Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Auteur Sujet: Les mots que vous n'aimez pas  (Lu 18782 fois)

milena-owein

  • Invité
Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #30 le: 29 Mai 2017 à 15:33:03 »
Un jardinier dirait qu'il faut du temps pour les belles choses

Hors ligne Arthur

  • Tabellion
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Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #31 le: 29 Mai 2017 à 16:19:55 »
Moi je n'aime pas le mot "ça" ... trop court, manque de volupté, de douceur et d'accompagnement. C'est pour moi un élément de langage oral, car c'est à l'origine une contraction.
Je n'aime pas quand il n'y a pas la double négation : le ne pas (pillon) est indissociable.
Je n'aime pas les mots que je ne parviens pas à écrire du premier coup moi non plus, ils perdent alors de leur charme, ils m'énervent. Et moins j'écris, plus il y en a ... étrange ...  :o

Je n'aime pas ... tellement de mots en fait, tellement utilisés et galvaudés. Comme le mot aimer (mais il est galvaudé de dire qu'il est galvaudé), comme "comme", je préfère les paraphraser. Et quand j'ai la flemme, je les écris ! :)

Et pour revenir à la citation du poste de départ, j'adhère à l'idée, pas de chercher à bannir un mot tel que "très", mais à l'idée qu'il peut être facile d'utilisation et surtout intéressant à en chercher un autre plus proche du sens que l'on veut donner ... cela bien sur question de contexte et de sens et surtout, étant donné que c'est le maitre mot de ce fil ... question de subjectivité ! :)

"J'ai un magnétophone dans le désespoir qui me ronge et qui tourne et tourne et qui n'arrête pas. Alors je copie cette voix qui m'arrive de là-bas". Léo Ferré

Hors ligne Kath

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Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #32 le: 29 Mai 2017 à 16:21:08 »
J'appliquerai plutôt cette phrase au processus d'écriture qu'au style lui-même. Niveau style, je regrette juste qu'il manque souvent de description de lieux ou d'ambiance, ça m'empêche de me plonger dans l'univers.
Et souvent, je remarque que les auteurs (du moins ceux que je suis sur Facebook) écrivent vite vite leurs chapitres et le clament haut et fort, et hop, publient de suite, sans laisser le temps à leur roman de reposer. Or je suis d'avis qu''hormis si on est un génie littéraire, il faut toujours laisser reposer et retravailler ce qu'on a écrit, ça permet d'avoir une certaine distanciation et d'améliorer certains points ou passage (sans même parler de correction).

La lenteur célavie.

c'est "marrant", tu m'as fait penser à tous les mouvements "slow" (slowfood etc.) dont on entendait beaucoup parler il y a quelques années.

(mais on dévie, on dévie du sujet, encore une fois !)
Relectrice-Correctrice pro, et fière et enthousiaste correctrice du Mout'!

Anna Rusalka

  • Invité
Re : Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #33 le: 29 Mai 2017 à 16:26:31 »
Boarf, l'un n'empêche pas l'autre.
La lenteur c'est bien quand on peint avec les mots.

Comme Virginia Woolf, "l’impressionniste de l'écriture"
question lenteur, elle est la gagnante mais ses descriptions sont si magnifiques.

Hors ligne Arthur

  • Tabellion
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Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #34 le: 29 Mai 2017 à 16:26:55 »
J'adhère à cette idée ... toute œuvre devrait prendre le temps de reposer, laisser à l'auteur le temps de l'oublier un peu et la redécouvrir pour la reprendre avec plus de distance.
Des fois quand je lis quelque chose ou regarde quelque chose, je me dis "moi je l'aurais fait comme ça" ... mais ce n'est pas mon œuvre alors je laisse l'idée de côté ou la garde pour une créa à moi. Je trouve ça bien de pouvoir tomber sur son œuvre et se dire "j'aurais fait comme ça" et pouvoir le faire finalement. C'est la finition, le petit truc (ou le gros travail en plus) qui est nécessaire.

Je ne sais pas pour les autres, mais j'écris et je fais de la photo et j'ai ce vécu avec les deux disciplines.
"J'ai un magnétophone dans le désespoir qui me ronge et qui tourne et tourne et qui n'arrête pas. Alors je copie cette voix qui m'arrive de là-bas". Léo Ferré

Nocte

  • Invité
Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #35 le: 29 Mai 2017 à 16:58:30 »
Ouais Kath l'un ne va pas sans l'autre (digressons, digressons).
 Écrire vite ça pond souvent des textes au style vif, après c'est cool quand même, c'est fluide, mais on dirait du théatre, les personnages prennent toute la place et le décor devient fonctionnel. Moi j'aime bien les décors, même quand les personnages deviennent les décors du décor.
Après réecrire c'est pas toujours nécessaire, y'a des textes en oneshot qui puisent toute leur puissance dans leur spotanéité. Comme un chaos organisé qui ne tient à rien, je trouve dommage de les toucher.

Anna Rusalka

  • Invité
Re : Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #36 le: 29 Mai 2017 à 18:12:04 »
Ouais Kath l'un ne va pas sans l'autre (digressons, digressons).
 Écrire vite ça pond souvent des textes au style vif, après c'est cool quand même, c'est fluide, mais on dirait du théatre, les personnages prennent toute la place et le décor devient fonctionnel. Moi j'aime bien les décors, même quand les personnages deviennent les décors du décor.
Après réecrire c'est pas toujours nécessaire, y'a des textes en oneshot qui puisent toute leur puissance dans leur spotanéité. Comme un chaos organisé qui ne tient à rien, je trouve dommage de les toucher.

Je pense que tout texte doit être retoucher. Il me parait difficile, voir même impossible d'écrire d'une traite un texte au "top".
Je pense que c'est le défaut de beaucoup d'écrivains en herbe. Le talent, c'est avant tout le travail et on ne peut ignorer cette phase de reprendre chaque pharse, chaque mot pour tenter de l'améliorer et je ne pense pas que cela nuise à la puissance . Au contraire. mais ce n'est que mon avis
« Modifié: 29 Mai 2017 à 18:17:36 par Anna Rusalka »

okho

  • Invité
Re : Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #37 le: 01 Juin 2017 à 21:03:53 »
J'ai réalisé qu'il y avait deux questions dans ma question, d'où peut-être les incompréhensions du départ.

1) La nécessité de se questionner sur sa manière d'écrire, de ne pas être trop complaisant avec soi-même. Il m'est arrivé que des personnes me disent : "tiens, tu utilises souvent ce mot, cette expression, cette construction de phrase". Parfois c'était tout à fait conscient et volontaire, d'autres fois je découvrais le truc et je décidais d'y faire attention. C'est-à-dire non pas de le bannir mais de choisir de le faire ou pas. 

2) La question de l'amour vis-à-vis de tel ou tel mot. J'évoquais une relation personnelle, et même intime, avec les mots. Écrire, je vois ça comme un artisanat : sculpter, modeler, peindre...  Pour moi, les mots sont un matériau, ils ont une texture, une saveur, une odeur, un son, un moelleux ou une dureté, ils sont froids ou chauds, lents ou rapides, statiques ou en mouvement, etc. Ils ne sont pas uniquement un média : ils sont aussi autre chose, ils ont leur vie propre et parfois résistent à l'auteur. Et au lecteur.

Je rebondis sur une remarque qui exprime bien ce "j'aime/j'aime pas" :

Moi je n'aime pas le mot "ça" ... trop court, manque de volupté, de douceur et d'accompagnement.

On y est. J'aime le mot "ça" exactement pour ces raisons, je crois : je le perçois dur, puissant, et en même temps minuscule, il parle des tripes, de l'os, c'est un uppercut, il est impoli, dérangeant, inquiétant. C'est aussi le mot de l'inconscient, du dessous, du mystérieux, de ce qu'on ne maîtrise pas, de l'insu.

Le "comme" dont je parlais au début, je le sens étouffant, gluant, j'ai l'impression qu'on va me faire avaler un mauvais sirop pour la toux, il est sournois. (Je parle bien du discours "poétique", pas des discussions de tous les jours.)

C'est totalement irrationnel - et donc totalement subjectif -, d'où l'utilisation du terme "aimer". Finalement, je crois que lorsque je demande à quelqu'un ce qu'il pense de tel ou tel mot, c'est un peu comme si je lui demandais ce qu'il pense de telle ou telle personne.

Le talent, c'est avant tout le travail et on ne peut ignorer cette phase de reprendre chaque pharse, chaque mot pour tenter de l'améliorer et je ne pense pas que cela nuise à la puissance . Au contraire. mais ce n'est que mon avis

Je suis d'accord, je ne vois pas trop comment l'écriture serait le seul domaine dans lequel le travail serait inutile. Je crois que c'est l'illusion du langage, d'autant plus trompeuse qu'on baigne dedans dès le plus jeune âge. Du coup on peut avoir l'impression que ça va de soi. Alors que si parler de tout et de rien va de soi (et encore, on voit bien combien on a du mal à se comprendre), alors faire naître des émotions, je pense que c'est une toute autre histoire.
« Modifié: 01 Juin 2017 à 21:12:04 par okho »

Hors ligne Rémi

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Re : Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #38 le: 01 Juin 2017 à 21:39:01 »
La lenteur célavie.
faut absolument lire "La lenteur" de Kundéra. C'est beau, profond, émouvant, rigolo, instructif et lent.  :mrgreen:

Sinon (comme dirait Miro), j'adore cette discussion. Ça requinque. Mais je suis pas en forme pour y poser mon pavé, je suis très fatigué.

J'aime bien "requinquer", un pti côté rétro et une sonorité qui claque.

(moi, c'est les "mais" que je dois pister, j'en fous partout ! )
« Modifié: 01 Juin 2017 à 21:41:44 par Rémi »
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Nocte

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Re : Re : Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #39 le: 01 Juin 2017 à 22:55:40 »
La lenteur célavie.
faut absolument lire "La lenteur" de Kundéra. C'est beau, profond, émouvant, rigolo, instructif et lent.  :mrgreen:
Comme dirait un magnifique blond vagabond "Là où dans L’insoutenable légèreté de l’être Kundera jouait sur plusieurs formes de narration, ici [La lenteur] c’est toute la structure du récit qui est une imbrication complexe d’histoires et de scènes dont les sens se font écho ou plutôt, qui se croisent sur certains points avant de s’éloigner les unes des autres. Si l’on devait faire un schéma des liaisons entre les différents éléments, cela ressemblerait sans doute à un tableau surréaliste. On doute et on cherche, sans être sûr qu’il y ait véritablement quelque chose à trouver, et pourtant. Ces loups attendent de n’avoir rien à comprendre, attendent l’absence «d’ordre » pour pouvoir attaquer cette odeur qu’ils ne reconnaissent pas. Avec ce «manque de sérieux » Kundera dévie l’axe de la perception de la réalité d’un millimètre, rien qu’un. Un millimètre suffisant à dévoiler un monde à la fois totalement irréaliste et à la fois si véritable dans son humanité – on dit souvent que la réalité dépasse la fiction par son improbabilité -, un millimètre suffisant à dévoiler la trame de nos aspirations si conscientes et pourtant si prisonnières du peu de leur état…"

Le talent, c'est avant tout le travail et on ne peut ignorer cette phase de reprendre chaque pharse, chaque mot pour tenter de l'améliorer et je ne pense pas que cela nuise à la puissance . Au contraire. mais ce n'est que mon avis

Je suis d'accord, je ne vois pas trop comment l'écriture serait le seul domaine dans lequel le travail serait inutile. Je crois que c'est l'illusion du langage, d'autant plus trompeuse qu'on baigne dedans dès le plus jeune âge. Du coup on peut avoir l'impression que ça va de soi. Alors que si parler de tout et de rien va de soi (et encore, on voit bien combien on a du mal à se comprendre), alors faire naître des émotions, je pense que c'est une toute autre histoire.
Ce serait une erreur de penser qu'une écriture automatique n'implique aucun travail.

Hors ligne Rémi

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Re : Re : Re : Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #40 le: 02 Juin 2017 à 08:42:43 »
Citer
Comme dirait un magnifique blond vagabond
^^
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

okho

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Re : Re : Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #41 le: 02 Juin 2017 à 10:46:34 »
(moi, c'est les "mais" que je dois pister, j'en fous partout ! )

Dans le discours quotidien, j'ai eu ma période "oui mais non". On m'a vite fait comprendre que c'était agaçant. J'ai bien voulu le croire, alors j'ai arrêté, aidée par la profession médicale, bien sûr : patch, méditation, hypnose, cure de tisane de fenouil (c'est pas bon), etc. Et puis, récemment, j'ai pris connaissance de la constitution du nouveau gouvernement français. Là j'ai pensé que j'aurais dû : 1) continuer à utiliser mes "oui mais non", 2) abandonner la poésie, 3) me lancer en politique. Mais j'ai fini par me dire : "Oui. Mais non."


Ce serait une erreur de penser qu'une écriture automatique n'implique aucun travail.

Je suis d'accord. Mais (j'ai pas dit "non" !  :mrgreen:) ce serait aussi une erreur de croire que l'écriture automatique est une écriture plus sincère ou libre qu'une écriture travaillée. Nous trainons - encore - cette espèce de doxa dualiste qui affirme que la volonté consciente est formatée, corsetée, et que le lâcher prise non-conscient est libre, non soumis à l'imprégnation socioculturelle. Or la psychologie (tous courants confondus) a bien mis à mal cette croyance : il y a autant de liberté, de contrainte, de rationnel, d'irrationnel, de créativité, de formatage... dans l'inconscient que dans le conscient (il suffit de penser aux phobies, aux "actes blancs" et bien d'autres troubles psy).

Reste le problème de la lisibilité. Pourquoi écrit-on ? Pour soi, pour un autrui (même imaginaire) ? La littérature est un art tout à fait particulier. Alors que tous les autres passent d'abord par la sensorialité, cette dernière allant dans un second temps mettre l'intellect en mouvement, la littérature parle d'abord à l'intellect (il faut décrypter le texte), celui-ci allant ensuite émouvoir notre sensorialité. En tant que lectrice, si je ne parviens à rien décrypter, je reste "intouchée". Au sujet de l'écriture automatique, Breton a parlé de "soliloque". Je ne suis pas certaine qu'il considérait ça comme une expérience partageable, plus comme un exercice auto-réflexif. Un travail, oui, pour ouvrir sur autre chose, un peu comme un pianiste qui joue sa méthode Hanon n'en proposera pas un concert.

Pour être un peu provocante (y a pas d'raison  :-¬?)... J'ai eu un amoureux qui se faisait une priorité, chaque matin, de me raconter ses rêves de la nuit. Chaque matin, au petit-déjeuner, il me dégobillait son inconscient de la façon la plus totalitaro-narcissique qui soit. Je l'ai quitté.


Hors ligne Kath

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Re : Re : Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #42 le: 02 Juin 2017 à 11:14:42 »
2) La question de l'amour vis-à-vis de tel ou tel mot. J'évoquais une relation personnelle, et même intime, avec les mots. Écrire, je vois ça comme un artisanat : sculpter, modeler, peindre...  Pour moi, les mots sont un matériau, ils ont une texture, une saveur, une odeur, un son, un moelleux ou une dureté, ils sont froids ou chauds, lents ou rapides, statiques ou en mouvement, etc. Ils ne sont pas uniquement un média : ils sont aussi autre chose, ils ont leur vie propre et parfois résistent à l'auteur. Et au lecteur.

AH, que j'aime ce que tu as écrit et que j'ai mis en gras pour le mettre en avant. Pour moi ça fait partie de mon boulot de correctrice - et donc de celui d'un bon correcteur :P - : je ne mets pas en avant mes mots préférés et ne chasse pas les mots que je n'aime pas, non, je me "confonds" avec l'auteur, par contre, je fais attention à ce que les mots correspondent bien à ce que veut dire l'auteur : dans un passage très rythmé, par exemple, je vais faire attention qu'il n'y ai pas un mot qui dénote et casse le rythme, et si c'est le cas, j'en propose un autre - un "synonyme" qui marche mieux (je mets synonyme entre guillemets parce que pour moi aucun mot n'est vraiment synonyme d'un autre), et j'explique à l'auteur pourquoi ce mot ne convient pas. ça peut être aussi parce que j'ai le sentiment que le mot ne traduit pas exactement ce qu'a voulu dire l'auteur, qu'il tombe un petit peu à côté,  et que tel autre mot ou une autre formulation conviendrait mieux.
Il faudra que je vous trouve un exemple, mais là je ne suis pas sur mon PC, je n'en ai pas à portée de main.

Relectrice-Correctrice pro, et fière et enthousiaste correctrice du Mout'!

Anna Rusalka

  • Invité
Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #43 le: 02 Juin 2017 à 12:47:27 »
Reste le problème de la lisibilité. Pourquoi écrit-on ? Pour soi, pour un autrui (même imaginaire) ?

Tu soulèves une question primordiale Okho.
Si je prend mon cas (mais il  est possible que de nombreux autres écrivains soient dans le même processus), tout(e) jeune, j'ai longtemps posés des mots, des phrases, des poésies, des textes pour moi-même. parce que j'avais le besoin d'écrire pour mon équilibre, de coucher sur le papier mes sentiments, mes émotions, mes peurs, mes amours etc...

Et puis, un jour, j'ai passé, ce qui reste pour moi un cap primordial. Ecrire pour les autres. Se sentir prêt(e) à raconter des histoires. Penser que ce que l'on écrit peut pouvoir intéresser 'l'autre".
S'ouvrir au monde et aux gens. Depuis, je ressens que l'écriture est devenu "lumière". Elle n'est plus cachée dans la sombre existence de ma personne, de mes sentiments. Elle sort de la nuit. Elle voie le jour et part çà la conquête de ceux qui auront le goût de la découvrir. Là , le texte ne nous appartient plus. Chaque lecteur va ressentir différemment mes histoires. C'est ce qui est génial.
Mais j'ai mis(e) du temps à passer ce cap.

Hors ligne Kanimp

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Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #44 le: 02 Juin 2017 à 13:05:46 »

OliveDuWeb avait un jour abordé ce genre de chose, mais d’un point de vue de la suppression des auxiliaires.
Au lieu d’écrire « J’ai mangé » il est préférable d’utiliser « je mangeais. ». L’objectif étant d’améliorer la dynamique du texte.
À la réflexion, j’ai trouvé que c’était une bonne approche et depuis que je m’en sers, je trouve que mon écriture c’est grandement amélioré.

- un/une des
Je ne vois pas l’intérêt de suivre ce conseil. Car en plus du nombre d’objets défini par ces mots. Il y a une notion supplémentaire « quelconque ».
Par exemple :
Des gens entourait le protagoniste principal de l’histoire.

- certain (certaine, certains, certaines)
Malgré que (qui devrait-être ajouté à la liste) je n’ai pas d’exemple. Je ne vois pas pourquoi ne pas utiliser ces termes.

- chose
Si je me doute que la raison de la suppression de ce terme est d’utiliser à la place celui qu’il remplace. Toutefois, ce mot devient indispensable si nous auteur pouvons le remplacer, mais que notre protagoniste rencontre la « chose » qu’il ne peut identifier et la définira comme « chose ».

- les verbes "pauvres" : être et avoir
Déjà les ayants supprimé comme auxiliaire, il en reste très peu. J’ajouterai à la liste le verbe « faire » qui le verbe le plus passe-partout se la langue française.
Maintenant si faire peut je pense être presque complètement supprimé, pour avoir et être, c’est plus compliqué, car il peuvent être indispensable. Pour remplacer quand même être, j’utilise « s’avérer ».

- très
Si effectivement les exemples donnés pour supprimer ce mot sont pertinent. À mon sens son utilisation changera en fonction de l’effet recherché.
Une [très belle | magnifique | jolie ] femme le subjugua.
« Très belle » appartient au langage populaire.
« Magnifique » est souvent utilisé pour des carrosseries.
« Jolie » est utilisée dans un langage plus huppé.



- les adverbes
- les principaux mots : donc, la plupart du temps, pour, souvent [là je n'ai pas trop compris ce que l'auteure entendait par "mots principaux"]
Je ne vois pas l’intérêt de ne pas les utiliser.



- comme
Citer
Par exemple, si je lis :
- "Je suis comme un oiseau" -> j'imagine l'auteur qui se sent comme un oiseau, je suis spectatrice, je ne ressens pas grand chose, l'auteur me laisse de côté.
- "Je suis un oiseau" -> je m'imagine être un oiseau, je suis actrice, je ressens ce que ressentirais un oiseau, l'auteur m'embarque.
Je ne suis pas d’accord, mais c’est aussi une notion subjective qui dépend du contexte.
« Je suis un oiseau » pour moi cela signifie que le protagoniste est l’animal ou un homme fou.
« À ce moment-là, j’étais comme un oiseau » parce qu’il a utilisé un aéronef, mais n’est pas devenu un oiseau pour la cause.

Citer
Même chose pour "je me sens heureux" / "je suis heureux".
Ici aussi, la signification des deux phrases est différente.
« Je me sens heureux à cause de … » Le ressenti est conditionnel et éphémère et supplante la morosité du personnage. Le sujet actif dans le contexte du bonheur est la condition.
« Je suis heureux » le ressenti est profond, vient du personnage, mais un élément tiers pourra le rendre morose pendant un petit moment.

Citer
Avez-vous d'autres mots qui vous "embêtent" ?
Les “qui” qui introduisent une subordonnée. Cela alourdi la lecture et m’empêche d’avoir une écriture dynamique comme je le souhaite.

Les « encore que, malgré que etc.. » qui alourdissent la lecture.
Maintenant j’ai appris à vivre avec, lors de la première écriture, j’en mets plein partout.


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