s’effacer, je le laisse s’en aller, souvenir d’un instant de vie, un instant révolu, puisque mon être s’engouffre à nouveau en moi, puisque je ne puis plus crier sans crainte ma haine et mon amour du monde. Lentement nos corps se détachent l’un de l’autre, et pour la dernières fois mes lèvres ce  plaquent contre les siennes, et dans un dernier soupir j’embrasse cette succube aux yeux d’argent.

Je la regardais s’éloigner, ses pas claquaient sur le pavé dans la nuit déserte, l'obscurité effaçait lentement sa silhouette qui s’en allait au loin sans se retourner. Moi j’étais là, assis sur mon banc à songer à ma vie. Qui suis-je réellement ? Je ne le savais même plus. Encore ivre de bonheur je songeais que je ne me rappelais même plus de son nom, quoique en y repensant elle ne me l'avait même pas donné. Moi non plus d’ailleurs. Nous n’étions que deux inconnus, deux anonymes dans la foule, deux âmes en peine qui dérivaient dans le courant de la vie, nous n’étions que deux ivrognes qui voulaient se saouler de bonheur et de plaisir.

Hors ligne Kathya

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Re : manège
« Réponse #1 le: 11 Novembre 2009 à 16:23:47 »
Petit texte sans grand intêret je pense, mais bon, si quelqu'un y trouve quelque chose d'intéressant j'en serais ravis, sinon démonter le par vos critiques écrasante  :P

Permets moi de saluer le talent avec lequel tu vends ton texte.  :P

Tout d'abord quelques pinaillages.
Citer
ses mains viennent envoyer valsé les miens

Citer
son visage à toujours accroché à lui ce même sourire. Ce splendide sourire qui s’étale sur nos face béates, ce sourire imbécile, ce sourire idiot, il est là, plaqué comme un masque contre sa peau blanche et délicieuse. Ma respiration recommence à ce rythmer, elle ce calme tranquillement, en attendant que quelque chose se passe. Nous sommes tous les deux là, encore ivre de plaisir
(Au passage "rythmer" me paraît bizarre, même si je comprends que l'idée était quelque chose genre "redevenir régulier", et "se calmer tranquillement" me semble être un beau pléonasme".

Pour le texte en lui même il faut des palmes et un tuba pour l'appréhender ! On se noit littéralement dans ces descriptions interminables et si tel est l'effet voulu pour décrire la passion du narrateur, pourquoi pas, mais ça ne devrait pas dispenser de sauts de paragraphes ou d'alinea supplémentaire car visuellement sur un écran, je trouve que c'est peu évident à lire.

Le thème global s'inscrivant dans un schéma assez classique, j'ai rapidement fini par attendre la chute, l'explication, le pourquoi du comment de leur rencontre et la fin m'a déçue, je trouve que, vu l'impact qu'elle a sur le reste du texte, elle aurait pu être davantage peaufinée, bien que pas nécessairement rallongée.
Le changement de temps m'a gêné, ça me paraît bizarre de passer à un temps passé pour raconter des faits ultérieurs, du coup j'ai cru que c'était un flashback au départ.

Bref, je ne pense pas pour autant qu'il faille "démonter" ce texte.  ::)
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

Hors ligne Kailiana

  • Palimpseste Astral
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  • Lial' | Calamar placide
Re : manège
« Réponse #2 le: 19 Novembre 2009 à 19:20:37 »
Citer
La lune caresse sa peau avec désir de son toucher d’argent
pas très français
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mais elle est trop haute là bas
là-bas
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et pourtant j’aime ça plus que toutes les augmentations de salaires ou les promotions chez Darty.
un peu... terre à terre, par rapport à la poésie du texte  :P
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ses mains ce mettent à glisser
se
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ces moments la
moments-là
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notre vie soit réel, tant que l’on peu saouler de bonheur et de plaisir.
réelle / peut se
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viennent envoyer valsé les miens.
valser
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mais je m’en fous, je m’en fous tellement.
même remarque que darty
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de toutes ces choses qui manque à ma vie.
manquent
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nouveau là, sous mon dos dégoulinant de sueur. Elle aussi est toujours là,
remarque : t'as tendance à mettre bcp de "là"
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son visage à toujours accroché à lui ce même sourire.
pas compris
Citer
Ma respiration recommence à ce rythmer
se
Citer
elle ce calme tranquillement,
se (attention aux se/ce ;) )
Citer
Nous sommes tous les deux là, encore ivre de plaisir,
ivres
Citer
et pour la dernières fois mes lèvres ce  plaquent contre les siennes,


Au final : bien écrit, "mais" : ok, jsuis d'accord que c'est bien écrit, tu as sans doute pris plaisir à le travailler, mais ça reste un texte "comme ça" : il me laisse... assez indifférente, car le thème de l'amour est vu et revu et tu ne fais rien de nouveau, c'est juste une longue description, j'aurais espéré davantage.
Donc non, je ne démonte pas le texte, je dis juste que tu sais écrire de manière poétique (attention à l'orthographe tout de même  :P) mais... tente plus ! Essai d'écrire un "vrai" texte avec "plus qu'une simple scène"^^ (ou trouve une manière pour rendre une simple scène davantage digne d'intérêt).

Bon après, je suis pas très fleur bleue ; yen a sans doute d'autres qui aimerons plus que moi ce texte.
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Einstein

Hors ligne Milora

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Re : manège
« Réponse #3 le: 17 Février 2010 à 21:35:16 »
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cette dance
danse

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à boire son sourire comme on se délecte du meilleur des opiums. Je n’arrive plus à détacher ce sourire béat qui est étalé sur ma face
répétition de "sourire"

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La pensée me traverse l’esprit déclenchant dans tout mon être un fou rire incroyable
Grammaticalement, je dirais qu'il faut une virgule après "esprit"

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C’est donc cela le bonheur ?
Pour l'instant, perso j'ai plutôt l'impression qu'il est un peu shooté, lol.

Pour le reste, c'est pas trop le genre de texte que j'aime particulièrement, mais il est bien écr.. Enfin. S'il n'y avait pas une tonnes de fautes qui arrêtent la lecture, il serait bien écrit ! :P (Je suis sévère, mais c'est vrai qu'elles m'ont beaucoup gênée, alors que pour le reste le style y est).
L'absence de paragraphes ne m'a pas gênée : on est emportés dans le rythme de la description, et tout. (Juste un truc que j'ai pas compris : mais y a des gens autour d'eux ? Personne ne s'étonne ? lol).

En fait, ça m'a fait penser à Daniel et Rebecca de Verasoie : tous deux sont bien écrits, et sur le même thème. Mais du coup à la fin on se dit un peu "bon, d'accord", et c'est tout. Je pense que c'est juste dû au thème qui est vraiment déjà-vu, mais c'est un bon exercice que de s'y mesurer :)

Bref, le texte n'a pas vraiment de défaut, mais j'ai pas accroché plus que ça...  :-[
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Verasoie

  • Invité
Re : manège
« Réponse #4 le: 22 Février 2010 à 22:21:57 »
Comme Mil, dommage pour les fautes. Mais j'ai été plutôt entraînée par le texte donc j'ai eu la flemme de les relever  :mrgreen:

Le premier paragraphe m'a bien donné l'impression de manège et de tournis, en passant d'un élément à l'autre rapidement, tout ça.

Le second, j'ai moins aimé : la première partie du second paragraphe (mdr) est bien mais la fin est très redondante je trouve.

Citer
Elle aussi est toujours là, ses cheveux retombent contre mon torse, ses yeux me transpercent à nouveau, son visage à toujours accroché à lui ce même sourire. Ce splendide sourire qui s’étale sur nos face béates, ce sourire imbécile, ce sourire idiot, il est là, plaqué comme un masque contre sa peau blanche et délicieuse. Ma respiration recommence à ce rythmer, elle ce calme tranquillement, en attendant que quelque chose se passe. Nous sommes tous les deux là, encore ivre de plaisir, sans savoir ce qui va suivre.

Ça fait un peu trop de "on est là" à mon goût xD

Sinon j'aime comme la fin revient au début, comme une boucle, hop, nouvelle impression de tournis.

Donc pour moi, c'est surtout : attention aux lourdeurs qui reviennent dans la fin du deuxième paragraphe ^ ^ sympathique texte sinon.

Hors ligne 100293

  • Tabellion
  • Messages: 28
Re : manège
« Réponse #5 le: 22 Février 2010 à 22:52:55 »
Salut ;)

Texte assez esthétique ;) recherché et travaillé, voilà ce qui saute aux yeux ;)
Dans le premier paragraphe ,le lyrisme discret (description de la lune, des sentiments) contraste violemment avec "les promotions de Darty" ou "les augmentations" . Ces évocations m'ont totalement sorti de ma rêverie, et ont agi comme un couperet, forçant mon esprit à retrouver une réalité et un monde trop bien connu. Sans ces évocations, le texte était extra-temporel; cela participait à sa dimension universelle ... dommage... :-[

Dans le deuxième paragraphe, encore une fois, un contraste entre des formules poétiques et des formules plus "simples" voire même crues comme "dégoulinant de sueur" .
Pour finir dans le troisième paragraphe : "Encore ivre de bonheur je songeais que je ne me rappelais même plus de son nom, quoique en y repensant elle ne me l'avait même pas donné." attention à la répétition de cette idée, déjà énoncée dans la deuxième partie du texte ;)

Sinon j'adore la fin , une phrase simple : "Nous n’étions que deux inconnus, deux anonymes dans la foule, deux âmes en peine qui dérivaient dans le courant de la vie, nous n’étions que deux ivrognes qui voulaient se saouler de bonheur et de plaisir" , cela fait échos à tout le texte ;)

Pour conclure, je dirais que le texte a été bien travaillé, attention tout de même aux fautes d'orthographe et de grammaire et aux expressions contrastées ;) Des tournures très jolies et poétiques donnent une certaine dynamique au texte ;)

Quentin




Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible.

 


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